Pot plus ou moins pourri d’actu

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Des tas de gens qui avaient une vie sexuelle « à risques » (plusieurs partenaires) se sont fait vacciner contre l’hépatite B, maladie sexuellement transmissible ; malheureusement ce vaccin a déclenché de nombreux cas de sclérose en plaques. Espérons que Tariq Ramadan n’a pas été victime de ce scandale sanitaire. Espérons aussi qu’il a une bonne chambre à l’hôpital, c’est toujours mieux qu’une cellule en prison, surtout quand on est habitué aux hôtels de luxe.

BFMTV nous informe que Johnny Hallyday a écrit six testaments « de son vivant ». Il faudrait peut-être lui en demander un septième, maintenant qu’il est mort. La mort porte conseil, peut-être ?

Catherine Millet continue à regretter dans L’Obs, qui lui ouvre grand ses fesses, de n’avoir pas été violée. Qu’elle passe plutôt une petite annonce sur des sites spécialisés.

Après avoir viré Aude Lancelin pour délit d’opinion gauchiste, L’Obs a viré Matthieu Croissandeau, coupable d’avoir publié une image de Macron entouré de barbelés et titrant « Migrants. Bienvenue au pays des droits de l’homme ». Après avoir viré Mathieu Gallet, le directeur de Radio France, via la commode Nyssen, Macron, toujours par la même voie, souhaite noyer Radio France dans France Télévisions. En marche vers le passé, voici revenir le temps de l’ORTF aux ordres du général – sauf que celui d’aujourd’hui n’a résisté à rien mais entend quand même commander une armée de petits soldats français obligés comme au mauvais vieux temps de faire leur service militaire.

À propos de vieille France, ce sont les méfaits de la France coloniale qu’a rappelés Gérard Depardieu, pas toujours mal inspiré, en appelant à voir ou revoir les films de René Vautier (il dit Jean, mais c’est René). Ça tombe bien, on peut le faire ici même.

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Danser, toujours. Pour une réelle refondation de l’école

Myriam danse,

cinq derviches tourneurs,*

J’ai évoqué quelques points de l’actualité dans les dernières notes, en parlant de hyènes et du fait que certaines personnes ne savaient pas se tenir. J’y ai repensé ce matin suite à mon cours de danse, pendant lequel j’ai dû marcher en ondulant et tressautant de tout le corps avec un fin, long et léger bâton posé à plat sur la tête – ce qui supposait donc de garder la tête bien droite afin qu’il y reste en équilibre malgré les mouvements et les déplacements du corps. En ces temps de refondation de l’école, il serait bon de songer à apprendre à danser aux enfants. Car spécialement dans notre monde judéochrétien, où le corps et l’esprit ont été séparés dramatiquement, connaître son corps-esprit, savoir se tenir, donne une grande et douce force contre les puissances nihilistes.

J’aurais pu aussi recommencer à chanter (mais il est un peu délicat de demander à intégrer un chœur en cours d’année), me remettre au piano, ou à la peinture ou au dessin, voire au théâtre – je ferai tout cela de nouveau quand cela se présentera. L’art ne doit pas être quelque chose qu’on se contente de consommer, par des visites au musée, en allant au spectacle, en écoutant de la musique, en lisant ou autre. L’art est humain (entre autres), et chaque humain doit pouvoir le pratiquer afin d’être pleinement humain et non pas se contenter d’exister en quelque sorte en parasite de la vie. C’est pourquoi, dans ma discipline, j’ai encouragé mes élèves à écrire, et pour ceux avec qui j’ai eu le temps de le faire un peu, à dessiner aussi. Pratiquer un art (et je comprends dans l’art ce qu’on appelle artisanat aussi bien que toutes sortes de travaux à caractère scientifique qui exigent une création, par exemple au moyen de langages informatiques) c’est sortir de soi, s’élever de soi.

La réforme du lycée et du bac telle qu’elle est présentée ne m’émeut pas beaucoup. C’est beaucoup plus profondément qu’il faudrait changer l’enseignement. Si le bac est dévalué par l’importance que va y prendre le contrôle continu (noté en fonction de niveaux d’exigence différents selon les établissements et – ce qui n’est pas relevé – forcément entaché de tricheries, car dans une salle de classe ordinaire il est impossible d’empêcher les élèves entraînés depuis des années à cet exercice de consulter discrètement leur portable et d’y trouver des réponses en ligne), de toutes façons le bac n’était plus adapté à notre temps. Le bac était déjà peu signifiant, d’où l’idée d’une sélection, sorte de deuxième examen, afin de s’assurer que les élèves qui s’inscrivent à l’université ont des bases suffisantes pour y suivre un parcours qui devra rester exigeant et non pas se conjuguer au rabais comme à l’école, au collège et au lycée, du fait de la baisse générale du niveau. On tourne en rond. En fait cette réforme est un pansement sur une jambe de bois. Ce qu’il faudrait, c’est éviter de couper une jambe à l’école, et cela en s’occupant de sa santé depuis le tout début.

La danse est bonne pour la santé. L’art est bon pour la santé. La danse, l’art, ne sont pas d’aimables activités ; les pédagogies en vogue se plaisent à transformer l’enseignement en aimables activités, l’école en une sorte de centre de loisirs où l’on aborde un peu tout sans rien apprendre. Il faut réintroduire au contraire dans l’enseignement la notion de discipline, à tous les sens du terme. Redonner à chaque discipline sa grandeur et son exigence, qui engage tout l’être, corps et esprit, désir d’apprendre et désir de créer, de recevoir et de donner, de départager et de partager. Accompagner l’humain dans un vrai passage à l’âge adulte, qui ne le coupe pas du génie de l’enfance.

On ne peut pas compter, pour refonder l’école, sur des humains par trop inaccomplis, comme il y en a tant dans les milieux de pouvoir. Il y faut une réflexion de sages, de personnes qui ont consacré leur vie aux arts et aux sciences et non pas à la politique, à l’argent, au statut social etc. Seuls des humains mieux accompagnés sur le chemin de l’humanité peuvent faire évoluer le monde dans le sens de la vie.

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Ramadan, Cahuzac, et autres hyènes de l’actualité

paris post 13 nov,,
photo Alina Reyes

photo Alina Reyes

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Tout sonne faux dans l’affaire Ramadan. D’abord lui, tartuffe avéré, manipulateur et piètre intellectuel comme tant d’autres piètres intellectuels médiatiques dont toute l’habileté consiste à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. Et son entourage, ses défenseurs – soit fourbes, soit, plus souvent, dupes. Mais aussi ses accusateurs, tous plus préoccupés de son influence politique que de ses abus sexuels, lesquels ne leur servent que de prétexte pour tenter de le neutraliser – une méthode lâche, antidémocratique et méprisable pour se débarrasser de quelqu’un dont on ne sait pas combattre les idées et l’influence par la pensée et l’action.

L’actualité ressemble à un combat de hyènes. J’ignore si les hyènes combattent, ces animaux paraissent si lâches – mais les combats de tant de célébrités en tous genres sont tout aussi lâches, ne présentant jamais ni leur vrai visage ni le vrai visage des combattants. Pour en revenir à Ramadan, le voilà maintenant, au bout de quelques jours derrière les barreaux, paraît-il malade et très affaibli. Il aurait dû apprendre à prier avant de se retrouver en difficulté, il s’en sortirait mieux et surtout plus dignement ; son attitude ressemble à celle de Cahuzac se répandant en confidences ignobles au tribunal sur ses désirs de suicide. À quoi comparer les escrocs de la finance ou de l’esprit qui, pris la main dans le sac, essaient de provoquer l’apitoiement sur leur malheureuse personne ? Je ne vois nulle bête qui se conduise de façon aussi méprisable.

Au moment où j’écris cette note, c’est la nuit, il pleut, il fait froid. Macron a reconnu n’avoir pas réussi à mettre à l’abri ceux qui dorment dehors. Encore une phrase trompeuse, honteuse : qu’a-t-il fait, qui n’aurait pas réussi ? Rien n’a été fait. Le portefeuille à la place du cœur sert de pensée à ce gouvernement, à ses soutiens, à ses pareils. Nouvelle fusillade dans une école, en Floride, on déplore de nombreux morts.

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David et Laura, enfants trahis mais vainqueurs

david-et-laura

Après l’hommage national, le dommage national. C’est un choc d’apprendre que Johnny Hallyday a déshérité ses enfants naturels. L’élu de la macronie, non content d’être exilé fiscal, était donc aussi un exilé du droit français. Encore une fois, les citoyens français se réveillent sous la coupe morale des États-Unis : fric et spectacle. Le parent indigne a-t-il été victime d’un abus de faiblesse ? Cela ne le dédouanerait pas. Quand il s’agit de ses enfants, on ne se laisse pas manipuler sans y être prêt. On n’exerce pas sur ses enfants une énorme violence sans y trouver quelque satisfaction personnelle, quelque sentiment de vengeance pour quelque chose qu’on n’a pas soi-même réglé mais dont les enfants sont innocents. Comme dans tous les cas de crimes, explication n’est pas excuse.

Politiquement, cette affaire est aussi d’une violence et d’une tristesse sans nom. Syndrome du sacrifice de la génération suivante par la génération précédente. Syndrome du sacrifice de la nature, de l’amour, du vivant, par le fric, le faux, la mort.

Pourtant ce sont eux les vivants, Laura et David. Avec ou sans héritage, ils ont une activité, un talent, ils existent par eux-mêmes. Voilà leur victoire. Longue vie à eux !

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Quelques photos et réflexions

immeuble

En France, une musulmane est empêchée de chanter. Non par quelque fatwa, mais par le décret religieux de la République, qui n’admet qu’une seule façon de penser et de s’habiller. Affaire lamentable de Mennel conduite par la pression à quitter l’émission The Voice. Parce qu’elle porte un turban dans les cheveux, on fouille son compte twitter – sans s’interroger sur les opinions des autres candidats, comme l’a fait remarquer Rokhaya Diallo. Comme sur n’importe quel autre compte twitter, on y déniche une parole trop vite écrite. C’est bien connu, les chanteurs de variété sont de profonds philosophes et d’excellents politologues, ils mènent une vie irréprochable – toutes raisons pour lesquelles on les célèbre – du moment qu’ils ne sont pas musulmans. L’antisémitisme revient au galop en Europe, nous dit-on. Oui, et l’islamophobie est sa forme la plus répandue et la plus consensuelle.

En 1990, le merveilleux André Chouraqui, ancien maire de Jérusalem, disait à Apostrophes : « tous les chemins mènent à La Mecque ». Il en savait quelque chose, lui qui avait magnifiquement traduit la Bible, l’Évangile et le Coran en français. Les chiens aboient, la caravane passe.

Dansé hier – une heure et demie de joie du corps savante. Rêvé cette nuit que par une baie vitrée, à Édimbourg, je contemplais les allées et venues de grands animaux fantastiques et magnifiques sur les toits.

Ce matin, il neige de nouveau.

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immeuble

selfie

rue nuit

neige fenêtreces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Sous Sarkozy, sous Hollande, sous Macron : la France, toutou de l’Amérique plouc

macron trump invalides

Whatshisname-jeff-koons-chien-cacaparodie du chien de Jeff Koons par l’artiste anglais Whatshisname

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Jeff Koons pète et fait caca partout. Il décide de fourguer à Paris ses habituelles tripes boudinées pleines de cash dématérialisé, pleines de néant puant ? Macron et Hidalgo ouvrent les bras comme s’ils étaient des cuvettes de chiottes pour les recevoir, et s’en disent honorés. Jeff Koons offre l’idée (un bouquet de tulipes en acier de 33 tonnes) mais pas les moyens pour la réaliser, paiera qui pourra – des mécènes, nous dit-on, mais peut-être bien que l’argent public devra être de la partie, d’une façon ou d’une autre. On va donc défigurer un bel espace parisien avec cet énorme machin, emblème de la soumission de nos dirigeants aux États-Unis dans ce qu’ils ont de plus moche ou de plus con. Tout ça pour honorer les morts des attentats. Faites gaffe, Macron, Hidalgo & co, ils pourraient bien se retourner dans leur tombe et venir vous tirer par les pieds.

 

macron obey

 

Piketty l’a dit, « Trump, Macron : même combat ». Une Marianne d’Obey trône dans le bureau de Macron et s’impose au regard des Français quand il leur parle, notamment lors de la présentation des vœux. Là aussi il s’agit d’un cadeau de cet artiste américain à l’occasion des attentats. Macron obéissant l’a aussitôt affiché à la place royale. Certes c’est ce même Obey qui avait réalisé un portrait fameux d’Obama, mais est-ce une raison pour manger ses restes ? Puisque le président français est censé représenter les Français, ne pouvait-il garder son Obey dans sa collection privée et offrir à ses concitoyens la vue d’une œuvre d’un artiste français ? Il n’est pas difficile d’en trouver de bien plus grands et intéressants que le lisse Obey. Pour ne pas faire de jaloux parmi les vivants, et pour rester dans l’esprit street art contemporain, pourquoi pas le génial Bilal Berreni, alias Zoo Project, Français mort en 2014 à vingt-trois ans d’une balle dans la tête aux États-Unis, à Detroit où il était allé pour témoigner par son art de sa solidarité avec les habitants de cette ville tombée dans la faillite, la misère, le crime – après avoir, toujours par son art, accompagné la révolution tunisienne puis la crise des réfugiés en Libye. Voilà qui aurait du sens, du vrai sens.

 

zoo_project_bilal berreniautres œuvres de Bilal Berreni : à voir ICI

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Roms, migrants, immigrés, pauvres : stop aux faux procès à l' »étranger »

coeur,

solitudes 3,*

L’autre jour, un peu avant sept heures du matin, entre la Comédie française et l’Opéra, j’ai vu depuis le bus toute une famille se lever dans le froid et la nuit. Les parents pliant les sacs de couchage, les enfants rajustant leurs vêtements propres et soignés, peut-être s’apprêtant à partir à l’école après avoir mangé quelque chose – du moins est-ce ce que j’ai espéré. Cette semaine il va faire vraiment très froid pour tous ceux qui dorment dehors. Des familles roms, des réfugiés, d’autres personnes sans abri. Il y a un autre monde dans le monde, une autre ville dans les villes : un monde sans toit, une ville sans pitié.

Toutes ces personnes à la rue forment un Dreyfus géant. Le Dreyfus de ce début de XXIe siècle, tel l’apatride, le juif errant, est puni par les assis, comme dit Rimbaud, pour une faute inconnue, comme dit Kafka, ou pour une faute qu’il n’a pas commise, comme dit Zola. « Sortir du piège », préconise courageusement Anne Sinclair, demandant à Macron de cesser de persécuter les migrants et d’inventer plutôt une véritable politique, en accord avec l’Europe. Souvenons-nous des conséquences gigantesques de l’affaire Dreyfus, des dizaines de millions de morts qui s’ensuivirent, et cessons de fabriquer de faux procès pour stigmatiser l’étranger, intérieur ou extérieur.

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Tariq de Sade, marquis de Ramadan

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Sade par Man Ray

Sade par Man Ray

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Tels les marquis enfarinés et emperruqués d’antan, les privilégiés de ce monde en pleine révolution (contre-patriarcale) attirent par leur brillant de surface et plus profondément, par la compassion que leur misère suscite. Car derrière la poudre aux yeux jetée, ce sont des trous, des corps sans être, sans vérité, sans vie. Une jeune écrivaine raconta il y a quelques années comment son amant, célèbre présentateur télé, lui pissa dessus dans la baignoire. Elle ne dit pas qu’il y eut viol, mais comme dans l’un des viols dont est accusé Tariq Ramadan, le geste est emblématique de ce genre de personnages dont toute l’existence consiste à faire d’eux-mêmes des idoles, des choses mortes, pour lesquelles les vivants seront aussi des choses – qu’ils marqueront comme des chiens, animaux domestiques par excellence. Comme l’a très bien vu Man Ray, Sade est emmuré en lui-même. Faire du mal et souiller est leur satisfaction, qu’ils exercent en quelque sorte poliment, derrière des murs, à l’abri des regards et en prenant garde à ne pas saccager la pièce, contrairement à certains rockers peu soucieux de leur bonne réputation et peu respectueux du ménage.

La théologie dans le boudoir. L’enjeu autour de Tariq Ramadan est trop politique pour que les articles et les accusations soient tout à fait nettes. De sa victime que les médias ont affublée d’un prénom grossièrement chrétien, Christelle, bien qu’elle soit musulmane (serait-elle également victime d’une guerre idéologique via les médias ?), « À 14 ans », nous dit-on dans Vanity Fair, « elle est marquée par sa lecture du Prince de Machiavel, «  pour sa lucidité froide et mathématique sur le fonctionnement des êtres humains  ». À 15 ans, par Le Discours de la méthode de Descartes et L’Art de la guerre de Sun Tzu.» Ah. OK. C’est un article de journalisme, ou une fiction plagiant notamment la scène de roman évoquée plus haut et présentée comme un article ? Les initiales de Fake News sont FN, tiens.

Quoi qu’il en soit, un fait au moins est tout à fait certain : il y a plusieurs années j’ai vu sur Facebook une photo de Ramadan en caleçon assis sur un lit, prise par l’une de ses conquêtes de passage (c’était peut-être déjà Henda Ayari) : Ramadan est un Tartuffe, c’est-à-dire si l’on suit bien Molière non seulement un hypocrite mais aussi un manipulateur et abuseur qui opère en se faisant aduler.

J’ai décrit ce genre de marquis mort-vivant dans un livre, Forêt profonde. Ceux qui sont condamnés, pour une raison ou une autre, à ne déchaîner leur violence que mentalement sont aussi légion, et au moins aussi malfaisants. La révolution des femmes et des hommes avec les femmes se charge de les faire tomber, les uns aujourd’hui, les autres un autre jour.

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« et sous ce prétexte commode »… Mathieu Gallet évincé

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c215 rsfce matin à Paris 13e, photo Alina Reyes

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Rien ne va plus entre Macron et Gallet ? Nyssen est décidément si zélée à servir les intérêts de qui l’a mise en place, comme en met en place les couvertures en vitrine… Les journalistes de Radio France sont très inquiets, les auditeurs devraient l’être aussi. Dom Juan, acte V, scène 2 : « Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et, sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d’impiété, et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets » (tirade dite de l’hypocrisie). Macron s’est fait élire par les médias. Aussitôt élu, il est entré en guerre contre les journalistes. Il les lui faut sans doute encore plus à sa petite botte. Bah.

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Antisémitisme, l’éternel retour

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J’ignorais que Renaud Camus, Alain Soral, Dieudonné, les ultras de la Lazio de Rome, les pangermanistes autrichiens et autres fachos nationalistes européens, étaient musulmans. Et pourquoi pas Antoine Gallimard, qui voulait rééditer les pamphlets de Céline, ou Françoise Nyssen, qui voulait commémorer Maurras ? Car d’après Antoine Gallimard, « aujourd’hui, l’antisémitisme n’est plus du côté des chrétiens mais des musulmans, et ils ne vont pas lire les textes de Céline. » Cette déclaration parfaitement raciste (pourquoi les musulmans ne liraient-ils pas Céline ?) révèle une fois de plus combien sont proches l’antisémitisme et l’islamophobie. L’antisémitisme, qu’il soit de culture chrétienne ou de culture islamique, est d’abord le signe d’une haine de soi, christianisme et islam ayant pour source le judaïsme. Que bien des gens issus du christianisme et de l’islam aient des raisons de se haïr, cela se comprend aisément quand on sait la pression et les abus que ces religions, comme le judaïsme et sans doute toutes les religions, peuvent exercer sur les êtres humains. La tartufferie de Gallimard et de Nyssen est, comme la haine, une tradition bien chrétienne aussi, bien de toutes les religions aussi. Une saloperie, très répandue sous le masque de l’honorabilité.

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