Écrire. Qu’est-ce qu’Écrire ?

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ces jours-ci au Jardin des Plantes à Paris, photo Alina Reyes

ces jours-ci au Jardin des Plantes à Paris, photo Alina Reyes

 

J’ai écrit mon grand livre Voyage pour dénoncer l’occultation de mon grand roman Forêt profonde. J’ai écrit ma thèse Écrire pour remplacer Voyage.  Et maintenant je suis en chemin, suite à Écrire, vers ce que je désire être le grand roman du XXIe siècle.

Il y a écrire et Écrire. L’écriture doit mener qui écrit à sa dimension surnaturelle, savante, magique au sens de puissante. Les librairies sont pleines d’écritures ordinaires, profanes, servant le monde comme il va, humain trop humain, vers la mort. Mais le monde a besoin d’écritures extraordinaires pour aller de nouveau toujours vers la vie.

Mes livres, en particulier mes livres érotiques, sont de puissants aiguillons de vie, le sang y court et y bat comme dans un organisme vivant. Une même plume a fait tout ce chemin, une même plume continue, mais chaque livre écrit lui a fait pousser bien d’autres plumes et elle est maintenant plumage, démultipliant ses pouvoirs comme Gandalf entre le début et la fin de The Lord of the Rings, le grand roman du XXe siècle.

Qu’est-ce qu’Écrire ? Créer l’humain plus qu’humain, offrir à l’humain, à chaque lectrice et à chaque lecteur, un royaume.

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Kalevala bio

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photographiée par S. cet après-midi à mon bureau

photographiée par S. cet après-midi à mon bureau

J’ai rêvé du Kalevala sous tous ses avatars, langues, essences, et à la fin c’est de ma peau qu’il était fait, écrit. C’était si sensible, si vivant, que cela m’a réveillée.

Le jour je continue à le lire doucement (j’approche de la fin mais je ne suis pas pressée de le finir), le soir je regarde les films de  The Lord of the Rings dans leurs versions les plus longues (près de quatre heures chacun pour les deux premiers), et je vois tout ce qui, du Kalevala, a inspiré Tolkien.

La traduction parue chez Gallimard est décidément très mauvaise, ampoulée, propre à dégoûter de ce livre splendide. Comme je l’ai déjà dit, la première traduction en prose, disponible en ligne, toute simple, suffit à comprendre la beauté initiale du texte. La traduction versifiée de Jean-Louis Perret (éd. Champion) est très bien aussi. En voici encore un passage :

« Il est doux d’être sur les ondes,
De laisser glisser le bateau,
De parcourir les flots immenses,
De voguer sur les nappes claires ;
Le vent vient bercer le bateau,
La vague emporte le navire,
Le norois fait des clapotis,
Le vent du sud pousse en avant. »

Chant 39

Pour en savoir plus : mot-clé Kalevala

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Lectures d’été. Le Kalevala

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Le barde Vaïnamöinen chantant, illustration de Nikolaï Kochergin. Voir sa galerie d'illustrations du Kalevala ici

Le barde Vaïnamöinen chantant, illustration de Nikolaï Kochergin. Voir sa galerie d’illustrations du Kalevala ici

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Il y a eu par exemple l’été où j’ai lu le Journal de Kafka. Ou celui où j’ai lu presque toute l’œuvre de Faulkner. Cet été est celui où je lis le Kalevala.

J’en ai déjà parlé, j’ai commencé à lire cette épopée finnoise composée au dix-neuvième siècle par Elias Lönnrot à partir des chants qu’il a collectés dans les terres finlandaises, dans la première traduction en français de Léouzon Le Duc (1867), disponible en ligne sur gallica.bnf.fr. Sa splendeur m’a aussitôt éblouie. Je suis allée chercher une autre traduction, celle de Jean-Louis Perret (1928, disponible aux éd. Champion) l’autre jour en bibliothèque, et ce matin j’ai fait quatre kilomètres à pied aller-retour pour aller en chercher une troisième, celle de Gabriel Rebourcet (1991, disponible en Quarto Gallimard)) dans une autre bibliothèque (je n’ai pas le droit de faire du sport avant septembre, mais marcher m’est toujours possible).

La préface de Rebourcet est passionnante mais je ne le suis pas du tout dans ses choix de traduction, qu’il explique. Je rêve un peu de me confronter à ce texte, d’essayer de le traduire, mais il faudrait pour cela que j’apprenne le finnois, ce qui n’est pas impossible mais demanderait un peu de temps. Lamartine et Hugo ont lu et vanté le Kalevala en traduction, Tolkien, génie des langues comme de la littérature, l’a lu en finnois et s’en est beaucoup inspiré.

Rebourcet dans sa préface parle notamment du finnois, cette langue finno-ougrienne, explique son fonctionnement syntaxique. Pour son vocabulaire, citons ce passage merveilleux :

« Ainsi pour les termes exprimant les bruits en particulier, on relève en finnois près de 700 verbes environ, selon une étude maintes fois citée, essentiellement pour le bruit du vent dans les branchages (selon que le vent est froid, chaud, doux, violent, ou que les arbres sont caducs, à aiguilles, ou nus, etc.), ou les bruits de l’eau, selon la saison, selon le lit de son cours, son environnement, et selon que le vent vient mêler sa voix à celle du ruisseau… Il y a bien entendu les mots désignant la neige selon qu’elle est humide, lourde, tassée, glacée, etc. – cinq mots en mordve, six en ostyak, cinq en finnois -, ou encore les verbes de la marche, etc. »

Voici les premiers vers dans la traduction, non versifiée, de Léouzon Le Duc :

« Voici que dans mon âme s’éveille un désir, que dans mon cerveau surgit une pensée : je veux chanter ; je veux moduler des paroles, entonner un chant national, un chant de famille. Les mots se liquéfient dans ma bouche, les discours se précipitent ; ils débordent sur ma langue, ils se répandent autour de mes dents. »

Les voici dans la traduction de Jean-Louis Perret :

« Voici qu’un désir me saisit,
L’idée m’est venue à l’esprit
De commencer à réciter,
De moduler des mots sacrés,
D’entonner le chant de famille,
Les vieux récits de notre race ;
Les mots se fondent dans ma bouche,
Les paroles lentement tombent,
Elles s’envolent de ma langue,
Se dissipent entre mes dents. »

Et dans la traduction de Gabriel Rebourcet :

« Le désir têtu me démange,
l’envie me trotte la cervelle
d’aller entonner la chanson,
bouche parée pour le chant mage
égrenant le dit de ma gent,
la rune enchantée de ma race.

Les mots me fondent dans la bouche,
grains de gorge, pluie de paroles,
ils se ruent, torrent sur ma langue,
ils s’embruinent contre mes dents. »

À travers ces différentes traductions on sent bien la beauté inaugurale du texte, et aussi la difficulté, sans doute, qu’il y a à la traduire. Mais Rebourcet, à mon sens, n’est pas assez fidèle au texte, et son choix d’aller chercher un vocabulaire français ancien pour le rendre (on ne s’en aperçoit pas dans cette ouverture du poème, mais ensuite tout au long) et son parti-pris de sacrifier aux contraintes formelles qu’il a choisies, ne me paraissent pas rendre le meilleur résultat poétique possible, même s’il a de beaux passages.

Je reparlerai sûrement du Kalevala au fil de ma lecture. Si vous n’êtes pas à proximité d’une bibliothèque et si vous en êtes curieux, n’hésitez pas à le lire en ligne ou à le télécharger.

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La bibliographie de ma thèse

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Voici les pièces du puzzle. Le plus beau est que, comme avec les lettres de l’alphabet, on peut composer une infinité de textes avec. Je laisse qui cela intéresse donner ce défi à son imagination. C’est aussi un coffre aux trésors de lecture, de contemplation, on peut aussi y trouver des choses à lire et de temps en temps à visionner en ligne. C’est un paysage aux mille et un chemins, prenez et inventez-en autant que vous voudrez. (Le copié-collé fait parfois varier les caractères)

 

Quelqu'un a gravé dans les reliefs du mur du souterrain du jardin des Plantes qui mène au Jardin alpin des formes d'animaux, comme le faisaient nos ancêtres préhistoriques dans les grottes. Ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

Quelqu’un a gravé dans les reliefs du mur du souterrain du jardin des Plantes qui mène au Jardin alpin des formes d’animaux, comme le faisaient nos ancêtres préhistoriques dans les grottes. Ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

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BIBLIOGRAPHIE

Pour aller voir ailleurs

Nous avons opté pour une bibliographie unique, renonçant à une classification séparant corpus littéraire et corpus critique ou scientifique : estimant, dans l’esprit de cette thèse, que toute littérature (dont par exemple la « littérature médicale ») est littéraire, ou participe de la même histoire littéraire de l’humain que nous avons souhaité tracer ou esquisser.

De même, nous n’avons pas séparé les sources en plusieurs catégories, préférant mentionner pour un même titre, en plus de l’édition originelle, éventuellement les différentes éditions que nous avons consultées, papier ou numériques. Et nous n’avons pas séparé non plus les sources de parole livresques des articles ou des enregistrements audio-vidéo (documentaires, conférences, etc.). Les œuvres d’art plastique et cinématographiques entrent aussi dans cette bibliographie.

Lorsque les auteurs sont trop anciens pour pouvoir indiquer une date de publication qui leur soit contemporaine, nous indiquons leurs dates de naissance et de mort.

Lorsque les œuvres ne sont pas signées, nous les intégrons par leur titre à cette liste alphabétique des auteurs.

ABUD Monique

« Les deux voies de transmission de la psalmodie : les bimo au sein de la tradition chamanique lignagère et de la tradition chamanique d’État », Carnets du Centre Chine (CNRS/EHESS) (en ligne), 5 mai 2017, https://cecmc.hypotheses.org/34706

AGAMBEN Giorgio

- Quel que resta di Auschwitz, Turin, Bollati Boringhieri, 1998. Traduit de l’italien par Pierre Alferi : Ce qui reste d’Auschwitz, Paris, Payot et Rivages, coll. Rivages poche / Petite bilbiothèque, 1999 ; rééd. 2003

- Stanze, La parola e il fantasma nella cultura occidentale, Turin, Einaudi, 1977. Traduit de l’italien par Yves Hersant : Stanze, Parole et fantasme dans la culture occidentale, Paris, Christian Bourgois, 1981 ; Paris, Payot et Rivages, coll. Rivages poche / Petite Bibliothèque, 1994, rééd. 1998, avec Apostille de 1993 traduite par Danièle Valin

ALEXANDRIAN Sarane

Le Surréalisme et le rêve, préface de J.-B. Pontalis, Paris, Gallimard, coll. Connaissance de l’inconscient, 1974

ANGELUS SILESIUS (1624-1677)

Cherubinischer Wandersmann, Livre I, 289. Cité par Martin HEIDEGGER, in Le principe de raison, traduit de l’allemand par André Préau, préface de Jean Beaufret, Paris, Gallimard, coll. Tel, 1962, p. 104 sq

ARISTOPHANE

Βάτραχοι [Les Grenouilles], Athènes, aux Lénéennes, 405 av. J.-C.

ARTAUD Antonin

- Œuvres, édition d’Évelyne Grossman, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2004

- Le Théâtre et son double, Paris, Gallimard, coll. Métamorphoses, 1938 ; in Œuvres, p. 505

- Pour en finir avec le jugement de dieu, émission conçue et réalisée par l’auteur pour la Radio diffusion française, enregistrée le 28 novembre 1947, diffusée le 11 mai 1948. Première publication du texte : Paris, K Éditeur, 1948

- Les Nouvelles Révélations de l’Être, Paris, Denoël, 1937 (publié sans nom d’auteur) ; in Œuvres, p. 789

- Correspondance avec Jacques Rivière, 25 mai 1924, in Œuvres, p. 80

- Van Gogh le suicidé de la société, Paris, K éditeur, 1947. in Œuvres, [Quarto], p. 1461-1462

AUSTER Paul

Conférence avec Isaac GEWIRTZ à la New York Public Library le 16 janvier 2014 : https://youtu.be/54nMX8i2Wbs

BACHELARD Gaston

La poétique de l’espace, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine,1957

BANKSY

cité par Fanny CRAPANZANO, Street Art et Graffiti : l’invasion des sphères publiques et privées par l’art urbain, éditions L’Harmattan, Paris, 2015, p.14

BARTHES Roland

- S/Z, Paris, Seuil, coll. Tel Quel, 1970

- L’empire des signes, Genève, Albert Skira, 1970 ; Paris, Seuil, coll. Points Essais, 2014

BASILE DE CÉSARÉE

Homilíai ei̓s tī̀n Hexaī́meron, recueil de 9 homélies sur le récit de la création d’après la Genèse, prononcées pendant le carême à Césarée de Cappadoce en 378. Traduction en français : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/frame.html ; Homélies sur l’Hexaéméron, introduction et traduction de Stanislas Giet, Paris, Éditions du Cerf, coll. Sources chrétiennes, 1950.

BAUDELAIRE Charles

- Salon de 1859 in Œuvres complètes de Charles Baudelaire, t. II, Curiosités esthétiques, Paris, Michel Lévy Frères, 1868 ; Salon de 1859, Lettres à M. le Directeur de la Revue française , chap. II « Le public moderne et la photographie » ; https://fr.wikisource.org/wiki/Salon_de_1859

- Les Fleurs du mal, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Fleurs_du_mal/1857

BEAUVOIR Simone de

Le Deuxième sexe, Paris, Gallimard, coll. NRF, 1949 ; Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, t.2, n°38, 2003

BECKETT Samuel

- En attendant Godot, pièce en deux actes créée au Théâtre de Babylone à Paris le 5 janvier 1953. Paris, Éditions de Minuit, 1952

- Fin de partie, pièce en un acte créée le 1er avril 1957 au Royal Court Theatre. Paris, Éditions de Minuit, 1957

- Film, court-métrage écrit par Samuel BECKETT et réalisé par Alan SCHNEIDER, avec Buster KEATON, 1965

BEGOUIN Stephane, TARDIEU Vincent

Arts, Palettes-Lascaux, le ciel des premiers hommes, documentaire, Arte, 2007

BELLIER Paul-André

Revue d’histoire de la pharmacie, vol.80, no 293,‎ 1992

BENJAMIN Walter

Rédigé à Munich en novembre 1916 sous forme de lettre à Gershom Scholem, inédit du vivant de l’auteur : « Sur le langage en général et sur le langage humain », in Œuvres I, traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Paris, Gallimard, coll. Folio Essais n° 372, 2000

BENVENISTE Émile

« Préliminaires » de ses notes manuscrites « sur le langage poétique », folio 80. Cité par Gérard DESSONS, « Le Baudelaire de Benveniste entre stylistique et poétique », Semen n° 33, 2012

BESSON Philippe

Arrête avec tes mensonges, Paris, Julliard, 2017

BIBLE

De nombreuses traductions de la Bible en ligne sont recensées sur le site lexilogos : https://www.lexilogos.com/bible.htm. Notamment : Bible de Jérusalem ; Nouvelle Bible Segond ; Traduction oecuménique de la Bible (TOB) ; et la Bible traduite par André Chouraqui. Passages dans la section Traductions.

BIETRY-RIVIERRE Éric

« Mexique : un trésor au bout du tunnel », Le Figaro, 30-10-2014 ; http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2014/10/30/03015-20141030ARTFIG00181-mexique-un-tresor-au-bout-du-tunnel.php

BLAKE William

The Marriage of Heaven and Hell, ouvrage de prose et de poésie illustré de gravures de William Blake et de sa femme Catherine, publié en Angleterre en 1793. Fragments dans la section Traductions.

BONNEFOY Yves  

- Du Mouvement et de l’immobilité de Douve, Paris, Mercure de France, coll. Poésie, 1953

- L’Inachevable, Entretiens sur la poésie, 1990-2010, Albin Michel, 2010

- Remarques sur le dessin, Paris, Mercure de France, 1993 ; La vie errante, suivi de Une autre époque de l’écriture et de Remarques sur le dessin, Paris, Gallimard, coll. Poésie n° 313, 1997

- La longue chaîne de l’ancre, Paris, Mercure de France, coll. Poésie, 2008

- L’Arrière-pays, Paris, Gallimard, coll. Poésie, 2003

- « Yves Bonnefoy : “Il faudrait jouer Shakespeare dans le noir” », Le Monde, propos recueillis par Fabienne Darge en 2014, republiés le 5-7-2016 ; https://www.lemonde.fr/livres/article/2016/07/05/yves-bonnefoy-il-faudrait-jouer-shakespeare-dans-le-noir_4964040_3260.html?xtmc=bonnefoy&xtcr=45

- « Le haïku, la forme brève et les poètes français », conférence donnée au Japon en septembre 2000 : https://terebess.hu/english/haiku/bonnefoy.html

BORGES Jorge Luis

- Œuvres complètes, trad. de l’espagnol (Argentine) par Paul Bénichou, Jean Pierre Bernès, Roger Caillois, René L.-F. Durand, Laure Guille, Nestor Ibarra, Françoise Rosset, Sylvia Bénichou-Roubaud, Claire Staub et Paul Verdevoye, édition de Jean Pierre Bernès, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1999

- « La Pesadilla », Siete Noches, Fundo de cultura económica, 1980 ; http://biblio3.url.edu.gt/Libros/borges/Siete_noches.pdf ; trad. de Françoise Rosset revue par Jean-Pierre Bernès : « Le Cauchemar », Sept Nuits, in Œuvres complètes, t. II

- « Las dos catedrales », Buenos Aires, La Nación, 18-6-1978 ; in La Cifra, Buenos Aires, Emecé Editores, 1981 ; trad. de l’espagnol (Argentine) par Roger Caillois : « Les deux cathédrales », in Treize poèmes, édition bilingue illustrée par Pierre Alechinsky, Montpellier, Fata Morgana, 1978 ; trad. par Claude Esteban : in Le chiffre in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, éd. Jean-Pierre Bernès, t. II, 1999, p. 789

- Borges en diálogo, Barcelone, Editorial Grijalbo, 1985 ; trad. de l’espagnol par René Pons : Jorge Luis BORGES, Osvaldo FERRARI, Dialogues I, Paris, Pocket, collection « Agora  », n° 360, 2012

- « Dos que soñaron », in Revista Multicolor, supplément de la revue Critica, 22 juin 1934 ; in Obras completas, Buenos Aires, Emecé Editores, 1978, p. 338 ; http://web.mit.edu/21f702/21F702/Cuentos/DosqueSonaron.html

- « El otro tigre », in El hacedor, Buenos Aires, Emecé Editores, 1960. « L’autre tigre », texte entier en français dans la section Traductions

- Borges oral, Buenos Aires, Emecé Editores, 1979. Conférences, trad. Françoise Rosset, Paris, Gallimard, 1985 ; Folio Essais, 2006

- « Utopia de un hombre que esta cansado » in El libro de arena, Buenos Aires, Emecé Editores, 1975. Trad. Françoise Rosset : « Utopie d’un homme qui est fatigué », in Le livre de sable, Folio 2003

- Ulrica, in El libro de arena, Buenos Aires, Emecé Editores, 1975. Trad. Françoise Rosset : « Ulrica », in Le livre de sable, Folio 2003

- « El otro tigre » in El Hacedor, Buenos Aires, Emecé Editores, 1960. Poème entier en français dans la section Traductions

BOUDENOT Jean-Claude

« La vie de Wolfgang Ernst Pauli », in Reflets de la physique, n° 12, déc-janv. 2008

BOULANGER Christophe, FAUPIN Savine, PIRON François

Habiter poétiquement le monde, Lille, Musée d’Art moderne Lille Métropole, 2010

BOUVIER Nicolas

L’Usage du monde, Paris, Librairie Droz, 1963, avec illustrations de Thierry Vernet ; in Œuvres, éd. Éliane Bouvier avec la collaboration de Pierre Starobinski, préface de Christine Jordis, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2004

BRETON André

- Écrits sur l’art et autres textes, in Œuvres complètes, édition sous la direction de Marguerite Bonnet, tome IV, éd. Étienne Hubert, Philippe Bernier et Marie-Claire Dumas, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2008

- « Entretien avec Roger Vitrac », Le Journal du peuple, 7 avril 1923

- Manifeste du surréalisme, Paris, Éditions du Sagittaire, 1924 ; in Œuvres complètes, t. I, édition de Marguerite Bonnet avec la collaboration de Philippe Bernier, Étienne-Alain Hubert et José Pierre Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de La Pléiade, 1988

- Nadja, Paris, Gallimard NRF, 1928

- « Langue des pierres », Le surréalisme, même, n° 3, automne 1957 ; in Œuvres complètes, [Pléiade] t. IV, 2008, p. 959

- Second manifeste du surréalisme, Paris, Éditions Kra, 1930 

- André BRETON et Philippe SOUPAULT, Les Champs magnétiques, Paris, Au sans pareil, 1920

- Flagrant délit : Rimbaud devant la conjuration de l’imposture et du truquage, Paris, Thésée, 1949

- Manifeste du Surréalisme. Poisson soluble, Paris, Éditions du Sagittaire, chez Simon Kra, 1924

BREUIL Eddie

Du Nouveau chez Rimbaud, Paris, Honoré Champion, 2014

BRUNEL Pierre

Le Mythe de la métamorphose, Paris, Librairie José Corti, coll. Les Massicotés, 2004

BURTON Robert

The Anatomy of Melancholy, What it is: With all the Kinds, Causes, Symptomes, Prognostickes, and Several Cures of it. In Three Maine Partitions with their several Sections, Members, and Subsections. Philosophically, Medicinally, Historically, Opened and Cut Up, Oxford, Henry Cripps, 1621 (sous le pseudonyme de Democritus junior). Traduit par Bernard Hœpffner et Catherine Goffaux : L’Anatomie de la mélancolie, préface de Jean Starobinski, Paris, José Corti, 2000. Traduit par un collectif de traducteurs sous la direction de Gisèle Venet : Paris, Gallimard, coll. Folio Classique n° 4255, 2005

BYATT Antonia Susan

Little Black Book of Stories, Londres, Chatto & Windus, 2003. Trad. de l’anglais par Jean-Louis Chevalier : Petits contes noirs, Paris, Flammarion, 2006

CALASSO Roberto

K., Paris, Gallimard, 2005

CAMUS Albert

Le Mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, coll. Les Essais, 1942

CARROLL Lewis

Through the Looking-Glass, Londres, Macmilan,1871

CASSIN Barbara

Le scepticisme antique, perspectives historiques et systématiques, actes du colloque de Lausanne, 1-3 juin 1988, éd. par André-Jean Voelke, textes de Jonathan BARNES et al., Genève, Librairie Droz, coll. Cahiers de la Revue de théologie et de philosophie

CÉLINE Louis-Ferdinand, TARDI

Voyage au bout de la nuit, Paris, Futuropolis, 1988

CENDRARS Blaise

- La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, Paris, Les Hommes Nouveaux, 1913

- « Tu es plus belle que le ciel et la mer », in Feuilles de route, Paris, Denoël, 1924

CHAR René

- Feuillets d’Hypnos, Paris, Gallimard, 1946 

- Fureur et mystère, préface d’Yves Berger, Paris, Gallimard, coll. Poésie n° 15

CHARCOT Jean Martin

L’hystérie, Paris, L’Harmattan, coll. Psychanalyse et civilisations, textes choisis et introduits par E. Trillat, 1998

CHATWIN Bruce

The Songlines, Londres, Jonathan Cape, 1987. Traduit de l’anglais par Jacques Chabert : Le Chant des pistes, Paris, Grasset, 1988 ; Le Livre de Poche, 1990

CHOMSKY Noam

- Reflections on Language, New York, Pantheon Books, 1975. Trad. de l’anglais (américain) par Béatrice Vautherin, Pierre Fiala, Judith Milner : Réflexions sur le langage, Paris, François Maspero, 1977 ; Paris, Flammarion, coll. Champs Essais, 2011

- « Qu’est-ce que le langage, et en quoi est-ce important ? », conférence donnée le 25-7-2013 à l’Université de Genève. En version originale (anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=05j6fAD77ok ; en version française : https://www.youtube.com/watch?v=-wJDf9gAWW4

CHRÉTIEN DE TROYES

- Perceval le Gallois ou le Conte du Graal (1180-1181). Publié en 6 vol. d’après les manuscrits originaux par Ch. Potvin, Mons, imprimerie Dequesne-Masquillier, 1866-1871 ; http://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00GOO0100137001102684409

- Le Chevalier au Lion (1177-1181) ; Le Chevalier au Lion (Yvain), t. IV de Les romans de Chrétien de Troyes, Paris, Librairie Honoré Champion, éd. par Mario Roques d’après la copie de GUIOT (Bib. nat. fr. 794), 1982 (édition en ancien français)

CLAUDEL Camille

- Citée par Aline MAGNIEN, in Camille Claudel, Paris, Musée Rodin/Fundacion Mapfre/Gallimard, 2008

- Profonde pensée, 1900, sculpture marbre taille directe, Musée Sainte-Croix, Poitiers

- L’Âge mûr, 1898-1913, un plâtre et deux bronzes, Musée d’Orsay et Musée Rodin, Paris

CLAUDEL Paul

« Religion du signe », in Connaissance de l’Est, Vienne, Larousse, 1920 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Connaissance_de_l’Est ; édition critique établie par Gilbert Gadoffre, Paris, Mercure de France, 1973

CLOTTES, Jean, LEWIS-WILLIAMS, David

Les Chamanes de la Préhistoire : transe et magie dans les grottes ornées, Paris, Le Seuil, 1996

COELHO Paulo

O Alquimista, Rio de Janeiro, Rocco, 1988

CORAN

De nombreuses traductions du Coran en ligne sont recensées sur le site lexilogos : https://www.lexilogos.com/coran.htm. Notamment celles de Malek Chebel, d’André Chouraqui, de Dominique Penot, de Denise Masson. Passage dans la section Traductions.

CORNEILLE Pierre

Le Cid, tragi-comédie, Paris, François Targa, 1637 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86108062/f1.image

CORSO Gregory

« Writ on the Eve of My 32nd Birthday », in Long Live Man, New York, New Directions Publishing Corporation, 1962

CORTAZAR Julio

Bestiario, Buenos Aires, Editorial Sudamericana, 1951 ; https://ucaecemdp.edu.ar/wp-content/uploads/2016/09/julio-cortazar-bestiario.pdf

CREVEL René

Le Clavecin de Diderot, Paris, Éditions surréalistes, 1932 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Clavecin_de_Diderot

CURIE Ève

Madame Curie, Paris, Gallimard, 1938, ; rééd. Paris, Gallimard, coll. Folio n° 1336, 1981

DAMOUR Thibault

Si Einstein m’était conté, Paris, Cherche-Midi, 2005

DANTEC Maurice

Le Théâtre des opérations. Journal métaphysique et polémique, Paris, Gallimard, 1999

DEBORD Guy-Ernest

- Rapport sur la construction des situations et sur les conditions de l’organisation et de l’action de la tendance situationniste internationale, Paris, 1957 ; Paris, Mille et Une nuits, 2000

- In girum imus nocte et consumimur igni, film de 95 minutes réalisé en 1978, sorti en salles en 1981

DELEULE Sylvie

L’Europe des Écrivains : « l’Islande », documentaire, Arte, 2015

DESNOS Robert

« Lettres de déportation à Youki », in Œuvres, édition de M.-C. Dumas, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2003

DHAINAUT Pierre

Habiter poétiquement le monde, Villeneuve d’Asq, LaM/Lille Métropole Musée d’art moderne, 2010

DIDEROT Denis

- Le Neveu de Rameau, (texte écrit probablement entre 1762 et 1773) in Œuvres, t. XXI, première publication en français (après la publication en allemand par Goethe en 1805), non définitive, d’après une copie du manuscrit, par Brière en 1821. Première publication du texte correct, d’après le manuscrit autographe retrouvé : Paris, Librairie Plon, 1891  ; https://beq.ebooksgratuits.com/vents/diderot-neveu.pdf

- Eléments de physiologie, in Œuvres complètes, t. IX, Paris, Garnier, éd. Assezat et Tourneux, 1875. Texte établi, présenté et commenté par Paolo Quintili, Honoré Champion, Paris, 2004

DIDI-HUBERMAN Georges

Invention de l’hystérie, Charcot et l’Iconographie photographique de la Salpêtrière, Paris, Éditions Macula, 1982 ; édition revue, corrigée et enrichie d’une postface de Georges Didi-Huberman, 2014

DESCOLA Philippe

Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005

DUPRONT Alphonse

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DURAND Gilbert

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DURRELL Lawrence

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DVORAK Cordelia

John Berger ou la mémoire du regard, documentaire, Arte, 2016

ÉCHENOZ Jean

Ravel, Paris, Éditions de Minuit, 2006

ECO Umberto

Six Promenades dans les bois du roman et d’ailleurs, Paris, Grasset 1996

EIGELDINGER Marc

Mythologie et intertextualité, Genève, Éditions Slatkine, 1987

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cité par HADAMARD Jacques, Essai sur la Psychologie de l’invention dans le domaine mathématique, Paris, Blanchard, 1959

ELLIS Bret Easton

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ESCOUBAS Éliane

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FAULKNER William

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FERRY Jean-Marc

Les grammaires de l’intelligence,  Paris, Éditions du Cerf, coll. Passages, 2004

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Lettre à Ernest Duplan, 12 juin 1862, Correspondance, éd. par Jean Bruneau, et par Yvan Leclerc pour le dernier vol., Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1973-2007, t. III, p. 221-222 ; http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=11

FOLIE TRISTAN (fin du XIIe siècle)

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In Tristan et Iseut : Les poèmes français – La saga norroise, éd. bilingue et trad. de Daniel Lacroix et Philippe Walter, Le Livre de Poche, coll. Lettres Gothiques, 1989

Les deux poèmes de La Folie Tristan publiés par Joseph Bédier, Paris, Librairie de Firmin Didot et Cie, 1907 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97872633.r=Folie%20Tristan%20%3A%20Oxford?rk=42918;4

Autres éditions recensées ici : https://www.arlima.net/eh/folie_tristan_doxford.html

FOSSIER Arnaud

« Le grand renfermement » in Tracés, Revue de Sciences humaines

FOUCAULT Michel

- Les mots et les choses : une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des Sciences humaines 1966 ; rééd. coll. Tel, 1989

- L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des sciences humaines, 1969 ; in Œuvres, t. II, coll. Bibliothèque de la Pléiade, éd. sous la dir. de Frédéric Gros, texte établi, présenté et annoté par Martin Rueff, p. 117

- Le Courage de la vérité, Le gouvernement de soi et des autres, Cours au Collège de France 1984, Paris, EHESS/Gallimard/Le Seuil, coll. Hautes Études, éd. Frédéric Gros, 2009

- « Le corps utopique », conférence prononcée sur France Culture le 21 décembre 1966, après une première conférence prononcée dans le même cadre le 7 décembre précédent, « Les Utopies réelles ». Le texte des deux conférences a été publié sous le titre Le Corps utopique, les Hétérotopies, Fécamp, Éditions Lignes, 2009 ; puis réétabli in Œuvres, II, sous la direction de Frédéric Gros, avec la collaboration de Philippe Chevallier, Daniel Defert, Bernard E. Harcourt, Martin Rueff, Philippe Sabot et Michel Senellart, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2015

- Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961. « Le Grand Renfermement », Histoire de la folie à l’âge classique, in Œuvres, t. I, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, édition de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot, 2015

FREUD Sigmund

Totem und Tabu : Einige Übereinstimmungen im Seelenleben der Wilden und der Neurotiker, Vienne, Hugo Heller & Cie, 1913. Traduit par Samuel Jankélévitch : Totem et tabou. Interprétation par la psychanalyse de la vie sociale des peuples primitifs‎, Paris, Payot, 1924

FURET François, OZOUF Mona

Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1988

GARCIA LORCA Federico

Romancero gitano (1924-1927), Madrid, Revista de Occidente, 1928

- « Romance de la Luna, luna », in Romancero gitano. « Romance de la lune, lune », texte entier en français dans la section Traductions

- « Romance Sonámbulo », in Romancero gitano.« Romance somnambule », texte entier en français dans la section Traductions

- « San Miguel », in Romancero gitano. « Saint Michel », texte entier en français dans la section Traductions

- « Romance de la Pena Negra », in Romancero gitano. « Romance de la noire peine » texte entier en français dans la section Traductions

GINZBURG Carlo

- « Spie Radici di un paradigma indiziario » in A. GARGANI (dir.), Crisi della ragione, Turin, Einaudi, 1979. « Signes, traces, pistes. Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 1980, vol. 6 n°6 p. 3-44 

- Il formaggio e i vermi, il cosmo di un mugnaio del’500, Turin, G. Einaudi, 1976. Trad. de l’italien par Monique Aymard : Le fromage et les vers. L’univers d’un meunier du XVIe siècle, Paris, Flammarion, 1980

GIONO Jean

Un roi sans divertissement, Paris, Gallimard, 1947

GIRAUDOUX Jean

Ondine, Paris, Grasset, 1939

GRÉGOIRE DE NAZIANCE

Λόγοι [Discours], 45 discours écrits entre 362 et 383, dont 5 (27-31) prononcés à Constantinople en 380, intitulés par Grégoire « Discours théologiques ». Discours 27, traduit par Pierre Gallay : http://www.migne.fr/textes/peres-eglise/35-pdf-061-gregoire-de-nazianze-premier-discours-theologique

GROTHENDIECK Alexandre

La clef des songes, manuscrit non publié sur papier à ce jour, http://matematicas.unex.es/~navarro/res/clefsonges.pdf

Esquisse d’un programme, écrit en 1984. Cambridge University Press, 10 juil. 1997 ; https://webusers.imj-prg.fr/~leila.schneps/grothendieckcircle/EsquisseFr.pdf

HADOT Pierre

Le voile d’Isis, Essai sur l’histoire de l’idée de Nature, Paris, Gallimard coll. NRF Essais, 2004

HAMSUN Knut

Sult, 1890. Traduit par Edmond Bayle : La Faim, Paris – Leipzig, Albert Langen, 1895

HEGEL Georg Wilhelm Friedrich

System der Wissenschaft. Erster Theil : Die Phänomenologie des Geistes, Bamberg/Würzburg, Goebhardt, 1807 ; trad. de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre : Phénoménologie de l’esprit, Paris, Flammarion, coll. Bibliothèque philosophique (Aubier), 1991. Phénoménologie de l’esprit, présentation, traduction et notes de Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière, Paris, Gallimard, Bibliothèque de philosophie, 1993 ; rééd. Folio Essais, 2002

HEIDEGGER Martin

Vorträge und Aufsätze, Pfullingen, Günther Neske, 1954. Traduction d’André Préau, préface de Jean Beaufret : Essais et conférences, Paris, Gallimard, coll. « Les Essais », 1958 ; rééd. coll. Tel, 1980

HENLEY William Ernest

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HILDEGARDE DE BINGEN (1098-1179)

Citée par Paul MENGAL, « Quand la maladie d’amour devient hystérie : le tournant de l’âge classique », RiLUnE, Revue des Littératures Européennes, n° 7, 2/2007, Atti/Actes Eros Pharmakon

HÖLDERLIN Friedrich

« In lieblicher Bläue », 1823 ; traduit de l’allemand par André du Bouchet : « En bleu adorable », in Œuvres, édition sous la direction de Philippe Jaccottet, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1967 ; http://www.hs-augsburg.de/~harsch/germanica/Chronologie/19Jh/Hoelderlin/hoe_0801.html

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.)

Odyssée. Différentes traductions, et des éditions bilingues : https://fr.wikisource.org/wiki/LOdyssée ; http://remacle.org/bloodwolf/poetes/homere/table.htm

HORACE

Carmina, 23-13 av. J.-C. Traduction de LECONTE DE LISLE, Odes, Paris, Alphonse Lemerre, 1873 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Horace_-_Œuvres,_trad._Leconte_de_Lisle,_I.djvu

HOUELLEBECQ Michel

La Possibilité d’une île, Paris, Fayard, 2005

HUGO Victor

- Les Contemplations, Paris, Pagnerre et Michel Lévy, 1856 ; Paris, Nelson Éditeur, 1911 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contemplations

- « La Conscience », in La Légende des siècles, Paris, Hetzel, 1859, p.15-18 ; https://fr.wikisource.org/wiki/La_Légende_des_siècles/La_Conscience

- « Dieu », Paris, Hetzel et Quantin, 1891 (posthume ) ; https://fr.wikisource.org/wiki/Dieu_(Victor_Hugo)

- Les Misérables, Paris, Pagnerre, 1862 ; Paris, Édition Nationale, Émile Testard éditeur, 1890 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Misérables

JAKOBSON Roman 

- Closing Statement : Linguistics and Poetics, Massachusetts Institute of Technology, 1960. Essais de linguistique générale, trad. de l’anglais et préfacé par Nicolas Ruwet, Paris, Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1963

- « Einstein et la science du langage », Débat, n° 20, mai 1982, p. 132

JAUBERT Jacques et al.

« Early Neanderthal constructions deep in Bruniquel Cave in southwestern France », Nature, n° 534, 25-5-2016

JOORDENS J.C.A. et al.

« Homo erectus at Trinil used shells for tool production and engraving » Nature, 3-12-2014 ; n° 518, 12-2-2015, p. 228–2311

JOUFFROY Alain

Manifeste de la poésie vécue, Paris, Gallimard, coll. L’Infini, 1995

JOYCE James

Ulysses, Paris, Shakespeare and Company, édité par Sylvia Beach, 1922

KAFKA Franz

- Œuvres complètes, trad. de l’allemand (Autriche) par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert et Alexandre Vialatte, édition de Claude David, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, t. I II, III, 1976, 1980, 1984

- « Das Urteil », Arkadia, ein Jahrbuch für Dichtkunst, édité par Max Brod au printemps 1913, P. 53-65. Traduit par Alexandre Vialatte : « Le Verdict », in Œuvres complètes t.II, p. 180-191

- Tagebücher 1909-1923. Traduit par Marthe Robert : Journaux, 27 janvier 1922, in Œuvres complètes, t. III

- « Ein Hungerkünstler » [« Un artiste de la faim »], Neue Rundschau, 1922

- Lettre à Oskar Pollack, 27 janvier 1904, in Œuvres complètes t.3, p. 575

KEROUAC Jack

Lonesome Traveller, New York, McGraw Hill, 1960. Trad. de l’anglais par Jean Autret : Le vagabond solitaire, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 1969. Rééd. de deux des nouvelles de ce titre : Le vagabond américain en voie de disparition, précédé de Grand voyage en Europe, Paris, Gallimard, coll. Folio 2 € n° 3695, 2002

KHADRA Yasmina

L’Attentat, Julliard, 2005

KLEIN Étienne

Il était sept fois la révolution, Paris, Flammarion, 2005

LACAN Jacques

- Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, édition de Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, 2004

- cité par Alain SOKAL, Jean BRICMONT, in Impostures intellectuelles, Paris, Odile Jacob, 1997, chap. « Les nombres imaginaires »

LA DAME QUI AVEINE DEMANDOIT POUR MOREL SA PROVENDE AVOIR 

La dame qui demandait de l’avoine pour que Morel ait sa ration, in Nouveau recueil complet des fabliaux des XIIIe et XIVe siècles, par W. Noomen et N. Van den Boogaard, Assen, 1983

LAFERRIÈRE Dany

Vers le Sud, Paris, Grasset, 2006

LAMBLIN Bianca

Mémoires d’une jeune fille dérangée, Paris, Balland, 1993

LECONTE DE LISLE

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LEONARD DE VINCI

Codex Arundel, cité par Daniel FABRE, Bataille à Lascaux. Comment l’art préhistorique apparut aux enfants, Paris, L’Échoppe, 2014, ill. ; et cité par Daniel FABRE, « Le poète dans la caverne », in Claudie VOISENAT, Imaginaires archéologiques, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015, p. 98

LEOPARDI Giacomo

« Canto notturno di un pastore vagante dell’Asia », in Canti, éd. Firenze, 1831 ; http://ww2.bibliotecaitaliana.it/xtf/view?docId=bibit001021/bibit001021.xml&chunk.id=d5554e4897&toc.id=&brand=bibit

Texte en français dans la section Traductions

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LÉVY Bernard-Henri

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LÉVI-STRAUSS Claude

La Pensée sauvage, Paris, Librairie Plon, 1962 ; in Œuvres, édition de Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé et Martin Rueff, préface de Vincent Debaene, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, n°543, 2008

LORBLANCHET Michel

La Naissance de l’art. Genèse de l’art préhistorique, Paris, Éditions Errance, 1999

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MAGRITTE René

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MATURIN Charles Robert

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MEJIA Rafael

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MELVILLE Herman

- Moby-Dick ; or, The Whale, New York, Harper & Brothers, 1851

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MICHAUX Henri

- Émergences-Résurgences, Genève, Éditions d’Art Albert Skira, coll. Les sentiers de la création, 1972

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MICHEL-ANGE

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MODIANO Patrick

- Quartier perdu, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1985

- Dora Brüder, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1997

MOLIÈRE

- Le Tartuffe ou l’Imposteur, comédie en cinq actes et en vers créée le 5 février 1669 au Théâtre du Palais-Royal. Première publication : Paris, Jean Ribou, 1669 ; http://www.toutmoliere.net/le-tartuffe,33.html

- Le Festin de Pierre, comédie en cinq actes et en prose créée le 15 février 1665 au Théâtre du Palais-Royal. Première publication (amendée de plusieurs passages) sous le titre Dom Juan ou Le Festin de pierre : in Œuvres de Monsieur de Molière, t. 7, Paris 1682 ; http://www.toutmoliere.net/dom-juan,34.html

- Le Misanthrope, comédie en cinq actes et en vers créée le 4 juin 1666 au Palais-Royal. Première publication : Paris, Jean Ribou, 1666 ; http://www.toutmoliere.net/le-misanthrope,36.html

L’école des femmes, comédie en cinq actes et en vers, créée au Théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662. Première publication : Paris, Jean II Guignard, 1663 ; http://www.toutmoliere.net/l-ecole-des-femmes,28.html

MOLIA Agnès

Enquêtes archéologiques. Les bâtisseurs de Stonehenge, documentaire, Arte, 2018

MONTAIGNE Michel de

Essais de M. de Montaigne, Bordeaux-Paris, Simon Millanges, Jean Richer, Abel Langelier 1580-1588. Texte original de 1580 avec les variantes des éditions de 1582 et 1587, publié par R. Dezeimeris & H. Barckhausen : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102435w/f3.image.langFR. Édition de Bordeaux de 1595 : Essais, texte établi par P. Villey et V. L. Saulnier, Paris, P. U. F., 1965 : https://fr.wikisource.org/wiki/Essais/Édition_de_Bordeaux,_1595

NERVAL Gérard de

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- Aurélia ou le Rêve et la Vie, in Le Rêve et la Vie in Revue de Paris, 1855. Paris, Victor Lecou, 1855 ; http://kaempfer.free.fr/oeuvres/pdf/nerval-aurelia.pdf

NIETZSCHE Friedrich

- Die Geburt der Tragödie aus dem Geiste der Musik, 1872. Traduit de l’allemand par Jean Marnold et Jacques Morland : L’Origine de la Tragédie dans la musique ou Hellénisme et Pessimisme, Paris, Mercure de France, 1906 ; https://fr.wikisource.org/wiki/L’Origine_de_la_Tragédie. Autre traduction, par Philippe Lacoue-Labarthe : La Naissance de la tragédie, Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, 1986

- Menschliches, Allzumenschliches. Ein Buch für freie Geister, Chemnitz, Ernst Schmeitzner, 1878. Traduit de l’allemand par Henri Albert et Alexandre-Marie Desrousseaux : Humain, trop humain, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 5 et 6, Paris, Mercure de France, 1902 ;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain

- Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen, Chemnitz, Ernst Schmeitzner, 1883-1885. Traduit de l’allemand par Henri Albert : Ainsi parlait Zarathoustra, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 9, Paris, Mercure de France, 1903 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra

- Götzen-Dämmerung, Leipzig, C. G. Naumann, 1889. « Maximes et pointes » 13, Le Crépuscule des idoles, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, t. XII, Mercure de France, 1908 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Crépuscule_des_idoles/Maximes_et_pointes

NOUVEAU Germain

- Valentines et autres vers, texte établi par Ernest Delahaye, Paris, Albert Messein, 1922 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Valentines_et_autres_vers

- Poésies d’Humilis et vers inédits, texte établi par Ernest Delahaye, Paris, Albert Messein, 1924 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Poésies_d’Humilis_et_vers_inédits

- LAUTRÉAMONT, Germain NOUVEAU, Œuvres complètes, éd. de Pierre-Olivier Walzer, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1970

ÔÉ Kenzaburô

- « Shisha no ogori », 1957 ; « Hato », 1958 ; « Seventeen », 1961. Trois nouvelles rassemblées, éditées et traduites du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura : Le Faste des morts, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 2005

- M-T to mori no fushigi no monogatar, 1986. Édité et traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura : M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 1989

- Kojinteki na taiken, 1964. Traduit par Claude Elsen : Une affaire personnelle, Paris, Stock, 2000

ONFRAY Michel

Les consciences réfractaires. Contre-histoire de la philosophie, t. 9, Paris, Grasset, 2013

ORWELL George

Nineteen Eighty-Four, Londres, Secker and Warburg, 1949

OVIDE (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.)

Metamorphōseōn librī, Rome, 1er siècle. Les Métamorphoses, traduction (du latin) nouvelle annotée par Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2005) : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met01/M01-Plan.html

PALISSY Bernard

Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs thresors, La Rochelle, Imprimerie de Barthelemy Berton, 1563 et 1564 ; Recette véritable, éd. et préface de Franck Lestringant, Paris, Éditions Macula, 1996

PARIS Reine-Marie

Camille Claudel, éditions Gallimard, coll. Livre d’Art, 1984

PATRIKIOS Titos

H γλώσσα μου [Ma langue], in Ποιήματα, IV (1988-2002) [Poèmes, IV], Athènes, Kedros, 2002 ; in Sur la barricade du temps, Anthologie bilingue, traductions de Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, Montreuil, Le Temps des Cerises, Collection Vivre en poésie, 2015

PARMÉNIDE (vers 514 – milieu du Ve s. av. J.-C.)

Œuvres complètes, texte grec, http://philoctetes.free.fr/parmenide.htm ; Le Poème. Fragments, texte grec, traduction, présentation et commentaire par Marcel Conche, PUF Épiméthée, 2009 ; BOLLACK, Jean : Parménide De l’étant au monde, texte grec, nouvelle traduction et interprétation, Verdier/Poche, 2006

Voir aussi l’entrée « PENSEURS GRECS »

PASCAL Blaise

Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, dite édition de Port-Royal, Paris, 1670 

Les numéros des fragments selon les différentes éditions savantes sont répertoriés pour chaque fragment sur le site http://www.penseesdepascal.fr/index.php

« Misère » n° 102, Pensées, éd. de Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier Poche, 1991, p. 189

PAYEN Guillaume

« Racines et combat chez Martin Heidegger », in O. LAZZAROTTI et P-J OLAGNIER, L’identité, entre ineffable et effroyable, Paris, Armand Colin, 2011, p. 210-222

PERNOUD Régine

Hildegarde de Bingen, Monaco, Éditions du Rocher, 1994 ; Le Livre de Poche, 1995

PINSON Jean-Claude

Habiter en poète, Seyssel, Champ Vallon, 1995

PIZAN Christine de

Le Livre du duc des vrays amans (1403-1405). London, British Library, Harley, 4431, f. 143rb-177vb (A2 [Roy], R ; Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 836, f. 65ra-98ra (A1 [Roy], D) ; Le Livre du duc des vrais amants, 1404-1405, éd. bilingue, publication, traduction, présentation et notes par Dominique Demartini et Didier Lechat, Paris, Honoré Champion, coll. Classiques Moyen Âge, 2013

PLATH Sylvia

«  An Appearance », in The Collected Poems, édité, annoté et introduit par Ted Hughes, New York, Harper and Row, 1981 (posthume), p. 189

PLATON (vers 428 – vers 348 av. J.-C.)

Gorgias, in Œuvres, t. III, trad. Victor Cousin, Paris, Bossange Frères, 1822 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Gorgias_(trad._Cousin)

La République, trad. Victor Cousin, Paris, Rey et Gravier, 1833 ; https://fr.wikisource.org/wiki/La_République_(trad._Cousin)

Apologie de Socrate, Criton, Phédon, Paris, Garnier-Flammarion, 1965 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3784q/f1.image

PLUTARQUE (vers 46 – vers 125)

De la superstition. En bilingue grec-français (trad. D. Richard) : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/supestition.htm

POE Edgar Allan

- Complete Tales & Poems, New York, Toronto, Random House, Vintage Books Edition, 1975

- Traductions de ses œuvres par Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, William Little Hughes, Émile Hennequin, Maurice Rollinat, Félix Rabbe : https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Edgar_Allan_Poe

- « MS found in a Bottle », Baltimore, Saturday Visiter, octobre1833 ; https://en.wikisource.org/wiki/The_Works_of_the_Late_Edgar_Allan_Poe/Volume_1/MS._found_in_a_Bottle ; in Complete Tales and Poems, [Vintage Books Edition], p. 123

- « A Descent into the Maelström », Philadelphie, Graham’s Magazine, vol. XVIII n° 5, 1841, p. 235-241 ; https://en.wikisource.org/wiki/Tales_(Poe)/A_Descent_into_the_Maelström

- « The Fall of the House of Usher ». Philadelphie, Burton’s Gentleman’s Magazine, sept. 1839. (Texte entier en français dans la section Traductions)

- « The Black Cat », Philadelphie, The Saturday Evening Post, 19 août 1843

- The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, New York, Harper & Brothers, 1838

- « William Wilson », Philadelphie, Burton’s Gentleman’s Magazine, 1839

- Tales of the Grotesque and Arabesque, Philadelphie, Lea & Blanchard, 1840

- « The Purloined Letter », Philadelphie, The Gift for 1845, 1844

PRÉSOCRATIQUES et autres PENSEURS GRECS

HÉRACLITE (576 – 480 av. J.-C. environ) ; THALÈS (625-546 av. J.-C. environ) : ; PARMÉNIDE (514 – milieu du Ve s. av. J.-C.) ; EPICTÈTE (50-125 ou 130) ; EMPÉDOCLE (490 430 av. J.-C. Environ) DÉMOCRITE (460 – 370 av. J.-C. environ)

La classification retenue ici pour les fragments des penseurs grecs présocratiques cités est celle de Hermann DIELS, Walther KRANZ, Die Fragmente der Vorsokratiker griechisch und deutsch, Berlin, Weidmann, 1903 

Ces fragments (dont ceux qui sont traduits par nous dans cette thèse), sont disponibles en ligne dans cette même édition, en grec : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/thales/table.htm

Voir aussi : SOPHOCLE ; PLATON ; PLUTARQUE ; ARISTOPHANE

PROUST Marcel  

À la recherche du temps perdu, 13 vol., Paris, Grasset & NRF, 1913-1927 ; https://fr.wikisource.org/wiki/À_la_recherche_du_temps_perdu ;https://beq.ebooksgratuits.com/vents/proust.htm

Le Temps retrouvé, édition de Pierre-Edmond Robert, préface de Pierre-Louis Rey et Brian G. Rogers, édition annotée par Jacques Robichez avec la collaboration de Brian G. Rogers, Paris, Gallimard, coll. « Folio » n° 2203, 1990

QUÉTEL Claude

Histoire de la folie, De l’Antiquité à nos jours, Paris, Tallandier, 2012

RAMUZ Charles-Ferdinand

- La pensée remonte les fleuves, Plon, coll. Terre humaine, 1979 

- Remarques, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1987

RENART Jean

Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole (1025-1031). Paris, Librairie Honoré Champion, 1962

REVERDY Paul

Plupart du temps, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1945

REYES Alina

- « Chanson du poète à l’aurore », in Voyage, alinareyes.net, 2013, p. 453-454

- La jeune fille et la Vierge, Paris, Bayard, 2008

- La Chasse amoureuse, Paris, Robert Laffont, 2004

RICARDOU Jean

Problèmes du nouveau roman, Paris, Seuil, coll. Tel Quel, 1967

RIMBAUD Arthur

- « Le Bateau ivre », Poésies complètes, préface de Paul Verlaine et notes de l’éditeur, Paris, Vanier, 1895, p. 17-22 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Poésies_(Rimbaud)/éd._Vanier,_1895/Le_Bateau_ivre

- Illuminations, texte établi par Félix Fénéon, notice par Paul VERLAINE, Paris, Publications de la Vogue, 1886 ; publication partielle complétée in Poésies complètes, avec préface de Paul VERLAINE et notes de l’éditeur, Paris, Léon Vanier, 1895 ; première et autre édition : https://fr.wikisource.org/wiki/Illuminations

- Lettre à Paul Demeny, dite « Lettre du Voyant », 15 mai 1871 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_de_Rimbaud_À_Paul_Demeny_-_15_mai_1871

- Une saison en enfer, Bruxelles, Alliance typographique (M.-J. Poot et compagnie), 1873 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Une_saison_en_enfer

- Un cœur sous une soutane, intimités d’un séminariste, avant-propos de Louis Aragon et André Breton, Paris, Ronald Davis, 1924

RITSOS Iannis

« Λαός » [« Peuple »] in Δεκαοχτώ λιανοτράγουδα της πικρής πατρίδας [Dix-huit petites chansons de la patrie amère], écrites en prison le 16 septembre 1968 pour seize d’entre elles (dont « Peuple », la quatrième), en novembre 1969 pour les deux dernières, à la demande de Mikis Theodorakis qui les a mises en musique en 1973. Chantée par Maria Farantouri : https://youtu.be/XeFoCVYnPKc

ROCHE Denis

Le Mécrit, Paris, Seuil, 1972

RONSARD Pierre de

- Les Amours de P. de Ronsard vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques Odes de L’auteur, non encor imprimées, Avec privilege du Roy, Paris, Chez la veuve Maurice de la Porte, 1553 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k700023.image ;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Amours_(1553)

- Les Amours et Les Folastries, 1552, édition établie, présentée et annotée par André Gendre, Le Livre de poche, coll. Les Classiques de poche, 1993

ROSA António Ramos

Antologica Poética, Lisbonne, Dom Quixote,1999

ROTH Joseph

Radetzkymarsch, Berlin, Gustav Kiepenheuer Verlag, 1932. Traduit par Blanche Gidon : La Marche de Radetzky, Paris, Plon et Nourrit, 1934 ; Paris, Le Seuil, coll. Points, 1982 ; édition revue par Alain Huriot avec une présentation de Stéphane Pesnel et l’avant-propos de 1932 traduit par Stéphane Pesnel, Paris, Éditions du Seuil, 2013

RÛMÎ Djalâl-od-Dîn (1207-1273)

Mathnawî. La Quête de l’Absolu, trad. Éva de VITRAY MEYEROVITCH et Djamchid MORTAZAWI, Paris, Éditions du Rocher, 1990 ; rééd. 2004

SAND Shlomo

La fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq, Paris, La Découverte, 2016

SHAKESPEARE William

- Œuvres en anglais : https://en.wikisource.org/wiki/Author:William_Shakespeare

- Œuvres complètes, édition bilingue, établie sous la direction de Michel Grivelet et Gilles Monsarrat, texte anglais établi sous la direction de Stanley Wells et Gary Taylor, Paris, Robert Laffont, coll « Bouquins », 1995

- The Winter’s Tale, Londres, in-folio de 1623 ; Le Conte d’hiver in Œuvres complètes t.2 ; Conte d’hiver, trad. d’Yves Bonnefoy, in Œuvres complètes de Shakespeare, t. VII, Paris, Club français du Livre, 1961 ; Le Conte d’hiver, préface d’Yves Bonnefoy, Paris, Gallimard, coll. Folio Théâtre, 1996

- Shake-speares Sonnets, Londres, G. Eld (imprimeur), Thomas Thorpe (éditeur), 1609 ; http://shakespeares-sonnets.com/all.php

- The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark, Londres, 1603

SCHWOB Marcel

- Œuvres, texte établi et présenté par Sylvain Goudemare, Paris, Phébus, coll. Libretto, 2002

- Spicilège, Paris, Société du Mercure de France, 1896 

- Marcel SCHWOB et Georges GUIEYSSE, Étude sur l’argot français, Paris, Imprimerie nationale, 1889 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Étude_sur_l’argot_français

- Le Livre de Monelle, Paris, Léon Chailley, 1894 ; in La lampe de Psyché, Paris, Société du Mercure de France, 1906 : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Lampe_de_Psyché/Le_Livre_de_Monelle

- La Croisade des enfants, Paris, Mercure de France, 1896 ; in La lampe de Psyché : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Lampe_de_Psyché/La_Croisade_des_enfants

- « La mort d’Odjigh », in Le Roi au masque d’or, Paris, Ollendorf, 1892 ; in Œuvres, p. 239

- « Le conte des œufs », in Cœur double, Paris, Ollendorff, 1891 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Conte_des_œufs

SHIROW Masamune

Ghost in the Shell, Tokyo, Young Magazine, 1989 ; Tokyo, Kōdansha, 1991 ; Grenoble, Glénat, 1996

SIMON Claude

L’Acacia, Paris, Les Éditions de Minuit, 1989 ; postface de Patrick Longuet, Paris, Les Éditions de Minuit, coll. Double, n° 26, 2003

SOPHOCLE

Antigone, tragédie, 441 av. J.-C. ; traduction de LECONTE DE LISLE, Antigonè, Alphonse Lemerre, 1877 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Antigonè ; même traduction accompagnée du texte en grec : http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/sophocle/Antigone.htm

SOROKINE Vladimir

Лёд, 2002. Trad. du russe par Bernard Kreise : La Glace, Paris, Éditions de l’Olivier, 2005

STENDHAL

Le Rouge et le Noir, Paris, Levasseur, 1830

THOREAU Henry David

Walden ; or, Life in the Woods, Boston, Ticknor and Fields, 1854

TOLKIEN J.R.R.

The Lord of the Rings, Londres, Allen & Unwin, 1954-1955

TOMASI DI LAMPEDUSA Giuseppe

Il Gattopardo, Milan, Feltrinelli, 1958. Traduit de l’italien par Fanette Pézard : Le Guépard, Paris, Seuil, 1959 ; trad. par Jean-Paul Manganaro, Paris, Seuil, coll . Points n° 260, 2007

TORGA Miguel

Diário XV, Coimbra, Edição do Autor, 1990

L’universel, c’est le local moins les murs, traduit du portugais par Claire Cayron, Bordeaux, William Blake & Co, 2012

TOURNEUX Maurice

Gérard de Nerval, prosateur et poète, Paris, Monnier, 1887

VALÉRY Paul

- L’homme et la coquille, Paris, Gallimard, 1937

- L’enseignement de la poétique au Collège de France, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade t.1, éd. Jean Hytier, introduction biographique par Agathe Rouart-Valéry, 1957, p. 1439

- « Première leçon de cours de poétique », Leçon inaugurale du cours de poétique du Collège de France, in Variété V, Gallimard, coll. Nrf, 1944 

- « Au sujet d’Eurêka » 1921 ; in Œuvres complètes, t. 1, p. 857

VAN GOGH Vincent

- Les premiers pas (d’après Millet), 1890, huile sur toile, 91,2 x 72,4 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York

- La chaise de Gauguin, 1888, huile sur toile 90,5 x 72,5 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam

VELASQUEZ Diego

Las Meninas, 1656, huile sur toile 318 x 276 cm, Musée du Prado, Madrid

VERNANT Jean-Pierre

Les origines de la pensée grecque, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Mythes et Religions, 1962 ; rééd. Paris, PUF, coll. Quadrige, 1992

VESSIER Maximilien

La Pitié-Salpêtrière, Quatre siècles d’histoire et d’histoires, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 1999

WILDE Oscar

- Salomé, Paris, Librairie de l’Art indépendant, 1893 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Salo

- The Picture of Dorian Gray, Philadelphie, Lippincott’s Monthly Magazine, 1890

WOOLF Virginia

L’Art du roman, conférences et articles divers (dont inédits) réunis et traduits de l’anglais par Rose Celli, Paris, Éditions du Seuil, 1979 ; rééd. avec une préface d’Agnès Desarthe, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points Signatures, 2009

XENAKIS Mâkhi

Les folles d’enfer de la Salpêtrière, Arles, Actes Sud Beaux-Arts, Hors collection, 2004

ZAMIATINE Evgueni

- Пещера, 1920 ; traduit du russe par Marie-Chantal Masson-Beauchet et Jacques Catteau, préface de Jacques Catteau : La Caverne, Lausanne, L’Âge d’Homme, coll. Classiques slaves, 1990

- Мы, 1920 ; traduit par B. Cauvet-Duhamel : Nous autres, Paris, Gallimard, coll. Les Jeunes Russes, 1929

ZWEIG Stefan

Die Welt von Gestern. Traduction de Serge Niemetz : Le Monde d’hier, Paris, Belfond, 1944. Traduit de l’allemand (Autriche) par Dominique Tassel : Paris, Gallimard, coll. Folio Essais n°616, 2016

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Melmoth, suite : sacrifices humains

inquisition
l'un des PostIt que j'ai distribués dans la ville ces deux derniers jours

l’un des PostIt que j’ai distribués dans la ville ces deux derniers jours

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Le roman de Maturin décrit une société imposant des conditions d’existence pires encore que celles de La Caverne de Zamiatine ou de 1984 d’Orwell. D’autant que la société en question n’est pas une dystopie littéraire mais une réalité, celle de l’église catholique, de ses couvents, de son Inquisition. Nous l’avons dit, cette machine à opprimer et à broyer l’être humain a fini tout à la fois par affaiblir le catholicisme, avec une église de plus en plus réduite à la façon de la peau de chagrin balzacienne, et par infecter tout le corps social, où se retrouvent les méthodes de torture inquisitoriale non seulement sous leurs formes dures, en temps et lieux de guerre (guerre d’Algérie, guerre d’Irak…) mais aussi sous leurs formes adaptées à la gestion des masses, surveillance et répression collectives associées à des opérations de surveillance et répression, notamment par toutes sortes de harcèlements, ciblant tels ou tels individus – la lutte contre le terrorisme cautionnant les exactions commises dans le conflit de pensée, quand il s’agit pour les pouvoirs de soumettre des individus qui n’obéissent pas aux valeurs dominantes du faux, de la communication, du profit au service d’intérêts politiques visant à perpétuer l’ordre inique établi, ou simplement des relations humaines basées sur l’intersoumission.

Melmoth the Wanderer, titre du livre, pourrait bien qualifier le livre lui-même, au moins autant que le personnage. Avec ses histoires enchâssées, la narration erre et cela, plus que le fait de camper un personnage errant misérablement à travers les siècles sans pouvoir trouver le repos suite à un pacte avec le diable, fait naître dans le lecteur un flux de conscience tel que bien plus tard des auteurs comme James Joyce avec son Ulysses essaieront de l’obtenir par l’écriture directe du flux de conscience de leur personnage. Sauf que Melmoth the Wanderer induit un flux de conscience beaucoup plus politique, métaphysique et agité, aussi agité que l’océan déchaîné sur lequel le capitaine Achab de Melville s’acharne à pourchasser Moby Dick. Les références bibliques sont aussi importantes dans Moby Dick que dans Melmoth, et dans le personnage du très vieux juif chez Maturin, sage condamné à vivre reclus par la persécution et emblématique, comme Maturin le lui fait dire, de tous les persécutés, juifs, chrétiens, musulmans ou autres, peut apparaître comme un miroir prémonitoire de cette baleine blanche poursuivie par toutes les mers. Tandis que le jeune Espagnol qui lui fait face (et se compare explicitement à Jonas), inlassablement persécuté par les prêtres, les moines, les jésuites, les inquisiteurs, avec l’assentiment passif ou actif de la société et de ses parents, fait effet de préfiguration du Bartleby de Melville, dans son refus absolu, son refus opiniâtre, et grandissant en même temps que l’oppression qui lui est opposée, d’accepter ce que dès le début il contesta. Ainsi se rejoignent les textes de Melmoth the Wanderer et de Bartleby the Scrivener, l’Errant et le Scribe, qu’Ismaël le voyageur témoin de la folie d’Achab et du monde, fil d’or dans le labyrinthe des textes et des mondes, assume.

Quelques nouveaux passages relevés au fil de ma lecture :

« Il était impossible que la conscience la plus timorée pût trouver en elle-même assez de péchés pour remplir seulement le quart du papier que j’étais censé employer à l’examen de la mienne. Je le remplissais cependant de leurs crimes et non de ceux que j’avais commis.

(…)

- Mettez-vous donc en balance le droit et le pouvoir ? Vous sentirez bientôt que dans ces murs, il n’y a point de différence entre eux.

(…)

Chaque jour s’amoncelaient sur moi mille formes de persécution trop misérables et trop mesquines pour être mentionnées mais combien harassantes pour celui qui devait les endurer ! Imaginez, Monsieur, une communauté de plus de soixante personnes qui se seraient juré de rendre insupportable la vie d’un individu, qui auraient pris la commune résolution de l’insulter, le tourmenter et le persécuter. Imaginez aussi comment cet individu peut supporter pareille existence. Je commençai à craindre pour ma raison, pour ma vie.

(…)

Vous n’ignorez pas sans doute, Monsieur, que le pouvoir de l’Inquisition, semblable à celui de la mort, vous sépare, par un simple attouchement, de toutes les relations que vous pouviez avoir avec le monde. Du moment où sa main vous a saisi, toutes les mains humaines se détachent de la vôtre. (…) Le plus dévoué de vos parents ou de vos amis est le premier à mettre le feu au bûcher qui doit vous consumer, si l’Inquisition demande ce sacrifice. »

*

Melmoth. Voir à travers les corps

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à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

*

Difficile de lâcher Melmoth quand on le lit, et même quand on le relit vingt ans après. Le livre n’a fait que prendre en force, durant ce temps. Aussitôt relevée du TEP Scan, dans la salle de quarantaine, je l’ai rouvert. Des tâches bleues se mouvaient sur les pages. Il m’a plu d’attribuer le phénomène à la radioactivité dont j’étais imprimée, d’y voir la marque de ma capacité à lire à travers le corps des textes. J’aime les expériences, avec mon corps comme avec mon esprit, et le corps prend toujours le relais, c’est fantastique.

mon PostIt appliqué ici il y a deux semaines s'y trouve toujours

mon PostIt appliqué ici il y a deux semaines s’y trouve toujours

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J’ai commencé à en parler avant-hier, avec des passages très drôles sur la vie et la mort du père Olavida. Le livre, avec ses histoires dans l’histoire aussi labyrinthique que la Pitié-Salpêtrière, constitue une virulente critique de l’église catholique et du catholicisme. D’où son actualité : si l’église aujourd’hui ne signifie plus grand-chose, à part la pédophilie et les violences envers les enfants qui ressortent de temps en temps de façon spectaculaire comme avec la vidéo de ce vieux prêtre digne du roman de Maturin giflant un bébé qu’il doit baptiser et écrasant sa tête en lui criant dessus (ce que le directeur de l’hebdomaire catholique La Vie, dans un éditorial, trouve insignifiant, alors que c’est au contraire parfaitement emblématique – et le fait qu’il trouve cela insignifiant le prouve doublement), si donc en tant que telle l’église se réduit à peau de chagrin sous nos yeux comme si nous étions en train de lire le conte éponyme de Balzac, il en reste cependant quelque chose, il en reste tout ce qui est décrit dans Melmoth : peut-être encore dans les quelques couvents que l’on maintient tant bien que mal souvent à grands renforts de religieuses importées notamment d’Afrique et employées à quelques corvées entre deux temps de prière, mais surtout dans la société civile, laïque, « athée » : car l’athéisme revendiqué n’est qu’une adhésion à ce catholicisme dont Maturin montre bien qu’il est de fait athée, qu’il est en fait une machine à opprimer. C’est aujourd’hui dans la société civile que cet aspect du catholicisme a métastasé, porté par le corps bourgeois qui depuis la fin du christianisme spirituel, à partir de la Renaissance a transformé cette spiritualité en mécanique sociale de domination, de consommation, de communication, de bêtise, mécanique qui semble atteindre son sommet ultrapollué aujourd’hui dans les embrassades de papes et de chefs d’État, dans l’idolâtrie généralisée, organisée, impunément criminelle.

Voici les passages que j’ai notés hier dans mon carnet au fur et à mesure de ma lecture :

« La curiosité ressemble, à quelques égards, à l’amour, qui fait toujours capituler l’objet avec le sentiment : pourvu que celui-ci ait une énergie suffisante, il importe peu que l’autre soit nul ou méprisable. » [J’ai écrit à peu près la même chose dans Forêt profonde]

… tout le monde étant l’ennemi d’un homme de génie…

… les hurlements sauvages de l’ouragan et ses triomphants ravages.

Dieu nous préserve, ajouta-t-elle en se baissant pour parler dans la cheminée comme si elle avait voulu adresser la parole à cette âme inquiète.

On donne conseil aux malheureux, et quand son malheur est au comble, on se console par l’idée de l’avoir prédit.

Malgré ma jeunesse je m’étonnai de ce que des hommes pussent chercher le repos dans une retraite d’où ils ne savaient pas bannir leurs passions.

C’était du moins un laïque. Il se pouvait qu’il eût un cœur.

… mon invincible répugnance.
À ces mots, ils m’interrompirent tous en répétant mes dernières paroles.
– Répugnance ! invincible ! Est-ce pour cela que nous vous avons admis en notre présence ? N’avons-nous supporté si longtemps votre opiniâtreté que pour que vous aggraviez encore votre faute ?
– Oui, mon père, oui, sans doute. Si l’on ne me permet point de parler, pourquoi m’a-t-on amené ici ?
– Parce que nous espérions être témoins de votre soumission.

Ils s’engagèrent mutuellement à m’épier avec le plus grand soin ; c’est-à-dire à me harasser, à me persécuter, à me tourmenter (…) J’en riais intérieurement. Je me disais : « Pauvres êtres pervertis, quel mal vous vous donnez pour échapper, par cette feinte agitation et ces inventions dramatiques, au vide désespérant de votre misérable existence. »

*

Comme on le voit, les outils, notamment de surveillance, changent, mais les méthodes, la scélératesse, restent les mêmes, transportées dans la société civile.

à suivre

*

Douceur et puissance (et PostIt)

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J'avais appliqué un PostIt ici, parmi les autres affichettes

J’avais appliqué un PostIt ici, parmi les autres affichettes

et je l'ai retrouvé là, en hauteur sur une fenêtre

et je l’ai retrouvé là, en hauteur sur une fenêtre

postit 37,*

Le sentiment de douceur est depuis très longtemps chez moi associé à celui de puissance mentale. L’un et l’autre n’ont fait qu’augmenter avec le temps, et je me trouve dans une immense douceur, une puissance mentale ressentie dans l’absolu (non sur les autres, ce que je détesterais, car j’aime les gens libres).

Depuis l’enfance, la vie s’accomplit à mesure et à la mesure du pouvoir de se détacher des forces négatives. C’est cela, le voyage : savoir traverser ce qui est mort ou promis à la mort et en partir. C’est pourquoi, au gré de mes pérégrinations, j’applique des PostIt, des papiers détachables, porteurs de mots absolus, dans la ville.

Ils sont plusieurs dizaines maintenant, et j’ai le bonheur de voir que certains sont toujours là plusieurs jours après, quelques-uns depuis le premier jour où j’ai commencé, il y a deux semaines. Je ne peux pas repasser partout vérifier s’ils y sont encore ou n’y sont plus avant de poster leur photo ici pour une autre vie, comme j’avais commencé à le faire – mais les règles sont faites pour pouvoir être changées. En voici donc quelques-uns dont pas mal, sans doute, sont encore en place, car ces petits papiers ont une belle durée de vie au grand air. Certains sans doute ont été jetés par des nettoyeurs, mais d’autres qui n’y sont plus, qui sait ? sont peut-être chez l’un·e ou l’autre passant·e qui les aura cueillis ? Hier j’ai eu la joie de voir que l’un d’eux avait été, non pas jeté ni pris, mais déplacé par quelqu’un qui l’a appliqué dans un meilleur endroit, plus en hauteur, et j’ai eu la joie aussi de voir un passant s’arrêter pour le lire. Pour l’instant presque tous sont uniques, ce qui signifie que chaque jour ou presque je me replonge dans tel ou tel texte pour y trouver un tout petit ensemble de mots détachables – et en faisant cet exercice on se rend compte que peu de textes comportent en fait de tels si petits ensembles capables de déclencher l’imaginaire et la pensée. Il y a là quelque chose de primaire, de concentré, d’absolu, comme dans les fragments qui nous restent des penseurs présocratiques : quelque chose d’extrêmement revivifiant. Immense douceur et immense puissance mentale, disais-je.

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ces jours-ci à Paris, PostIt et photos Alina Reyes

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Melmoth l’homme errant. Vie et mort du père Olavida

melmoth phébus

melmothmelmoth phébus

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En train de relire Melmoth L’homme errant de Charles Robert Maturin (1820), je me régale et ris beaucoup. J’ai trouvé cet exemplaire il y a quelque temps dans le hall de mon immeuble, où nous, locataires, avons pour coutume de déposer ce que nous voulons donner et de prendre à volonté ce qui est donné. Il s’agit de l’édition de 1965 de Jean-Jacques Pauvert, remarquablement bien faite – quoique le livre soit déjà vieux il se tient parfaitement, avec ses feuillets bien cousus, quoiqu’il soit épais il est léger, et le texte y est accompagné d’une préface d’André Breton, d’une série de considérations de Baudelaire sur ce livre, et d’une note de la traductrice (première traduction française intégrale de ce chef d’œuvre de la littérature gothique), Jacqueline Marc-Chadourne. J’avais déjà lu la même édition du texte quand il a été publié par Phébus en 1996, mais le livre est resté dans ma bibliothèque à la montagne, à la disposition des nouveaux habitants de la maison. Et je suis heureuse de pouvoir le relire dans cette belle édition de Pauvert. J’en reparlerai probablement, mais en attendant, en voici des passages sur le personnage nommé père Olavida, avant sa mort, puis après sa mort dans la terreur, qui me font beaucoup rire :

Charles Robert Maturin, Dublin 1782 - Dublin 1824

Charles Robert Maturin, Dublin 1782 – Dublin 1824

*

« Ce prêtre, d’une sainteté exemplaire, était très aimé de la famille de Cardoza et respecté de toute la région où il avait fait preuve d’un goût et d’un talent peu communs pour l’exorcisme : en fait, c’était là le « forte » du bon père qui ne manquait pas de s’en flatter. Le diable ne tomba jamais en mains pires que celles du père Olavida : s’il était assez obstiné pour résister au latin ou même, dans les cas d’extrême difficulté, aux premiers versets de l’évangile selon saint Jean en grec – (Stanton se remémora l’histoire anglaise du Boy of Bilson et même ici, en Espagne, ne put s’empêcher de rougir pour ses compatriotes) – le bon père avait recours à l’Inquisition ; et l’on voyait alors ces opiniâtres démons s’échapper des possédés tandis qu’au milieu de leurs cris (de blasphème sans aucun doute) on les attachait au bûcher.

(…) [Après une terrible, muette et paralysante confrontation avec « l’étranger », « l’Anglais » :]

Puis, élevant la voix, il voulut prononcer les mots sacramentels de l’exorcisme : mais il ne put y parvenir. La rage, la haine et la frayeur avec lesquelles il regardait l’étranger devinrent de plus en plus marquées sur sa physionomie : elle avait une expression terrible. Tous les convives se levèrent, et s’étant groupés, ne cessèrent de se demander : « Qui donc est-il ? » Bientôt leur terreur fut au comble, quand ils virent Olavida, à l’instant même où il montrait l’Anglais du doigt, tomber sans mouvement…….. Il n’était plus.

(…)

Une circonstance extraordinaire arriva aux funérailles du père Olavida. On l’enterra dans un couvent voisin, et sa réputation de sainteté, jointe à l’intérêt causé par sa mort étrange, réunit une grande foule de monde à la cérémonie. Un religieux d’une éloquence reconnue, fut choisi pour prononcer son oraison funèbre. Pour rendre plus puissant l’effet de son discours on plaça dans l’allée centrale le corps étendu dans la bière, le visage découvert. Le moine tira son texte de l’un des prophètes : « La mort a pénétré dans nos palais. » Il s’étendit sur la mort dont l’approche, hésitante ou brutale, est redoutable à l’homme. Il parla, avec beaucoup d’éloquence, des vicissitudes des empires, mais l’auditoire ne semblait guère en être affecté. Il cita plusieurs passages de la vie des saints, décrivant la gloire du martyre et l’héroïsme de ceux qui donnèrent leur sang ou furent brûlés vifs pour le Christ et sa Sainte-Mère, mais l’assistance semblait attendre quelque chose de plus touchant encore. Ses auditeurs sortirent un instant de leur torpeur lorsqu’il se répandit en invectives contre les tyrans qui persécutèrent ces saints hommes, car il est plus facile d’exciter la passion que le sens moral. Mais quand il parla du mort, désignant d’un geste emphatique le corps froid et inanimé gisant devant eux, tous les regards se fixèrent dans cette direction, toutes les oreilles devinrent attentives. Même les amoureux qui, sous prétexte de plonger la main dans le bénitier, s’ingéniaient à échanger des billets doux, interrompirent un instant cette intéressante occupation pour écouter le prédicateur. Après avoir passé en revue toutes les vertus du défunt, énuméré les nombreuses pertes dont souffriraient par suite de son départ la communauté à laquelle il appartenait, la société et la religion, l’orateur adressa à cette occasion de véhéments reproches à la Divinité :

- « Oh Dieu ! », s’exclama-t-il, « pourquoi avoir agi ainsi avec nous ? Pourquoi avoir arraché à notre vue ce glorieux saint dont les mérites proprement appliqués auraient sans doute pu expier l’apostasie de saint Pierre, l’opposition de saint Paul (avant sa conversion) et même la trahison de Judas lui-même ? Pourquoi, oh Dieu, nous l’avoir enlevé ? »

Alors une voix rauque et profonde s’élevant de la congrégation répondit :

- Parce qu’il a mérité son sort. »

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biboulece matin à Paris, photo Alina Reyes

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En lisant le Kalevala : la création du monde par Ilmatar, la Femme-Air

320px-Ilmatar

Avant le début du monde, Ilmatar, la  « Femme-Air » ou « Fille de l’Air », plane sur les eaux, enceinte des vagues et du vent, enceinte depuis 700 ans de Väinämöinen, le « Ménestrel », dieu des chants et de la poésie. Un oiseau, aigle ou canard selon les versions originelles, orales, de l’épopée finnoise, pond ses œufs sur son genou dépassant de l’onde. Elle les renverse et commence à créer le monde. Extrait de la première rune (chant) :

 

R.W. Ekman, "Ilmatar", 1860, huile sur toile, 79 x 111,5 cm

R.W. Ekman, « Ilmatar », 1860, huile sur toile, 79 x 111,5 cm

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« L’oiseau se met à couver ses œufs. Il couve un jour, il couve deux jours, il couve presque trois jours. Alors, la mère de l’onde, Ilmatar, sentit une chaleur ardente dans sa peau ; il lui sembla que son genou était en feu, que tous ses nerfs se liquéfiaient.

Et elle replia vivement son genou, elle secoua tous ses membres ; et les œufs roulèrent dans l’abîme, en se brisant à travers les flots.

Cependant, ils ne se perdirent point dans la vase, ils ne se mêlèrent point avec l’eau. Leurs débris se changèrent en belles et excellentes choses.

« De la partie inférieure des œufs se forma la terre, mère de tous les êtres ; de leur partie supérieure, le ciel sublime ; de leurs parties jaunes, le ciel radieux ; de leur partie blanche, la lune éclatante ; leurs débris tachetés devinrent les étoiles ; leurs débris noirs les nuages de l’air. »

Et les temps marchèrent en avant, et les années se succédèrent, car le soleil et la lune avaient commencé à briller.

Mais la mère de l’onde, Ilmatar, continua encore à errer sur la vaste mer, sur les flots vêtus de brouillards. Au-dessous d’elle, la plaine humide, au-dessus d’elle le ciel clair.

Et la neuvième année, le dixième été, elle leva la tête hors de l’eau et se mit à répandre autour d’elle ses créations.

Partout où elle étend la main, elle fait surgir des promontoires ; partout où touchent ses pieds, elle creuse des trous aux poissons ; partout où elle plonge, elle rend les gouffres plus profonds. Quand elle effleure du flanc la terre, elle y aplanit les rivages ; quand elle la heurte du pied, elle y fait naître des filets fatals aux saumons ; quand elle la frappe du front, elle y perce des golfes.

Puis elle prend son élan et s’avance jusqu’en pleine mer. Là, elle crée des rochers, elle enfante des écueils, pour le naufrage des navires, pour la mort des marins.

Déjà les îles émergent des flots, les piliers de l’air se dressent sur leur base, la terre, née d’une parole, déploie sa masse solide, les veines aux mille couleurs sillonnent les pierres et émaillent les rochers. Et Väinämöinen n’est point encore né, le runoïa éternel n’est point encore paru. »

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Kalevala, épopée de 22795 vers répartis en cinquante chants, composée par Elias Lönnrot au milieu du XIXe siècle à partir de poèmes de la mythologie finnoise ; traduction de L. Léouzon Le Duc (Lönnrot ayant opté pour aigle puis pour canard, j’ai seulement changé le mot en « oiseau », et l’appellation « fille d’Ilma » (de l’Air) en son nom en finnois, au sens moins restreint : « Ilmatar ». Je lis ce splendide poème (grâce à l’une de mes splendides petites-filles éduquées en Finlande, qui en connaissent des passages par cœur) dans la version que j’ai téléchargée sur gallica.fr.

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Dans la pièce obscure,
lumière de la tablette :
le Kalevala

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Les pages jaunies
glissent sur l’écran tactile :
le vieux livre vit

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Calme nuit d’été
La ville chuchote à peine
tandis que je lis

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