Street Art, architecture et scènes vues à Paris 13e (est)

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Voici les 81 images que j’ai razziées hier au cours de ma pérégrination de huit kilomètres à pied, en chemin vers puis dans ce quartier moderne de l’est du 13e, autour de la Bibliothèque Nationale, que j’aime beaucoup. Le nom des artistes, du moins ceux que j’ai pu identifier, se trouve dans les mots-clés.

 

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street art paris 13e 47-minRue Dunois, la tour « Le nouveau monde » de Philippe Deslandes avec ses incrustations genre fossiles

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street art paris 13e 51-minLa pérégrinante dans le paysage

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street art paris 13e 53-minSquare Héloïse et Abélard, un prestidigitateur amuse petits et grands enfants

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street art paris 13e 58-minSur ce carrefour, des plantes, de la terre dans des sachets de couleur accrochés aux poteaux, et un paon de bois dans l’arbre street art paris 13e 59-min

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street art paris 13e 72-minDans une école une œuvre de Seth non visible en entier, le portail étant fermé

street art paris 13e 73-minArrivée tout à l’est de l’arrondissement, une ancienne gare de la Petite ceinture street art paris 13e 74-min

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street art paris 13e 81-min En haut de l’escalier, la chouette de Bordalo II, qui fait de la récup et la transforme en animaux

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et la vue dégagéestreet art paris 13e 84-min

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street art paris 13e 89-minVoici la station de tramway avec sa boîte à livres où j’apporte des exemplaires de mon Voyage

street art paris 13e 90-minEt je continue en longeant un moment la ligne de tramway street art paris 13e 91-min

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street art paris 13e 93-minLa galerie Itinerrance, responsable de toutes les grandes fresques du 13e

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street art paris 13e 95-min« Petite Ceinture »

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Puis j’arrive dans le quartier de l’université Sorbonne Diderotstreet art paris 13e 108-min

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street art paris 13e 111-minUn autre animal de Bordalo II, un renard dans le lierre

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street art paris 13e 118-minUn théâtre…

et j’arrive à la Bibliothèque Nationale et au MK2 street art paris 13e 119-min

et après avoir descendu l’avenue de France j’approche du boulevard Vincent Auriolstreet art paris 13e 120-min

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où des jeunes filles répètent une chorégraphiestreet art paris 13e 122-minHier à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Manifestants et Bhagavad-Gita

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Après avoir commencé ma distribution quotidienne de mon livre Voyage dans la ville (le livre et moi sommes les pèlerins qu’il annonce) et emprunté à la bibliothèque Buffon un livre sur le yoga et aussi la Bhagavad-Gita en traduction dans un petit livre préfacé intitulé Bhagavad-Gita, L’essence du Yoga, j’ai croisé par hasard, boulevard de l’Hôpital, quelques dizaines de Gilets jaunes en manifestation pacifique, encadrés d’autant de policiers à moto, en camions et à pied, lourdement armés – le pouvoir en place a peur.

 

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J’ai remonté le boulevard jusqu’à la place d’Italie pour aller rendre dans une autre bibliothèque Le manuscrit trouvé à Saragosse, dont il me reste une autre édition empruntée à la maison, dont je parlerai d’ici la fin de l’été en même temps que des Sept piliers de la sagesse, incha’Allah.

Avenue des Gobelins, j’ai fait cette photo d’une installation du mouvement Extinction Rebellion :

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Je suis remontée sur le boulevard Blanqui, puis je suis redescendue m’asseoir au square René Le Gall, où j’ai commencé à lire les livres que je venais d’emprunter.

Voici un passage de la Bhagavad-Gita, traduit par Aurélien Clause et Claire Mallet de la traduction anglaise de Stephen Mitchell :

« Dans les trois Mondes, Arjuna,
Il n’est rien que je doive atteindre,
Il n’est rien que je doive faire ;
Pourtant, j’entreprends et j’agis.

Car si je devais m’abstenir
De mon infatigable action,
Les hommes suivraient mon exemple
Et n’agiraient plus, Arjuna.

Ces mondes iraient à la ruine
Si je cessais d’agir ; les êtres
Seraient broyés par le chaos ;
L’humanité serait détruite.

Le sot s’accroche à ses actions,
Soucieux d’en recueillir les fruits ;
Le sage agit sans s’attacher,
Pour le bien-être universel. »

Chant III, « Le yoga de l’action »

27-7-19 3-minHier à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

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Chiffres, mouvements et lettres du jour (Depardieu, Lovecraft, le Japon grec)

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Plus de 100 kilomètres à pied en 23 jours (merci l’appli podomètre), toujours 20 à 40 minutes de yoga (de mieux en mieux et de plus en plus intense bien sûr) chaque matin, mon poids à moins de 50 kilos : garder la joie du corps, c’est garder l’esprit.

Hier au cours de ma balade je suis entrée dans une librairie de mon quartier dans l’intention de faire ma b-a, comme je l’y fais quelquefois : acheter un livre, quoique je préfère de beaucoup lire les livres sous forme numérique et que je n’en manque pas – j’en ai lu plusieurs ces jours derniers, j’en ai trois en cours en ce moment et je ne les achète pas, ce sont soit des livres gratuits (libres de droits) soit des livres empruntés en bibliothèque numérique. À peine entrée, qu’y vois-je ? Sur la première table, un de ces petits papiers en forme de conseils de lecture des libraires que je n’aime pas du tout – si nous sommes dans une librairie, n’est-ce pas pour y feuilleter les livres et ne sommes-nous pas assez grands pour choisir nous-mêmes ce que nous avons envie de lire sans qu’il soit besoin de nous faire de la retape ? Pire, la recommandation en question était accrochée sur un livre d’un mollasson plagiaire, l’un de ces écrivailleurs vendus à quelque éditeur, trafiquant leur prose en échange de promotion, dont j’ai déjà parlé ici et dont je n’ai pas envie de redire le nom. Illico je suis ressortie de la boutique, bien décidée à n’y plus remettre mes pieds, qui ont mieux à faire que de traîner chez des gens à tête si mal faite.

Quelques citations de mes toutes récentes lectures :

« Quand un poète se retrouve devant un « décideur », la partie est loin d’être gagnée. Ce sont des gens qui construisent avant tout des modèles, des cahiers des charges, des programmations. Leur métier n’est pas d’encourager les poètes mais de fabriquer des produits. »

« Je n’ai jamais rencontré un homme de pouvoir honnête, jamais. Quand je dis homme de pouvoir, je parle de ceux qui prétendent des choses, qui prétendent prendre notre vie en main, faire notre bien, nous diriger. Tous ceux qui essaient de nous faire croire que les poules pissent. Le pouvoir, c’est ce qui tue l’innocence. »

« L’innocence, c’est l’inverse du contrôle qui est toujours un manque de générosité. »

« La paix qu’apporte la solitude, c’est comme un plat gigantesque dont on n’est jamais repu. »

Gérard Depardieu, Innocent

« Ces montagnes dépassent l’imagination. » H.P. Lovecraft, Les montagnes hallucinées

« Le corps de bouddha serait-il en partie grec ? » Michael Lucken, Le Japon grec, Culture et possession

 

street art 3-minHier à Paris 13e, photo Alina Reyes

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Cyrano de Bergerac, né de sémites (par le Collectif Chapitre Treize)

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Au début de cette semaine, la ministre des armées a déclaré vouloir rendre à Alfred Dreyfus « tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôtés ». Il serait question de l’élever, du grade de capitaine, à celui de général. Voilà qui résonne avec le formidable Cyrano de Bergerac que je viens de voir à Avignon mis en scène et interprété par le Collectif Chapitre Treize (cf note précédente).

 

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Cyrano y est interprété par un comédien et rappeur du nom de Younès Boucif. Il est aussi beau que le beau Christian, il n’a pas été enlaidi pour le rôle, qu’a-t-il donc d’un Cyrano ? Son nez est un élégant nez de sémite, son visage et son nom sont ceux d’un sémite, arabe en l’occurrence. J’ignore si de la part du metteur en scène, Gaspard Baumhauer, la référence à la figure d’ostracisé qu’est l’Arabe sous nos cieux est volontaire ou non ; de même que j’ignore si Edmond Rostand, dreyfusard, a songé que le nez de son personnage pouvait renvoyer à celui du juif Dreyfus, dont l’affaire avait éclaté trois ans plus tôt, nez juif tel que le fantasment les antisémites. D’un mal-né d’hier à un mal-né d’aujourd’hui, les phénomènes d’ostracisme et d’exclusion ont beau souvent se voir comme le nez au milieu de la figure, on s’obstine à ne pas vouloir les voir. La société qui réhabilite Dreyfus aujourd’hui ostracise et rejette « en même temps » bien d’autres mal-nés, sémites arabes, Noirs et autres racisés, dont les femmes, traitées comme une race à part, surtout si elles sont libres.

Car en vérité c’est la liberté de celui ou celle qui ne fait pas partie du clan, qui ne s’y soumet pas, c’est la singularité qui est harcelée comme l’est Cyrano à cause de son nez. Et j’ai aimé la colère avec laquelle Younès Boucif a dit la tirade des « Non, merci », version énergique du « I would prefer not to » de Bartleby the scrivener, dans la nouvelle éponyme de Melville, antérieure de quelques décennies à la pièce de Rostand. Face à son Cyrano, Gaspard Baumhauer a choisi de faire incarner le puissant comte de Guiche par un comédien tout aussi charismatique, Sydney Gybely, lui aussi marqué d’une singularité, sa relative petite taille et sa beauté. Au fond les deux personnages ne sont-ils pas deux faces d’un même être, d’une puissance différemment exprimée, d’une lutte intérieure entre la possibilité de « la fortune et la gloire » et celle de « Rêver, rire, passer, être seul, être libre » ?

Roxane (Marie Benati), éternelle mineure aux yeux de la société, a vécu dans l’illusion, et Christian (Pierre Szczurowski) s’est un temps laissé entraîner dans l’illusion (mais le comte de Guiche aussi a eu ses illusions, si puissant fût-il) qu’elle préférait à l’amour réalisé, sans doute craint, avant de sauver son honneur en allant mourir au combat. Les quatre personnages peuvent n’en faire qu’un, dans la vie réelle. Le tout est de savoir non pas qui l’emporte, mais ce qui l’emporte, à la fin. Pour ma part, je dirai : la langue (et l’alexandrin retrouve sa vigueur dans la scansion rap fréquemment mise en œuvre dans cette mise en scène) et la tirade des « Non, merci », acte II, scène 8.

 

Le Bret.
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire
La fortune et la gloire…
Cyrano.
Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S’aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
Être terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : « Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ? »…
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu’un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

 

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Panache !

Avignon pendant le Off

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avignon 1-minNous sommes allés voir l’une des dernières représentations d’un Cyrano de Bergerac par le Collectif Chapitre Treize, qui a obtenu un beau succès à l’Espace Roseau Teinturiers. L’affiche de la jeune compagnie nous attend dès la sortie de la gare. avignon 2-minJe reparlerai dans une prochaine note de cette pièce et de cette interprétation. Pour le moment, visitons un peu Avignon en cette fin de festival. Ma première fois au festival date d’il y a très longtemps, c’est un bonheur de retrouver la ville et ses remparts que nous longeons pour rejoindre notre logement, près de l’université.

avignon 4-min La ville est couverte des affichages des près de 1600 pièces qui s’y jouent. Notre comédien préféré, Sydney, qui joue à Avignon pour la deuxième année consécutive, déplore le caractère non écolo de cette pratique, et d’une manière générale le manque de renouvellement du festival. Eux ont choisi pour leur Cyrano une affiche plus grande mais moins multipliée que les autres. Le Off d’Avignon est une occasion pour les compagnies théâtrales de vivre une aventure artistique exceptionnelle (le Collectif Chapitre 13 joue Cyrano tous les soirs sauf le mercredi du début jusqu’à la fin de juillet), une aventure humaine aussi (un mois de vie en collectivité dans une maison louée, pour eux à une demi-heure à vélo du centre-ville – il a fallu louer des vieux vélos et apprendre à les réparer), un mois de travail intense où il faut tout faire, affichage, montage et démontage des décors tous les soirs (plusieurs pièces se succèdent dans la journée et la soirée dans le même théâtre), chaque jour tractage, parades et happenings, accueil du public et des professionnels, journalistes et producteurs, et bien sûr jouer, 2h10 d’un spectacle débordant d’énergie tous les soirs, jusqu’à plus de minuit. Et c’est une occasion de montrer la pièce à des producteurs susceptibles de la programmer ailleurs dans l’année.

Voici la compagnie en parade et tractage dans la ville, vers 17 heures. Il faut attirer le public, c’est tout un travail. Eux y réussissent remarquablement bien, alors que se jouent deux ou trois autres Cyrano au cours de ce festival. avignon 6-min  Vers 19 heures, après la parade, la compagnie présente un happening à partir de la tirade du nez scandée en rap, dans ce beau restaurant en plein air et plein d’œuvres d’art, puis sur des places. avignon 9-min

Pendant que la troupe retourne au théâtre où elle se prépare à jouer, en attendant 22h15, heure de la représentation, nous prenons un verre au-dessus de l’eau. Toute la ville est très animée. Notre séjour est trop bref pour que nous ayons le temps de voir d’autres pièces, mais nous avons déjà rencontré les comédiens et le metteur en scène de celle que nous voyons (et dont je parlerai prochainement, donc), nous parlerons encore avec eux après la représentation, c’est une occasion de suivre de près le travail d’une troupe.avignon 10-min

Pendant ces deux jours, au cours de nos pérégrinations en ville, j’ai photographié le Street Art et les faux-semblants théâtraux aux fenêtres

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Avant de repartir, une visite au Palais des Papes et un déjeuner dans les jardins en hauteuravignon 16-min

… au bord de l’eau, par cette canicule, un bonheuravignon 17-minHier et avant-hier à Avignon, photos Alina Reyes

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Dot painting. Je peins donc je suis

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dot painting 2-minHier au square

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Je peins comme je marche, comme j’écris, comme je lis, comme je fais du yoga. Pas à pas mes pieds font des pas dans l’espace, mes mains aussi. Chaque tableau réalisé est une posture réalisée de mon corps. Mon épais livre Voyage me sert de bloc au yoga, et je le distribue çà et là dans la ville (sur des bancs, dans des abribus, dans des boîtes à livres, dans des jardins, dans des églises…), incognito – l’autre jour, quand je suis entrée à l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas pour en déposer un, le prêtre était en train de dire : « Jésus vient discrètement s’offrir et repart » à la messe du matin. Joie.

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dot painting 1-minJ’ai finalement peint par points sur ma peinture fluide présentée ici l’autre jour

puis j’ai repris une ancienne toile (30×30 cm aussi) en la repeignant par points

dot painting 3-min©Alina Reyes

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Centre Pompidou, images du musée et d’alentour

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beaubourg 1-minLes jeunes filles et moi avons fait un tour dans le quartier, à la rencontre de son art des rues, avant d’aller voir les riches collections du musée. beaubourg 2-min

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beaubourg 4-minAprès un déjeuner en terrasse au bord de la fontaine aux sculptures de Niki de Saint-Phalle et de Jean Tinguely, devant les fresques de Jef Aérosol et de Shepard Fairey, nous avons contemplé Paris depuis les escalators qui conduisent au musée

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J’y ai photographié quelques œuvresbeaubourg 6 natalia gontcharova-minNatalia Gontcharova, Les lutteurs

*beaubourg 7 bram van velde-minBram van Velde, Neige

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beaubourg 9 sonia delaunay-minSonia Delaunay, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France

beaubourg 8 robert delauney-minJean Delaunay, Rythme sans fin

*beaubourg 10 kandinsky-minDeux Kandinsky, Improvisation 3

et Jaune-rouge-bleu

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beaubourg 12-minDeux jeunes filles croquant les œuvres qu’elles aiment au long du parcours

*beaubourg 13 breton-min« Le mur », la collection de l’atelier d’André Breton

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beaubourg 14 nikki de saint phalle-minLa mariée de Niki de Saint-Phalle, avec le buste de sa robe plein de jouets

*beaubourg 15-minLes trois visiteuses dans le kaléidoscope

Du niveau 5, nous sommes ensuite allées au 6 voir l’exposition « Préhistoire » qui nous a beaucoup déçues (voir ma note d’hier, actualisée avec notamment une citation de Léonard de Vinci). Du coup les jeunes filles ont eu envie de partir (et j’étais en colère contre les commissaires qui ont si mal présenté le sujet au public, notamment aux jeunes), mais une prochaine fois je retournerai au Centre pour voir les collections du niveau 4

photos Alina Reyes

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Préhistoire, une exposition superficielle et insignifiante au Centre Pompidou (note actualisée)

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Heureusement, sans l’avoir voulu, j’ai eu accès à cette exposition sans en payer l’entrée. Ces petits dinos rigolos sont ce qu’il y avait de meilleur, avec quelques extraits de vieux films (The Lost World, 1925) et une image de Wim Wenders, pour leur humour et leur poésie. Mais l’exposition en elle-même est un naufrage. Une juxtaposition d’œuvres préhistoriques et d’œuvres modernes copiant le style « préhistorique ». Tous les artistes y perdent. D’abord ceux de la Préhistoire, exposés dans l’ombre, isolés, hors contexte, rabaissés au statut d’objets morts, ne donnant aucune émotion, voire repoussant qui a pu les voir dans les musées archéologiques qui les ont prêtés, là où ils pouvaient se contempler en pleine lumière, en pleine immersion aussi dans leur temps et le nôtre, repoussant qui les connaissait avant comme s’ils avaient honte de se retrouver là et priaient qu’on ne les regarde pas dans cette situation de vulgarisation nihiliste où des commissaires d’exposition les ont placés. Puis les artistes de la modernité, dont les œuvres montrées sont souvent mineures par rapport à leur œuvre, et souvent apparaissent comme de pâles plagiats de l’art du Paléolithique ou du Néolithique.

L’exposition souffre d’un défaut de recherche profonde sur les conséquences de l’invention de la Préhistoire sur l’art moderne, son sujet. Elle n’en voit et n’en montre que l’immédiatement visible, ce qui s’ingénie à s’inspirer directement des formes de l’art préhistorique ou ce qui déclare s’en inspirer. Or la véritable influence opérée par la découverte de la Préhistoire est bien plus profonde. Le sujet est immense, l’exposition ne le voit que par le petit bout de la lorgnette et le rapetisse éhontément, à l’image de cette « caverne », un cube creux dont les parois sont pleines de mains positives blanches toutes pareilles : toute l’affaire ressemble à un attentat sournois (et involontaire, fait de la bêtise) contre la Joconde – qui, elle, avait bel et bien été inspirée à Léonard de Vinci par la caverne, comme je l’ai cité dans ma thèse :

Tiré par mon ardent désir, impatient de voir des formes variées et singulières qu’élabore l’artificieuse nature, je m’enfonce parfois parmi les sombres rochers ; je parviens au seuil d’une grande caverne devant laquelle je reste un moment – sans savoir pourquoi – frappé de stupeur : je plie mes reins en arc, appuie ma main sur le genou et, de la droite, j’abrite mes yeux, en baissant et en serrant les paupières et je me penche d’un côté et d’autre pour voir si je peux discerner quelque chose, mais la grande obscurité qui y règne m’en empêche. Au bout d’un moment, deux sentiments m’envahissent : peur et désir, peur de la grotte obscure et menaçante, désir de voir si elle n’enferme pas quelques merveilles extraordinaires.1

1 LEONARD DE VINCI, Codex Arundel, cité par Daniel FABRE, Bataille à Lascaux. Comment l’art préhistorique apparut aux enfants, Paris, L’Échoppe, 2014, ill. ; et cité par Daniel FABRE, « Le poète dans la caverne », in Claudie VOISENAT, Imaginaires archéologiques, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015, p. 98

 

Pourquoi les œuvres préhistoriques y sont-elles si peu nombreuses et exposées dans l’ombre, de façon très dévalorisante, comme si elles n’étaient que de vulgaires objets juste utiles à inspirer des artistes occidentaux ? Pourquoi les artistes préhistoriques y sont-ils aussi ignorés que les artistes des arts qu’on disait primitifs, qui furent eux aussi chosifiés en faire-valoir de l’art occidental moderne ou contemporain ? Pourquoi cette exposition ne sait-elle si visiblement pas de quoi elle parle ? Pourquoi n’a-t-elle pas eu au moins un commissaire connaisseur de l’art du Paléolithique ? Pourquoi cet énorme gâchis ?

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Trois sorcières en balade à Paris l’été

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Joyeuses, elles avalent les kilomètres à pied, passent devant les boutiques de fringues sans un regard, stationnent longuement dans les librairies et les magasins de fournitures d’art, s’assoient au bord de la Seine et croquent les passants au crayon dans leur carnet de dessin, prennent quelques photos avec leur portable en vue d’œuvres en cours… Elles ont 15, 17 et 63 ans et passent du bon temps, ensemble.

 

paris 1,-minSimone Veil jeune peinte par C215 au lycée Rodin

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paris 8-minDans la partie souterraine de la rue Broca, les œuvres ont été renouvelées, avec un univers de sorcières peut-être en hommage  au livre de Pierre Gripari, La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

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La balade se poursuit vers le nord

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paris 17-minPlace de la Sorbonne

paris 18-minLes toits vus de chez Gibert

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En rentrant, on visite la mosquée, puis je leur précise de ne pas croire ce qu’a dit le guide à propos du voile islamique qui viendrait de la Vierge Marie : jamais le Coran ne demande aux femmes de voiler leurs cheveux (contrairement à la Bible), c’est seulement une pratique des cultures patriarcales, qui ont peur de la liberté des femmes.paris 21-minà Paris, photos Alina Reyes

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Yoga de la dame à la licorne, trésor pour le monde

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dame a la licorne,-min*

Quarante minutes de yoga chaque jour au lever, et les muscles, les articulations, la colonne vertébrale s’assouplissent et se renforcent. Ajoutez à cela au moins une heure de marche quotidienne à la fois vive et attentive et vous êtes parfaitement bien et vivants dans votre corps et dans votre esprit. Ce ne sont évidemment pas les seules façons de demeurer dans le bien-être, mais le bien-être requiert le corps et l’esprit. J’ai passé une très grande partie de ma vie en contemplation, je continue. Et je sais qu’il n’y a pas de contemplation spirituelle sans contemplation physique. Pas d’esprit sans corps, pas de pensée sans usage des sens. La qualité de la pensée, sa profondeur, sont en rapport direct avec la qualité de l’usage que nous faisons de nos sens.

Les tapisseries des cinq sens de la Dame à la licorne constituent en quelque sorte cinq asanas, cinq postures de yoga. L’ensemble constitue un kriya, comme on dit au kundalini yoga. Quant à la sixième, j’ai finalement trouvé une autre interprétation à son geste avec les bijoux. On dit généralement qu’elle va s’en parer, ou bien au contraire qu’elle est en train de s’en dépouiller. Selon ce que je comprends maintenant, elle pourrait, après avoir savamment usé de ses cinq sens, être en train d’accoucher de ces pierreries. De faire naître d’elle un trésor.

Sa servante, part d’elle-même au service du monde et sage-femme en même temps, le recueille. Le monde ouvrira le coffre au trésor quand il y sera prêt.

 

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La faute du musée de Cluny

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Comme je passais devant le musée de Cluny, j’y suis entrée, voir si, puisqu’il est en travaux, on n’y aurait pas renoncé à la dernière mauvaise mise en scène de la Dame à la licorne. Las ! Les six tapisseries sont toujours confinées dans une petite salle sombre desservie par un couloir orné d’une citation de Yannick Haenel – lapalissade écrite dans son style mou et niais, sa prose à la Ségolène Royal, sa poésie à la Christiane Taubira, et qui plus est ornée d’une grosse faute d’orthographe, de celles qui signalent le défaut de pensée profonde.

J’ai repris ma promenade, en dirigeant mes pas vers la mosquée, où aller me laver du verbe merdeux de l’entreprise Sollers &co. Le musée de Cluny ferait mieux de respecter ses collections, qui sont le bien de toutes et tous, et non celui de quelques faussaires aux bras longs comme ceux des singes.

 

paris 5e 3-minaujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Street Art à Paris 13e en 40 images du jour, un enchantement

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Un véritable festival. La plupart des œuvres photographiées dans cette note se trouvent dans la portion du 13e, vaste arrondissement dédié au Street Art, située entre le boulevard Blanqui au nord, la Butte aux Cailles au sud, l’avenue d’Italie à l’est.

Ici il ne s’agit pas des grandes fresques « officielles » commandées par la mairie notamment le long du boulevard Vincent Auriol, plus à l’est, (fresques que j’ai déjà photographiées, à voir au mot-clé street art – il faudra que je fasse des subdivisions dans ce mot-clé pour qu’on s’y retrouve plus précisément mais on peut voir aussi sur Youtube la présentation de ces œuvres par la galerie Itinerrance).

Ici c’est du Street Art sauvage, et néanmoins très souvent signé de grands artistes. Parce qu’il est sauvage, il est aussi très souvent renouvelé, d’où mes visites régulières dans ce quartier. Voici donc les images faites hier samedi :

 

street art paris 13e 1-minUne marelle particulière en chemin, je n’ai pas encore passé le boulevard Blanqui

street art paris 13e 2-minNous y sommes, ça commence avec cette autre œuvre de Retro (cf note précédente), puis une foule d’œuvres d’artistes divers

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Puis je suis arrivée avenue d’Italie. Il s’y tenait une brocante. J’ai longuement contemplé et manipulé les pierres sur le stand de la marchande de pierres, et j’en ai acheté deux. C’est aussi de l’art dans la rue, à mon sens.street art paris 13e 39-min

Et au square de Choisy, j’ai photographié ce mini-tableau placé au fond de la boîte à livres du Café calmestreet art paris 13e 40-minHier à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Extraits de « Demian », de Hermann Hesse, et choses vues

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Le mois dernier en train de jouer quelques notes de Tchaïkovski au château d'Ermenonville, photographiée par O

Le mois dernier en train de jouer quelques notes de Tchaïkovski au château d’Ermenonville, photographiée par O

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C’est un roman de Hermann Hesse que je n’avais pas encore lu, alors que j’ai récemment relu Siddharta et Le Loup des steppes, et qui m’a donné envie de relire Le Jeu des perles de verre et Narcisse et Goldmund, lus la première fois comme les deux précédents il y a très longtemps. Hesse parle et parlera à toutes les générations, il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour le lire. Il donne force et courage, incite à la grandeur d’âme et à la profondeur d’esprit.

« Il ne ressemblait pas à un élève qui fait un devoir, mais à un chercheur qui poursuit un problème personnel. »

« Les gens courageux, les gens qui ont une forte personnalité, sont toujours peu rassurants. »

« C’était dans la rue, devant notre maison. Il était debout, un calepin à la main, en train de dessiner. Il dessinait le vieux blason avec l’oiseau qui se trouvait au-dessus de notre porte. Et moi, à une fenêtre, caché derrière le rideau, je le regardais, et, avec un étonnement profond,, je considérais son visage attentif, froid et serein, tourné vers le blason, avec l’expression d’un homme, d’un chercheur ou d’un artiste, d’un être supérieur, d’un être de volonté, – visage étonnamment froid et serein, avec des yeux de voyant. »

« Il ne me parut ni vieux ni jeune, mais âgé de mille ans, ou plutôt, sans âge, portant l’empreinte d’autres cycles que ceux vécus par nous. Des animaux peuvent avoir cet air-là, ou des arbres, ou des étoiles, je ne sais. Je ne sentis pas d’une façon distincte ce que, tant d’années après, je raconte maintenant, mais quelque chose d’approchant. Peut-être était-il beau, peut-être me plaisait-il, peut-être m’était-il antipathique, aussi ; là encore, je n’aurais pu me prononcer. Je vis seulement qu’il était autre que nous. Il ressemblait à un animal, ou à un esprit, ou à une image, je ne sais, mais il était autre, inexprimablement autre que nous tous. »

« Seule la pensée que nous vivons a une valeur. »

« Le véritable Demian était celui que je contemplais en ce moment : de pierre, antique, animal, beau et froid, pétrifié, inanimé et secrètement plein d’une vie mystérieuse. »

« Ses mains étaient étalées devant lui sur le pupitre, immobiles et sans vie, comme des objets, des pierres ou des fruits, non pas molles, mais semblables à de fermes enveloppes dissimulant une vie forte et profonde. »

« Des hommes comme vous et moi sont bien solitaires, mais ils possèdent la compensation secrète d’être autres, de se rebeller, de vouloir l’impossible. À cela aussi il faut renoncer quand on veut parcourir son chemin jusqu’au bout. Il faut arriver à ne vouloir être ni un révolutionnaire, ni un exemple, ni un martyr. C’est inconcevable. »

« J’étais heureux qu’un homme eût vécu qui avait suivi sa propre voie aussi inflexiblement. »

« Auparavant, je m’étais souvent demandé pourquoi un homme est si rarement capable de vivre pour un idéal. Maintenant, je constatais que beaucoup d’hommes, que presque tous sont capables de mourir pour un idéal, à condition toutefois qu’il ne soit pas personnel, librement choisi, mais commun à tous. (…) J’en vis beaucoup, vivants et mourants, se rapprocher magnifiquement de la volonté de la destinée. Un grand nombre d’entre eux avaient, non seulement au moment de l’attaque, mais constamment, ce regard ferme, lointain, absorbé, qui ignore tout des buts et exprime l’abandon complet à une destinée hors du commun. Ceux-là pouvaient penser ou croire ce qu’ils voulaient : ils étaient prêts, ils étaient utilisables ; c’est d’eux que surgirait l’avenir. »

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choses vues 12-minCes jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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