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Le feu
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Le printemps
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« La réflexion attendue du lecteur est largement préparée par le texte, car les arabesques poétiques du XVIIIe siècle, avec leur narrateur dont les facéties soulignent souvent les artifices et les conventions propres à l’écriture romanesque, sont à considérer comme des œuvres qui incluent une part de réflexivité. En effet, le jeu avec les règles de l’écriture traditionnelle conduit au développement d’une forme de littérature « au second degré » qui ne puise plus son inspiration directement dans l’observation du réel, mais se greffe sur une littérature préexistante. Au cœur de l’ouvrage, on observe un déplacement du centre de gravité, car le moi espiègle et bouffon qui mène le récit à sa guise accorde au moins autant d’importance au monde de la représentation qu’au monde représenté. La littérature se prend pour objet de composition littéraire.
Ainsi, quand le narrateur de Jacques le Fataliste rappelle régulièrement à son lecteur qu’il pourrait choisir d’interrompre le cours de l’histoire qu’il raconte pour se lancer dans le récit d’autres aventures en emboîtant le pas d’un personnage secondaire qui croise la route des deux héros éponymes, que fait-il sinon discourir, sous couvert de plaisanterie, sur l’art de conduire une intrigue. De même, lorsqu’il ouvre une parenthèse pour faire le commentaire suivant :
Il est bien évident que je ne fais pas un roman, puisque je néglige ce qu’un romancier ne manquerait pas d’employer. Celui qui prendrait ce que j’écris pour la vérité serait peut-être moins dans l’erreur que celui qui le prendrait pour une fable.
son propos ne correspond pas seulement à une pirouette destinée à faire sourire, mais renvoie à une réflexion théorique sur le genre qu’il pratique. »
Alain Muzelle, L’Arabesque. La théorie romantique de Friedrich Schlegel à l’époque de l’Athenaüm
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Je pratique aussi l’arabesque en écriture, mais complexe plus que simple, fractale, notamment dans Forêt profonde et dans mon dernier roman fini (j’emploie le terme de roman car je préfère tout faire admettre au roman plutôt que de le limiter à sa vieille forme usée qui règne sur le marché), roman pour lequel je n’ai pas encore trouvé d’éditeur – soit que le monde de l’édition ait décidé de m’empêcher de vivre, soit ou concouramment que le marché n’apprécie pas ce genre d’art, où je persiste pourtant dans mon nouveau roman en cours, et aussi dans ma thèse, et même dans mes articles de critique, en osant notamment l’anachronisme et autres déplacements d’analyse pour déterrer les textes. Car c’est ainsi que peuvent s’ouvrir les esprits.
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hier soir et ce soir à Paris, photos Alina Reyes

photos Alina Reyes
photos Alina Reyes

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À neuf heures du matin j’ai monté la longue pente à vélo le plus vite possible, à treize heures entre deux séances de cours j’ai déjeuné d’un pain (au chocolat) (oui, je fais dans le luxe) et d’eau du robinet du jardin au Luxembourg, et à quatorze heures en retournant à la fac, j’ai vu ce tigre blanc couronné dans une vitrine. Puis dans la cour de la Sorbonne, avant de retourner dans l’amphi Descartes jusqu’à dix-huit heures, j’ai vu mon ombre et mon reflet, et je les ai photographiés aussi.

aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes
devant l’École de l’image des Gobelins
rue Victor Cousin, au coin de la place de la Sorbonne
« Chant du monde », l’un de mes dessins au feutre
aujourd’hui à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes
cette nuit à Paris 14e, photo Alina Reyes

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