Mahmoud Darwich. Étrangers et poète. « Pour décrire les fleurs d’amandiers »

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« Nous sommes tous étrangers sur cette terre. Depuis son renvoi, Adam est étranger sur cette terre où il a élu domicile d’une façon passagère, en attendant de pouvoir revenir dans son Éden premier. Le mélange des peuples, leurs migrations ne sont que cheminements d’étrangers. La paix elle-même ne s’accomplit à certains moments de l’Histoire, que dans la mesure où elle est la reconnaissance par des étrangers d’autres étrangers. Si bien qu’il devient impossible aux uns et aux autres de savoir qui est le véritable étranger. Je fais la différence dans ma poésie entre l’étranger et l’ennemi. L’étranger n’est pas uniquement l’Autre. Il est aussi en moi. Je n’en parle pas pour m’en plaindre ou pour refuser l’Autre. Il est en moi. »

« Je me souviens d’une maison à l’orée du village où venait toutes les nuits un chantre qui racontait son histoire. Sa voix était mélodieuse et sa poésie belle. Puis il disparaissait avec le jour, car il était pourchassé par la police israélienne. C’est à ce chantre que je pensais dans mon poème « La terre » : « Le chantre chantait le feu et les étrangers, et le soir était le soir. » Cet homme traqué par l’armée israélienne, nous l’entendions de nuit, et il disparaissait le jour. Il portait le voyage dans sa voix, sa poésie et son chant. Il racontait son histoire de fugitif traqué. Sa quête des siens. Comment il escaladait les montagnes, descendait les vallées. J’ai alors réalisé que les mots pouvaient porter la réalité, ou l’égaler. »

Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore

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Le 07 octobre 2007, le poète palestinien Mahmoud Darwich (en arabe : محمود درويش) lisait son poème “Pour décrire les fleurs d’amandier” au Théâtre de l’Odéon (Odéon – Théâtre de l’Europe). Traduction de l’arabe vers le français : Elias Sanbar. Lecture de la traduction française : Didier Sandre. Peinture : Vincent Van Gogh, “Amandier en fleurs”, 1890. “Pour décrire les fleurs d’amandier” :

Pour décrire les fleurs d’amandier, l’encyclopédie
des fleurs et le dictionnaire
ne me sont d’aucune aide…
Les mots m’emporteront
vers les ficelles de la rhétorique
et la rhétorique blesse le sens
puis flatte sa blessure,
comme le mâle dictant à la femelle ses sentiments.
Comment les fleurs d’amandier
resplendiraient-elles
dans ma langue, moi l’écho ?
Transparentes comme un rire aquatique,
elles perlent de la pudeur de la rosée
sur les branches…
Légères, telle une phrase blanche mélodieuse…
Fragiles, telle une pensée fugace
ouverte sur nos doigts
et que nous consignons pour rien…
Denses, tel un vers
que les lettres ne peuvent transcrire.
Pour décrire les fleurs d’amandier,
j’ai besoin de visites
à l’inconscient qui me guident aux noms
d’un sentiment suspendu aux arbres.
Comment s’appellent-elles ?
Quel est le nom de cette chose
dans la poétique du rien ?
Pour ressentir la légèreté des mots,
j’ai besoin de traverser la pesanteur et les mots
lorsqu’ils deviennent ombre murmurante,
que je deviens eux et que, transparents blancs,
ils deviennent moi.
Ni patrie ni exil que les mots,
mais la passion du blanc
pour la description des fleurs d’amandier.
Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc
dans leur dédain des choses et des noms ?
Si quelqu’un parvenait
à une brève description des fleurs d’amandier,
la brume se rétracterait des collines
et un peuple dirait à l’unisson :
Les voici,
les paroles de notre hymne national !

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Aller vers le commun avec Héraclite et les Grecs

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« Il faut donc aller vers le commun. Car le commun appartient à tous. Mais bien que le Logos soit commun à tous, la plupart vivent comme s’ils avaient une intelligence à eux. » Héraclite

L’empire empire. L’ONU refuse de reconnaître le commun. Or il est impossible d’établir la justice sans avoir d’abord reconnu le vrai (dans le cas d’Israël et de la Palestine, une situation coloniale, donc inique : vérité commune universellement valable). Et il est impossible d’établir la paix sans avoir fait justice.

N’ayant plus mon dictionnaire de grec ancien à disposition, j’ai commandé un Bailly d’occasion, je l’aurai dans quelques jours, une belle façon de marquer la nouvelle année. Je pourrai traduire plus aisément qu’avec le dictionnaire en pdf dont je dispose, utile mais beaucoup trop lent à l’usage. Or le monde égaré, le monde tombé dans le faux, a besoin de revenir aux sources de la pensée. Est-ce un paradoxe que les tenants des monothéismes soient tombés dans le polythéisme en croyant chacun de leur côté avoir une intelligence à eux, et que d’un monde archaïque et dit païen, des hommes nous transmettent encore l’urgence du sens du logos unique et commun ?

« Il faut voir que le combat appartient à tous, que la lutte est justice, et que tout se transforme et s’entreprend par la lutte. » Héraclite

« Le penser-vivre est commun à tous. » Héraclite

(Les traductions de ces fragments d’Héraclite sont les miennes)

Voir aussi Parménide.

Bon passage à la nouvelle année ! avec Héraclite, pour qui tout est barque et flux.

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La stratégie du choc, par Naomi Klein (17) Israël, avant-poste et emblème du vieux monde

israel*

Derniers extraits de la série, remonter dans la page pour les lire dans l’ordre du livre ou selon pays ou thématiques.

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Après un chapitre sur le tsunami de 2004 au Sri-Lanka, où l’on voit la même logique de choc économique faire des ravages comparables à ceux que nous avons vus dans le reste du monde (notamment en chassant de la côte les pêcheurs pauvres, sans compensation, pour les remplacer par des installations pour touristes riches), Naomi Klein intitule le dernier chapitre de son livre : Quand la paix ne sert plus à rien – Israël : le signal d’alarme.

« L’économie connaissait une sorte d’ « âge d’or de la croissance généralisée ». En d’autres termes, le monde courait à sa perte, la stabilité était un vain rêve, et l’économie mondiale applaudissait à tout rompre. (…) Aujourd’hui, l’instabilité mondiale ne profite pas qu’à un petit groupe de marchands d’armes ; elle procure au contraire des profits mirobolants au secteur de la sécurité de pointe, à la construction lourde, aux fournisseurs de services de santé qui traitent les soldats blessés, aux secteurs pétrolier et gazier – et évidemment, aux entrepreneurs de l’industrie de la défense. » (p.513)

« Pendant les années 1990, environ un million de juifs quittèrent l’ex-Union soviétique pour Israël. Les immigrants qui s’y établirent pendant cette période comptent aujourd’hui pour plus de 18 % de la population totale d’Israël. (…) À l’échelle de l’Europe, c’est comme si toute la Grèce transportait ses pénates en France. (…) Arrivés en Israël sans le sou après avoir vu leurs économies englouties par les dévaluations qu’avait entraînées la thérapie de choc, de nombreux habitants de l’ex-Union soviétique se laissaient facilement tenter par les territoires occupés, où les maisons et les appartements étaient beaucoup moins chers, sans parler des primes et des prêts spéciaux qu’on leur faisait miroiter. » (pp 521-523)

« Les nouveaux arrivants jouèrent un rôle décisif dans le boom. Parmi les centaines de milliers de Soviétiques qui débarquèrent en Israël dans les années 1990, il y avait plus de scientifiques bardés de diplômes que n’en avait formé le plus important institut du pays au cours de ses 80 années d’existence. On trouvait dans leurs rangs bon nombre de savants qui avaient aidé l’Union soviétique à se maintenir pendant la Guerre froide. Ils furent, ainsi que le déclara un économiste israélien, « le carburant qui propulsa l’industrie de la technologie. (…) L’ouverture des marchés promettait des bénéfices de part et d’autre du conflit, mais, à l’exception d’une élite corrompue entourant Arafat, les Palestiniens ne profitèrent absolument pas du boom de l’après-Oslo. Le principal obstacle fut le bouclage imposé en 1993. (…) La fermeture abrupte des frontières en 1993 eut des effets catastrophiques sur la vie économique palestinienne. (…) Les travailleurs ne pouvaient pas travailler, les commerçants ne pouvaient pas vendre leurs produits, les agriculteurs ne pouvaient pas se rendre dans leurs champs. (…) En 1996, affirme Sara Roy, qui a analysé en détail l’impact économique du bouclage, « 66 % des membres de la population active palestinienne étaient au chômage ou gravement sous-employés. » (p.524)

« La fourniture de produits liés à la « sécurité » – en Israël et à l’étranger – est directement responsable d’une bonne part de la phénoménale croissance économique que connaît Israël depuis quelques années. Il n’est pas exagéré d’affirmer que l’industrie de la guerre contre le terrorisme a sauvé l’économie vacillante d’Israël. [S’ensuit une longue liste, non exhaustive, des villes du monde, notamment américaines, faisant appel aux industries de technologies de surveillance et de sécurité israéliennes]. Comme de plus en plus de pays se transforment en forteresses (on érige des murs et des clôtures de haute technologie entre l’Inde et le Cachemire, l’Arabie Saoudite et l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan), les « barrières de sécurité » deviendront peut-être le plus vaste marché du désastre d’entre tous. C’est pourquoi Elbit et Margal ne se formalisent pas de la réprobation que suscite la barrière israélienne un peu partout dans le monde – en fait, ces sociétés y voient plutôt une forme de publicité gratuite. » (pp 528-531)

« Le boom de la sécurité s’est accompagné d’une vague de privatisations et de compression des dépenses sociales qui ont pratiquement anéanti l’héritage du sionisme travailliste et créé une épidémie d’inégalités comme les Israéliens n’en avaient jamais connue. En 2007, 24,4 % des Israéliens se trouvaient sous le seuil de la pauvreté, et 35,5 % des enfants vivaient dans la pauvreté – contre 8 % vingt ans plus tôt. » (p.532)

« La recette de la guerre mondiale à perpétuité est d’ailleurs celle que l’administration Bush avait proposée au complexe du capitalisme du désastre naissant, au lendemain du 11 septembre. Cette guerre, aucun pays ne peut la gagner, mais là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de créer la « sécurité » dans des pays-forteresses soutenus par d’interminables conflits de faible intensité à l’extérieur de leurs murs. (…) C’est toutefois en Israël que le processus est le plus avancé : un pays tout entier s’est transformé en enclave fortifiée à accès contrôlé entourée de parias refoulés à l’extérieur, parqués dans des zones rouges permanentes. Voilà à quoi ressemble une société qui n’a plus d’intérêts économiques à souhaiter la paix et s’est investie toute entière dans une guerre sans fin et impossible à gagner dont elle tire d’importants avantages. D’un côté, Israël ; de l’autre, Gaza (…) des millions de personnes qui forment, a-t-on décidé, une humanité excédentaire. » (pp 534-535)

De la conclusion de cet ouvrage dont bien sûr je conseille la lecture complète, je retiendrai ceci :

Dans le monde, « les mouvements de renouveau populaires partent du principe qu’il est impossible de fuir les gâchis considérables que nous avons créés et que l’oblitération – de la culture, de l’histoire, de la mémoire – a fait son temps. Ces mouvements cherchent à repartir, non pas de zéro, mais plutôt du chaos, des décombres qui nous entourent. Tandis que la croisade corporatiste poursuit son déclin violent et augmente sans cesse les chocs d’un cran pour vaincre les résistances de plus en plus vives qu’elle rencontre sur sa route, ces projets indiquent une voie d’avenir possible au milieu des fondamentalismes. »

Toute notre lecture du livre depuis le début est ici.

Le vieux monde poursuit sa course à la mort, le nouveau monde est en route. Que ceux qui aiment la vie, pour eux et pour leurs enfants, s’engagent dans la bonne voie.

La Palestine, le Qatar et ses collaborateurs

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Je voudrais seulement qu’on ait une conscience plus aiguë de la nécessité d’avoir des combats politiques cohérents. Sinon ils s’annulent, ou même font plus de mal que de bien. Et tellement de politiciens sont dans ce schéma – c’est pourquoi les choses vont mal.

Le problème est que le Qatar joue constamment double ou triple ou quadruple jeu, pour se prémunir de tous côtés. Il distribue de l’argent à Gaza et abrite les dirigeants du Hamas mais en même temps il entretient des relations avec ceux par lesquels Gaza souffre. Ce qui n’apporte aucune aide réelle aux Gazaouis mais fait perdurer indéfiniment la situation, comme dans un sketch absurde. Aucun pays arabe, et notamment les riches pays du Golfe, ne vient réellement en aide aux Palestiniens. Aucun ne se mobilise réellement pour les Palestiniens. Sinon cela ne durerait pas depuis 70 ans.

Je ne parle pas des peuples, je parle des gouvernants. Dans le cas du Qatar, une dictature impitoyable. Ce n’est pas parce qu’on est un petit État qu’on doit avoir une politique pleine de duplicité avec tout le monde. Le Qatar avec tout son argent pourrait avoir une toute autre politique. Il y a dans le monde des pays beaucoup moins bien lotis que le Qatar et qui ne se comportent pas aussi mal, ni au plan de leur politique intérieure ni sur celui de leur politique extérieure. Pensons pour le soutien à la Palestine aux pays d’Amérique Latine, et pensons à Pepe Mujica, le président de l’Uruguay, pauvre parmi les pauvres. Pourquoi certains intellectuels arabes occidentaux s’emploient-ils à rendre fréquentables, en les fréquentant, des pays comme le Qatar, complètement idolâtriques de l’argent et sans foi ni loi ? Pourquoi ne pas se tourner plutôt vers ceux qui essaient d’être justes ? Je ne dis pas qu’il faut refuser tout rapport avec les dictatures, je dis qu’il ne faut pas les cautionner en les faisant passer pour présentables ou acceptant leurs faveurs. Les vrais résistants dans toute l’histoire de l’humanité n’ont pas mangé à la table des princes de ce monde, qui se nourrissent sur le dos des peuples.

La paralysie des pays arabes se transforme en complicité cachée avec le sionisme, spécialement de la part des États richissimes, dont les dirigeants n’ont d’autre véritable but que de perpétuer les conditions de leur propre domination sur les peuples, avec la complicité d’Occidentaux, y compris d’Arabes occidentaux, dont ils achètent la bienveillance.

Ceux qui font ce qu’ils veulent ne le font que parce que d’autres, les esclaves volontaires du système auquel ils trouvent intérêt (les riches, les élites), les laissent faire. À qui profite le sionisme ? À tous ceux qui profitent des richesses exploitées aux dépens de la liberté des peuples. La Palestine serait libérée depuis longtemps si la situation telle qu’elle est ne favorisait pas les émirs arabes, qui tout en faisant leur aumône à Gaza, font en sorte que rien ne change afin de pouvoir continuer à jouir des richesses du sol sans avoir à les partager avec les peuples. Si les printemps arabes avaient été jusqu’au bout, ces émirs seraient destitués. Ils ont intérêt à ce que les peuples arabes restent impuissants, y compris les Palestiniens. Et il en va de même pour tous ceux qui bénéficient des largesses de ces pays, même s’ils font mine de soutenir la Palestine.

Ne pas confondre la réalité et le réel. Le réel est bien plus vaste que la réalité, humaine, trop humaine. L’idéal est une plaie. On ne peut mener le réel vers l’idéal, le réel est bien trop fort pour cela. L’idéalisme est de vouloir mener la réalité vers l’idéal, et c’est une grossièreté chaque fois fatale.

Il ne faut ni coller à la réalité, ni aspirer à un idéal. Il faut vivre le réel, qui dépasse infiniment les limites de la réalité et annule le caractère morbide de l’idéal (morbide car l’idéal n’a pas d’être). Vivre le réel, la bonne vie qu’est la plénitude du chemin droit.

Batailles, guerres et trêve

1regardant sur mon ordi les Gazaouis fêter la trêve qu’ils ont ardemment méritée
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Certains musulmans nous font avec le voile un chantage à l’islamophobie comme certains juifs nous font avec Israël un chantage à l’antisémitisme. De même que critiquer Israël serait être antisémite, critiquer le voile serait être islamophobe. Or le voile ne représente pas plus l’islam que le sionisme ne représente le judaïsme. Il n’est en rien illégitime de considérer que le sionisme et le voile sont des instruments d’oppression, l’un envers les Palestiniens, l’autre envers les femmes. Bien sûr il y a en Israël des musulmans qui trouvent leur compte dans une société qui malgré tout leur offre des opportunités d’étude et de travail, et bien sûr il y a des femmes voilées qui ne sont pas moins libres que des femmes sans voile. Il n’empêche, et j’en ai fait l’expérience, qu’il existe une pression énorme – vraiment énorme – des hommes et de certaines femmes sur les musulmanes pour qu’elles voilent leurs cheveux, voire davantage. Jamais le Coran ne demande rien de tel, le mot cheveux ne s’y trouve même pas. Cette question complètement accessoire, c’est le cas de le dire, est devenue, par une terrible inversion des valeurs, l’emblème, toujours plus hystériquement défendu, de l’islam. Comme si l’islam s’était vidé de toute sa grandeur pour se réduire à des mesquineries, des bassesses spirituelles et intellectuelles, voire à une agressivité défensive qui a tendance à se transformer en ressassement et à paralyser toute vraie pulsion de vie.

J’ai toujours écrit en faveur de la liberté de porter le voile (pas celui qui masque le visage, ce qui me paraît extrêmement incorrect envers autrui), mais je n’ai pas l’intention de perdre la liberté de le critiquer, et d’autant moins qu’il est de plus en plus instrumentalisé.

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En réalité, la politique prime sur la religion, y compris chez la plupart des religieux. Et c’est une bonne chose car les religions ne sont pas la réalité, seulement un voile devant le réel. Les hommes ont le plus grand mal à regarder en face la Vérité, qui est Dieu, c’est pourquoi ils l’habillent de religions qui la rendent abordable. Mais les religions sont aussi des bateaux pour voyager vers la Vérité, de même que la science, l’art, la philosophie – disciplines qui peuvent aussi être des religions. Le plus grand danger qui menace l’humanité est l’idolâtrie. L’idolâtrie de l’argent, de l’apparence, de la religion, toutes choses qui n’ont pas de réalité. La politique est la réalité, et quand s’y mêle l’une de ses idolâtries, il se forme une énorme chimère, une force de mal dévastatrice.

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Dans la barbarie moderne la Machine (administrative du nazisme ou technologique à Hiroshima) tue à la place de l’homme. Elle apparaît comme l’accomplissement de la pulsion de mort mais elle en est surtout le signe. Le signe de ce qui préside aux massacres, que ce soit dans la barbarie contemporaine à la machette ou à la bombe atomique : la négation, l’occultation de l’humanité. Le massacre ne peut avoir lieu sans déshumanisation préalable (par le racisme, l’idéologie politique ou religieuse) des massacrés ou futurs massacrés, et cette déshumanisation transforme elle-même le massacreur en machine.

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Un hebdomadaire catholique promeut, en une, un livre sur Jésus écrit par un auteur qui leur déclare dans un long entretien qu’il ne croit pas en Dieu.

L’un, parmi d’autres, des signes de l’incohérence qui gangrène notre monde. Incohérence et chaos sont deux têtes d’un même Mal dans la bataille mondiale à laquelle nous assistons et prenons part, que nous le voulions ou non, soit dans les forces de mort, soit dans les forces de vie. La démarcation n’est pas entre islam et christianisme, ni entre monde musulman et monde judéo-chrétien, ni entre des cultures, des politiques ou des idéologies. La démarcation entre le camp de la vie et celui de la mort dans ce combat est la démarcation entre la cohérence et l’incohérence dans tous ces systèmes de pensée et de vie.

Les esprits gagnés par l’incohérence qui jette le chaos dans le monde sont comme les ruines de la guerre. L’incohérence est devenue leur royaume, ils perdent un peu plus chaque jour la connaissance, ils en arrivent à juger dans l’inversion. Ils ne savent pas se remettre debout et ils ne le pourront pas tant qu’ils n’auront pas repris le chemin de pensée où les appelle le Seigneur des mondes, le seul qui sache les harmoniser et qui puisse les relever.

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Projetant d’aller en reportage dans ce qu’on appelle les « zones de non-droit », j’ai acheté Valeurs Actuelles pour voir leur enquête de cette semaine sur ces mêmes zones. J’ouvre ce magazine plein d’effroi et de mauvais esprit, et avant d’arriver aux pages qui m’intéressent, je vois un encadré titré « L’image de la semaine » dont la photo est ainsi légendée : « 5000 personnes ont participé à la messe organisée le 13 août par le maire de Béziers, Robert Ménard, pour l’ouverture de la feria. » Ben tiens. Un maire facho qui organise des messes. Le bon vieux temps retrouvé pour tout ce petit monde.

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Je t’appelle Palestine, humble maison de l’Homme,

car où est notre cœur, là est notre trésor.

Tes enfants crient et pleurent entre ciseaux et gomme,

des bombes les effacent ou les jettent dehors.

 

Ô terre convoitée, Palestine aux mains nues

dressée face aux tueurs, ceux qui veulent ta peau,

aveuglés par la rage et toute honte bue.

Ô, écoute la mer baigner tes bons chevaux !

 

Poussière de béton, modernes sarcophages

de milliers d’innocents. Ils se retourneront,

soulevés par la vie d’un peuple mis en cage

et bondissant, iront enterrer Pharaon.

 

Ô jeune Palestine marchant sur les décombres

vers où tes oliviers t’appellent de leurs vœux,

tu troues sur ton passage les très épaisses ombres

de la nuit, annonçant l’aube des jours heureux.

 

Petite fiancée du ciel, petite mère,

tu auras, épousée, des enfants plein les bras.

Nés d’un déchirement et nourris de lumière,

ils montreront la paix aux hommes d’ici-bas.

 

*

Petit pays au cœur du monde,

pays dépouillé de pays

comme l’enfant, mains sur les yeux,

se sent devenu invisible.

 

Terre sur laquelle le monde

des hommes qui ont un pays

ou même cent, ferme les yeux

afin de la rendre invisible.

 

Peuple palestinien, le monde

qui t’a dérobé ton pays

ne peut pas marcher droit, les yeux

rempli de ton sang, si visible.

 

Nous mangerons des roses, monde,

au paradis, notre pays,

et tu supplieras dans nos yeux

le feu sans fin de l’Invisible.

*

Quand va mourir le porc

la terre puera-t-elle

un peu plus, un peu moins ?

L’odeur de son cadavre

pourrait-elle être pire

que celle de sa bauge ?

Une chose est certaine :

elle ne durera

pas beaucoup plus longtemps

et peut-être bien moins.

 

*

Des hommes embourbés

jusqu’en haut des mollets

pataugent et s’enfoncent

dans leurs membres pourris.

Leurs aïeux, dans le temps,

firent de grandes guerres,

ignobles déjà.

Les leurs sont aujourd’hui

mesquines et honteuses,

dissimulées, lâches

surtout.

Ils n’ont pas de charpente,

leur toit est cache-sexe

Ils n’ont ni jambes ni

colonne vertébrale

Pas de main que l’on puisse

en confiance serrer

Des paroles tordues

Des yeux dans lesquels nichent

des serpents.

Des hommes habillés

de bêtise et de morgue

des hommes pleins de mort

rampent avec des mouches

aux ventres gras partout

où ils trouvent pitance.

Ils cherchent les vivants

pour manger sur leur dos

Ils s’empiffrent en tuant

et crèvent dans leur faim,

à jamais dévorés.

*

Le phénomène EI peut être considéré comme une forme de la volonté d’impérialisme qui se manifeste et s’est manifestée dans maints peuples et maintes fois dans l’histoire. L’impérialisme, le désir d’exercer un empire sur l’autre, est un fléau de l’esprit humain, tant dans l’existence individuelle que dans celle des peuples. Il prend et a pris au cours des siècles, sur tous les continents, la figure de conquêtes, de colonisations, d’occupations, de génocides, de déculturations… Toujours au prétexte d’imposer « la civilisation », qu’elle soit issue d’idéaux ou de religions. L’impérialisme est un blasphème, son sens profond et caché étant la volonté de l’homme de se substituer à Dieu pour refaire le monde et l’histoire selon son propre arbitraire, pour imposer sa volonté à autrui alors que Dieu seul a droit sur l’homme.

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Quelles que soient les forces de régression à l’œuvre, le mouvement de la vie, qui va vers l’avant, est irrépressible : les femmes iront dans le sens de leur libération, les hommes iront dans le sens de leur libération, les peuples iront dans le sens de leur libération. Ceux qui ne veulent et ne voudront pas suivre la voie de la vie tomberont dans la mort. Telle est la Loi, la première et la dernière.

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De fait, Israël et l’Occident se servent l’un de l’autre comme boucliers humains. Au sens spirituel du terme, puisque dans les faits ils se protègent l’un l’autre par leurs moyens technologiques, leur force de frappe et de propagande. Mais ce dévoiement spirituel ne peut que les conduire à leur mort, ou du moins à leur extinction en tant que tels, en tant que puissances impérialistes et coloniales.

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Savourer la vision de la paix, la joie de la paix. Tel l’amoureux, l’amoureuse aux premiers temps de son amour. Savourer pleinement cette grâce, afin d’avoir la patience et le courage de poursuivre le chemin jusqu’au moment des noces, de l’accomplissement. Préparer la maison, la construire apte à se remplir de vie, d’enfants, de joie, d’amour, de paix.

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Certains médias qui occultent ou minimisent la paix de ce matin à Gaza, ceux qui la boudent, ceux qui en parlent comme contraints et forcés, se retrouvent, certains secrètement pro-israéliens, d’autres prétendument pro-palestiniens, dans le même panier : celui de ceux qui faisaient semblant d’aimer la paix mais ne désiraient en fait que la continuation de l’état de fait, le rapport dominant-dominé, qui tuait, et dont tout le mal qu’il faisait pouvait être instrumentalisé à merci, leur permettait d’exacerber des propagandes en vérité malhonnêtes, des rancœurs destructrices. Eh bien oui, c’en est fini pour le moment des facilités de la guerre à distance, maintenant vient le plus difficile, la paix à accomplir. Le plus difficile, et le plus beau, le plus exaltant, le plus vivant.

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« Heureux les pauvres de coeur, les assoiffés de justice… le royaume de Dieu est à eux. » Jésus. Les Gazaouis, les Palestiniens et ceux qui les aiment ont le coeur en joie. Les autres, les radins de coeur et les jamais rassasiés d’injustice, à l’annonce de la paix tirent la gueule. En fait, c’est un petit supplément de joie pour nous qui ne lésinons pas sur la fête : une preuve que nous sommes dans le vrai !

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Trêve, levée partielle du blocus et tractations en cours pour la suite : je salue la si longue et si courageuse résistance des Gazaouis. Celle des Palestiniens, et le soutien de millions de personnes de tous peuples dans le monde. Je salue l’intelligence de toutes les parties qui sont arrivées à conclure ce premier accord, et je leur souhaite de conserver courage et raison pour tout ce qui reste à faire afin de construire la justice et la paix.

Peuple de Palestine et peuple d’Israël, tendez-vous la main par-dessus tous ceux qui, dans le monde ou parmi vous, seraient satisfaits de voir se perpétuer votre division. En vérité vous êtes frères, vous vivez côte à côte depuis tant de siècles souvent paisibles, et maintenant depuis tant de décennies meurtrières, mais qui ne vous condamnent ni à la guerre ni à la haine éternelles. Un jour vous serez réunis, et c’est ensemble que vous serez forts, que vous ne serez plus l’un et l’autre les otages du monde, qui de toutes parts instrumentalise votre tragédie pour conforter ses propres intérêts. Pour le monde vous ne serez plus cette icône de la dissension dont il se sert cyniquement, mais un exemple et une lumière.

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Ce n’est qu’un début. Le fait est qu’Israël doit savoir que sa situation n’est plus la même qu’en 2012. Jusque là il pouvait faire plier la résistance armée. Aujourd’hui il ne bénéficie pas de soutiens aussi forts de la part des États-Unis et de l’Europe, et son image s’est considérablement dégradée aux yeux des peuples du monde, qui pourraient se soulever encore bien davantage pour la Palestine. Son intérêt est à changer radicalement de politique.

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Les pro-israéliens, et parmi eux spécialement les plus lâches, ceux qui n’osent pas s’afficher ouvertement comme tels, sont décontenancés par l’annonce de première victoire du Hamas, parce que toute leur existence est fondée sur le fait de se mettre prudemment du côté du plus fort. Or, voici qu’on en vient à douter de qui est le plus fort.

La vérité est la plus forte, les Palestiniens et leurs amis ne cessent de le leur répéter. S’ils avaient écouté, ils ne feraient pas si triste mine aujourd’hui. Et peut-être plus triste encore demain, quand les Français et autres lécheurs de bottes des États-Unis verront qu’ils comptent finalement bien peu pour leur maître américain, par rapport à l’Asie.

Quand les chrétiens pourront péleriner librement en Palestine, sans check-points, ils pourront remercier le Hamas et la Résistance gazaouie d’avoir initié le travail que personne ne les a aidés à faire.Les chrétiens pourront se souvenir que du fait de cet isolement où ont été laissés lâchement les Palestiniens, ces derniers auront payé la libération de ces terres, pourtant chères aussi aux chrétiens, de milliers de martyrs, dont des milliers d’enfants. Et s’il ne leur était pas aussi facile qu’ils le voudraient de pratiquer leurs cultes chrétiens sur ces terres, ils ne pourront pas s’en plaindre.

S’ils ont un sens politique, lorsque les jeunes chrétiens d’aujourd’hui pourront aller péleriner librement à Bethléem et ailleurs en Palestine, sans impossibilité comme ce fut le cas cet été, ils auront honte de leurs parents qui n’auront rien fait pour aider à la libération de ces terres qui sont également chrétiennes. Ils comprendront qu’ils doivent cette libération au sacrifice d’un peuple palestinien musulman et à la bonne volonté des opposants israéliens arabes et juifs à la politique d’extrême-droite d’Israël – une droite israélienne à côté de laquelle le Front National a l’air d’un aimable parti de gauche, comme le disent les intellectuels israéliens dotés de conscience. Ils auront honte de ceux qui n’ont rien fait ni rien dit contre ces colonialistes âpres et sans scrupules, voire sanguinaires, comme en commémorant la libération de Paris ceux qui ont une conscience politique n’oublient pas la honte française de la collaboration.

 

De l’autre côté

a

chez nous, photo de moi par Sydney, revue par moi

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Les cimetières de Gaza débordent. Les pèlerins ne vont plus à Jérusalem. Tant que la Terre Sainte est soustraite au monde, le monde est dans la nuit, il ne trouve pas le tombeau vide, et la lumière de la résurrection, enfermée, lui manque.

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La soumission ou la mort : chantage à la force brute d’Israël.

Que la communauté internationale cesse de jouer les éplorées. La demande de levée du blocus et de libération des prisonniers palestiniens est légitime. Rien ne sert de jeter la pierre au Hamas, il faut faire pression sur Israël afin qu’il se rende à la raison et cesse son oppression. Sinon c’est le retour à la situation antérieure, invivable, jusqu’au prochain massacre. Quand se décidera-t-on à exiger l’application du droit, en condamnant Israël par tous moyens au lieu de continuer à être son allié ? Israël ne peut rien sans la complicité internationale. La seule solution est de mettre en œuvre l’application du droit, en accompagnant cette mise en œuvre d’un soutien diplomatique à toutes les parties concernées. Le monde qui a créé Israël de toutes pièces est responsable de ce que fait Israël et a le devoir absolu de mettre fin à ses abus et à ses crimes.

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La légende juive du Golem, être artificiel fait de glaise pour servir d’aide à celui qui le façonna, illustre bien le problème d’Israël.

Israël est le Golem que l’Occident a façonné à partir de la terre de Palestine.

Le front du Golem porte le mot meth, « mort », par effacement d’une lettre du mot emeth, « vérité ».

Toujours dans la légende, le destin du Golem, qui ne cesse de grandir, est de redevenir poussière. C’est la responsabilité de son créateur de stopper sa créature avant qu’elle ne soit complètement incontrôlable.

Le destin d’Israël est de redevenir terre commune et équitable pour tous ses habitants, musulmans, juifs, chrétiens ou autres. Que cesse la mort et que règne la vérité, condition de la paix.

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Palestine, tu es et nous sommes avec toi le jeune monde. Le vieux monde est tel un patriarche qui, désobéissant à Dieu, s’emploierait à sacrifier son enfant : il veut empêcher le jeune monde de se développer. Mais telle est la loi de Dieu : même si les hommes essaient de faire régner leur propre loi injuste et morbide, ce qui gagne toujours, c’est ce qui va dans le sens de la vie.

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« Combien de guerres faudra-t-il aux Palestiniens pour comprendre qu’on ne lutte pas indéfiniment contre plus fort que soi ? », dit un commentaire sur la page du journal Le Monde. Si nous n’avions eu que des collabos de cette sorte, la France serait toujours occupée par l’Allemagne nazie. Mais à la lâcheté immonde d’une telle réaction, emblématique de celle de beaucoup de conformistes, s’ajoute sa bêtise : car se ranger prudemment du côté du plus fort, c’est oublier que rien n’est plus renversable que le rapport des forces, surtout quand il est défavorable à ce qui est juste. Tout simplement parce que le mal, l’inique, ne sont pas viables, et font venir d’eux-mêmes leur propre mort. La vie n’avance que dans un équilibre de justice. La maladie tue. Le mauvais finit toujours par tomber dans le néant, à quoi il appartient. Et quand justice n’a pas été faite du vivant des hommes, elle vient d’autant plus éclatante plus tard, pour leur descendance et quant à leur mémoire.

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« Il en est des amours comme des empires ; que cesse l’idée sur laquelle ils reposent et ils s’effondrent avec elle » dit Milan Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être. L’idée du colonialisme est morte depuis quelques décennies, il n’en reste que ses fantômes, le néo-colonialisme et le sionisme. Ils sombreront fatalement aussi, et les empires qui reposent sur eux feraient bien de songer à se reconvertir dès maintenant à une autre idée sur laquelle se fonder.

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Palestine, quelque chose de grand, fort, plein de joie et plein de vie va venir de toi.

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Dans leur malheur les chrétiens d’Irak ont au moins la possibilité de fuir, ce qui n’est pas le cas des Gazaouis. Et l’ensemble des Palestiniens, s’ils voulaient échapper à l’oppression d’Israël qui dure depuis plus de soixante ans, devrait fuir aussi. Israël comme l’EI ne leur laisse pas d’autre choix. Ils ont choisi de supporter tout en se battant contre l’oppresseur, afin de ne pas le laisser s’emparer totalement de leur pays. La difficulté est d’autant plus grande pour les Palestiniens que tout l’Occident, à commencer par les États-Unis, soutient leurs oppresseurs. Les Arabes ne les aident pas non plus, ou seulement du bout des doigts, d’un peu de charité.

Car en fait les forces en jeu sont celles de l’argent et de la domination contre celles de la vérité, de la vie, de la dignité. Il s’agit d’un même combat ici et là, et il est mondial. Dans ce combat, au-delà des apparences, EIIL et Israël servent le même camp, celui de l’empire qui, en soutenant d’un côté, frappant de l’autre, ne cherche qu’à consolider sa mainmise sur les richesses dont il spolie les peuples – avec la nécessaire bénédiction de sa propagande, fondée sur l’affirmation implicite de sa supériorité judéo-chrétienne, par laquelle il s’octroie tous les droits.

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C’est un mouvement irrépressible qui pousse les Israéliens depuis 1947 à tout faire pour empêcher la création d’un État palestinien afin de pouvoir s’étendre toujours davantage, jusqu’à gagner l’ensemble de ces terres qu’il considère comme siennes de droit divin. Gandhi en personne se serait-il chargé de l’affaire, rien n’y aurait changé. Ce double mouvement d’extension de l’État juif et d’anéantissement de la Palestine est irrépressible parce que personne au monde ne le réprime, d’autant qu’il est emblématique de la suprématie de l’Occident sur le Moyen Orient, que les puissances de l’argent veillent à garder incontestable. Personne ne lutte contre cette énorme iniquité, sauf le petit peuple palestinien, armé de cailloux et de roquettes artisanales. Et armé de son bon droit, aux yeux de la Vérité et de la Justice, et aux yeux de tous les peuples du monde, de plus en plus conscients de l’enjeu en cours, d’autant qu’ils sont eux-mêmes les victimes de ces mêmes puissances de l’argent qui règnent en parasites sur l’humanité, la nature et l’esprit, et méprisent l’humain et sa dignité.

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Je lis cette question d’une internaute qui défend le pape François : « croyez-vous qu’il soit un mauvais pape ? »

Mais la bonne question à poser est : croyez-vous qu’il serve le bon, ou le mauvais ?

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L’Église et son éternelle leçon de moraline. L’Église est au moins aussi corrompue et gangrenée par le mal que le monde, mais elle fait la leçon au monde ! L’honnête Ettore Tedeschi, qui fut renvoyé de l’IOR pour avoir tenté de le nettoyer, et renvoyé de façon brutale et particulièrement ignoble, avec menaces et calomnies, n’a toujours pas reçu de réponse à ses demandes réitérées de rencontrer le pape. Ce n’est pas anecdotique, c’est symptomatique. D’un côté les puissances du mal, de l’autre celles du bien – et ce sont ces dernières qui sont maltraitées, voire persécutées et mises à l’écart.

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Comme baptisée, je me sens proche des chrétiens orthodoxes et catholiques. Mais beaucoup plus proche, toujours dans l’esprit du Christ, des musulmans, des bouddhistes ou des taoïstes que des chrétiens évangéliques. Ceux d’entre eux, très nombreux, qu’ils soient protestants ou catholiques, qui font du prosélytisme partout dans le monde avec des méthodes intellectuellement malhonnêtes, sont particulièrement néfastes pour tous, y compris les chrétiens. Une grande part de la persécution des chrétiens leur est imputable, comme une grande part de l’islamophobie est imputable aux islamistes. Malheureusement comme ces gens, avec leur spiritualité dévoyée, idolâtrique de la « réussite » et de l’argent, en suscitant le sentimentalisme et l’obscurantisme des foules, ont beaucoup de succès et ramassent beaucoup de gens, l’Église catholique les courtise – et plus que jamais depuis qu’elle est aux mains du pape argentin. Ce qui passe pour de l’habileté politique est souvent le signe d’une grande faiblesse d’esprit. Et la faiblesse d’esprit, en fin de compte, ne donne rien de bon.

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Nun. La lettre arabe dont l’EI se sert pour marquer les maisons des Nazaréens (chrétiens) est aussi la première lettre du mot qui donne son titre à la dernière sourate du Coran, et du dernier mot du chacun des versets de cette dernière sourate, et du dernier mot du Coran : Nas, les hommes. La lettre Nun est en vérité le signe de toute l’humanité. Face à Celui qui est « l’Alpha et l’Oméga » (Apocalypse 1, 8), « le Premier et le Dernier » (Isaïe 44,6 et Coran 57, 3).

Palestine, ange dans la nuit de Jacob Israël

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une pierre au jardin des Plantes, photo Alina Reyes

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Si tant d’hommes n’avaient pas cédé au mal, nous aurions pu fonder l’œuvre que j’avais inventée pour pacifier la Terre Sainte. Des années durant, je les ai adjurés de renoncer au mal, avertis que je n’accepterais jamais de compromettre cette œuvre avec le mal. Ils ont seulement accumulé mensonge sur mensonge, tromperie sur tromperie, dissimulation sur dissimulation, attendant d’user ma résistance par des manipulations mentales mais aussi concrètes sur ma vie, attendant que je me soumette à leur propre volonté sur ma propre œuvre. C’est ce qui se passe avec la Palestine et sa propre terre. Or je n’ai jamais cédé, ne céderai jamais. Sans justice faite, pas d’accord, pas de paix.

Je voudrais juste les inviter à songer que s’ils ne s’étaient tous aussi mal comportés, en réseaux, l’horreur qui vient d’avoir lieu,  a déchiqueté des centaines d’enfants et de gens, ne se serait peut-être pas produite. Je voudrais juste les inviter à réfléchir à l’effet boule de neige sale que produit ce qui semble un « petit » mal que l’on fait en se faisant croire qu’il n’est pas grave, et qu’il peut aboutir à un bien. Le mal produit le mal. Qu’ils y songent, car cela continue, et on ne sait pas jusqu’où cela peut aller.

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1900 Palestiniens tués depuis le 8 juillet, dont plus de 400 enfants. Plusieurs centaines de milliers de déplacés, 400 000 enfants en état de choc.

Il n’y a aucun doute que les coupables le paieront.

Espérons pour eux et pour nous tous qu’ils le paieront devant les hommes, à la régulière, devant un tribunal international. Sinon, la sanction sera absolument terrifiante.

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Les nazis ont vraiment perdu, eux qui dans leur idéologie nihiliste voulaient anéantir les juifs : ils sont devenus des rois du monde.

Mais si les sionistes persistent à leur tour dans leur idéologie nihiliste, alors elle se retournera aussi contre eux, ils perdront tout et leurs victimes deviendront des rois du monde.

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Les deux Allemagne se sont bien réunifiées, malgré leurs différences politiques et de niveau de vie. Pourquoi Israël et la Palestine ne pourraient-ils le faire ? Devenir un seul et même État palestinien pour tous, sans ségrégation raciale comme aujourd’hui. Ils y trouveraient paix, renouveau et prospérité, pourraient devenir un paradis terrestre, icône et exemple pacifiant pour le monde. Une vraie Terre Sainte.

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«Le nom Israël empêche de penser, même les meilleurs penseurs» déclare Gil Mihaely, croyant ainsi anéantir les critiques d’Israël. S’il disait vrai, cela signifierait quoi ? Ce qui empêche de penser est la chose la plus néfaste qui soit. Israël serait donc la chose la plus néfaste qui soit ? Bien sûr que non, car elle donne à penser, et beaucoup. D’abord elle n’est pas une chose mais le nom d’un homme, le nom que Jacob a reçu après son combat dans la nuit avec l’ange. Jacob, confronté à l’usurpation qu’il a commise à l’encontre de son frère, a appris à sortir de la nuit,  de l’auto-aveuglement qui empêche de penser, et c’est ainsi qu’il a reçu son nouveau nom. Et c’est parce qu’il a nom d’homme qu’Israël doit être critiqué et combattu, comme tout homme, quand il retourne à l’inhumanité. Tel l’ange, nous combattrons Israël dans son déni avec l’arme de la vérité, jusqu’à ce qu’il y vienne, pour son salut et celui de tous.