Simone de Beauvoir, abus et servitudes

street art
cet après-midi rue Mouffetard à Paris 5e, photo Alina Reyes

cet après-midi rue Mouffetard à Paris 5e, photo Alina Reyes

« Simone de Beauvoir puisait dans ses classes de jeunes filles une chair fraîche à laquelle elle goûtait avant de la refiler, ou faut-il le dire plus grossièrement, de la rabattre sur Sartre. » « J’étais entrée dans un monde de relations complexes qui entraînaient des imbroglios lamentables, des calculs minables, de constants mensonges entre lesquels ils veillaient attentivement à ne pas s’embrouiller. (…) Leur perversité était soigneusement cachée sous les dehors bonasses de Sartre et les apparences de sérieux et d’austérité du Castor. En fait, ils rejouaient avec vulgarité le modèle littéraire des Liaisons dangereuses », écrit Bianca Lamblin dans ses Mémoires d’une jeune fille dérangée.Ajoutant à propos de la biographe de Simone de Beauvoir que cette dernière « s’était arrangée pour que Deirdre Beir n’entre pas en contact avec moi, de façon à demeurer la seule source d’information sur notre histoire commune. »

 
Simone de Beauvoir fut exclue de l’Éducation nationale en 1943 après une plainte pour détournement de mineure portée par la mère de l’une de ses victimes, qui estimait aussi que Beauvoir servait de rabatteuse de « chair fraîche » pour Sartre. (Après quoi Sartre lui trouva un emploi de chroniqueuse à Radio Vichy – « il fallait bien vivre », commente-t-elle seulement dans ses Mémoires). Il est reconnu, d’après ce qu’elle-même et d’autres en témoignent, que Beauvoir s’est soumise aux conditions de Sartre quant à leur vie de couple – et qu’intellectuellement et politiquement, elle s’est soumise aussi à ses idées, le suivant docilement au cours des années. Cette piètre écrivaine, femme et romancière froide, qui n’aimait pas les enfants, qui n’aimait pas les animaux, qui ne touchait pas au produits laitiers, qui croyait à une séparation radicale entre l’humain et le naturel, a développé dans Le Deuxième sexe une vision d’épouvante du corps féminin, de la grossesse, de l’enfantement, de la maternité… Son féminisme, seul domaine de pensée qui lui fut propre (et non un suivisme de Sartre) exprime et véhicule en vérité une haine et un mépris des femmes qui s’illustre également dans son existence, semée des multiples viols mentaux imposés à des jeunes filles et jeunes femmes dont elle fit des jouets sexuels pour elle et pour Sartre – sans jamais assumer sa bisexualité, contrairement à d’autres auteurs, la niant toujours). Tant d’aliénation pour une chantre de la libération des femmes est d’un effet d’autant plus répugnant que l’imposture demeure assez rarement admise. Sans doute faut-il attribuer à cette imposture originelle les errements de certains féminismes, et surtout l’échec de ce féminisme, manifeste dans la position réactionnaire, l’aliénation au patriarcat qui s’est révélé chez tant de celles qui s’en réclament, tant de célébrités françaises qui se sont opposées au mouvement MeToo en allant jusqu’à défendre les agresseurs sexuels et le « droit » des femmes d’être « importunées » (touchées dans le métro etc) par les hommes.

 
« Ce livre dévoile les réseaux de mensonge et de duplicité qui permettaient à Sartre et à Simone de Beauvoir, à la fin des années 1930, de mener des liaisons triangulaires avec leurs élèves. (…) Le livre est plein de dignité » écrit à propos du livre de Bianca Lamblin Philippe Lejeune, dans Pour l’autobiographie. Chroniques. Michel Onfray, dans Les consciences réfractaires : contre-histoire de la philosophie, y revient aussi : « Les Mémoires d’une jeune fille dérangée de Bianca Lamblin révèlent les rouages de cette machine sartrienne à objectiver les victimes sexuelles du couple (…) La publication des lettres en 1990 montre l’envers du décor : une Simone de Beauvoir méchante, envieuse, manipulatrice, calculatrice, intrigante, mesquine, hypocrite, menteuse. (…) À la rentrée scolaire 1937, Bianca Lamblin a seize ans ; Beauvoir vingt-neuf ; Sartre, trente-deux. Beauvoir porte de fausses nattes et de petits cols blancs qui, dans la chambre, se révèlent des plastrons postiches. Elle fait cours pour les meilleures élèves et montre un mépris cinglant pour les autres. (…) Beauvoir entretient des relations sexuelles avec sa jeune élève, puis elle l’envoie dans les bras de Sartre – la jeune fille a dix-sept ans, Sartre trente-trois. (…) Sartre conduit sa jeune victime dans un hôtel où il lui dit : « La femme de chambre de l’hôtel va être bien étonnée, car hier j’ai déjà pris la virginité d’une jeune fille. » (…) Lorsque Sartre rompt avec Bianca, qui est juive, nous sommes en 1940, dans la France de Vichy qui, nul ne l’ignore, déporte les juifs dans les camps de la mort. Beauvoir écrit de la jeune victime qu’elle « hésite entre le camp de concentration et le suicide (…) Je me suis réjouie de votre rupture. » (…) Bianca Lamblin découvre, lors de la parution de la correspondance, que Beauvoir recourt aux poncifs antisémites pour parler d’elle. (…) Ce couple prétendument libre fut un assemblage machiste d’un Sartre douloureusement subi par Simone de Beauvoir. »

 
Dans La fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq, Shlomo Sand raconte que, après que Bianca, née Bienenfeld, a été obligée de se réfugier en « zone libre », d’aller se cacher dans le Vercors, « les deux mandarins ne prêtèrent aucune attention à leur ex-petite amante pendant les quatre années d’Occupation : pas le moindre message, le moindre télégramme, le moindre appel téléphonique ne parvint à celle qui avait dû s’enfuir, à cause de son origine. Lorsque le couple s’est rendu en vacances dans le sud, pendant des congés scolaires, il n’a pas cherché non plus à s’enquérir de sa situation. Les discussions ardentes dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés, sur l’authenticité et l’existentialisme, ne leur ont pas laissé le temps de manifester de l’intérêt pour le danger existentiel vécu par l’amante abandonnée et persécutée, et dont le grand-père et la tante ont été assassinés dans les camps. (…) Le fait que l’intellectuelle qui avait signé un texte attestant qu’elle était « aryenne » ait agi de façon si désinvolte et inhumaine envers son ancienne amante qui, contrairement à elle, ne pouvait pas se déclarer de race pure, fit définitivement voler en éclats le reliquat d’estime intellectuelle et morale que j’avais longtemps conservé pour mes héros parisiens »

 

Quant à Bernard-Henri Lévy, c’est avec une vulgarité et un mépris misérables qu’il écrit dans Le siècle de Sartre : « Sartre baise avec Bianca mais c’est avec le Castor qu’il jouit. » (Il veut parler de leurs échanges épistolaires. Car en réalité, comme le dit Bianca Lamblin, Sartre faisait difficilement, et très mal, avec beaucoup de mépris, l’amour. Et comme le dit Simone de Beauvoir, il était frigide – et c’est avec Nelson Algren qu’elle découvrit (à trente-neuf ans !) le plaisir. Ce que Claudine Monteil résume ainsi dans son hagiographie du couple Les amants de la liberté : « La seule pénétration que Jean-Paul Sartre aimait était sans doute celle de ses idées ») Puis BHL raconte qu’un jour leur jeune amante leur annonce à tous deux qu’elle est enceinte ; toujours vulgaire et méprisant mais cette fois juste, il commente l’épisode ainsi : « c’est, pour l’un comme pour l’autre [Sartre et Beauvoir], la chose la plus répugnante, et, sans doute aussi, la plus comique qui puisse arriver à un corps de femme.» L’une des amantes de Beauvoir se suicida, je ne sais si BHL en parle (je ne m’infligerai pas de lire tout son livre) et s’en amuse aussi.

Hommes ou femmes, les imposteurs, manipulateurs pleins de leur sentiment de supériorité, s’entendent. Ce qui les anime n’est ni la défense des femmes ni celle des opprimés de toute sorte, mais celle de leur propre classe et de ses privilèges. De leur ego. C’est toujours vrai, cela se passe tous les jours, partout.

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Les facs bloquent, la pluie pleut, les arbres verdissent

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Sur mon chemin, en passant devant la Sorbonne Nouvelle, alias Censier, j’ai vu qu’elle était à son tour bloquée.

censier

Au retour, repassant par là, j’y suis entrée. Voyant écrit CDC sur un panneau, j’ai pensé un instant qu’il s’agissait de la Clé des Chants, la chorale de la Sorbonne dont j’ai fait partie – mais non, c’était pour dire, sur le modèle de la Commune de Tolbiac, où je suis allée l’autre jour, Commune de Censier.

censier occupée

Entre les deux, tout en contemplant la pluie fine qui pleuvait sur la verdure des arbres tout frais parés de feuilles et de bourgeons (assise là-haut au niveau du faîte des arbres derrière les grandes baies vitrées), j’ai travaillé à ma thèse magnifique avec bonheur. Avec mon corps qui a tant envie, ces temps-ci, de dessiner-peindre et surtout de danser. Il faudrait un autre verbe pour dire l’activité qui consiste à faire ce que je fais, un mélange de dessin et de peinture – j’appelle dessin tout ce qui tient du trait, et peinture tout ce qui est de la couleur, qu’elle vienne de la peinture ou d’autres médias, encre, crayons etc. (cf note précédente, par exemple). Tout en continuant la danse orientale, j’ai envie de commencer à pratiquer aussi une autre danse, danse jazz ou danse moderne, c’est comme si mon corps tout entier avait envie de dessiner dans l’espace. J’ai noté à la volée dans mon carnet : Bibliothèques, Ateliers, Jardins : havres de travail, havres de paix.

tagtag photographié devant Censier l’autre soir en sortant du cours de danse

à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Dessin du jour et autres dessins « cosmiques »

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Je les appelle cosmiques parce qu’ils me rappellent le vivant, on y distingue parfois des animaux, des lignes végétales, ou bien de l’univers stellaire ou de l’univers microscopique. Le premier est un ancien dessin :

inscription,

que j’ai recoloré aujourd’hui (technique mixte) :

fonds

d’autres anciens dessins  dans la même recherche (feutre) :

aya,

chant du monde..

amour,

pas à pas,

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Temps et essences

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cerisier rose

J’ai photographié des Japonaises qui photographiaient le cerisier rose,

cerisier rose,

je suis repassée par le cerisier blanc,

cerisier blanc

en vue du minaret, du ciel, des serres et du grand sapin,

serre

et j’ai été photographiée par une Japonaise alors que je lisais sous le pin à crochets, l’arbre de mon compagnon, qui porte un autre nom d’arbre – me rappelant qu’il y a longtemps, des journalistes japonais nous avaient photographiés ensemble dans la rue. Ainsi échangent et circulent les temps et les essences.

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aujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Grand cerisier en fleur, merle, canards, perruche

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« On peut imaginer des histoires sans suite, mais cependant associées, comme des rêves. Des poèmes, qui sont simplement sonores et pleins de mots éclatants (…) la nature est si purement poétique, comme la cellule d’un magicien, d’un physicien, une chambre d’enfants, un grenier, un entrepôt, etc. »

Novalis, Fragments, traduits par Maeterlinck

cerisier en fleur 1

cerisier en fleur 2

cerisier en fleur 3

cerisier en fleur 4

merle

canards

perruchecet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

(les perruches à collier, arrivées accidentellement par avion il y a plusieurs décennies, se sont très bien acclimatées à l’Île-de-France et y vivent à l’état sauvage)

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De l’enfant sauvage à Alphonse Dupront en passant par Bernanos, Dada et le street art

invader

L’histoire est un dada libérateur, tant qu’il s’agit d’autre chose que de listes de régimes politiques, de grands hommes ou parfois grandes femmes souvent prétendu.e.s tel.le.s à tort, et autres classifications temporelles et spatiales figées. Je suis allée écouter hier matin au Centre Alexandre Koyré Jean-Luc Chappey parler de ses recherches sur l’enfant sauvage de l’Aveyron, Victor, popularisé notamment par le film de Truffaut. Pourquoi ce cas fut-il l’objet des attentions de toute la presse et du monde scientifique de l’époque, alors qu’en cette période postrévolutionnaire les cas d’enfants abandonnés, « sauvages » c’est-à-dire vivant dans les forêts aux marges des villages en grappillant ici et là de quoi subsister, étaient fort nombreux ? L’historien montre comment l’incertitude politique entourant le coup d’état favorisa l’engouement pour cette figure, à laquelle pouvait se rattacher le désir de « régénérer » l’homme – puis comment, quelques années plus tard, à la fin  de la première décennie du 19e siècle, plus personne ne s’y intéressa. Ce cas d’histoire met en évidence l’échec des idéologies, notamment médicales et pédagogiques, et révèle de multiples enjeux : en particulier le passage de la question posée d’une distinction entre animal et humain à celle, après la révolution, d’une distinction à établir entre citoyen et non-citoyen.

jl chappeyLe livre de Jean-Luc Chappey s’intitule Sauvagerie et civilisation et il est paru chez Fayard en 2017.

À l’aller et au retour, j’ai photographié encore d’autres œuvres de street art, dont le 13e arrondissement est un vivier inépuisable. Ce mouvement artistique, souvent perçu comme vandalisme par les esprits conservateurs, en faisant sortir l’art des musées et du marché de l’art (quoiqu’il y retourne parfois, de nouveaux artistes apparaissent toujours, réitérant la gratuité originelle du geste), précède et accompagne la révolution longue et pacifique que beaucoup accomplissent, sous différentes formes et dans différents domaines, et que beaucoup ne voient pas.

L’après-midi, de nouveau j’ai arpenté la ville et je suis allée chercher un livre que j’avais réservé en bibliothèque après avoir écouté des conférences en ligne sur cet historien, Alphonse Dupront, auteur à la langue baroque enchanteresse et réjouissante qui développe une vision de l’histoire très singulière, à partir de ses forces souterraines. C’est précisément ce que je travaille à faire dans ma thèse de littérature (mêlée d’anthropologie et d’histoire, entre autres), et l’on pourra comprendre, après lecture des extraits suivants, pourquoi j’ai donné il y a quelques jours à quelques étudiants de Tolbiac occupée un sujet d’écriture à partir de ce début de phrase d’Artaud : « Enfin la terre s’ouvrit et », pourquoi aussi j’ai songé à la révolution en écoutant parler de Dada et pourquoi j’avais donné, en pleine Nuit Debout, à lire ou relire des passages des Grands cimetières sous la lune de Bernanos. Mais voici donc Dupront :

dupront« Il est un absurde courtelinesque ou kafkaïen, celui où nos sociétés modernes, effrénées de réglementation et donc de mépris de l’homme, s’acharnent à paralyser, à tarauder ou détruire les puissances de la vie. Absurde qui, malgré le poids écrasant des passivités ambiantes et cet inexpugnable, si lumineusement stigmatisé par le Bernanos des Grands Cimetières sous la Lune, où la médiocrité cristallise jalousies de son pouvoir et sa jouissance inquiète jusqu’à férocement, par tous moyens, s’en faire une citadelle, témoigne cependant, quand la lucidité l’éclaire et que la dénonciation survient, d’une énergie vitale qui se refuse à s’éteindre. Le scandale de la déraison libère ici l’irrationnel, cette force souterraine qui est puissance d’exister et d’accomplir.

(…)

À l’absurde imposé, mécanisé, répond aujourd’hui la violence. En l’absurde jaillissant hors toutes prévisions et raisons, comme une pulsion de dépense vitale et donc recherche de plénitude et d’accomplissement, se découvrent au contraire jusque dans leur surgie turbulente les forces enfouies de l’âme profonde, et, dans ce jaillissement, l’aveu de ce qui a besoin d’être.

(…)

Restait à définir les approches de ce monde souterrain. L’appréhension saine de l’absurde fait éclater les liaisons mentales de notre univers quotidien, et il n’est rien tel que l’insensé pour contraindre à l’exploration du sens. À condition de nous délivrer de cette suffisance réductrice qui, parce que nous ne comprenons pas, ou assimile ou condamne. Ni reconnaissance ni pénétration de l’extraordinaire ne peuvent se poursuivre selon les voies communes. À l’encontre des apparences, l’absurde est voie de l’extraordinaire, en ceci qu’il est signe. (…) D’où l’approche d’un extraordinaire, par la reconnaissance des signes, la lecture de leurs cohérences associatives, la lente prise de conscience d’un monde des profondeurs, qui, à tel moment de l’histoire, éclate en surgies abruptes, puis lentement usé s’enfouit, pour renaître ici ou là, sous une forme ou sous une autre, et imposer, fatal, nourricier, confortant d’espérance, l’ « au-delà ».

(…)

Dans l’avalanche de mots magiques dont s’enivre de plus en plus notre culture à vide, l’un d’entre eux est en train de prendre poids et force. Il s’agit de l’environnement. Mais qui dit environnement implique et exige tout l’humus fécondant des traditions millénaires, celles justement que par un vertige d’adultes immatures nous sommes en train de détruire. Il est temps de sortir de cet état suicidaire et de nous retourner créativement sur nous-mêmes, à peine d’être bientôt colonisables à merci. »

Alphonse Dupront, Du Sacré. Croisades et pèlerinages, Images et langages, 1958-1986

tag 1

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collectif aorte 1

collectif aorte 2

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le Centre Alexandre Koyré

le Centre Alexandre Koyré

A

invader

tiens, Miss Tic a changé de figure

tiens, Miss Tic a changé de figure

street art

mosko

au jardin des Plantes, le grand cerisier est enfin en fleur

au jardin des Plantes, le grand cerisier est enfin en fleur

hier à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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Dada

vignette dumas

centre malesherbes*

Le grand gars, dans un grand éclat de rire, m’a demandé, avec son accent africain : « Dada ? c’est quoi, ça, Dada ? » Je le lui ai dit, et il a ri encore. Dada avant/ après Dada, c’était le titre de la journée d’études où j’allais, au centre Malesherbes, et lui, gardien à l’entrée de ce centre universitaire, était chargé de vérifier que mon nom était bien sur la liste. Son humour, sa joie très manifeste made my day dada.

Il fut question notamment de Raoul Hausmann. Pendant les très savantes communications d’éminents spécialistes, j’ai pris des notes, j’ai regardé la pluie par la fenêtre, et j’ai aussi dessiné dans mon carnet, ceci :

dada

Il n’y aura pas de bonne révolution sans art ni sans littérature. Songeai-je. (Or pour l’instant il n’y en a pas)

Le soir venu, à la sortie, avant de reprendre le métro, j’ai photographié Alexandre Dumas avec son masque antipollution sur le nez.

alexandre dumasaujourd’hui à Paris 17e, photos Alina Reyes

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Mon blaze, des graffs et un atelier d’écriture à Tolbiac occupée

mon blaze,

Après avoir regardé une excellente série documentaire de dix petites épisodes sur l’histoire du graffiti, j’ai eu envie de créer mon blaze avec mes initiales, et j’ai dessiné ceci :

mon blaze

Puis je suis partie à Tolbiac, animer un atelier d’écriture dans l’université occupée. Pendant que les étudiants écrivaient, j’ai dessiné une variante de mon blaze dans mon carnet :

mon blaze,

Il y avait des dizaines d’étudiants dans l’amphi d’à côté, pour une rencontre avec les cheminots et les postiers grévistes. Pendant ce temps, nous nous sommes retrouvés à sept, cinq garçons (dont un passant) et deux filles dont moi, pour un atelier tranquille et calme d’écriture à partir de ce début de citation que je leur avais donné : « Enfin la terre s’ouvrit et ». Ensuite ils et elle ont lu leurs textes, c’était beau, très beau par moments. Parlant de mines, de cendres, d’histoire engloutie, de sectes suicidaires, de déplacements humains… « du gouffre hurlant s’échappait la lumière chaude de la vie ». Je leur ai donné la citation entière : « Enfin la terre s’ouvrit et Gérard de Nerval apparut », et son auteur : Antonin Artaud. Nous avons parlé un moment des textes qui venaient d’être écrits, puis de Nerval et d’Artaud, et aussi de notre situation ici, sous terre, dans cet amphi de cette fac construite toute en niveaux serpentants et différents pour éviter les rassemblements d’étudiants, et aussi du printemps où la verdure sort de la terre.

tolbiac

Je suis repartie, passant entre de petits ateliers installés dehors, barbouillage d’affiches publicitaires et découpe de bois, comme à l’arrivée et comme tout le monde j’ai grimpé par-dessus la clôture et j’ai marché dans les rues, photographiant au passage les graffs et aussi quelques œuvres de street art (pas les grandes fresques du 13e que j’ai déjà photographiées, mais de petites œuvres nouvelles). Voici d’abord les graffs :

graff

graff 2

graff 3

graff 4

graff 5

graff 6

graff 7

Et voici d’autres œuvres de street art et des images de la ville :

street art 2

street art 3

street art 4

street art 5

du bout des doigts

street art 6

street art

street invader

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Il faisait très doux, enfin le printemps, que berçait une petite pluie fine. Les prunus en fleur embaumaient dans certaines rues, et des enfants jouaient.

prunus en fleur

enfantsaujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Montagnes et chat perché

vignette

chat perchéAu quatrième étage, un chat se repose, se déplace, bouge, s’étire sur la barre de trois centimètres de large

chat quatrieme etage*

Vers le quartier chinois, j’ai pris des journaux chinois gratuits dans la rue, j’y ai découpé une montagne en noir et blanc avec ses écritures, j’ai souligné ses traits et je l’ai coloriée pour l’insérer dans le classeur de ma thèse en couleurs

montagneavec ses deux tout petits personnages tout en bas

vignette*

Aux morts et aux vivants pour la liberté

tolbiac

passage piétonsEn chemin pour Tolbiac, où je voulais voir l’université occupée

antennes policej’ai vu comme toujours quand on marche dans Paris les plaques ici et là dans les rues commémorant les résistants fusillés là, contre les murs, et d’autres plaques commémoratives des luttes toujours renouvelées pour conserver ou reprendre le chemin de la liberté

aux republicainsavec des gens qui ont donné leur vie comme aujourd’hui d’autres la donnent, en mourant ou en vivant

boite à lettres

vélo

morts pour la france

refletj’ai photographié l’université de l’extérieur, mais j’y reviendrai bientôt, à l’intérieur

fac tolbiac,

fac tolbiac

tolbiac occupée

tolbiac en greveà suivre, donc

cerisier en fleurcet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

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