Le sexisme des « élites »

kirikou

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«Plus le milieu est aisé, plus la hiérarchie est forte, plus le sexisme est grand.(…) En France, on (…) fonctionne en pensant que ses membres sont une élite, qu’ils sont insoupçonnables (« Ils ne feraient jamais ça! ») et que s’ils commettent des fautes, ils ont sûrement de bonnes raisons », analyse Martin Winckler dans cet article de Slate sur « Comment le sexisme s’est solidement ancré dans la médecine française ».

L’analyse de Winckler vaut également pour les autres « milieux aisés », les autres « élites ». Plus une existence tient sur la domination et en dépend, plus il lui faut sans cesse reconsolider ses fortifications et les hérisser de tessons pour masquer sa fragilité, son mensonge, son illégitimité ontologique.

Les femmes médecins, internes, externes des hôpitaux, subissent un sexisme massif et quotidien, écrit Aude Lorriaux dans ce même article, où se trouve aussi cette image très forte, emblématique du sexisme de toute notre société :

Une tradition, véritable rituel d’initiation des étudiants en médecine qui dissèquent pour la première fois, est révélatrice d’un sexisme très fortement ancré dans la profession au XIXe. La «photo de groupe» de ces jeunes qui découvrent le métier s’effectue alors devant un cadavre, mais pas n’importe quel cadavre. Il s’agit le plus souvent d’un cadavre de femme, ou d’une prostituée à qui on demande de faire la morte. Cette scène est d’ailleurs devenu un «classique» de la photographie pornographique, selon Vincent Barras. Pour conjurer la mort, c’est la femme qu’on tue, ou qu’on domine, comme une démonstration de la puissance de vie masculine.

Le problème du sexisme se pose aussi de façon aiguë dans le milieu de la magistrature, où l’USM a publié récemment un livre blanc intitulé « État des lieux, état d’alerte ». Le syndicat de magistrats insiste sur le « management inadapté » de juridictions. Des chefs de cours ou de tribunaux ont un comportement qui peut aller jusqu’au « manque de considération », au « mépris affiché », aux « humiliations infligées en public », aux « insultes, propos sexistes, abus d’autorité, paroles et décisions brutales », voire à « un véritable harcèlement », lit-on dans cet article de l’Express.

En politique, les ravages du sexisme ont inspiré à Sandrine Rousseau un « Manuel de survie ». « Aujourd’hui, le monde politique est dominé par des hommes blancs de plus de 50 ans, alors qu’ils représentent 15 % de la population française.Il y a un problème avec la représentativité des femmes mais aussi des minorités visibles. Un des gros problèmes de notre démocratie c’est que les citoyens ne se retrouvent plus dans cette classe politique très uniforme. », note-t-elle dans un entretien avec Les Inrocks.

« En effet, quand on arrive, il y a un effet fraîcheur, on nous dit qu’on renouvelle la politique, qu’on amène quelque chose de nouveau. Puis quand on commence à s’apercevoir que vous êtes une femme de pouvoir et d’action et que vous n’allez pas forcément dans le sens attendu, quelque chose d’assez violent se met en place contre vous », témoigne-t-elle aussi. Par ailleurs, « les médias ne présentent souvent pas les femmes comme des personnes capables de gérer les affaires publiques ».

Sexisme et racismes sont frères. Si le sexisme outrancier des religieux de toutes religions est bien connu, celui des intellectuels passe souvent inaperçu, étant plus sournois et mieux caché. J’ai entendu récemment un écrivain prendre la défense d’un philosophe connu pour son antisémitisme en faisant référence à « l’ensorcellement » du monde – opération, bien entendu, de sorcières. Kirikou, quand deviendras-tu grand ?

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Libye, Irak… Qatar, Arabie Saoudite… France, États-Unis…


Confusion et duplicité, et tant de prétendus ennemis sous la même bannière, celle du fric… Celui du Qatar par exemple, sous lequel s’enrôlent aussi bien le PSG, Tariq Ramadan et ses suiveurs, BHL et ses amis, les islamistes… Et bien d’autres « vertueux » qui font mine de se combattre alors qu’ils font leurs affaires au-dessus de la tête des peuples et à leurs dépens… Comme l’État français, comme les États-Unis, les uns et les autres avec leur politique monstrueuse, insensée, stupide.

Qui a tué  Boris Nemtsov ? Le Parti (de l’Opinion)

Boris Nemtsov

(AP Photo/Pavel Golovkin)

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«  L’influence de ce vétéran de l’opposition, très présent sur les réseaux sociaux, semblait cependant diminuer au profit d’une nouvelle génération d’opposants… », dit la presse. Cependant c’est lui, Boris Nemtsov, qui a été assassiné. Pourquoi ? Parmi les hypothèses émises par le Comité d’enquête de Russie, l’un des motifs pourrait être son soutien à Charlie Hebdo, qui lui aurait valu des menaces d’islamistes. Et la jeune ukrainienne qui l’accompagnait, qu’en dit-elle ? On dirait qu’il n’y a qu’un parti dans le monde, celui de ceux qui sont tout à la fois Charlie, l’Ukraine, les États-Unis-Israël… le parti de l’Opinion, des dominants d’Occident. Les autres ne forment pas un parti, ils sont les autres, et c’est bien plus complexe. Mais pour le Parti, les autres ne sont que le fantasme qu’ils s’en font dans leur terreur.

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Les faux-culs

Je me suis toujours demandé comment Tariq Ramadan, pieux musulman si on l’en croit, pouvait supporter de se faire idolâtrer comme il le fait, comme il y encourage. Alors que l’islam est absolument contre l’idolâtrie, c’est même son premier combat. Bien sûr l’idolâtrie existe chez les musulmans comme chez les chrétiens ou chez n’importe qui, de façon le plus souvent inconsciente. Mais quelqu’un qui réfléchit et qui dispense chaque jour des perles de sagesse éternelle comme s’il avait l’autorité d’un ascète, ne se rend-il pas compte de ce qu’il fait ? Aujourd’hui c’est une jeune femme qui l’accuse de comportements bien peu dignes de la Vérité, qui est l’un des noms de Dieu faut-il le rappeler, avec les femmes.

Encore un baratineur pris à son propre piège. Misérables bonshommes. Ceux qui prônent la chasteté et qui multiplient les infidélités. Ceux qui prônent l’amour libre et ne pouvant le faire font à la place le mal. Tous ceux-là qui se cachent. Qui sont incapables d’assumer ce qu’ils font. Dont la bonne parole n’est qu’une façade pour leurs mauvaises actions. Pas seulement dans leurs relations avec les femmes, mais en tout. Leur duplicité foncière les enfonce chaque jour un peu plus, et y entraîne le monde.

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État du monde en trois faits

http://youtu.be/99DVHs2ybTU

« Quelle raison a bien pu entraîner autant de violence contre l’enfant ? La réaction des agents de sécurité surprend tant elle est largement disproportionnée à l’infraction constatée : le jeune voyageait sans ticket dans le train.
Un témoin de la scène a affirmé au quotidien suédois Sydsvenskan que les images ne rendaient pas toute la violence de l’interpellation. « On ne peut pas ressentir ce que font les cris du garçon implorant à l’aide, sa prière et le bruit sourd de son crâne contre le sol en pierre », a-t-il raconté. » L’article entier sur saphirnews.com

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« Le 18 janvier, deux jours après la sortie de American Sniper, le dernier film de Clint Eastwood, Michael Moore a tweeté : « Mon oncle a été tué par un sniper durant la Seconde guerre mondiale. On nous a appris que les snipers étaient des lâches qui vous tirent dans le dos. Les snipers ne sont pas des héros. Et les envahisseurs sont encore pires », suivi de : « Mais si vous êtes sur le toit de votre maison pour la défendre contre des envahisseurs qui ont fait 10 000 bornes, vous n’êtes pas un sniper, vous êtes un brave, un voisin ». La riposte de la droite ne s’est pas faite attendre. »
Michael Moore : « J’ai écrit ce que j’ai écrit parce qu’on commémorait ce week-end-là l’assassinat de Martin Luther King, et j’ai trouvé déplacé qu’un film intitulé American Sniper sorte au moment où nous honorions la mémoire d’un grand homme, justement tué par un sniper. Et si vous n’avez pas de problème avec ça, demandez-vous comment vous vous sentiriez si American Sniper 2 était présenté un 22 novembre [date de l’assassinat de Kennedy par un sniper]. » L’article et l’interview entiers à lire sur vice.com

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« “En tant que juive, c’est douloureux de voir les limites de ce pays : l’absence de politique sociale, le racisme très fort, le gouvernement de droite dure, les disparités de classe, le système scolaire inégal… Dans ce petit pays, les jeunes cumulent trois boulots pour payer leurs études, c’est un pays rude où la plupart des gens sont dans la survie.” Il n’existe aucun chiffre officiel concernant les retours en France, mais Miléna connaît nombre de yerida – la “descente”.
“En général, les gens ne le disent pas trop quand ils rentrent, mais autour de moi il y a une quantité impressionnante de retours.” Pour sa part, elle poursuit sa quête. Elle ne se voit pas rester en Israël. Elle n’imagine pas non plus revenir en France, “un pays trop vieux, élitiste et hiérarchisé. Un pays rongé par une morosité terrible. Je n’ai pas envie de me sentir frustrée et enterrée à 26 ans. Après Jérusalem, je ne sais pas où j’irai… » L’article entier à lire sur lesinrocks.com

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La mort, doxa de ces temps

Netanyahu continue à appeler les juifs d’Europe à aller s’installer en Israël. Comme si la situation était plus sûre là-bas, dans un pays dont il a largement contribué et dont il contribue largement à faire une bombe à retardement. S’il veut la sécurité pour les juifs, qu’il commence par s’en occuper chez lui. Cela ira mieux ensuite pour les juifs d’ailleurs aussi.

Inna Shevchenko faisait partie des intervenants de la rencontre sur la liberté d’expression à Copenhague. Tiens donc. La présence de la Femen issue des mouvements néo-nazis ukrainiens, et le fait qu’elle soit interviewée pour témoigner sur la fusillade par Elle, le magazine qui fit scandale il y a quelques semaines en promouvant l’image et la parole d’une autre Ukrainienne, ouvertement néo-nazie, ne gâchent-ils pas un peu le tableau de la réunion ?

Comme toujours, certains morts comptent moins que d’autres pour les médias et pour l’opinion publique. Les actes antisémites et les actes islamophobes ne trouvent pas le même écho, y compris quand ils font des morts – et des morts musulmans, il y en a eu plusieurs ces dernières semaines, en Allemagne, en France, aux États-Unis. Mais les morts qui comptent encore moins, ce sont les mortes. Pas un jour ne passe sans apercevoir au détour de la rubrique faits divers l’assassinat ou le viol d’une femme. Dans la quasi-indifférence générale. Tant la doxa de ces temps est que les êtres humains sont faits pour la mort, et pour la mort sans raison.

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Pour-quoi

« La rose est sans pourquoi », dit Angelus Silesius. La rose est « sans pourquoi » parce qu’elle est tout être. Le pourquoi appartient à l’existence, pas à l’être. « Hier kein warum », dit le tortionnaire à Primo Levi à Auschwitz. « Ici pas de pourquoi ». Il s’agit d’une inversion. D’une inversion de la vérité. Ce qui est vrai, c’est que tout Auschwitz est pourquoi. Est calcul, fabrication pour quelque chose, pour-quoi. Fabrication existentielle devant laquelle l’homme est écrasé par le pourquoi qu’il ne peut que poser. La vérité est : ici pas de « sans pourquoi ». Donc : pas de rose. Auschwitz appartient à la pensée heideggerienne d’un pour-quoi défini comme « pour-la-mort », de l’homme pour-la-mort. C’est pourquoi, écrit Primo Levi : « Si c’est un homme ». Et c’est une question, sans point d’interrogation.

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Tueurs tués

Le terroriste de Copenhague a été tué. Comme Merah, comme les frères Kouachi, comme Coulibaly. Qui est le plus satisfait de n’avoir pas à faire de procès ni de vérité sur ces affaires ? Les États occidentaux qui dirigent la police exécutrice, ou les commanditaires des terroristes, qui leur imposent un comportement suicidaire ?

Les terroristes œuvrent dans le même sens que les caricaturistes et autres auteurs qui alimentent l’islamophobie comme leurs pères dans les années 30 alimentèrent l’antisémitisme : ils détournent l’attention des vrais problèmes qui frappent les peuples, crise, chômage, corruption, sur lesquels un petit nombre prospère toujours plus. Sans bouc émissaire, la situation serait explosive. Il faut donc sans cesse convaincre les Européens « de souche » que la faute vient, non pas des puissants, mais des petites gens issues de l’immigration. On canalise leur angoisse, leur colère, leur ressentiment, contre l’islam – pendant que d’autres apportent à certains musulmans, selon le même principe, l’antique dérivatif européen de l’antisémitisme.

L’Europe s’étant stoppée elle-même, par ses horreurs incommensurables, dans sa « liberté d’expression » de l’antisémitisme, les juifs n’ont heureusement plus à supporter caricatures et livres ouvertement antisémites. Mais l’antisémitisme n’est pas mort. Certains l’exercent au prétexte de l’antisionisme, bien que antisionisme et antisémitisme ne soient aucunement équivalents. D’autres l’exercent contre les musulmans, autres sémites – et pour ne pas être taxés de racisme anti-Arabes, c’est-à-dire anti-Sémites, ils l’appellent islamophobie ou critique de l’islam. De là à pleurer sur l’éventualité de voir s’amenuiser les possibilités d’appeler à cette nouvelle haine antisémite, appelée liberté d’expression… Allons, les attentats terroristes, qui prétendent la combattre, la décuplent. Les djihadistes tueurs et les idéologues islamophobes, de même que les potentats pétroliers arabes, les industriels occidentaux et les colons israéliens, servent la même cause, celle des puissants pilleurs et accapareurs, qui cyniquement divisent les peuples pour mieux étouffer leurs possibilités de refuser la corruption, la tromperie et les abus des pouvoirs en place.

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Liberté d’oppression

Certains craignent que le terrorisme islamiste conduise les créateurs à l’autocensure. Crainte justifiée. Mais c’est surtout au cœur des hommes que ces terroristes font du mal, en attisant l’islamophobie, le racisme, le rejet de ceux dont ils se prétendent les frères. Quant à la liberté d’expression, elle subit l’oppression d’un bien plus puissant et plus occulte terrorisme, celui de la doxa, comme dit Parménide, de l’opinion dominante, organisée pour entraver la marche et la manifestation de la pensée.

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