Rendre justice. Et « La Dameuse » en ebook offert

"La dameuse", 2008, éd Zulma

foret-profondeIl y a dans mon roman Forêt profonde (2007) un passage où la narratrice raconte que la pièce où elle dort, dans Notre-Dame de Paris abandonnée, est hantée par une chauve-souris. La langue, quand elle n’est pas trafiquée pour le commerce, comme dans la littérature industrielle, précède la réalité. La crée-t-elle ? Je pense plutôt qu’elle sait avant, parce qu’elle démêle les apparences, en enquêtrice de la vérité.

Depuis le confinement, je lis des Sherlock Holmes et je regarde des Maigret. Démêler l’affaire, trouver l’assassin, rétablir la justice. Les humains vivent les pandémies, avec leur cortège de mort venue on ne sait d’où (alors que dans les guerres, par exemple, l’exposition à la mort s’explique par l’action volontaire des hommes), comme des temps de remise en question. Même une société sans dieu est obligée de se demander quelles fautes ou quelles erreurs elle a commise pour ne pas avoir su éviter ce qui lui arrive.

"La dameuse", 2008, éd Zulma

« La dameuse », 2008, éd Zulma

La pandémie agit comme signe, un signe qui peut, comme dans l’espace de l’infiniment petit que j’évoquais hier, prendre diverses valeurs. Il induit une instabilité et une incertitude. C’est aussi ce qui se produit dans mon tout petit roman La Dameuse, paru en 2008 chez Zulma (puis vendu sur mon site désormais fermé) et que j’offre maintenant ici en ebook. Bonne lecture !

La dameuse

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(J’ai complété ma note sur les masques avec un tutoriel et les images et l’explication d’un nouveau masque que j’ai réalisé)

Questions pour un coronaviré. Et mon quartier confiné en images

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Il y a longtemps j’avais (j’ignore ce qu’il est devenu) un coffret dans lequel je mettais les choses minuscules que je trouvais ou que je fabriquais (comme des cocottes en papier dans un carré d’un millimètre de côté). Ma mère s’en moquait comme elle moquait le goût de mon père pour les mots, pour la lecture du dictionnaire : j’y vois un indice d’un lien entre l’infiniment petit et le signe. Le signe a la subtilité de l’infiniment petit. Que l’intérêt pour l’infiniment petit ou pour les racines de la langue puisse provoquer l’ironie m’apparaît comme une peur du signe, une peur de la remise en question qu’il ordonne, une peur du vertige comparable à celle de Pascal devant l’infiniment grand. Une peur de ce qui nous dépasse, et une peur d’être dépassé quand on veut tout dominer. N’est-ce pas ce qui arrive au monde en ce moment, face au minuscule coronavirus ?
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dans l'étroite rue Mouffetard, les gens font leurs courses dans les petits commerces de qualité (et pour portefeuilles bien garnis) comme si de rien n'était

dans l’étroite rue Mouffetard, les gens font leurs courses dans les petits commerces de qualité (et pour portefeuilles bien garnis) comme si de rien n’était


Librairie fermée ?

Librairie fermée ?


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Une équipe de télévision ?

Une équipe de télévision ?

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Aujourd’hui à Paris 13e et 5e, dans la limite d’un km de rayon et d’une heure, photos Alina Reyes

Sortez couverts ! Masques maison sans couture (actualisé avec tutos et exemples de réalisation)

Screenshot_2020-05-01 Covid 19 comment fabriquer et décorer son masque alternatif inspiré de l'art du monde arabe

Les grandes surfaces et bureaux de tabac vendent des masques souvent chers et/ou qui ne respectent pas les normes de sécurité (plusieurs couches de tissu ou filtre). Il reste intéressant d’en fabriquer soi-même, même si on n’a pas les moyens d’en coudre.

J'ai plié mon bandana (que m'avaient offert des Japonais), il est devenu un masque

J’ai plié mon bandana (que m’avaient offert des Japonais), il est devenu un masque


Je l’ai réalisé selon ce style de pliage, possible aussi avec d’autres tissus :

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Au tout début de l’épidémie de sida, j’étais jeune et insouciante, j’ai mis un certain temps à réaliser qu’il ne fallait plus faire l’amour avec de nouveaux partenaires sans préservatif. L’épidémie de coronavirus nous demande aussi un temps d’adaptation à la nouvelle situation. L’une des raisons pour lesquelles les pays asiatiques s’en sont bien mieux sortis que nous tient au fait que les populations étaient déjà accoutumées au port du masque. Il est grand temps de nous y accoutumer aussi, cette pandémie n’étant pas du tout terminée, et pouvant être suivie d’autres à l’avenir.

Il va sans doute falloir sortir masqué pendant de longs mois, et plus nous serons nombreux à le faire dès tout de suite, plus nous aurons de chances d’éviter de nouveaux confinements. La macronie s’avérant incapable, depuis maintenant des mois, de fournir des masques à la population – et plus généralement, la macronie s’avérant incapable -, en attendant nous pouvons tout de même sortir couverts en nous bricolant quelque chose. On trouve des tutoriels à foison en vidéo ou autre pour réaliser soi-même différentes sortes de masques ; je m’en suis inspirée pour réaliser des masques sans couture. (Je sais coudre, on apprenait ça aux filles quand j’étais au collège, alors que les garçons apprenaient un tas de trucs de bricolage qui m’auraient beaucoup plus intéressée… bref, je n’ai pas gardé un grand goût de la couture mais il peut valoir la peine de réaliser des masques cousus, peut-être plus confortables).

masque 3-minAprès, donc, mon masque en kippa (celui-là, c’est moi qui l’ai inventé), je me suis aussi fait un masque avec mon bandana, avec en guise d’élastiques deux bandes découpées dans un vieux t-shirt, le tissu des t-shirts étant élastique aussi. Et pour O, un masque découpé dans un bas de vieux legging, selon le principe du masque en chaussette que j’ai vu présenté par Yannick Noah (deux coups de ciseaux jusqu’à mi-hauteur de chaque côté de la bande faisant office d’élastiques). Dans les deux cas zéro couture, quelques secondes de fabrication. Et on peut glisser à l’intérieur un mouchoir en papier pour plus de sécurité (sans oublier de continuer à respecter distanciation et gestes barrières, avec ou sans masque). Pour un masque en bandana, nombreux tutos sur Youtube, par exemple celui-ci ; idem pour les masques en chaussette, par exemple ici, adaptable donc en jambe de leggings ou manche longue de t-shirt. Voici aussi un masque en tissu de t-shirt sans couture et à orner :

Allez, une ville où chacun porte un masque pour protéger les autres autant que pour se protéger soi-même est une ville civilisée. Et une société qui refuse de laisser mourir les plus fragiles en n’agissant pas, mais trouve d’autres moyens que de longs confinements pour protéger tout le monde, est une société plus responsable et plus libre. Le monde d’après, c’est tout de suite qu’il faut le faire et le vivre, à tous les niveaux, selon toutes les possibilités. Ah comme j’aime la vie !

Un autre tuto pour réaliser un masque très simplement, juste avec du tissu de t-shirt et des ciseaux. Petite erreur dans la vidéo : 6 pouces = 15 cm (et en fait il faut adapter les mesures, éventuellement les augmenter).

J’ai réalisé un masque en m’inspirant de cette méthode, que j’ai juste un peu améliorée parce que je trouvais le masque un peu mince. J’ai donc ajouté à l’intérieur un autre tissu, molletonné (cousu par un point au milieu) et il y a un espace pour y passer aussi du papier, genre mouchoir. L’attache se fait seulement par le haut des oreilles et c’est suffisant mais si on veut prendre toute l’oreille il faut découper plus large qu’indiqué sur le tuto. J’ai décoré mon tissu blanc plus très beau au stylo. Le masque tient très bien et il reste léger à porter.

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Pour l’entretien des masques en tissu, beaucoup préconisent un lavage à 60° mais j’ai lu aussi des conseils de scientifiques américains préconisant tout simplement un lavage à au moins 30°. Une autre méthode consiste à passer les masques au four à 70° pendant une trentaine de minutes pour les désinfecter (mon four ne commence pas si bas, alors j’y mets les masques dès le préchauffage puis je l’éteins avant qu’il ne devienne trop chaud et j’y laisse les masques vingt autres minutes). Le passage au micro-ondes est déconseillé. Si le masque n’est pas sale, on peut aussi tout simplement, après usage, le laisser à l’air libre dans un endroit où il ne sera pas touché pendant deux ou trois jours, le temps que bactéries et virus se désactivent d’eux-mêmes (en se faisant plusieurs masques, on permet un roulement).

Disparitions et apparitions

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selfie masque-minIl y avait longtemps que je n’étais pas sortie. Je suis allée faire des courses dans l’idée d’en profiter pour marcher un peu et faire quelques photos de la ville par temps de confinement. Mais la ville ne me plaît pas du tout, ainsi inanimée. Je trouve ça sinistre. Je n’ai pas fait de photos, à part un selfie, masquée, devant la Sorbonne Nouvelle ; et j’étais de retour moins d’une heure après. Une fois dans mon appartement sans balcon, j’ai fait encore quelques selfies, pour photographier quand même quelque chose de vivant (quoique pâlichon, par manque de grand air).

Je n’apprécie pas vraiment non plus toutes ces images d’animaux qui profitent du confinement pour se promener dans les villes. L’esthétique fin-du-monde sied mieux aux fictions qu’à la réalité, je trouve. Mais j’aime par exemple ces images d’un chevreuil profitant de la tranquillité de la plage pour se baigner longuement, courir… Nous excluons les animaux sauvages d’un territoire qui leur revient autant qu’à nous. Or ce n’est pas aux abusés de changer de comportement, mais aux abuseurs. Sinon cela se retourne contre ces derniers, comme en ce moment avec ce coronavirus.

Nous oublions que les animaux dans la nature sont pleins de joie, et d’autres émotions, comme nous. Comme nous ils aiment la tranquillité, la liberté, et prendre du bon temps. Quand je vivais seule dans ma grange à la montagne, je passais des heures dehors sans faire aucun bruit et alors les animaux sauvages apparaissaient. Parfois ceux qui sont petits circulaient tout près de moi sans s’apercevoir de ma présence immobile. C’était un bonheur indicible. Je contemplais les grands, le cœur battant aussi, quand ils s’approchaient ou quand je les rencontrais sur mes chemins, les mêmes que les leurs (les animaux empruntent les chemins, comme nous). Puis il finissaient par me voir, me regardaient fixement, avant de partir en bondissant.

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Petit poème du jour et masque antivirus maison

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Serviteurs du menteur.
Postillonnant son virus.

Le regarder s’acharner
en vain.

Humains
marionnettes.

Quand vous déguignolerez-vous ?

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masque-minJe me suis fait un masque antivirus avec une espèce de petit chapeau joliment brodé, que j’avais de je ne sais où et qui m’a l’air d’être une kippa pour petite tête (la mienne est trop grosse pour qu’il y tienne). Je l’ai plié en deux, j’y ai épinglé deux bouts de ruban pour l’attacher à mes oreilles (puis finalement j’ai plutôt fait deux petits trous à la perforeuse dans le tissu et j’y ai enfilé les rubans) et je peux glisser du papier dedans pour une meilleure protection.

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24-4-2020 : voir mon autre note sur d’autres masques maison, expliqués

L’heureux et bienvenu sens des réalités

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Enfin une lueur dans cette crise du coronavirus. Anne Hidalgo, contrairement à Macron, prend des mesures. D’ici un mois, des masques pour tous les habitants de sa ville, des tests ciblés, des hôtels pour la mise en quatorzaine des contaminés. Que d’autres villes, d’autres régions prennent aussi les dispositions que l’État est incapable de prendre ! C’est difficile car Macron dans son délire jupitérien les a privés de beaucoup de moyens, mais il ne semble pas y avoir d’autres voies de salut que de passer outre son pouvoir et régler ce qui doit être réglé selon les endroits, pas tous touchés de la même façon par la pandémie.

J’évoquais l’autre jour l’article de Forbes montrant que bien des cheffes d’État dans le monde (Angela Merkel, Jacinda Ardern, etc.) avaient beaucoup, beaucoup mieux géré la crise que beaucoup de leurs homologues masculins. Il ne s’agit pas d’estimer que les femmes sont meilleures par essence. Nous avons assez d’exemples contraires en France, de certaines femmes politiques aussi nulles ou nuisibles que certains de leurs confrères – et Dieu sait si en macronie la stupidité sert de norme-, pour savoir la fausseté d’une telle théorie. Seulement, là où le patriarcat baisse un peu la garde, là où les gens sont assez éclairés pour élire des femmes, et des femmes qui ne soient pas de ces caricatures créées par le patriarcat ou son déchet l’illusionnisme, eh bien le sens des réalités se retrouve aussi bien chez les responsables politiques que chez les citoyens qui les ont élu·e·s.

Vivement la fin du jacobinisme, de la Ve République et de l’imposture macroniste. Espérons que cela attendra 2022, afin de donner du temps à la préparation de la suite et afin que cela puisse se dérouler au mieux. La vie nous attend, ne la décevons pas.
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ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

Lumière et cinéma du jour

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« Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. » Coran 24-35, verset dit de la Lumière, traduit par Muhammad Hamidullah

Au bout d’un mois ou deux, le milieu de l’édition s’alarme des lourdes conséquences de la pandémie pour les auteurs, les éditeurs, les libraires. Qu’on imagine les conséquences pour un auteur empêché de publier depuis plus de dix ans, après avoir vécu de ses droits d’auteur pendant vingt ans. C’est mon cas, pour avoir, notamment en arrachant son masque à l’un de ses parrains, déplu à ce même « milieu » qui pleure maintenant. J’ai vécu dans la plus grande pauvreté jusqu’à mes 33 ans, au point d’avoir souvent faim malgré mes 43 ou 44 kilos qui ne demandaient pas beaucoup de nourriture ; puis je m’en suis sortie par mon travail mais en refusant de me soumettre au système, raison pour laquelle il a fini par m’éliminer – tant pis pour lui, il a perdu une littérature hors normes et qui pourtant se vendait bien, en France et dans le monde.

À force de postures sur les mains, j’ai un léger cal sur la partie charnue de la paume. Plus d’un mois de confinement, et je vois ce qui m’est le plus vital : non pas d’abord l’intellectuel, mais le physique et le spirituel : ce qui me permet de tenir dans cette privation de sortie ce n’est pas la lecture ni la culture, même si elles y ont leur place, très importante, mais le yoga (ou d’autres gymnastiques) et la méditation ou la contemplation, que je pratique de plus en plus assidûment à mesure que le temps passe. Et je ne dois pas être la seule à ressentir ces priorités : les exercices physiques et les exercices spirituels sont bien ce qui fonde l’humain. Là où ils manquent, manque l’humain. Dans beaucoup de sphères de notre monde, manque l’humain. Voilà ce qui est à corriger, si l’on veut bâtir un monde vivable – affirmation dangereuse parce qu’elle attire tous les charlatans et abuseurs, d’où la nécessité de faire soi-même un vrai travail sur le corps et l’esprit.

béjartMon cinéma du jour sera ce film de Marcel Schüpbach, B comme Béjart. On y suit son travail de création d’un spectacle dansé sur la Lumière, accompagné par Brel, Barbara, le Boléro de Ravel et la Messe en si de Bach, une œuvre que j’adore, ainsi que son Magnificat, que j’ai chanté dans des chœurs, adolescente et plus tard. Béjart était un amoureux de l’islam comme moi, d’où la référence implicite, dans la dernière image du spectacle, au verset coranique de la Lumière ; et peut-être ce B fait-il référence à la première lettre de la Genèse, qu’il cite aussi ? Bereshit, « Au commencement… Dieu dit : que la lumière soit ». Il n’est pas anodin non plus qu’au tout début du film il indique à une danseuse comment faire correctement la posture de la chandelle (posture que je tiens aussi tous les matins pendant plusieurs minutes). « Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe… »
J’ai trouvé le film sur la plateforme du cinéma MK2 mise en place pour présenter des films pendant le confinement, « Trois couleurs ». On ne peut pas le partager et je suppose qu’il ne restera pas en ligne longtemps, c’est donc qu’il faut aller le voir. Un moment plein de joie, de grâce et de beauté.

Journal du jour

mme terre hayden beckett

mme-terre-au-robin-des-bois,O avait pris cette photo du Robin des Bois, café-restaurant où paraît-il Christophe écrivit Aline, il y a trois ans à Jouy-en-Josas, lors de l’une de ses pérégrinations à vélo avec Madame Terre. En 2013 il m’avait aussi rapporté de son voyage chez les Massaï en Tanzanie un petit film où Salim, vendeur d’épices au marché de Dar es Salam, chantait cette même chanson – preuve qu’elle était connue loin. Quand nous habitions rue Saint-Jacques à Paris, il nous arrivait de croiser de temps en temps Christophe dans la rue, même dandy à la ville qu’à la scène. Sans être vraiment fans de sa musique, nous étions allés un soir avec grand plaisir à l’un de ses concerts, au Bataclan si je me souviens bien (avant l’attentat). Voilà pour mes souvenirs en guise d’hommage à ce chanteur dont on m’a seriné si souvent et si longtemps le refrain, « Et j’ai crié, crié Aline… » depuis mes neuf ans, quand elle est sortie. Bon voyage à lui parmi les anges, ses sœurs et frères en chant !

Il est possible que, après le confinement, Madame Terre reprenne ses escapades. O et moi parlons des changements de vie et de politiques que l’humanité devrait adopter, et aussi de nos prochains voyages, que nous ferons en train plutôt qu’en avion, autant que possible. D’ici là, je lutte contre le poids du confinement par des séances de yoga suivies de séances de méditation. Le résultat est proche de celui de courses en montagne. Le yoga peut être doux mais il peut aussi faire beaucoup transpirer. Dans tous les cas, il fait travailler les muscles profonds, fait travailler excellemment le souffle, travaille aussi sur les organes, la circulation lymphatique, la circulation sanguine. Il irrigue le cerveau, confère équilibre, force et souplesse. Il nettoie. Physiologiquement et psychiquement. Les séances de méditation complètent son œuvre, mais le yoga est en lui-même une méditation. Le yoga fut une méditation à l’origine et il le reste. Il a été aussi une discipline de guerriers et il garde ses vertus pour le combat, surtout physiologique et psychique. Je sens mon cerveau allégé, plein d’espace et de lumière, plein de paix.

Petit poème de la vie d’avant, d’après et de maintenant. Et grand film du jour

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Mon vélo est dans la cour
Inutile d’y courir vite, courir vite
Mon vélo ne bouge pas
Mon vélo contre celui de mon homme
et en face de celui d’un de nos fils.
Lourde chaîne, lourds antivols
Ils sont attachés depuis plus d’un mois
et personne pour les monter, les faire voler à travers ville
Joyeusement, comme avant.
Il n’y a plus d’avant
L’avant s’en est allé
Notre-Dame a brûlé
Les manifs ont brûlé
Les cafés ont fermé
Comme les bureaux où on travaillait.
La vie a fermé.
Les gens sont rares sur les trottoirs
On dirait qu’on porte des aimants inversés
On s’écarte en se croisant
On rase cent invisibles murs pour s’éviter
On se tait.
Beaucoup de gens meurent dans la pandémie
et beaucoup travaillent au risque de leur vie.
Je n’ai plus de parents
Pas de regrets.
Mais que mes enfants soient loin ou près
nous sommes enfermés chacun de notre côté.
Cela, ça passera. On se reverra.
Et ils seront toujours ce qu’ils sont pour moi.
Je reverrai les tables où je travaillais.
Je reverrai les rues, les jardins où je marchais.
Je reverrai la vie, mon vélo, en bas, me le dit.
La vie d’avant s’en va, ainsi va la vie.
Et parfois ça pince le cœur, et parfois ça vaut mieux.
La vie après, comme avant, je l’aimerai.
Maintenant j’écris un poème :
la preuve que la vie est toujours belle.

Et voici pour ce jour le fantastique film d’Ariane Mnouchkine sur la vie de Molière.

Réflexions sur l’école et cinéma du jour

Screenshot_2020-04-10 Jean Epstein, La Chute de la maison Usher, 1928 )
photo prise au Jardin des Plantes avant le confinement

photo prise au Jardin des Plantes avant le confinement

Une médecin de l’académie de Versailles, où je suis normalement affectée, me téléphonant hier pour une expertise médicale, m’a dit que les cours ne reprendraient pas d’ici la rentrée de septembre. La veille du confinement général, l’hôpital m’avait téléphoné pour annuler mes rendez-vous de suivi et m’avait dit que le confinement durerait sûrement 45 jours (et j’ignore, comme tant d’autres personnes qui y sont suivies, quand les consultations pourront reprendre à l’hôpital). Le traumatisme sanitaire, social, psychologique, économique de cette période laisse cependant quelques requins rêveurs, selon la déjà vieille stratégie du choc.

L’école, notamment, ce gros morceau, est déjà dans leur viseur. « On ne va pas privatiser les structures mais l’éducation. Le pilotage va passer au marché (…) C’est probablement l’offre qui va faire la loi. Les gens sont devenus des consommateurs », salive déjà un certain Alain Bouvier sur le site Le café pédagogique. « Et si la classe, évident lieu de socialisation, était aussi un obstacle aux apprentissages individuels ? », ajoute-t-il, voulant profiter de l’expérience d’école à distance mise en place pendant le confinement. Si la classe disparaît, « Cela suppose que les parents soient informés par chaque enseignant des raisons qui étayent ses choix pédagogiques ». Bref, ce monsieur rêve d’une école détruite et d’enseignants à la botte d’intérêts privés et des velléités des parents. On demande bien à la population ce qu’elle pense de telle molécule pour soigner un virus inconnu, pourquoi pas exiger aussi des professeurs, comme des médecins, qu’ils abdiquent leur expertise ?

Comme on sait, l’école en ligne aujourd’hui est un désastre pour beaucoup d’élèves, qui ne la suivent plus du tout, soit parce qu’ils n’ont pas le matériel nécessaire, soit parce que leurs conditions de vie les décourage de le faire. Poursuivre l’enseignement dans cet esprit serait permettre à une partie favorisée de la population d’accéder aux savoirs, et à une autre partie, celle des pauvres et des néopaupérisés d’après crise, de rester quasiment illettrée. La tiers-mondisation du pays à laquelle nous assistons face à la pandémie, devant laquelle nous nous révélons être parmi les pays les plus démunis (au Maroc par exemple, le port du masque est obligatoire, le pays en produit et en vend à tout petit prix dans les supermarchés et autres commerces), s’achèverait en tiers-mondisation culturelle. Le petit chef de la start-up nation et ses camarades trouvent sans doute judicieux de se diriger vers une école dématérialisée, déshumanisée.

Quand j’ai enseigné, il m’est arrivé d’utiliser de brèves séquences de cours en ligne pendant mes cours, mais c’était évidemment de façon guidée et pour faire noter aux élèves quelques points de savoir qui nous servaient ensuite de base d’approfondissement et de réflexion. Il est faux de croire que tout cela pourrait se faire uniquement en ligne. Rien ne peut remplacer, dans l’enseignement comme dans l’amour, un rapport réel entre les partenaires. Professeurs et élèves sont partenaires dans le complexe et difficile rapport d’enseignement, et je mets bien élèves au pluriel, car ce n’est pas seulement entre un enseignant et un élève que l’enseignement se fait, mais aussi entre un enseignant et une classe.

La classe est un trésor. Au cours des cours, elle forme corps. Je n’oublie pas ce moment où, à la fin d’un atelier, les élèves me dirent : « maintenant, on est soudés ». La classe est un ensemble d’intelligences variées, qui viennent au secours les unes des autres. L’intelligence n’est pas seulement le fait des premiers de la classe, de ceux dont l’intelligence correspond à ce que l’école attend. Des élèves moyens ou mauvais (qui se croient malheureusement souvent idiots parce qu’on le leur a mis dans la tête) possèdent leur propre forme d’intelligence, puissante et admirable aussi. C’est cette circulation des intelligences (qui faisait mes classes souvent plus bruyantes que je ne l’aurais voulu, mais je préférais cela à des classes mortes) qui permet l’ouverture et le développement de toutes ces jeunes et fantastiques intelligences, si elles sont guidées dans ce sens.

Alors certes l’école actuelle a de grandes défaillances, dues à la politique menée en France, à la formation débilitante des enseignants et, souvent (du moins dans ma discipline, le français), des élèves. J’en ai déjà pas mal parlé ici, au cours de mon expérience. Mais il serait criminel de répéter sur elle le crime commis en ce moment sur tant de personnes âgées qu’on laisse mourir sans soins, faute de moyens. Ce qu’il faut ce n’est pas la tuer, c’est la soigner et la relever. Il en va de tout l’avenir du pays.

Et je vous laisse méditer le film que je vous propose aujourd’hui, La Chute de la maison Usher de Jean Epstein, d’après la nouvelle d’Edgar Poe que vous pouvez aussi lire gracieusement dans ma traduction ici.
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Réflexions et cinéma du jour

The Intruder

21298277Confinée, l’église invente une nouvelle transsubstantiation, ou plutôt une transsubstantiation à l’envers, ou plutôt encore une transsubstantiation sans substance, une non-transsubstantiation. Pour les fidèles plus de pain faisant office de corps du Christ ; mais voici les photos des fidèles sur les bancs, ou les fidèles derrière l’écran, faisant office de corps humains. Stade final d’un anéantissement ? dystopie ? Si Benoît XVI était toujours là et en bonne forme intellectuelle (j’ignore s’il l’est ou non), il aurait pu émettre une pensée là-dessus, peut-être. Je ne sais s’il y a dans l’église d’autres personnes capables de le faire.

Les trois-quarts des personnes atteintes du Covid et en réanimation sont des hommes. Et les trois-quarts d’entre eux sont en surpoids ou obèses. Près de 40 % des Américains sont obèses, 32 % en surpoids. Obésité et surpoids gagnent du terrain et deviennent la norme, notamment dans les classes populaires. Avec tous les problèmes de santé, directs ou indirects, que cela implique. On fait bien de lutter contre la grossophobie mais on ferait bien de ne pas normaliser cet état de fait handicapant à plus d’un titre. Le corps humain, comme la nature, est maltraité par notre société.

À Béziers, un jeune sans domicile fixe a été tué par la police municipale parce qu’il ne respectait pas le couvre-feu. En Haute-Savoie et ailleurs en ce moment, les propriétaires de résidences secondaires chics ne risquent pas ce genre de problème avec la police quand ils viennent y passer leurs vacances, ne respectant pas le confinement. En fait on les laisse couler de doux jours contre la loi. Le vieux monde.

On fait souvent référence au général De Gaulle pour juger de tel ou tel acte de telle ou telle personnalité politique. « Imagine-t-on le général De Gaulle faisant tel ou tel acte indigne ? » Souvent, en voyant Macron s’affairer à sa com (dernier exemple en date, hier à Marseille) au lieu de poser des actes politiques réels, je me dis tout simplement : imagine-t-on Angela Merkel s’agiter ainsi pour occuper les caméras, déformer discours et vérité afin de masquer une inefficacité ? Non, et le coronavirus produit en Allemagne beaucoup moins de cadavres qu’en France. Nul doute cependant que lundi prochain Macron va essayer de se poser en remède politique miracle.

En lisant l’injure de Sylvain Tesson aux Gilets jaunes, dont je parlais hier, j’ai pensé à l’excellent film de Roger Corman, The Intruder, que l’on peut voir jusqu’au 16 mai en replay et en français sur Arte. Tesson m’a rappelé, comme tant d’autres, le personnage du film, petit Blanc inconsistant qui veut se faire mousser et avoir du pouvoir en jetant l’anathème sur les Noirs. En pleine pandémie, voilà donc le genre de réflexe de classe qui turlupine les privilégiés : ce bouleversement ne va-t-il pas les démasquer, les faire tomber de leur trône ? Voilà qui leur fait encore plus peur que la maladie. Et voilà une porte qui s’entrouvre pour l’humanité.

Le film en version originale :

Confinés, encagés ? Ne pas oublier la vie (avec courts-métrages, danse, joie et beauté)

Screenshot_2020-04-09 GRAND HÔTEL BARBÈS by Ramzi Ben Sliman - YouTube

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Si certain·e·s écrivain·e·s pouvaient arrêter d’écrire ici et là que les écrivain·e·s adorent le confinement, s’ils voulaient bien arrêter de parler au nom des autres, nous ferions peut-être un petit pas dans l’intelligence, un grand pas pour l’humanité. Moi en tout cas, je n’aime pas plus le confinement qu’une lionne ou un oiseau n’aime une cage. Sans doute ne suis-je pas écrivain·e. Oui, évidemment, s’ils le sont, si elles le sont, c’est que je ne le suis pas.

Sylvain Tesson, qui est à l’aventure ce que BHL est à la philosophie, crache chez Gallimard sur les Gilets jaunes. Crachat récupéré sans dégoût par l’Obs, quand tant de ceux qui manifestèrent la nécessité de changer de société, nécessité que le coronavirus met aujourd’hui en évidence, sont sur le front à risquer leur santé et leur vie pour que ce fils à papa et ses arrogants pareils puissent continuer à manger, être soignés, être débarrassés de leurs abondants déchets… Et puisqu’il finit son glaviot infesté par un appel ridicule au silence des Chartreux : allons, fiston Tesson, eux aussi savent dire « petit con ».

Un journaliste, Akram Belkaid, fait sur son blog le récit du Covid qu’il a contracté et soigné à la maison. Il finit par des recommandations, dont celle de faire des inhalations bouillantes. Je laisse un commentaire pour lui souhaiter bon rétablissement et lui signaler que plusieurs médecins ont alerté sur les inhalations, qui fragilisent les poumons et rendent ainsi le virus encore plus dangereux. Il ne passe pas mon commentaire, ni le deuxième où j’ajoute les sources. Il ne rectifie pas non plus son texte. Il ne reste plus qu’à espérer qu’aucun de ses 6000 abonnés ne tombe malade et ne suive son dangereux conseil. Irresponsabilité quand tu les tiens, quels qu’ils soient.

Comme le disait O à nos enfants quand ils étaient petits et qu’ils s’attardaient trop à l’intérieur: « La vraie vie, c’est … ? » « Dehors ! », criaient-ils. Se confiner au printemps, quand les animaux sauvages se déconfinent, c’est bien un truc des hommes, ça. Plus les humains sont élevés dans la société, à tous les sens du terme, plus ils sont domestiqués, habitués à être encagés. Leur encagement, ce n’est pas ce confinement sanitaire que nous devons supporter afin de pouvoir en sortir au plus tôt, vivants. L’encagement, ce sont les structures de la société auxquelles « ceux qui ont réussi » sont si attachés ; qui leur servent de barreaux et de garde-fous ; sans lesquelles ils ne pourraient exister.
Alors qu’être suffit.

Que le confinement ne nous fasse pas oublier la vie pleine, la pleine liberté. Voici quelques fantastiques courts-métrages trouvés sur la chaîne youtube de l’Opéra de Paris.
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L’à soutenir légèreté de l’être

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ce matin à ma fenêtre, photo Alina Reyes

ce matin à ma fenêtre, photo Alina Reyes

Réveillée ce matin par un vif regain de mon désir d’ouvrir une école. Une autre école. Si la terre et le ciel me prêtent vie, et force suffisamment d’en trouver les moyens. Déjà ce journal en ligne en est une sorte et s’il ne devait rester que celle-ci, ce serait bien aussi.

Souvent je pense à mes élèves de Seconde et de Première, que j’ai dû laisser. Puissé-je leur avoir laissé quelque chose. Ce qui est à fonder doit être fondé à partir de sources, d’humilité, hors cadres ou du moins sans attachement aux cadres.

Enseigner par l’être. Ce que nous sommes est le premier enseignement que nous donnons. Les connaissances ne peuvent être transmises que par l’être. Par l’être d’un langage, qu’il s’exprime par des signes, par des essences ou par des existences.

Confinement. Les enfants du deuxième étage sont en train de tourner joyeusement dans la cour, l’une sur son petit vélo, son cadet sur sa mini-trottinette, en comptant les tours. Je me rappelle quand nous étions enfants, mes frères et moi, et que nous nous tenions sur le bord de la route, à lire les plaques d’immatriculation des voitures qui passaient. Pourquoi ?

Ce temps de confinement me rappelle Nuit Debout, où l’on ne sortait pas du mois de mars. Et les Actes tous les sept jours repris des Gilets jaunes. Il se passe quelque chose avec le temps, ces derniers temps. Comme dans les convulsions de la mort, ou celles des accouchements.

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Confinement : le cercueil, l’œuf et le rêve

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Jérôme Bosch, "La forêt qui entend et le champ qui voit"

Jérôme Bosch, « La forêt qui entend et le champ qui voit »

Rêvé l’autre nuit que j’escaladais, sans difficulté ni facilité particulières, une haute paroi verticale. Une fois sur la falaise, j’improvisais une chanson, qui sonnait de façon étrangement belle. Je suppose que ce mur représentait le confinement auquel nous sommes astreints et qu’il nous faut mentalement dépasser : sans difficulté ni facilité signifie qu’il faut le faire, c’est tout. Improviser une chanson non destinée à être retenue ni enregistrée, c’est quelque chose d’assez humble comme création, et c’est peut-être l’humilité de tout ça qui faisait la beauté étonnante du son.

En fait je rêve moins que d’habitude, depuis le confinement. Le rêve, comme l’action, requiert sa liberté. O et moi avons eu le coronavirus il y a un mois maintenant, nous pourrions sortir sans craindre d’être contagieux ni contaminés. Nous ne sortons quasiment pas parce qu’il faut absolument qu’il y ait le moins de monde possible dans les rues. C’est nécessaire pour que les gens ne se retrouvent pas trop près les uns des autres et aussi pour maintenir l’esprit dans cette discipline jusqu’à ce que l’épidémie se calme. Jusqu’à ce que, souhaitons-le, nous ayons tous accès à des tests pour savoir si nous sommes contaminés ou immunisés ; afin que les contaminés se confinent, que les immunisés puissent reprendre leur activité ou une activité, que les autres (ou tous) ne sortent que masqués. ( Ce qu’il aurait fallu faire dès février).

Semaine de Pâques. Disons que nous sommes confinés comme dans des œufs, des coquilles, et que c’est mieux que de l’être dans des cercueils. Paix aux personnes mortes et courage aux personnes vivantes. Éveillés sinon endormis, n’oublions pas de rêver aussi : c’est du rêve que naît, à chaque instant, le monde, la vie.
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Autant en emporte le coronavirus

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ma petite série de masques à la gouache, réunis sur un panneau

ma (déjà ancienne) petite série de masques à la gouache, réunis sur un panneau

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Edgar Poe a écrit une nouvelle intitulée Le cœur révélateur. Nous vivons le temps du masque révélateur. La compétition internationale déloyale sur les tarmacs chinois, les coups bas et autres mains basses sur les masques, y compris entre pays européens, les arnaques de voyous vendant masques et autre matériel médical qui ne seront jamais livrés à des pharmacies et centres de soins divers, se multiplient en même temps que le virus, s’ajoutant à l’incurie des états et des administrations. Tout ça n’est pas beau à voir et pue, mais il faut bien que soient sorties les poubelles.

Lisant dans Le Moine de Lewis la scène de signature d’un contrat avec le diable, je songe qu’on peut toujours empêcher, par la force, quelqu’un de parler, mais qu’on n’est jamais assuré de pouvoir, même par la ruse, le harcèlement ou la torture, l’y forcer. Beaucoup vendent leur âme, mais jamais sans leur accord. Et il suffit de refuser son accord pour la garder.

Il y a des gens qui font reculer la puanteur avec l’odeur de l’ail ; pourquoi pas, mais je préfère la faire fuir avec le parfum de rose de la spiritualité soufie.

Pour rendre libres les voies du quotidien et dégager les voies physiologiques, j’ai choisi le yoga. Une grande partie des jeunes aujourd’hui connaissent les bienfaits du yoga, proposé dans des écoles, des conservatoires, des salles de sport, des centres d’escalade, etc. En ces temps où toutes les forces doivent être réunies pour lutter contre la maladie, certains imbéciles s’acharnent pourtant à moquer, dans les médias, cette discipline ou d’autres qui aident aussi à préserver la vie. Face au coronavirus, « ceux qui vieillissent en bonne santé présentent moins de risque », atteste Hans Kluge, directeur-général de l’OMS Europe. Moquer le yoga, les sports, l’hygiène alimentaire, l’hygiène de vie, revient à cracher sur les soignants. Pourvu qu’ils aient des masques !

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