Île Saint-Louis et fils de la Vierge

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« Pour perdre du temps je dérivai jusqu’à l’île Saint-Louis (…) Une façon, entre mille, de combattre le néant, c’est de prendre des photos. C’est une activité à laquelle on devrait habituer les enfants de bonne heure, car elle exige de la discipline, une éducation esthétique, la main ferme, le coup d’œil rapide (…)

En ce moment même (quel mot : en ce moment, quel stupide mensonge) par exemple, je pouvais rester assis sur le parapet, au-dessus du fleuve, à regarder passer les péniches noires et rouges sans avoir envie de les penser photographiquement ; je me laissais aller dans le laisser-aller des choses, je courais immobile avec le temps. Le vent était tombé.

Puis je suivis le quai Bourbon jusqu’à la pointe de l’île où il y a une petite place intime (intime parce que petite et non parce que secrète, elle est grande ouverte sur le fleuve et sur le ciel) qui me plaît sacrément. »

Julio Cortazar, Les fils de la Vierge, in Les armes secrètes, trad. Laure Guille-Bataillon

 

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dessinateur ile saint louisaujourd’hui au bout de l’île Saint-Louis, photos Alina Reyes

(il devait s’agir d’un dessinateur de mangas connu, car il était photographié par une équipe japonaise)

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Continuidad de los parques, Continuité des parcs, de Julio Cortazar, en quatre courts-métrages et une peinture

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Le texte bref et fulgurant de la fameuse nouvelle peut être lu ou relu ici. Elle a été publiée pour la première fois en 1956 (année de ma naissance) dans le recueil Fin d’un jeu et se trouve maintenant dans Les Armes secrètes. Julio Cortazar est l’auteur qui m’a donné mon nom d’auteure, trouvé également dans Les Armes secrètes (dans la nouvelle La Lointaine). Son œuvre entière et chacun de ses textes pourraient s’intituler Continuité des parcs. Mon nom, par exemple, y est l’anagramme de es la reina y… En toute continuité des parcs, Cortazar entre dans ma thèse, qui est elle-même une fresque de la continuité des parcs. Je contemple chaque jour la peinture Molecule Park, que j’ai faite en lien avec cet univers de continuité des parcs, et que je donne ici après les vidéos. (L’immense beauté convulsive de ma thèse, que je suis en train de terminer, emplit de joie tous mes parcs, les démultiplie pour s’y répandre encore, toujours plus loin.)

J’aime ce court-métrage où la nature tient une place essentielle. Il est seulement dommage que le poignard de la nouvelle ait été remplacé par un pistolet. C’est un film québécois de Gabriel Argüello :

Et voici l’interprétation de la nouvelle par le réalisateur uruguayen Alfonso Guerrero :

Le nom du réalisateur n’apparaît pas sur celui-ci, qui a aussi un bel intérêt poétique, quoique la fin soit un peu trop explicite :

Enfin, cette très belle animation réalisée par des élèves de la San Joaquin School avec leur professeur, Diego Pogonza, et la voix de Cortazar :

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molecule park!-minpeinture Alina Reyes

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Histoire d’œuf, avec Piero della Francesca, Julio Cortazar et la poule d’eau

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Piero della Francesca, Retable Montefeltro, détail. Source

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« Devant les seaux qui adouciraient cette aube,
Masaccio entendit prononcer son nom.

Il partit, et déjà le jour
de Piero della Francesca se levait. »

Julio Cortazar, derniers vers de son poème Masaccio, trad Silvia Baron Supervielle

 

vignetteHier après-midi j’ai trouvé le nid de la poule d’eau, dont j’avais photographié la construction, puis où je l’avais photographiée en train de couver (cf notes des jours précédents), vide. C’est une question à la Petit Prince : les œufs ont-ils été mangés par un animal, ou bien ont-ils éclos, provoquant le déménagement de la petite famille ?

sorbonne nouvelleAu retour, j’ai vu cette nouvelle œuvre de street art, signée Arsène, sur un mur de la Sorbonne Nouvelle.

Réel ou réclame, il faut choisir

Aujourd’hui deux paroles du jour pour le prix d’une : car vivre à distance du réel, c’est finir empaillé. (Voir la fin du Guépard, à la fin de la note précédente)

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C’est bien toujours – en dernière analyse – le réel qui fait peur. (…) De ce que l’épreuve de la peur se confond avec l’appréhension du réel (…) il s’ensuit que la peur intervient toujours de préférence lorsque le réel est très proche.

Clément Rosset, La proximité du réel

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Les vies qui s’achèvent comme les articles littéraires des journaux et des revues, si ronflants en première page et dont la fin se traîne minablement, là-bas vers la page trente-deux, perdue au milieu de réclames pour des soldes ou des pâtes dentifrices.

Julio Cortazar, Marelle (traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon)

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Marelle, de Julio Cortazar

roseAprès cinq heures de travail sans interruption dans la bibliothèque, près des baies vitrées derrière lesquelles les branchages des arbres se balançaient, feuilles mouillées, je suis allée faire un tour à la roseraie du Jardin des Plantes et j’ai photographié cette rose, pour accompagner cette fin de phrase de Cortazar :

… entendre le grondement des marées en appuyant son oreille contre la paume d’une petite main que l’amour ou une tasse de thé ont rendue un peu humide.

(traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon)

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