Les travailleurs intellectuels

Un professeur de philosophie, à propos de BHL

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L’océan assume et surmonte ses tempêtes, elle est en paix. Elle entend la gardienne, en bas, qui sort les poubelles. Elle est heureuse de faire partie du peuple des travailleurs. Tout à l’heure, songeant dans l’ombre et la lueur de la liseuse de Plaisir, avant de s’endormir, elle lui a dit : Fais-moi penser demain à écrire quelque chose sur cette phrase de Kafka : « Dans ton combat contre le monde, seconde le monde. » Parce qu’elle venait juste de vraiment la comprendre. Cela lui revient maintenant. Elle ne va pas l’expliquer tout de suite ici, mais il lui revient aussi que juste avant de penser à cette phrase, elle se disait que face à la douleur, face à la souffrance, il ne fallait pas, pour les rendre supportables, s’y enfoncer, soit par l’alcool, soit par d’autres drogues, soit par la folie mauvaise, mais leur faire un pied-de-nez par la folie douce et l’esprit d’enfance. Tiens, Joie le dit : seconde le monde, cela signifie continue à lui donner des gages de la vérité, qui le rendront furieux contre toi. C’est ainsi que tu resteras debout, et qu’il s’effritera. De même que les énormes secrets que tricotent les hommes, ces parques dérisoires, finissent par s’effondrer sur eux-mêmes, dévorés par leur néant. Car tout ce qui est tissé dans le secret, fût-il de polichinelle, est tissé à l’envers. C’est la nuit que Pénélope détisse ce qu’elle a tissé le jour, afin que les prétendants piétinent et n’arrivent à rien, aussi longtemps qu’il le faudra.
Les travailleurs intellectuels. Quand Joie rencontre cette expression, « travailleurs intellectuels », elle lui plaît. Les travailleurs intellectuels forment une classe moyenne grandissante, où grandit aussi la précarité et la paupérisation. La paupérisation des travailleurs intellectuels a pour effet de les ranger de plus en plus aux côtés des autres pauvres, et de stimuler en eux une pensée du combat. Mais cette paupérisation s’accompagne d’une invisibilisation, par la falsification médiatique du terme « intellectuel ». Les intellectuels médiatiques ne sont pas des travailleurs intellectuels mais des agents du show-business (disons pour éviter d’employer le terme de spectacle, qui désormais renvoie aussitôt, dans le champ intellectuel, à la pensée de Guy Debord, laquelle, toute pertinente qu’elle soit, sert de pseudo-pensée révolutionnaire à une bourgeoisie intellectuelle qui n’est en réalité attachée qu’à conserver ses privilèges).

 

Un professeur de philosophie, à propos de BHL

Un professeur de philosophie, à propos de BHL

(…)

À la Halle Saint-Pierre, Joie a entendu Jean Maurel parler de la main dans Nadja, et chez Chirico, et chez Nietzsche. Son discours sortait de son corps en réseaux, comme par les synapses du cerveau, en quelque sorte un discours automatique, un discours-poésie, surréaliste. Maintenant un éditeur historique élève ses auteurs en batterie, telles des poules de luxe pondeuses de livres commandés et formatés. Des bourgeoises ou filles de bourgeois paient leur formation chez le patron qui continuera à les manipuler une fois qu’elles seront devenues productives, et les lecteurs, formatés eux aussi, ne songeront même pas à exiger une nouvelle réglementation pour l’étiquetage des livres, mentionnant comme pour les produits alimentaires si c’est du naturel ou de l’industriel. Malheureux temps de cerveaux disponible, gavé de saloperies cancérigènes. Heureusement les morts nous regardent et les poètes qui ont visité Joie en rêve, Homère, Rimbaud, Kafka, et même Bouddha, et même Dieu, tous venus l’habiter la nuit et restés là en elle avec ses bêtes et ses dents, sont toujours vivants, sauvages, et sauveurs.

À propos d’œufs et de poules, sommes-nous dans une époque où les gens ont une basse idée de la littérature parce qu’on leur fait avaler de basses œuvres, ou la médiocrité des œuvres mises sur le marché vient-elle de la médiocrité de l’idée que se font les marchands et les clients de la littérature ? D’où viennent les ombres qu’on projette au fond de notre caverne ?

(…)

Je lui ai exposé le plan de ma thèse, en utilisant des cailloux pour mieux le disposer sur la table. Nous étions sur la terrasse, au troisième étage dirais-je, quoique cela ne soit pas facile à déterminer dans ces maisons qui épousent la pente et où le rez-de-chaussée n’est pas au même niveau des deux côtés. De là-haut nous avions une vue plongeante sur ce village où sont passés nombre de surréalistes, et le sujet de ma thèse était donc, à partir de ce cas, le rapport entre la lettre, l’art et le lieu. Soudain il a dit : et si nous faisions faire des fouilles archéologiques, pour déterrer un morceau de l’antique mur d’enceinte ? J’ai été absolument ravie par cette idée. Il est alors descendu aussitôt voir des gens du village, puis il est remonté et nous avons assisté ensemble au dégagement et à l’apparition symbolique du mur : les habitants enthousiastes se disposant eux-mêmes sous nos yeux comme des pierres et retraçant ce qui était en fait moins un mur que deux murets parallèles bordant et créant un sentier. Émue et surexcitée, je me suis retirée à la cuisine. Il m’a rejointe et nous avons parlé encore un peu de mon sujet. Le soir tombait. Nous sommes sortis. La tempête se levait entre les rochers, autour du village, c’était très beau.

*

Ce sont des extraits d’une partie de ma thèse révolutionnaire, qui comporte quelque 400 pages disons de recherche théorique interdisciplinaire et quelque 300 pages de recherche littéraire sous forme de fiction, théâtre, poésie. Je rappelle qu’elle est téléchargeable gratuitement ici. Elle a été téléchargée déjà près de 300 fois depuis sa mise en ligne à l’automne dernier, et sur un rythme qui va croissant. Bonne lecture !

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Chronique de la macronie et basta ! Journal des jours heureux

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Après le constat sur les faux-monnayeurs en place, les déplacements de joie, rues, jonglages, zazen et autres jeux.

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Quel serment frappé à votre effigie allez-vous mettre en circulation ici, vous [Louis Bonaparte], le faux monnayeur de l’honneur ! Victor Hugo

Brigitte Macron, bronzée qui fait du ski fraîchement botoxée, appelle ses concitoyens à la non-violence, tandis que son mari, bronzé qui fait du ski, démantèle le pays et mutile les gens à coups de LBD, annonce qu’il envoie maintenant l’armée contre eux, plutôt que d’apporter des réponses politiques à leur demande de justice. Pourquoi ce couple me rappelle-t-il l’abbé Le Morandais, selon qui le viol des enfants par les curés vient d’une demande de tendresse des enfants, lesquels adorent embrasser les vieux sur la bouche ? Et pourquoi LaREM me rappelle-t-elle le pape François, qui refuse la démission de Barbarin ?

Bien loin de chez nous, en Australie, un prélat abuseur, jusqu’à ces dernières semaines n°3 du Vatican, a pris pour six ans de prison ferme, le juge ajoutant : j’ai bien conscience que vu votre âge et votre état de santé vous ne sortirez probablement jamais de prison, mais c’est ainsi, vous n’êtes pas un bouc émissaire, c’est bien vous, cardinal Pell, qui êtes jugé et condamné. Le parquet aux ordres est plus clément en France avec les abuseurs et leurs complices. Mais tout n’est pas perdu chez nous. Le Sénat a décidé de transmettre à la justice, pour faux témoignage, les cas de Benalla et de Crase, mais aussi de trois autres proches de Macron, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lavergne.

La débâcle de Macron sur tous les plans signe son imposture. On n’en finirait pas d’énumérer les dysfonctionnements et les violences qu’il a fait subir à la République, à la chose publique, en moins de deux ans de fonction. On n’avait jamais vu ça, mais on aurait pu le voir si Ségolène Royal – qui justifie aujourd’hui le recours à l’armée contre le peuple – avait été élue. Sa campagne était empuantie par une semblable imposture totale, et également soutenue, ouvertement ou non, par nombre d’ « intellectuels » à la BHL qui ont ensuite soutenu Macron. Il y a là toute une bande de faux monnayeurs qui manœuvrent dans les nouvelles caves du Vatican (Gide étant l’un des auteurs préférés de Macron, qu’il me pardonne de lui emprunter ses titres) que sont les médias, pour leurs propres intérêts de classe. J’ai annoncé leur danger, représenté par Macron, dès l’élection de ce dernier, en mai 2017, comme je l’avais fait quand Royal en était l’expression, en février 2007. Les hommes et les femmes politiques passent – enfin, pas tant que ça en France où ils s’accrochent en dépit de tous leurs échecs ou condamnations en justice. Ils passent, mais restent les mêmes et se reproduisent ceux qui les soutiennent, ceux qui manœuvrent pour les faire élire, la caste des clercs, des intellectuels médiatiques, de ceux qui se rendent aux convocations de Macron afin d’être instrumentalisés pour sa publicité comme Brigitte Macron instrumentalise les enfants pour faire aussi sa propagande, en vantant la non-violence alors que le régime pratique de façon inouïe en république toutes sortes de violences, langagières, policières, sociales, économiques, morales.

Le destin des faux-monnayeurs, c’est de finir en prison. Si on ne les expédie dans une prison à barreaux de fer, comme celle de Pell en Australie, ils s’emprisonnent eux-mêmes, socialement et mentalement, dans une spirale de plus en plus infernale, qui les oblige à se cadenasser, se replier toujours plus sur leur petit milieu, et à employer des armes dégueulasses contre les civils qui exigent de n’être plus payés de mots : dans l’enfermement de ceux qui doivent vivre derrière les barreaux de leur déshonneur.

*22-3-19 : une certaine Zahra Mouloud a plagié ce texte sur Facebook, et refuse de le créditer après que je lui ai demandé de le faire. Une occasion de rappeler mon texte sur Sollers plagiaire

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Quant à nous, notre honneur est intact, et notre bonheur de vivre aussi. En travaillant, en marchant, voici les images de ce jour et d’hier.

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mouffetard 3-minUn beau Christophe Dettinger. J’apprends ce soir, quelques minutes après avoir posté cette image, qu’il a été suspendu de ses fonctions à la mairie d’Arpajon. Qu’est-ce que ce pouvoir qui confisque une cagnotte ouverte pour l’aider puis prive ce père de famille, travailleur exemplaire, de son emploi ? Honte, honte, honte à ces bourgeois ligués contre le peuple, honte à Macron et à toute sa clique.

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autour de la rue Mouffetard et au jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Goethe, Chant de nuit du voyageur (ma traduction)

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J’ai traduit aujourd’hui à ma façon, toujours très interprétative, ce fameux petit poème, le second de ses deux Wandrers Nachtlied. Toute traduction est une interprétation, mais plus ou moins. Traduire, à la racine, c’est conduire à travers, et interpréter, aller entre. On peut traduire, faire passer un texte d’une langue à l’autre, sans s’attarder entre, entre une langue et l’autre. C’est tout le travail de l’interprète, qu’il soit musicien ou comédien ou encore ethnologue ou scientifique, d’aller entre, chercher en profondeur ce qui peut s’y trouver. J’ai conscience de traduire des textes immenses (même lorsqu’ils sont comme celui-ci minuscules) et je m’attarde donc dans le passage, j’essaie de les interpréter linguistiquement, en cherchant le sens profond des mots employés, et aussi musicalement, et théâtralement. Mes traductions ne sont pas plus définitives que l’interprétation d’une partition par une musicienne ou d’un personnage par une comédienne, elles sont un moment de vérité parmi d’autres (d’autres interprètes ou d’autres interprétations de la même interprète). « C’est dans l’islam que je trouve le mieux exprimées mes propres idées », disait Goethe. Ce poème me semble l’illustrer.

Après ma traduction, qui respecte le nombre de vers en allemand, deux interprétations des mises en musique du poème par Schubert et par Lizst.

 

Sur tous les sommets
Repose l’être
Tu sens dans les faîtes
Un souffle léger ;
Au bois les oiseaux
Suspendent leurs chants.
Attends un instant !
À toi d’être en repos.

 

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À lire, cette page riche en informations sur les Wandrers Nachtlied et autour d’eux et du chêne de Goethe

L’école buissonnante. 30 images du jour

paris 19 mars 2019, 4-min

Tout en marchant, j’ai songé que dans les ateliers d’écriture, on met la charrue avant les bœufs. Résultat, ça ne laboure pas, et rien de bien nourrissant ne pousse.

J’ai marché ce matin, j’ai marché cet après-midi, et après avoir contemplé la Seine, plus en aval qu’hier, je suis cette fois allée travailler à la Sorbonne, dans la très belle bibliothèque Jacqueline de Romilly. Bonheur bonheur. J’ai toujours soif d’étude et d’écriture, et je suis toujours apte à boire et à donner à boire, en beauté et en bohème, comme j’aime, librement. Ensuite je suis passée à la bibliothèque de l’Institut de Géographie, puis devant l’ENS, et puis en chemin j’ai fait des images, les voici, celles du matin et celles de l’après-midi, dans l’ordre où elles sont arrivées.

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paris 19 mars 2019, 1-minJ’aime beaucoup ce mur avec son mélange de restes de lettres de vieille publicité et de tags (13e)

paris 19 mars 2019, 2-minUne nouvelle œuvre dans mon quartier, elle me plaît

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paris 19 mars 2019, 3-minPompiers et passants

paris 19 mars 2019, 5-minEn remontant la rue Champollion

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paris 19 mars 2019, 11-minplace de la Sorbonne

paris 19 mars 2019, 12-minet la Sorbonne

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paris 19 mars 2019, 18-minl’escalier qui mène à la bibliothèque de l’Institut de Géographie

paris 19 mars 2019, 19-minQuelques œuvres de C215 que je n’avais peut-être pas encore photographiées, parmi toutes celles du quartier, autour du Panthéon

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paris 19 mars 2019, 22-minl’ENS

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paris 19 mars 2019, 24-minlumière splendide de fin d’après-midi sur les toits

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L’actualité est sur les murs de la ville, toujours

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Aujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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Planter

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Après le rendez-vous à l’hôpital je suis allée voir la Seine puis j’ai traversé le jardin des Plantes où les jardiniers s’activaient, puis je me suis installée à la bibliothèque et là j’ai travaillé comme une reine, si bien qu’à la fin, de bonheur, j’en avais la tête qui tournait et les oreilles qui bourdonnaient. Voici mes images du jour, pour fêter le printemps.

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jardin 3-minLe grand cerisier commence à fleurir, bientôt, sauf à passer dessous, on ne distinguera plus ses branches

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Aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Sur les bords du canal de l’Ourcq (en 45 photos)

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Je suis allée animer deux ateliers d’écriture érotique, avec chaque fois une dizaine de participants, jeunes femmes et jeunes hommes, organisés par l’association La Bastillette au Pavillon des Canaux, une charmante maison au bord du canal de l’Ourq transformée en café-restaurant-lieu de vie. C’était très bien, et j’en ai profité pour me promener sur les bords du canal et photographier street art, architecture et paysages de ce quartier si vivant et si agréable. Le vent soufflait tout aussi agréablement.

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canal de l'ourq 47-minÀ l’occasion du 8 mars, des rues avaient été renommées de noms de femmes

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canal de l'ourq 19-minkippa noire, kippa blanche

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canal de l'ourq 22-minAh, l’écluse est en train de laisser passer des bateaux. On attend derrière la barrière, puis le pont redescend, et on repart

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canal de l'ourq 43-minVoilà le Pavillon des Canaux, et la salle à l’étage où j’ai animé les ateliers

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Le soir, au retour, dans le métro, il y avait Assa Traoré. (Ou bien son sosie) J’ai pensé qu’elle revenait peut-être des Gilets jaunes.

Ce samedi 9 mars à Paris 19e, photos Alina Reyes

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Samedi, l’amour court les rues. 40 grafs et tags de ces jours-ci

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J’ai trouvé sur twitter ces street-art post-it excellents. Je ne sais pas si le gars a eu la même idée que moi, ou s’il la reprise de twitter où j’en avais posté beaucoup avec hashtag il y a quelques mois, quand je l’ai inventée, en tout cas c’est très bien vu :

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Moi aussi j’ai continué à distribuer des post-it dans la ville, et à photographier les graffitis et autres tags lors de mes déambulations de ces jours derniers.

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street art 13-minJ’ai maintes fois photographié les grandes fresques du 13e arrondissement, dont cette œuvre de Seth, je ne les rephotographie pas chaque fois au fil de mes balades mais une de temps en temps…

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Je suis entrée dans une cour d’immeuble rue Mouffetard et j’ai aussi photographié ce bel escalier montant vers la lumière, vers ce que j’imagine comme une chambre d’amour :

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Ces jours-ci à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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Multiplication des pains, façon « inconnus »

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Après avoir l’autre jour recommencé à multiplier les Post It dans la ville, j’ai commencé aujourd’hui à y multiplier mes livres. Tout cela dans un mouvement général de multiplication des « pains », en ligne aussi : mes articles parus ces jours derniers sur de multiples sites, où les textes peuvent rencontrer des lecteurs de multiples horizons : Agoravox ; Bellaciao ; Médiapart ; Lundi matin ; aujourd’hui Paris Luttes Info… Ce n’est pas fini, et pour ce qui est des distributions de pains dans la ville, ce n’est qu’un début, j’ai d’autres idées.

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Mon premier pain de livre distribué. Je me suis assise sur un des rares bancs libres au jardin des Plantes, j’y ai déposé ce livre composé de deux nouvelles, j’ai fait la photo, j’ai attendu un peu. Une famille de quatre musulmanes est arrivée, les fillettes sont allées jouer, les deux femmes, dont l’une voilée, se sont assises. Au bout de quelques instants, je me suis levée, je suis partie, laissant le livre. L’une des femmes m’a appelée : – Madame, c’est à vous, ce livre ? – Non, ai-je dit. – Ah très bien, alors je vais le lire, a-t-elle dit toute contente en le prenant.

J’ai poursuivi mon chemin, ravie de ce premier coup.

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Derrière cette fenêtre ouverte par ce temps printanier, des personnes travaillaient dans un bureau. J’ai déposé sur le rebord cette nouvelle bien plus chaude que le climat et la météo, et j’ai continué mon chemin, quelqu’un s’en emparera bien.

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Je suis entrée derrière un restaurant où se trouvaient des poubelles et aussi des vélos des employés. Tout près, à côté des fleurs, j’ai déposé ce petit roman.

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Puis je suis retournée au jardin travailler à merveille, assise dans l’herbe, bras nus.

À suivre !

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« Toute la mémoire du monde » et tout le bonheur des humains : bibliothèques

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Le bonheur est dans la bibliothèque, cours-y vite, cours-y vite !

Pour commencer cette note de vidéos sur quelques bibliothèques, ce court-métrage si littéraire, voire surréaliste, d’Alain Resnais sur la BNF : Toute la mémoire du monde, qui date de 1956 (il me plaît que ce soit l’année de ma naissance), tourné juste après Nuit et brouillard. J’ai travaillé vers 1989 dans cette bibliothèque, sur le site Richelieu, avant la construction de la nouvelle BnF. J’y allais avec mon chéri, j’y ai écrit une bonne partie de mon deuxième roman, Lucie au long cours. La caméra du cinéaste se promène dans les artères de la bête comme une pensée dans un cerveau ou dans un livre. Les humains y apparaissent petits, éphémères, et au service de l’écrit, bien plus vaste et durable qu’eux : et cette humilité est toute leur grandeur.

D’autres films d’Alain Resnais sur ce blog, dont le magnifique Les statues meurent aussi : ici

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Et voici la merveilleuse aussi bibliothèque Mazarine, la plus ancienne bibliothèque publique de France, jouxtant l’Académie française, où j’allai travailler quelques années plus tard, toujours avec mon chéri, alors que nous avions maintenant deux tout-petits que nous déposions le matin à la crèche en chemin. Nous nous installions à une table près d’une fenêtre, afin de pouvoir rêver tour à tour en contemplant la Seine et en regardant les allées et venues d’un bibliothécaire dans les galeries supérieures.

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Umberto Eco se déplaçant dans sa bibliothèque personnelle. Je rêve d’avoir tous mes livres avec moi, mais j’en ai perdu beaucoup, notamment quelques belles éditions qui ont été mangées par les souris à la montagne quand je n’y étais plus. Un jour, sans doute, j’aurai de nouveau de l’espace et j’y reconstruirai un palais de livres…

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En Colombie et en Turquie, des éboueurs ont bâti des bibliothèques avec des livres récupérés dans les poubelles et en font profiter la population. Dans plusieurs pays dont en France, on trouve des micro-bibliothèques publiques dans les jardins ou autres lieux de la ville, où chacun peut déposer et prendre des livres librement. Tout est possible en matière de transmission de livres. Ici il s’agit aussi de transmission de langue, puisque les bibliothèques accueillent des migrants de toutes parts pour les aider à apprendre le français.

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Jacques Duclos raconte sa bibliothèque. J’ai beaucoup entendu parler de lui dans mon enfance, mon père l’aimait beaucoup, et ma foi c’était un homme de valeur (et originaire de mes montagnes, qui sont aussi celles de ma grand-mère paternelle, qui m’a transmis je crois quelque chose de ce pays) :

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Pour terminer, cette extraordinaire bibliothèque en Chine – non pas l’immense qui vient d’ouvrir, avec son architecture tape-à-l’œil et ses rayonnages remplis de faux livres, mais une bibliothèque aux murs de brindilles frémissantes dans la forêt, où l’on entre en franchissant une passerelle.

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Des photos de quelques-unes des bibliothèques dans lesquelles je travaille ces dernières années : ici

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Révolution permanente. La ville en jaune

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Aujourd’hui des photos de jaune dans la ville, de la musique, et les paroles d’une chanson de Moustaki que je classe dans la catégorie « Poètes du feu de Dieu ». Il a été de ceux qui ont enchanté mon adolescence – je n’imaginais pas alors que quelques années plus tard, il me lirait, mais c’est ce qui se produisit. Ainsi la révolution permanente des Gilets jaunes donnera-t-elle aussi ses fruits. Déjà nous pouvons contempler et humer ses fleurs, la prise de conscience, le réveil qu’elle a introduits dans un pays sous anesthésie, paralysé par les communicants tueurs de pensée depuis des années, processus achevé par l’entièrement faux et sot Macron et son entièrement faux et débile gouvernement.

J’ai repris mon action poélitique #PostIt, avec des post-it jaunes cette fois. Je fais toutes les nuits des rêves fantastiques. Jamais je ne me suis sentie mieux de ma vie.

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jaune 16-minHier à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

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Sans la nommer

Je voudrais, sans la nommer
Vous parler d’elle
Comme d’une bien-aimée
D’une infidèle
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil
 
 
C’est elle que l’on matraque
Que l’on poursuit que l’on traque
C’est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève
C’est elle qu’on emprisonne,
Qu’on trahit qu’on abandonne
Qui nous donne envie de vivre
Qui donne envie de la suivre
Jusqu’au bout, jusqu’au bout
 
 
Je voudrais, sans la nommer
Lui rendre hommage
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui traîne en liberté
Ou bon lui semble
 
 
C’est elle que l’on matraque
Que l’on poursuit que l’on traque
C’est elle qui se soulève
Qui souffre et se met en grève
C’est elle qu’on emprisonne,
Qu’on trahit qu’on abandonne
Qui nous donne envie de vivre
Qui donne envie de la suivre
Jusqu’au bout, jusqu’au bout
 
Je voudrais, sans la nommer
Vous parler d’elle
Bien-aimée ou mal aimée
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente
On l’appelle
RÉVOLUTION PERMANENTE
 
 
C’est elle que l’on matraque
Que l’on poursuit que l’on traque
C’est elle qui se soulève
Qui souffre et se met en grève
C’est elle qu’on emprisonne
Qu’on trahit qu’on abandonne
Qui nous donne envie de vivre
Qui donne envie de la suivre
Jusqu’au bout, jusqu’au bout
 
 
C’est elle que l’on matraque
Que l’on poursuit que l’on traque
C’est elle qui se soulève
Qui souffre et se met en grève
C’est elle qu’on emprisonne
Qu’on trahit qu’on abandonne
Qui nous donne envie de vivre
Qui donne envie de la suivre
Jusqu’au bout, jusqu’au bout
 
Georges Moustaki

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Art du jardin partagé et Art Brut politique

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C’est toujours un bonheur de se promener dans les jardins partagés, d’y contempler la végétation et les petites œuvres d’art bricolées par les jardinières et jardiniers pour en faire des lieux doucement festifs. Le mouvement des Gilets jaunes me fait penser à l’Art Brut. Rappelons la définition qu’en donnait son concepteur, Jean Dubuffet, en 1949 :

 

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« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquelles donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe».

 

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Sachant que l’humain a la politique en partage avec les grands primates – signe que la politique ne nécessite pas, pour être conduite, d’intelligences supérieures – il est rafraîchissant et bienfaisant d’assister à des manifestations politiques réinventées, qui apportent de l’art dans cette discipline sinon simiesque, trop simiesque.

 

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art du jardin partagé 9-minAujourd’hui au jardin partagé du square René Le Gall, à Paris 13e, photos Alina Reyes

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