Pas un jour sans danser

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Hier matin dans la salle de danse, photo Alina Reyes

Hier matin dans la salle de danse, photo Alina Reyes

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Effet du hasard ou d’une communication des âmes ? Sans nous être concertées, nous sommes arrivées toutes les trois vêtues de rose vif et de noir pour le cours de danse. La prof nous a fait répéter la chorégraphie en nous tenant les unes les autres par l’épaule, afin que nous dansions vraiment ensemble, que nous sentions physiquement les vibrations et les mouvements d’un corps à l’autre, que nous les accordions ainsi plus finement, avant de danser à la fois individuellement et ensemble. Avec nos morphologies différentes, nos peaux de couleurs différentes, nos âges différents, nos personnalités différentes, nous avons été, chacune et ensemble, heureuses.

Il faut savoir danser seul·e pour pouvoir danser ensemble, et réciproquement. L’une des plus belles inventions des Gilets Jaunes est cette façon de faire mouvement ensemble, en réunissant différentes sensibilités sans pour autant se ranger rigidement derrière une idéologie directrice. Jusqu’ici, ils ont réussi cette chose difficile sans se laisser défaire par les tensions qu’une telle composition génère, et cette réussite est ce qui stupéfie le plus les classes représentantes et garantes de l’ordre social institué, de plus en plus raide à mesure qu’il vieillit. Cette souplesse du mouvement, qui évoluera, s’effacera peut-être mais pour réapparaître plus forte, est un signe de jeunesse à venir pour notre monde.

En face, du côté de l’ennemi (ce n’est pas le peuple qui en fait son ennemi mais lui qui se prouve chaque jour ennemi du peuple), rigidité des genoux et vieilles ficelles machiavéliques. Un attentat tombant à point pour alimenter les « théories du complot », cela prouve seulement que le peuple ne peut avoir confiance en un président et un pouvoir utilisant obscènement au 20 h à la télé le drame des migrants et la question pourrie de l’identité nationale pour détourner des exigences de justice sociale, des exigences de justice. La justice demande la justesse, et pour trouver la justesse, il faut apprendre à danser.

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détail d'une de mes anciennes peintures

détail d’une de mes anciennes peintures

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Voir aussi le mot-clé Danse

et notamment ces vidéos de marches et danses

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Au grandes femmes, les peuples reconnaissants. Journal du jour

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En sortant de la salle de la mairie du 5e où j’avais visité l’admirable et émouvante exposition « L’Amérique comme patchwork. Les États-Unis au fil de leur kilt », voyant en face, au fronton du Panthéon, la fameuse inscription « Au grands hommes, la patrie reconnaissante », je l’ai trouvée très datée, malodorante et périmée. Je suis la première à admirer les grands hommes, mais j’admire encore plus les grandes femmes, car elles ont dû, pour accomplir leur œuvre, fournir en plus l’énorme combat que nécessite le dépassement de l’hostilité de la société envers les femmes. La société est hostile aux génies (sauf, au bout d’un moment, plus ou moins longtemps après leur mort), et doublement aux génies féminins, et triplement aux génies féminins issus du peuple ou racisés. Les femmes ont évidemment autant de génie que les hommes, mais il leur est beaucoup plus difficile de le réaliser, à cause du combat qu’elles doivent mener contre les multiples et puissants obstacles sans cesse placés sur leur chemin.

Dans la journée d’hier, j’ai découvert plusieurs grandes femmes. D’abord donc, avec cette exposition, les humbles faiseuses de patchwork américaines (là-bas on appelle ça des quilts), qui dans leur art du quotidien ont parfois atteint des sommets de beauté, tout en luttant politiquement : elles se réunissaient entre femmes pour coudre collectivement certains patchworks, en profitaient pour discuter, et parfois utilisaient leur travail pour défendre des causes comme celles des femmes ou des Afro-américains (les photos suivent). Puis, en repartant, devant mon ancien immeuble, rue Saint-Jacques, un portrait de la résistante Berty Albrecht. Et une fois rentrée, dans la lettre de la bibliothèque Buffon, la musicienne et chanteuse zimbabwéenne Stella Chiweshe (les vidéos suivent).

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street art sethhier à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Je comprends Léonard de Vinci et Franz Kafka, qui n’ont pas publié de leur vivant. Grâce à quoi ils n’ont pas eu à se plier aux exigences du marché, ils ont pu construire leur œuvre en toute liberté, en lui laissant l’apparent désordre nécessaire, qui est l’ordre de la vie. De toutes façons quand vous faites une œuvre puissante elle n’est jamais comprise de vos contemporains. La compréhension vient peu à peu, avec le temps.

J’ai rêvé que des gens s’attaquaient lâchement, à plusieurs, à O. Je poussais un cri, courais pour le défendre, tout en sachant qu’ils me frapperaient aussi. Je suis sortie délibérément de ce cauchemar malheureusement inspiré par la réalité, je me suis levée, j’ai repris mon collage de la nuit afin de le terminer pour un cadeau que je dois faire aujourd’hui, jour de fête à la maison.

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quilt (patchwork) 1

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Et voici la musique, avec Stella Chiweshe et son mbira, « piano à pouces » dont elle continue de jouer à 72 ans, régal des tympans :

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Objets doués d’âme, une écriture

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Chez moi il y a beaucoup d’objets récupérés, notamment dans la rue, et d’objets – surtout des tableaux – faits maison. Le tout dans un grand « désordre ordonné », comme me l’a dit hier un jeune homme, une sorte de musée vivant. Certains sont des objets d’art (trouvés gratuits ou achetés à tout petit prix, car on peut collectionner ou collecter des objets d’art sans budget, l’art n’est pas forcément synonyme de prix élevés), d’autres des objets tout simplement, notamment des objets naturels, cailloux, pommes de pins, glands… J’ai moins de moyens que n’en avait André Breton pour constituer son merveilleux musée-atelier-appartement, mais c’est un peu l’esprit. L’essentiel est de donner la vie à ces objets par les relations mentales qu’ils supposent, par le sens qu’ils acquièrent en constituant un espace à vivre, par la pensée et l’amour que leur assemblement figure. En fait, ils constituent une écriture. Et vivre à l’intérieur, c’est le bonheur.

Dans la ville aussi, des écritures animent les murs et les objets, comme ces quelques graffs que j’ai photographiés hier au passage :

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graff 4-minhier à Paris, photos Alina Reyes

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Pensée pour les vivants

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la pensée-min*

J’ai fait ce dessin au crayon et au stylo cette nuit, après une après-midi et une partie de la soirée passées à méditer sur Léonard de Vinci. Le matin, j’étais allée à la danse. À la fin du cours, l’une de nous a craqué, à cause de la fatigue due aux traitements anticancéreux. La prof lui a fait un câlin et nous a invitées à nous y joindre, ce que nous avons fait, un bon moment, formant un cercle d’amitié, têtes contre têtes, corps contre corps. Ensuite j’ai marché dans le dédale de la Salpêtrière puis à la sortie de l’ascenseur, côté Pitié, j’ai vu un petit attroupement et entendu un employé de l’hôpital demander à la cantonade si quelqu’un parlait anglais. Je me suis proposée, et il m’a confié un petit homme sans âge, qui ne parlait que quelques mots d’anglais, avec un accent qui le rendait difficile à comprendre. Finalement j’ai compris qu’il voulait aller à Lyon. Il avait dû entrer dans l’hôpital par erreur et s’y perdre, ou bien pour y demander son chemin. Je lui ai expliqué comment se rendre à la gare de Lyon, où prendre le bus, tout près de là. Je voulais l’y accompagner mais il était un peu sauvage, vraisemblablement un migrant africain pour qui le monde est dangereux ; il est parti. J’ai marché derrière lui pour voir s’il ne se trompait pas, et si, il se trompait, il s’en allait à droite comme je le lui avais dit, mais sur une route encore à l’intérieur de l’hôpital. Je l’ai appelé, rattrapé et accompagné sur le bon chemin. Il est parti, seul, pauvre, avec si peu de langue utile ici, et son petit sac dans le dos.

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Château de Chambord, bords de Loire, Clos Lucé (dernière maison de Léonard de Vinci)

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« Qui s’oriente sur l’étoile ne se retourne pas » Léonard de Vinci

Attention, splendeurs ! Visiter les bords de Loire, c’est aller aux noces de la nature et de la culture. La puissante rivière sauvage, indomptable, nourrit un paysage plein de verdure et de douceur, où les châteaux ont poussé comme des fleurs, notamment à la Renaissance. O et moi sommes allés hier au château de Chambord, puis, après avoir longé la Loire, à Amboise dans le beau castelet avec parc et jardin où la vie et l’œuvre de Léonard de Vinci ont été magnifiquement reconstitués par la famille Saint Bris, propriétaire de l’extraordinairement émouvante maison où, sur l’invitation de François 1er, le génie des arts et des sciences  a passé les trois dernières années de sa vie, après avoir traversé les Alpes, à l’âge de 64 ans, avec La Joconde, La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne, Saint Jean Baptiste, ainsi que ses carnets, croquis, dessins, et manuscrits.

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chambord 1-minDans la brume matinale, apparition féérique du château de Chambord

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chambord 4Un poêle immense, où l’on pourrait brûler un arbre entier !

chambord 5Le lettre de François 1er et son emblème, la salamandre

chambord 7-minJe trouve à ce roi une riante allure de Gascon, qui rappelle l’esprit de Montaigne

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chambord 9-minL’escalier à double révolution inspiré de Léonard de Vinci : deux hélices entrecroisées qui ne se rencontrent jamais : à gauche sur l’image, l’arrivée de l’un, à droite, celle de l’autre

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chambord 12-minla couronne

et la fleur de lys

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chambord 14-minBeaucoup de murs du château sont couverts de graffiti, souvent anciens ou très anciens. Jean de La Fontaine et Victor Hugo feraient partie de ces centaines de tagueurs. « J’ai visité Chambord. Vous ne pouvez-vous figurer comme c’est singulièrement beau. Toutes les magies, toutes les poésies, toutes les folies même sont représentées dans l’admirable bizarrerie de ce palais de fées et de chevaliers. J’ai gravé mon nom sur le faîte de la plus haute tourelle. », écrivit en 1825 Hugo à son ami, le poète Saint-Valry.

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Puis, traversant de somptueuses forêts, nous avons rejoint et longé la Loire, splendide et souveraine même dans ses voiles de brume, avec ses îles et ses oiseaux :

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Enfin nous avons visité le bouleversant Clos Lucé :

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clos lucé 4-minla chambre de Léonard

clos lucé 6-minson atelier

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clos lucé 7-minson cabinet de travail

clos lucé 8-minavec son cabinet de curiosités

clos lucé 9-minla salle à manger

clos lucé 10-minla cuisine

clos lucé 11-mintoute une partie du castelet est dédiée à la reconstitution de ses multiples inventions scientifiques et technologiques époustouflantes

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clos lucé 12-minLa silhouette de Léonard dans le souterrain de 700 mètres que François 1er avait fait creuser entre le château royal d’Amboise et le Clos Lucé, et par où il rendait visite chaque jour au génie

clos lucé 14-minPuis nous descendons au jardin et dans le parc, où ont été également reconstituées, et intégrées harmonieusement dans la nature, plusieurs de ses machines fantastiques. Leonard est clairement le génie du mouvement.

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clos lucé 18-minJe photographie mon reflet dans le panneau qui protège son moulin à eau

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clos lucé 20-minO fait tourner l’hélicoptère inventé par Léonard

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clos lucé 27-minétude du corps et nature

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clos lucé 29-minphotos Alina Reyes

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site du Clos Lucé

site du château de Chambord

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Mes danseurs & danseuses préférées

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Mes danseurs et danseuses préférées, mon danseur préféré (en gros plan puis sur les épaules de son partenaire) sont jeunes, sont la vie qui a la vie devant soi, sont les vivants, les vivantes qui feront et vivront le monde qui vient, avec le courage qu’il faudra, avec la joie, le cœur et l’intelligence que j’ai aimés chez mes élèves comme Nadia Vadori doit les aimer chez les sien·ne·s. Nous, les générations précédentes, qui avons joui d’un monde encore vivable, devons tout donner pour les aider à sauver ce même monde que l’espèce humaine a abîmé, abîme. C’est vers elles, c’est vers eux que je me tourne.

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La vie bonne

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J’ai grandi au bord de l’océan, j’aime me promener sous la pluie. Je mets ma capuche comme Forest Whitaker dans Ghost Dog : la Voie du samouraï, de Jim Jarmusch, et j’y vais. Toute sourire à l’intérieur, en ce moment songeant à l’action excellente du kundalini yoga en moi, à mon travail en cours, et contemplant, photographiant, rendant grâce pour la vie douce qui nous est chaque jour gracieusement offerte.

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vigne vierge-minCet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Dédale

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oiseau blanc

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Le tapuscrit de travail pour mon DEA que j’ai retrouvé hier s’accompagnait d’une dizaine de pages manuscrites, notes de lecture et réflexions pour la recherche. C’était il y a trente ans, et mon écriture est toujours la même, on dirait que ces notes ont été prises hier. Il y a là un beau départ de feu. Une note sur le labyrinthe par exemple retient mon attention. Il semble qu’elle soit tirée d’une notice du Dictionnaire des mythes littéraires (livre resté avec presque toute ma bibliothèque dans la montagne). La voici :

Antiquité = l’un et le multiple

Moyen Âge = l’horizontalité et la verticalité

Renaissance = l’extérieur et l’intérieur

Époque classique = la réalité et l’apparence

Époque moderne = le fini et l’infini

traversé et annulé par le fil

danse rituelle

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Je remarque combien fidèle est l’esprit au développement de sa pensée. Je résumais ainsi mon projet de thèse dans mon tapuscrit :

« Un fil poétique et philosophique vers une définition de l’identité, qui prend successivement une valeur morale, mythique, et métaphysique. »

Et je constate que c’est ce qu’a réalisé ma thèse, reprise près de trente ans plus tard avec un autre intitulé. J’ai aujourd’hui élargi le corpus à de nombreux auteurs, mais le seul fait que Schwob et Borges fussent deux des trois auteurs envisagés à l’époque eût nécessairement fait entrer la bibliothèque universelle dans ma thèse, dont le plan eût évidemment évolué aussi, tout en conservant cette structure annoncée en deux grandes parties, cette structure en miroir qui est aussi celle de ma thèse d’aujourd’hui et qui est une façon de donner pouvoir, dans le labyrinthe et au-delà, d’entrer, d’aller et venir, de sortir librement, grâce à la métaphysique de la création, grâce aussi à ce fil qui existe dans ma thèse actuelle entre ses nombreux éléments, ses nombreux détours, ses hypothèses et ses fictions, non pas grosse ficelle artificielle comme on en fait dans la littérature industrielle mais fil d’or ténu, requérant l’attention de celle et de celui qui fait le travail de lire, qui accomplit ainsi le travail de l’aventure en soi, comme disait Sarane Alexandrian. Et il ne s’agit pas d’une introspection, d’une affaire psychologique même si la psychologie en est, mais bien d’une aventure métaphysique, poétique, philosophique, l’aventure la plus haute qui soit, l’aventure qui détruit l’effroi mortel devant l’être qui mène l’homme à sa perte. Je suis follement amoureuse de la littérature, qui donne la vie éternelle.

Ayant rêvé hier que j’étais un oiseau blanc, c’est cette fois cet ancien dessin que, dans la continuité des jours précédents (et tout en écoutant Roger Caillois sur l’INA, où il vaut d’être abonné) j’ai repris, en superposant à la gouache originelle des couches de feutre, de crayons de couleur, d’acrylique, de stylo, qui lui donnent un caractère de costume d’Arlequin, aux multiples et divers tissus cousus. Et cette nuit j’ai rêvé que, sous ma forme humaine, je me déplaçais dans les airs, très naturellement.

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Saint-Malo en 70 photos

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Deux journées magnifiques dans la magnifique Saint-Malo. La première nuageuse et venteuse à souhait, la deuxième douce et ensoleillée.

saint malo 0 fregate 1En arrivant à pied depuis la gare, deux majestueuses frégates dans le port au milieu des catamarans qui s’apprêtent pour la Route du Rhum

saint malo 0 fregate 2

saint malo 0, chateaubriandEt Chateaubriand, enfant de Saint-Malo

saint malo 1Aspirer l’iode à pleins poumons

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saint malo 5Avant de poursuivre la balade, allons déposer nos bagages à l’hôtel, près du château

saint malo 6« Toujours fidèle », j’aime cette devise. Il suffit de savoir à quoi, à qui et comment être fidèle

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saint malo 9L’hermine, symbole de la Bretagne, ponctue les pas des visiteurs

saint malo 10L’ancien marché aux poissons

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saint malo 12La maison où est né Chateaubriand

saint malo 13Halte petit-déjeuner dans l’agréable Café de l’Ouest

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saint malo 15La vieille ville nous rappelle Édimbourg

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saint malo 18Dans cette maison est né Surcouf, nous a dit un habitant

saint malo 19Nous montons sur les remparts

saint malo 20 surcoufEt voici Surcouf

saint malo 21Nous rejoignons l’îlot, accessible à marée basse, où repose Chateaubriand

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saint malo 24Puis nous reprenons le tour des remparts

saint malo 25Une nageuse courageuse

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Le lendemain matin, grand soleil sur le château

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saint malo 47Sur la plage, le long des remparts, une forêt de troncs couverts de graffitis

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saint malo 50Je ferai une note à part avec mes photos de la plage, du sable, des rochers, des coquillages…

saint malo 51Retour à l’intérieur des remparts

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saint malo 54Toujours avec O

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saint malo 64Nous entrons dans la cathédrale

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saint malo 66 arcabas et etienneLe peintre Arcabas et le sculpteur Étienne y ont créé un magnifique mobilier d’église inspiré bien sûr de la Bible (les animaux des quatre évangélistes aux coins de l’autel) mais aussi de l’art celtique antique

saint malo 67Retour à l’air libre

saint malo 68Sur le mur au-dessus de la brasserie où nous mangeons délicieusement. Puis nous longeons de nouveau le port pour retourner à la gare

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Ces 22 et 23 octobre 2018 à Saint-Malo, photos Alina Reyes

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saint malo plageProchaine note : mes photos du sable, des rochers, des coquillages…

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Espèces en voie d’illumination et couleurs du bonheur

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À partir du 16 novembre et jusqu’au 15 janvier, le Jardin des Plantes offrira une « promenade nocturne » pleine d’animaux et de plantes illuminées : « Espèces en voie d’illumination ». Pour l’instant, les espèces en question, tout juste déballées et pas encore en place, attendent leur heure sur les pelouses, telles un manuscrit en cours. Voici les couleurs de ma promenade du jour, couleurs du bonheur.

 

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especes en cours d'illumination 1

especes en cours d'illumination 3

especes en cours d'illumination 2

Je me suis assise en face de la grenouille et je l’ai dessinée dans mon carnet, puis je l’ai coloriée une fois de retour à la maison, en ajoutant en grec le mot bios, vie

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Mais avant de repartir du jardin, j’ai contemplé une fois de plus le beau manège des animaux disparus

manege des animaux disparusAujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Allez à la félicité

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« L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. Après-midi piscine », écrivait Franz Kafka dans son Journal le 2 août 1914. Quand le monde va mal, il nous faut plus que jamais être ses médecins, ses infirmiers, en allant bien, en gardant les forces de vie. Car il y a les combats que nous voyons, et ceux que nous ne voyons pas, qui déterminent l’issue des premiers. L’amour, à commencer par l’amour de la vie, est seul en mesure de sauver le monde. Ne nous laissons jamais vaincre par les forces de mort. Les forces de l’esprit qui combattent au-dessus et au-dessous de nos têtes demandent, pour une issue heureuse, notre participation empathique, courageuse, aux armées de la joie, du bonheur, de la paix.

Mon amoureux et moi avons déjeuné d’un sandwich assis sur une pierre, sous un arbre, dans la chaleur et la lumière douces de cet automne, l’odeur des conifères et des milliers de plantes, aux chants des oiseaux et du vent léger dans les feuillages. Une classe multicolore d’enfants de primaire parcourait cet espace de jardin, cahier en mains, notant leurs observations. Je les contemplais dans leur fraîcheur merveilleuse, songeant à mes élèves, le cœur battant. Les avoir connus est l’une des meilleures expériences de ma vie, mais il m’arrive de penser que si j’avais passé le concours de professeur des écoles plutôt que le CAPES, j’aurais été nommée dans mon académie, à Paris… et je n’aurais pas eu à m’épuiser dans ces heures de trajet qui ont causé, d’après mon médecin, la récidive de mon cancer, et donc je serais encore aujourd’hui en mesure d’enseigner, d’avoir ce bonheur et cette utilité. Mais j’ignorais cette différence entre les deux concours, et comme le dit une expression pleine d’histoire, avec des si on mettrait Paris en bouteilles. Le bonheur et l’utilité peuvent continuer à exister par d’autres voies, que je ne manque pas de faire exister.

Lu hier Une étude en rouge, la première enquête de Sherlock Holmes. « J’ai fait la magique étude », disait Rimbaud.

J’ai classé sous le mot clé « labyrinthe » mes notes suivantes :

Le livre de sable de Jorge Luis Borges, un coran

Antigone au lieu labyrinthe

Zbigniew Herbert, « Le labyrinthe au bord de la mer »

Poe, Magritte, et les lettres en leur tracé

Mon discours de soutenance de thèse en littérature comparée

Joie de la recherche

Ma thèse en 180 signes. De l’or, du feu dans le labyrinthe

Dédale au Mont-Saint-Michel (en 40 photos et une petite réflexion)

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