Toute chose nouvelle

En train de faire mon premier essai de peinture sur un objet en trois dimensions, que j’ai enduit de gesso cette nuit : Madame Terre.

Aujourd’hui est mercredi des Cendres, j’ai perdu clairement le goût d’aller à l’église chercher une croix de cendres sur le front pour le salut du monde, disons plutôt que j’ai dépassé de loin cette station, je ne vais pas retourner en arrière, je marche. Je vais suivre le jeûne de Carême, ce que presque plus personne ne fait, raison pour laquelle la religion n’est presque plus rien, comme j’ai suivi le jeûne de Ramadan l’été dernier, selon la règle de mes Pèlerins. Nous faisons, nous ferons toute chose nouvelle.

La lumière est si printanière.

Amour, travail, contemplation : secrets de la joie et de la vie

Travaillant comme une reine. Levée tôt ce matin, conversation heureuse avec O rentrant radieux et mouillé de la banlieue par deux heures de marche à pied, puis écrit trois haïkus dans la pénombre, puis contemplé la beauté de mon Cosmos apparaissant avec le lever du jour, et plus tard, sous la couette, d’un jet, lâché plus de deux pages pour mon prochain roman. Projets, travaux en cours ou en préparation : au moins un essai, un recueil de poèmes, une fiction, et les peintures. Puis pour plus tard, l’ordre des Pèlerins d’Amour. Sans les tristes sires de la religion et de l’édition qui ne savent dire que « laisse-moi faire toutes ces mauvaises choses en cachette avec ton corps [moi, mon livre], ne dis rien à personne », qui ne savent dire ni bonjour (bien qu’ils fassent semblant) ni pardon ni s’il vous plaît ni merci. Voyage n’a pas besoin d’un éditeur, il en a un, moi. Certes pour le moment je n’ai pas les moyens de le diffuser, mais cela viendra, quand le ciel le voudra. Mieux vaut attendre et faire les choses proprement. Les Pèlerins suivront d’eux-mêmes, proprement aussi. Ce qui est vicié au départ ne fait que s’enfoncer dans le vicié, tant de mouvements et d’êtres le prouvent. Les Pèlerins d’Amour naîtront purs de moi, comme Voyage, comme tous mes livres, comme mes enfants, sans trafic sur la parole et le vivant, comme il est bon, très bon, dans l’ordre sain et saint des choses.

Bienheureuse

J’ai rêvé que Bedos (à la fois père et fils) et un plombier s’étaient installés chez moi contre mon gré et ne voulaient plus en partir. J’allais à la mairie demander qu’ils téléphonent chez moi afin qu’ils voient qu’ils étaient au courant de leur forfait, et que cela les fasse partir. Mais à la mairie les gens étaient très embêtés, oui me disaient-ils, on sait qu’ils se comportent ainsi, mais nous ne pouvons pas intervenir contre Bedos, étant donné sa position. Je retournais chez moi, et finalement les intrus s’en allaient, emmenés par leurs femmes, des pétasses mondaines, sapées, refaites et maquillées, qui les ramenaient chez elles.

Le rêve est limpide, Bedos à la fois père et fils symbolise le pouvoir temporel, clown médiatique, transmissible et grossièrement calqué sur le christianisme – une sorte d’antichrist ; le plombier représente les hackers et autres poseurs de micros cachés ; et les pétasses la mondanité qui les appelle à retourner dans leur monde.

À l’âge de quinze-seize ans, après avoir lu Freud (mais aussi beaucoup de textes sacrés), je me livrai à des expériences étonnantes, que ne font jamais les psychanalystes – raison pour laquelle ils ne connaissent rien en vérité à leur art ni à l’homme. Je suis loin devant, loin au-delà, cela m’exclut de ce monde mais je suis si bienheureuse.

Multiplication des couleurs

Toujours en train de compléter mes galeries sur alinareyes.euLes peintures pour l’instant y sont toutes ou à peu près – en attendant la prochaine. Les photos continuent de se remplir, les dessins sont en cours. J’ai signé ces derniers, je les photographie et je les propose à l’impression seulement, car j’ai l’intention des les composer en iconostase, un peu à la façon des Masques, qui donnent en vrai un bien beau résultat, plus beau qu’en photo. N’hésitez pas à visiter, y compris ma page « liens » à partir de laquelle vous pouvez visiter aussi les artistes que j’ai pour l’instant découverts sur la plateforme Artmajeur.

À ce jour, mes œuvres les plus visitées ont été deux photos et une peinture : la première de deux brebis en pleine sieste (galeries « Animaux »), la deuxième des Deux océans (4e galerie de peinture) la troisième d’une fente de lumière dans la neige (galerie « Neige ») ; et celle qui a reçu le plus de mentions, un bouquet de fleurs sauvages sur une table en bois (galerie « Graphismes et couleurs »). Ne sont-elles pas, humblement, représentatives de ce qui nous sauve : lâcher-prise, rencontre, pureté, grâce ?

La joie au corps

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Aujourd’hui j’ai fait un saut en Chine. J’ai marché sous la pluie, comme j’aime, ma capuche sur la tête, j’ai fait un tour dans le quartier chinois. Je suis allée chez Tang Frères, comme chaque fois que j’y vais j’ai contemplé longuement les produits exotiques dans les allées du supermarché. J’ai acheté pour très peu cher du thé vert, du gingembre confit, des biscuits aux agrumes. Puis je suis rentrée par un autre chemin.

Maintenant je vais me remettre à mon nouveau manuscrit, j’ai tapé tout à l’heure les premières pages, ah quel bonheur, jamais on n’a rien lu de semblable. Je veux ce que j’ai toujours voulu, du texte qui donne de la joie, la joie que donne l’audacieux, le surprenant, le réveillant. La joie au corps, la joie à l’esprit, la joie à tout.

Enfants et petites mamans

Un article condescendant du Monde nous décrit une région de chômeurs où les jeunes filles font des enfants très tôt. Ainsi qu’il en est de toute éternité hors du monde bien réglé de la bourgeoisie.

Un article condescendant et puritain, voyant ces jeunes filles comme des animaux (« son petit »), la maternité comme une chose quasi-diabolique (« remuant les draps de son fils comme on tisonne »).

La plupart des lecteurs horrifiés crient à l’inconséquence de ces petites mères et voient déjà les cas sociaux que seront ces enfants. Personnellement, j’y vois une victoire de la vie, et la promesse de beaucoup de vitalité et de quelques beaux talents, voire de génies, parmi ces enfants de la jeunesse. L’esprit de la pauvreté, qui s’en remet à la vie, effraie ou même dégoûte l’esprit de la bourgeoisie, qui s’en remet à elle-même. Mais c’est la vie qui est glorieuse, même quand sa gloire est bien humble ou cachée, et c’est la vie qui est victorieuse.