Coaching et auto-coaching

Ma montre cardio, qui ignore les bienfaits des soirées festives et des nuits d’amour, la pauvre, trouvait ce matin que ma nuit ne m’avait pas permis de récupérer suffisamment pour que je puisse faire de l’exercice aujourd’hui. Ayant couru hier, je suis simplement allée à la salle faire vingt-cinq minutes de rameur à rythme modéré, puis du saut à la corde, quelques exercices de gainage et de renforcement musculaire des jambes, une centaine de squats simples, dont quelques-uns avec une kettelbels de 6 kg, et vingt-cinq minutes de yoga pour finir. Rien de trop fatigant, j’écoute quand même les conseils de ma coach au poignet, et aussi ceux du « meilleur coach du monde », Jack Daniels, dont j’ai reçu le précieux livre en cadeau hier pour mon anniversaire. J’ai inauguré un autre de mes cadeaux, le casque à conduction osseuse, en écoutant du rap français pendant toute ma séance de rameur. Et là, de retour à la maison, j’écoute un autre de mes cadeaux, le CD de la B.O. du film Himalaya, l’enfance d’un chef, merveilleuse musique d’un film qui nous a laissé, en famille, un merveilleux souvenir d’enfance.

Ne laissez pas les mauvais coachs ni les faux coachs en tous genres entraver votre génie, qui est unique, votre joie, qui est innée, ni déformer les savoirs que vous avez acquis, ni s’immiscer de force où ils sont indésirés. Leur monde est laid, mais c’est leur monde. Faites toute chose belle en votre monde, afin que toujours l’emportent les mondes de beauté.

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Ma première vraie séance de fractionné

Au début, comme la plupart de ceux qui se mettent à courir, j’ai fait du « fractionné » en faisant quelques pas de marche quand je n’en pouvais plus puis me remettant à courir, etc. Ça c’était l’année dernière, quand je courais un peu au hasard, de temps en temps, vingt à trente minutes tout au plus, sans plan ni régularité. Maintenant j’ai appris à courir en endurance fondamentale, et donc à courir lentement mais longtemps et sans interruption. Et j’ai aussi appris qu’il ne faut pas non plus se limiter à ce rythme de jogging, mais aussi faire des séances de fractionné bien calculées, afin de progresser. Il s’agit de s’échauffer en courant doucement quinze ou vingt minutes, puis d’alterner courses rapides et temps de repos sur un certain temps, avant de repartir en courant doucement pour finir la séance. On peut faire des séries de 30 secondes de course suivies de 30 secondes de trot ou de marche, ou basées sur d’autres temps, ou sur des distances.

Pour cette première fois, j’avais programmé sur ma montre deux séries de trois fractionnés de une minute/une minute (elle vibre à mon poignet chaque fois que la fin de la minute arrive), soit douze minutes au total. Pour l’instant je n’ai pas couru avec plus de précision que « vite ». Je ferai plus précis au fil du temps, et surtout quand j’aurai fait mon test d’effort, qui me permettra de faire les bons calculs. Mais c’est un début, et c’est bon de s’entraîner à courir vite (même si la vitesse en question reste évidemment toute relative). Entre le temps d’échauffement, les deux séries de fractionné, la petite pause entre deux séries, et les dix minutes de retour, au total quarante minutes, j’ai couru cinq kilomètres, ce qui améliore mon temps sans que je l’aie voulu. Mais en fait il m’est impossible de savoir avec précision quelle distance je cours, car le gps de mon téléphone, quand je le consulte après coup, m’indique des parcours dont plusieurs portions sont omises ou comptées à vol d’oiseau, me faisant magiquement passer à travers des immeubles voire des blocs d’immeubles entiers ; ceci sur les deux applis sur lesquelles je le lance, et qui me donnent chacune des trajets différents dans leurs détails. Je rétablis donc la distance réelle à peu près, mais il peut y manquer encore plusieurs dizaines de mètres, voire plusieurs centaines de mètres si ma sortie est plus longue.

On ne peut donc pas se fier aux runnings qu’on fait en ville pour connaître ses véritables temps, et c’est notamment pourquoi je désire participer à des courses. Je commencerai probablement par une ou plusieurs courses de 5 km, mais je ne veux pas en faire avant de m’être entraînée un peu correctement ; je serai de toutes façons parmi les derniers, et j’accepte pour moi l’excuse de l’âge, mais pas celle de la fainéantise. Vivement la prochaine séance !

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Ma première sortie longue en running

Toujours pour respecter le principe de progressivité, je l’avais programmée sur ma montre à 50 minutes, je me suis donc arrêtée au bout de cinquante minutes. Mais je n’étais pas fatiguée et j’aurais pu continuer un bon moment en endurance fondamentale. J’ai fait environ 5,6 km – je dis environ car même le gps de mon téléphone compte certaines portions du parcours à vol d’oiseau, quand il perd le signal ; mais peu importe, je ne suis pas en course, je travaille l’endurance. J’aurai aussi une sortie en fractionné chaque semaine, où là, je vais tâcher de travailler ma vitesse.

J’ai fait un détour pour éviter la manif qui arrivait, j’ai pris des escaliers, en montée, en descente, couru sur bitume, sur pavés le long de la Seine, sur terre au jardin des Plantes. La semaine prochaine je programmerai une sortie un peu plus longue, et ainsi de suite. De temps à autre j’ai couru plus vite sur une courte distance, puis pris le temps de boire quelques gorgées en faisant quelques pas de marche, et trois fois j’ai pris quelques secondes de pause pour faire des photos par cette belle lumière le long de la Seine. Tout cela est compris dans mon temps total. Puisque la séance est longue, autant s’autoriser quelques plaisirs annexes. Pour la première fois j’avais emporté un peu d’eau dans ma mini-gourde, calée dans ma banane. Avec les beaux jours qui vont arriver et mes sorties rallonger, ce sera indispensable.

Je n’écoute pas de musique ni rien, mais je vais avoir un casque à conduction osseuse pour mes 66 ans, dans quelques jours, et je l’essaierai pour écouter de la musique ou des podcasts en courant. L’intérêt de ces casques est qu’ils n’entrent pas dans l’oreille et n’empêchent pas d’entendre les bruits extérieurs. Je suis très contente de mes chaussures, je n’ai plus du tout mal au métatarse comme quand je courais avec mes sneakers, et je n’ai eu mal nulle part ailleurs non plus, elles sont extrêmement confortables (des Puma Deviate Nitro, qu’on trouve en ligne soldées pas cher). Courir est un sport qui ne coûte rien, à part une paire de chaussures convenables, et si on veut plus de précision dans l’entraînement, une montre cardio, qui motive bien aussi. Au lieu de se contenter de regarder le temps passer, de passer avec le temps ou de chercher le temps passé, courir c’est dépasser le temps. Et c’est aussi bondir. Année du Tigre, année du Puma pour moi :-)

J’ai appris que le terme running englobait non seulement la course à pied sous toutes ses formes, mais aussi la randonnée et la marche rapide. En ce sens, même si je n’avais pas couru depuis le lycée, avant de m’y remettre il y a peu, j’ai pratiqué le running, sous ses formes marchées, chaque fois que j’habitais en montagne et y faisais des randonnées ou marchais longuement dans la neige entre mon ermitage et le village ou autre, et lors de quelques treks avec tente en montagne jadis, et plus récemment du trek de dix jours et cent kilomètres sur le causse Méjean. J’ai très envie de refaire des treks, sac au dos, O et moi en avons en projet. Ce qu’on vit en courant et en marchant, c’est une liberté, un sentiment d’être vivant, sans pareils. Tous ceux et celles qui courent ou marchent savent, je pense, ce qu’est le divin.

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Honneur de l’athlétisme

J’ai encore couru hier quarante-cinq minutes, sur 5 km, donc plus lentement encore que la dernière fois, en m’efforçant de respecter constamment la fréquence cardiaque de l’endurance fondamentale. C’est un peu frustrant de ne pouvoir aller plus vite, mais d’un autre côté c’est bien de constater qu’on peut courir longtemps sans jamais avoir envie de marcher, même si courir à 6 km/h ou un peu plus est à peine plus rapide que marcher. Le mouvement n’est pas le même, en courant on ne touche pas le sol comme en marchant, et s’entraîner à cette fréquence cardiaque basse doit faire progresser l’endurance, mais aussi la vitesse à laquelle on peut courir en endurance. Je suis sûre que je vais progresser. Il me semble que déjà ma fréquence cardiaque au repos a baissé, donc progressé, puisqu’elle est descendue à 52 la nuit dernière. Pour ma prochaine sortie, j’essaierai quelque chose d’autre, ni intense comme le fractionné de lundi dernier, ni aussi lent que l’endurance fondamentale, j’ai une idée en tête, d’après ce que j’ai déjà expérimenté au début, on verra ce que ça donne. Il faut suivre les conseils des coureurs et des coachs (que j’écoute et lis en ligne) mais aussi trouver comment les adapter au mieux pour soi-même, en l’absence de coach personnel. Et pour mon anniversaire, dans quelques jours, j’aurai le livre d’un fameux coach américain du nom de… Jack Daniels. Un nom de flacon à ivresse. J’adore apprendre et étudier, et expérimenter et progresser.

L’année dernière fut celle où, dans un intense travail, je traduisis en vers l’Odyssée en entier, et une bonne partie de l’Iliade – partie que je compte mettre en ligne aussi, car il semble que je ne sois pas près de m’y remettre. Même inachevée, ma traduction pourra peut-être servir ; et le jour viendra, inch Allah, où je la terminerai. Cette année est bien partie pour être celle de la course. Je courrais tous les jours si je n’étais avertie qu’augmenter brutalement la quantité d’entraînement mène droit aux blessures. Ces jours-ci j’ai une légère douleur aux genoux, soit à cause des back squats (squats en portant des poids sur les épaules), car c’est là que ça a commencé, soit du fait du changement de chaussures, car il faut que je m’y habitue : les précédentes me causaient une inflammation au métatarse, celles-ci pas du tout mais peut-être dois-je veiller davantage à ma foulée. Aujourd’hui à la salle je me suis donc contentée d’une petite demi-heure de rameur, toujours fort dynamique, suivie de mon yoga habituel, toujours en finissant les pieds derrière la tête. De bons exercices ni trop fatigants ni traumatisants, car j’espère rester assez en forme pour retourner courir une troisième fois avant la fin de la semaine.

J’aime me rappeler que le marathon vient de la Grèce antique, et aussi les passages de l’Odyssée où les hommes s’entraînent et se défient aux jeux athlétiques, dont la course à pied, bien sûr. Ce sont des moments de paix et de rencontre, des expressions parmi les plus hautes de la civilisation. Dans ce monde grec, les hommes y prouvent leur valeur et s’y honorent autant qu’à la guerre ou dans la poésie. La victoire et la gloire de l’athlète, c’est la vie, la vie réelle, avec son sang, son muscle, ses nerfs, ses os, exaltés.

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Se mettre à courir tard. La meilleure élection


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Dimanche, par temps radieux, je suis allée au stade et j’y ai sauté à la corde. Hier, lundi, par temps très venteux, j’y suis retournée en courant, pour y courir en fractionné. Sauter à la corde, courir, c’est aussi vivre l’enfance en soi. On parle de libération de l’endorphine en courant ; au-delà de l’hormone du plaisir qui envahit le corps, c’est la joie qui habite en plénitude corps et âme.

Je me suis mise à courir il y a dix-sept mois, sans plan, en y allant une fois par semaine, parfois deux, mais en n’y allant plus pendant certaines périodes. Les progrès, qui ne peuvent être rapides quand on s’y met ainsi à la soixantaine, ont été lents mais j’ai progressé quand même, et j’en suis à me mettre à courir davantage, en profitant davantage des enseignements trouvés en ligne, notamment sur la nécessité d’apprendre à courir en endurance. Pas significatifs : j’ai changé de chaussures, laissant mes anciennes sneakers pour de vraies runnings, je me suis procuré une montre cardio, et j’ai pris rendez-vous chez le cardiologue pour un test d’effort, dans quelques semaines.

J’ai peu couru jusque là donc, mais j’ai fait d’autres sports, et c’est aussi ce qui m’a permis de parvenir à courir quarante-cinq minutes aujourd’hui. Après avoir eu deux cancers entre 2015 et 2018, subi quatre opérations dont une mastectomie, suivie de reconstruction du sein, une radiothérapie et deux hormonothérapies très fatigantes dont la dernière est toujours en cours pour vingt mois encore, eh bien je n’étais plus en très grande forme. C’est alors que je me suis tournée d’abord vers le yoga. J’ai suivi un cours pendant quelques mois, qui m’a permis de reprendre l’exercice en douceur, puis j’en ai fait quotidiennement à la maison. Là aussi il m’a fallu progresser, car les opérations avaient raidi tout un côté de mon corps, je ne pouvais plus par exemple tendre complètement le bras droit au-dessus de ma tête ; le yoga m’a rendu toute ma souplesse et je n’ai par exemple aucun mal à tendre mes bras pour prendre mes orteils dans mes mains quand je pose mes pieds derrière ma tête :-)

Sans abandonner le yoga, je suis passée à d’autres formes de gymnastique et renforcement musculaire, au fitness plus généralement. Cet hiver je me suis inscrite dans une salle de sport pour compléter ma remise en forme avec les machines de cardio-training. Tous sports confondus, je m’entraîne environ cinq heures par semaine, sur cinq ou six jours, plus ou moins selon mon état de forme – je dois toujours composer avec les handicaps induits par mon traitement, fatigue, ostéoporose et douleurs articulaires entre autres. Tout cet entraînement participe aussi à me rendre plus apte à courir. Et la paix, le sentiment de plénitude, la joie de départ du yoga, se perpétuent à travers toutes ces formes d’exercice.

Nous sommes responsables de la vie qui nous a été donnée par « le ciel », nous avons le devoir d’en prendre soin. Je ne veux pas seulement en prendre soin, je veux aussi continuer à l’exalter, l’alléger au mieux du poids des ans, en rendre grâce en moi. Comme dit Dieu dans le Coran, « je suis plus près de vous que votre veine jugulaire ». Ma montre cardio me classe en « élite » par rapport à mon âge, et cette « élection », celle du réel réel, est la meilleure que chacune et chacun peut gagner.

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Do it yourself : crochet, suite ; et journal du jour

Une grande partie du bonheur des humains s’en va lorsqu’ils ne font plus rien de leurs mains, ou de leur corps. Lorsque leur corps est réduit à l’état de mécanique utilitaire qui leur permet de vaquer à leurs occupations sociales, à leurs affaires et affairismes, à leur agitation de remueurs de vent dont on ne tire aucun bon pain.
C’est après que mon corps a été contraint trop de temps aux oubliettes, et après la maladie qui s’en est suivie, que je me suis remise au sport, et aux ouvrages faits main. Et c’est de là que je tire ma joie et ma paix. De plus le « DIY », le fait-main, est bon pour la planète, comme on dit, parce qu’il rééquilibre le règne de l’industriel et le plus souvent, est moins polluant.

Les disques démaquillants et les lavettes que j’ai crochetées en nombre, pour nous et pour d’autres, remplacent très avantageusement les cotons et éponges jetables, non seulement parce qu’ils sont faits pour durer très longtemps, mais aussi parce qu’ils sont au moins aussi efficaces, voire meilleurs, et encore parce que se servir de quelque chose faite à la main fait plaisir.

Dans le même esprit, j’ai fait aussi un tapis de bain, en travaillant au crochet des lanières découpées dans deux vieilles polaires : épais et texturé, un vrai régal pour les pieds.

Et puis je me suis essayée aussi à deux petits vêtements, ce châle-boléro que j’ai montré l’autre jour, et puis ce pull à manches spéciales que j’ai terminé ce matin et que j’ai stylisé moi-même, après avoir commencé à m’inspirer d’un tuto de pull à manches longues, et avoir tout changé, à part le choix du point.

J’ai aussi fait un bracelet au crochet, dont j’ai trouvé le tuto en ligne, et que je mets notamment pour aller à la salle de sport, car c’est un bijou qui ne gêne nullement, que ce soit à la machine à squat ou sur le tapis d’exercices.

Ce soir j’ai commencé un autre petit vêtement auquel j’ai réfléchi la nuit dernière dans mon lit, j’ai le début en tête puis je verrai : ce qui est merveilleux avec le crochet, c’est qu’on peut le travailler comme une terre glaise, le modeler, le sculpter, en ajoutant ou en enlevant ici ou là, pour voir où on arrive au plus satisfaisant.

J’ai réuni deux ou trois autres vieux vêtements que je pourrai découper en lanières pour réaliser encore d’autres choses, et j’essaierai encore d’autres matériaux.

Par hasard cet après-midi je me suis trouvée sur le chemin de la manif la plus triste du monde, rassemblant, sous le mode délétère d’un en-même-temps qui n’a que trop sévi, et sous l’égide de l’un des malheureux éborgnés de la macronie, Jérôme Rodriguez, quelques centaines de personnes hétéroclites, gilets jaunes, fafs, antifas, insoumis, tradis, nationalistes, corses, propalestiniens, antivax, type déguisé en Christ portant sa croix, porteurs de pancartes citant Gandhi ou Etty Hillesum ou insultant ordurièrement Macron en guise de réponse à son envie de les « emmerder ». Sans oublier à peu près autant de flics armés jusqu’aux dents, et leurs dizaines de camions. Voilà où en est une partie de notre pays. Contre toute cette morbidité, cette confusion, cette absence de sens, plus que jamais, faire vivre et affirmer les forces de vie.

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Mon premier entraînement sur 5 km

Aussitôt rentrée, je n’ai qu’un désir, refaire la sortie pour la faire mieux, en tenant compte de ce que j’y ai expérimenté. Cette fois j’ai couru 5,3 km en 45 minutes, ce qui n’est certes pas un exploit mais s’explique. D’abord c’est la plus longue course que j’aie jamais faite, et je me suis efforcée de la faire en endurance fondamentale, un exercice que tous les coachs disent indispensable, même si on doit aller très lentement. Je suis donc allée plus lentement que d’habitude, et j’ai couru sans fatigue et sans avoir à prendre de temps en temps quelques secondes pour souffler en faisant quelques pas de marche, comme quand je cours plus vite. J’ai couru lentement (sauf un petit sprint en côte sur la fin), mais tout le temps. Ensuite, je le redis, je suis petite, donc ma foulée est plus petite aussi, et puis j’ai bientôt 66 ans et je cours depuis peu de temps. Enfin, mes appareils de mesure cafouillent parce que je n’ai pas d’abonnement internet sur mon téléphone (mais je vais en prendre un) pour pouvoir connecter ma montre Polar à l’appli Polar Flow : tout seul, le gps de la montre saute des portions de parcours, je vérifie donc la distance en lançant sur mon téléphone l’appli Adidas Running, mais je dois la lancer avant de régler ma montre et donc un bout de temps avant de pouvoir partir… bref, je dois ensuite me fier au temps indiqué par la montre mais à la distance indiquée par le téléphone, et comme en courant je ne consulte que la montre, je ne sais pas vraiment où j’en suis. Le parcours est varié, petites rues, jardin des Plantes, quais à traverser, puis à suivre dans leurs détours, et avec variations de terrains et de sols, bitume, béton, terre, pavés. Cette fois je suis allée jusqu’au pont de la Tournelle, c’est très agréable de longer la Seine. Il faisait froid, il soufflait un petit vent de nord-ouest charmant, je n’avais pas de musique dans les oreilles, j’écoutais les bruits ambiants et c’était le bonheur, d’autant que j’étrennais mes Puma Deviate Nitro, que je venais juste de recevoir. Mes premières vraies chaussures de running, une merveille. Bondissantes et roses-rouges, je compte bien aller loin avec elles.

Je ne suis pas du tout fatiguée, la prochaine fois je ferai une sortie en fractionné, sans me soucier de m’en tenir à une fréquence cardiaque à 70 % de ma fcm. Du reste j’ignore quelle est ma fréquence cardiaque maximum, pour régler correctement mes entraînements sur elle. Je l’ai estimée à 175 mais je ne serais pas étonnée qu’elle soit plus élevée, j’ai pris rendez-vous pour un test d’effort avant le printemps et une fois fixée je pourrai améliorer mes entraînements. D’ici là, je continuerai à apprendre à courir en courant.

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Back squats, rameur, running… joies du corps venues de loin

Aujourd’hui j’ai fait des squats avec une barre sur les épaules (back squats) et ça m’a beaucoup plu, quoique j’aie mis un peu trop de poids pour une première fois (10 kg en plus des 18 kg de la barre), et en garde un léger pincement aux lombaires. À la salle de sport, j’ai aussi fait quelques exercices avec des haltères, bref je ne suis pas restée dans la partie cardio comme d’habitude, j’ai commencé à me familiariser avec la salle de musculation. Ce sera très bien pour m’aider à progresser en running. J’ai fait une demi-heure de rameur (très vigoureusement) et une demi-heure de vélo, puis mes vingt minutes de yoga habituelles en conclusion, mais pas de tapis de course aujourd’hui. Je me réserve quasi-amoureusement pour mes nouvelles chaussures, que j’attends. Jusque là j’ai couru avec une vieille paire de Puma Hybrid, que j’aime bien mais qui ne sont certainement pas l’idéal pour s’entraîner un peu mieux, comme j’en ai l’intention. J’aime beaucoup cette marque, Puma, depuis toujours, et après m’être bien renseignée j’ai fini par commander d’autres Puma, les Deviate Nitro. J’ai hâte de les tester ! J’espère être en forme le jour où elles vont arriver, en ce milieu de semaine. Je sais qu’elles sont surtout bien pour la course rapide, mais les moments où je fais de petits sprints sont ceux que je préfère dans mes sorties, où je m’efforce de courir en endurance pour pouvoir courir un peu longtemps. On verra si ça m’aide.

J’avais mis le bracelet en coton que j’ai fait hier soir au crochet, un bijou qui ne gêne pas pendant la pratique sportive. Je réalise plusieurs choses à la fois en ce moment au crochet, notamment un tapis pour la sortie de douche, que je fais avec des bandes que je découpe dans deux vieilles polaires ; c’est ce découpage qui me prend le plus de temps, mais je suis toujours intéressée par le principe de récupération, et si le résultat n’est pas spécialement beau, il promet d’être un régal pour la plante des pieds. L’une des toutes premières nouvelles que j’ai écrites, dans mes vingt ans, était sur un coureur qui courait avec un pied chaussé et l’autre nu ; et j’ai publié il y a plus de vingt ans dans Libé, puis dans un livre, Corps de femme, une ode aux pieds qui foulent la terre. Il était temps que je me mette à courir.

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Running, croquer la vie

J’avais projeté de faire un running de 4 km, j’ai fait 4,5 km, et si je n’étais pas arrivée devant ma porte j’aurais pu continuer un bon moment. Je suis rentrée fraîche et joyeuse, contente de mes progrès de débutante, dus à mon entraînement diversifié mais aussi aux enseignements de coachs en ligne et aux conseils de ma montre Polar Ignite qui me renseigne sur mon état de forme – ce qui n’est pas du luxe, surtout avec le traitement fatigant que je dois prendre pendant 20 mois encore ; mais justement le sport contrebalance bien tous ses mauvais effets secondaires.
Je sais donc maintenant que je suis tout à fait capable de faire une course de 5 km, même s’il est bien sûr hors de question pour moi d’approcher des podiums ; peu importe, c’est avec moi-même que je fais la compétition. Et je crois bien que je pourrai bientôt faire même un 10 km, si je continue ainsi. Je sais que je pourrai améliorer aussi mes temps, et mes capacités physiologiques qui, à en croire ma montre cardio (et les médecins) sont excellentes pour mon âge, peut-être aussi, me dis-je, grâce au temps que j’ai passé en montagne à arpenter les pentes, jadis.

Lisant hier un article sur les bienfaits de la pomme, j’ai pensé : Eve avait raison. Et les intellectuels, qui ont prétendu dans un livre qu’elle avait fermé la porte du paradis terrestre aux humains, ont menti : au contraire, elle l’a ouverte.

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Running

aujourd’hui sur les quais de Seine, photo Alina Reyes

Je recommence à courir dehors. C’est le bon moment, avec la lumière qui augmente, dans l’air et dans le cœur. J’ai fait mon repérage aujourd’hui pour ma prochaine sortie, que je veux de 4 km. Mon but étant d’arriver dans quelques semaines à 5 km, et de pouvoir participer bientôt à une course de cette longueur.

Quand je me suis remise à courir, en août 2020, à soixante-quatre ans, alors que je n’avais pas couru depuis le lycée (mais je venais de faire un trekking de 100 km, sac au dos, dans le causse Méjean, en Lozère, et c’est ce qui m’avait donné envie de me mettre à courir), les premières fois je tenais 200 ou 300 mètres, puis ce fut le double, et à raison de trois ou quatre fois par mois, à l’automne j’en étais à plus de 1500 mètres. L’hiver suivant je n’ai presque pas couru et quand je m’y suis remise, au printemps dernier, je faisais 2,5 km, et toujours avec un entraînement peu intense, sans doute moins d’une fois par semaine en moyenne (mais en faisant d’autres sports à côté), je suis arrivée à près de 3,5 km cet automne. Cet hiver j’ai couru essentiellement en salle, sur tapis, de temps en temps, et maintenant je me sens tout à fait prête à faire 4 km, voire 5 – mais je vais quand même y aller progressivement. Je suis petite, donc les distances sont d’autant plus longues pour moi, et puis à mon âge, quand on n’a pas couru avant, on progresse lentement, mais on progresse. J’arriverai peut-être à 10 km, qui sait ? En tout cas c’est tant de joie ! Je continue à pratiquer d’autres entraînements, cardio et renforcement musculaire via différentes techniques, et puis le yoga toujours (c’est par le yoga que je suis revenue au sport), qui me garde souple et zen ; je commence aussi à faire de temps en temps cinq minutes de cohérence cardiaque (voir sur Youtube), le mieux est d’en faire trois fois par jour, si on arrive à en prendre l’habitude c’est excellent aussi pour le système nerveux autonome. Bref, c’est la grande forme.

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