Street Art, histoire et actualité

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Terrible aveu d’Alexis Tsipras, selon qui la Grèce « reprend aujourd’hui en main son destin ». Terrible aveu de qui a livré ce pays à des ordres venus des banques et de puissances étrangères. Puisqu’il a fallu pour cela le saigner, puisque le mal n’est pas fini, n’eût-il pas été plus courageux, quitte à affronter les difficultés, de se prendre ou de se garder en main dès le début, de trouver par soi-même sa propre voie ? Cette défaite est aussi celle de tous les gouvernants européens et du monde moderne qui attaquent le libre arbitre des peuples.

En marchant dans le 5e arrondissement cet après-midi, j’ai photographié les nouvelles œuvres de C215 autour du Panthéon. Beaucoup de portraits de combattants, pas un d’une combattante (s’il y en a, ils sont bien cachés, car j’ai fait le tour de la place sans en voir un seul) (Après vérification sur Internet : sur 28 portraits au total, les deux seuls portraits de femmes sont un portrait de Marie Curie, placé sur un Algéco de l’institut Marie Curie, rue d’Ulm, et un de Germaine Tillion sur une boîte aux lettres place de la Sorbonne. Juste honteux.) Les voici, suivis d’autres nouvelles œuvres de street art vues au gré de ma pérégrination. Si les peuples se taisent, les murs parlent.

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garde republicaine

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licorne institut irlandaiscet après-midi à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Début de la fin

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ces jours-ci à Paris 13e, photo Alina Reyes

ces jours-ci à Paris 13e, photo Alina Reyes

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Chaleur. Changement climatique. Quand vient un épisode de fin du monde, que ce soit à l’échelle de la planète ou dans notre vie personnelle, si la sagesse, l’intelligence, le cœur, l’invention, le courage, ne guident pas notre adaptation, la folie et la mort s’emparent sans retour de ce qui est.

L’Union européenne active ce matin la « loi de blocage » contre les sanctions américaines en Iran, afin que les entreprises basées en Europe ne se conforment pas au diktat de Trump. Espérons qu’elles auront le courage et la sagesse de cesser d’obéir aux États-Unis, camp avancé de la folie destructrice en cours.

Patrimoine français. La mission de Stéphane Bern fait flop. Cette façon qu’a Macron de s’entourer de médiocres en tous genres en dit long, malheureusement, et ne peut rien apporter de bon. Nous avons besoin de mobiliser toutes les excellences.

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Cancer, thèse et amour

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Recommençant à travailler à ma thèse, dont je dois rendre la version définitive dans les prochains jours pour une soutenance en septembre. Retardée par un épisode de fatigue qui s’est soldé par un épisode « Cancer, le retour » – spéciale dédicace à l’Éducation nationale qui m’a envoyée travailler à quatre heures de transports (métro + RER + bus de banlieue) par jour de chez moi, soit plus loin que toutes et tous les autres nouveaux profs de lettres de l’académie, alors que j’avais soixante et un ans : pourquoi ? – et qui récidive cette année en m’envoyant presque aussi loin – grâce à quoi ils risquent de devoir me payer encore une longue période d’arrêt de travail tout en payant d’autres profs pour me remplacer – aux dépens des élèves, donc, et des contribuables : des as de la gestion des ressources humaines !

Si l’hôpital fonctionnait aussi mal que l’Éducation nationale, beaucoup d’entre nous seraient morts depuis longtemps. Heureusement j’ai de très bonnes raisons d’avoir toute confiance en la médecine, mais la comparaison entre le soin des corps et celui des esprits, des intelligences, est cruellement révélatrice du manque de sérieux de l’instruction publique dans notre pays. J’ai regardé hier un documentaire sur la Garde républicaine qui m’a amplement réjouie : voilà une institution exemplaire, tant par l’entraînement et le travail des gardes eux-mêmes que par ceux des divers artisans, musiciens et chevaux qui participent précieusement à l’œuvre.

Travaillant aux derniers détails de ma thèse (c’est très bon et très long), je me sens un peu comme la Garde républicaine. « Il faut que tout soit impeccable » et efficace. Et je vois aussi que ce qui se trame à l’intérieur des centaines de pages de ce texte, c’est l’amour, un amour réalisant des unions a priori disparates, comme dans ces peintures signées HeartCraft que j’ai photographiées sur des bornes Autolib.

 

amoureux 01,

amoureux 01

amoureux 02

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amoureux 04avant-hier à Paris, photos Alina Reyes

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Banksy, Street Art, attentats positifs

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« Banksy revendique les œuvres réalisées à Paris », titrent les médias. Selon la même formule trop connue : « Daech revendique… » Et après tout le Street Art est aussi un attentat (dont j’étais soupçonnée, je le disais ici), non pas au sens premier de « tentative criminelle contre une personne » (comme il s’en produit tant, dans l’ombre et sans revendication) mais au sens figuré et littéraire d’ « acte qui heurte un principe, qui attaque quelque chose ». Le Street Art, comme tout art, attaque la somnolence des esprits, attaque le mensonge, attaque le crime. Pas nécessairement en étant un art engagé, comme l’est avec force celui de Banksy, mais surtout, qu’il soit engagé ou dégagé (le dégagement étant une autre forme de combat), en étant un art puissant, un art vivant, plus fort que le crime et la mort. L’esprit d’enfance, plus fort que le rassis de la puérilité.

Pour ma part, je continue à photographier le Street Art au fil de mes déplacements à pied dans la ville, et à appliquer çà et là mes PostIt. Je donnerai de nouvelles images de mes PostIt une prochaine fois, pour l’instant voici les œuvres vues hier dans les rues, par cette grande belle journée d’été (en attendant aussi de revenir au puissant Melmoth the Wanderer) :

 

biboule

duchamp

disco

alex

afp

street art

graf porte rouge

street art,hier à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Melmoth l’homme errant. Vie et mort du père Olavida

melmoth phébus

melmothmelmoth phébus

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En train de relire Melmoth L’homme errant de Charles Robert Maturin (1820), je me régale et ris beaucoup. J’ai trouvé cet exemplaire il y a quelque temps dans le hall de mon immeuble, où nous, locataires, avons pour coutume de déposer ce que nous voulons donner et de prendre à volonté ce qui est donné. Il s’agit de l’édition de 1965 de Jean-Jacques Pauvert, remarquablement bien faite – quoique le livre soit déjà vieux il se tient parfaitement, avec ses feuillets bien cousus, quoiqu’il soit épais il est léger, et le texte y est accompagné d’une préface d’André Breton, d’une série de considérations de Baudelaire sur ce livre, et d’une note de la traductrice (première traduction française intégrale de ce chef d’œuvre de la littérature gothique), Jacqueline Marc-Chadourne. J’avais déjà lu la même édition du texte quand il a été publié par Phébus en 1996, mais le livre est resté dans ma bibliothèque à la montagne, à la disposition des nouveaux habitants de la maison. Et je suis heureuse de pouvoir le relire dans cette belle édition de Pauvert. J’en reparlerai probablement, mais en attendant, en voici des passages sur le personnage nommé père Olavida, avant sa mort, puis après sa mort dans la terreur, qui me font beaucoup rire :

Charles Robert Maturin, Dublin 1782 - Dublin 1824

Charles Robert Maturin, Dublin 1782 – Dublin 1824

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« Ce prêtre, d’une sainteté exemplaire, était très aimé de la famille de Cardoza et respecté de toute la région où il avait fait preuve d’un goût et d’un talent peu communs pour l’exorcisme : en fait, c’était là le « forte » du bon père qui ne manquait pas de s’en flatter. Le diable ne tomba jamais en mains pires que celles du père Olavida : s’il était assez obstiné pour résister au latin ou même, dans les cas d’extrême difficulté, aux premiers versets de l’évangile selon saint Jean en grec – (Stanton se remémora l’histoire anglaise du Boy of Bilson et même ici, en Espagne, ne put s’empêcher de rougir pour ses compatriotes) – le bon père avait recours à l’Inquisition ; et l’on voyait alors ces opiniâtres démons s’échapper des possédés tandis qu’au milieu de leurs cris (de blasphème sans aucun doute) on les attachait au bûcher.

(…) [Après une terrible, muette et paralysante confrontation avec « l’étranger », « l’Anglais » :]

Puis, élevant la voix, il voulut prononcer les mots sacramentels de l’exorcisme : mais il ne put y parvenir. La rage, la haine et la frayeur avec lesquelles il regardait l’étranger devinrent de plus en plus marquées sur sa physionomie : elle avait une expression terrible. Tous les convives se levèrent, et s’étant groupés, ne cessèrent de se demander : « Qui donc est-il ? » Bientôt leur terreur fut au comble, quand ils virent Olavida, à l’instant même où il montrait l’Anglais du doigt, tomber sans mouvement…….. Il n’était plus.

(…)

Une circonstance extraordinaire arriva aux funérailles du père Olavida. On l’enterra dans un couvent voisin, et sa réputation de sainteté, jointe à l’intérêt causé par sa mort étrange, réunit une grande foule de monde à la cérémonie. Un religieux d’une éloquence reconnue, fut choisi pour prononcer son oraison funèbre. Pour rendre plus puissant l’effet de son discours on plaça dans l’allée centrale le corps étendu dans la bière, le visage découvert. Le moine tira son texte de l’un des prophètes : « La mort a pénétré dans nos palais. » Il s’étendit sur la mort dont l’approche, hésitante ou brutale, est redoutable à l’homme. Il parla, avec beaucoup d’éloquence, des vicissitudes des empires, mais l’auditoire ne semblait guère en être affecté. Il cita plusieurs passages de la vie des saints, décrivant la gloire du martyre et l’héroïsme de ceux qui donnèrent leur sang ou furent brûlés vifs pour le Christ et sa Sainte-Mère, mais l’assistance semblait attendre quelque chose de plus touchant encore. Ses auditeurs sortirent un instant de leur torpeur lorsqu’il se répandit en invectives contre les tyrans qui persécutèrent ces saints hommes, car il est plus facile d’exciter la passion que le sens moral. Mais quand il parla du mort, désignant d’un geste emphatique le corps froid et inanimé gisant devant eux, tous les regards se fixèrent dans cette direction, toutes les oreilles devinrent attentives. Même les amoureux qui, sous prétexte de plonger la main dans le bénitier, s’ingéniaient à échanger des billets doux, interrompirent un instant cette intéressante occupation pour écouter le prédicateur. Après avoir passé en revue toutes les vertus du défunt, énuméré les nombreuses pertes dont souffriraient par suite de son départ la communauté à laquelle il appartenait, la société et la religion, l’orateur adressa à cette occasion de véhéments reproches à la Divinité :

- « Oh Dieu ! », s’exclama-t-il, « pourquoi avoir agi ainsi avec nous ? Pourquoi avoir arraché à notre vue ce glorieux saint dont les mérites proprement appliqués auraient sans doute pu expier l’apostasie de saint Pierre, l’opposition de saint Paul (avant sa conversion) et même la trahison de Judas lui-même ? Pourquoi, oh Dieu, nous l’avoir enlevé ? »

Alors une voix rauque et profonde s’élevant de la congrégation répondit :

- Parce qu’il a mérité son sort. »

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biboulece matin à Paris, photo Alina Reyes

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Street Art à la Butte aux Cailles et vers Beaubourg

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J’ai pris les 44 premières images hier après-midi à la Butte aux Cailles, dans le 13e à Paris, où presque toutes les peintures ont été changées depuis mon précédent passage ; et les 5 suivantes (dont deux avec nouveaux Postit) ce matin dans le quartier Beaubourg.

street art butte aux cailles 2

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Puis autour de Beaubourg ce matin j’ai fait deux nouveaux PostIt et photographié un rideau de fer et des M. Chat :

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postit 24,

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street art 3 paris 3Hier et aujourd’hui à Paris 13e, 2e et 3e, photos Alina Reyes

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Voir la note d’hier pour d’autres des nouvelles œuvres de Street Art à la Butte aux Cailles

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Je reviens très bientôt avec des images commentées d’une autre forme d’art, de très belles œuvres de peinture aborigène d’Australie que j’ai vues dans une exposition.

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Street Art et Postit à la Butte aux Cailles

postit 17,

J’ai bien souvent photographié le Street Art à la Butte aux Cailles. Comme chaque fois que j’y retourne, des œuvres ont disparu, d’autres sont apparues. Mais cette fois j’en ai photographié quelques-unes avec mes PostIt. Une fois, je me suis retournée, et j’ai vu une passante s’arrêter pour lire celui-ci, le premier du jour :

postit 17

postit 17,*

Puis j’ai continué, au gré du trajet :

postit 18

postit 18,

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Je songe déjà à passer à d’autres formes de Street Art, mais rien ne presse, pour l’instant je PostIte.

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postit 19,

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postit 20

Repérez-vous le PostIt ?

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postit 21Dans une ruelle pavée tranquille

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postit 22Librairie de la Commune. Rimbaud en fut de cœur, il en est !

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postit 23

postit 23,aujourd’hui à la Butte aux Cailles, PostIt et photos Alina Reyes

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J’ai constaté en chemin que certains PostIt d’avant-hier, ailleurs dans l’arrondissement, sont encore là, comme celui-ci :

postit passé

Des humains, des livres, des fleurs, de l’écrit et de la liberté

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Tout est écrit, mais rien n’est s’il n’est lu. S’il n’est interprété, réalisé. De même que notre génome est le livre intérieur dont nous sommes écrits, et l’épigénétique la lecture qui en est faite pour nous constituer (une lecture inconsciente mais en partie offerte à notre libre arbitre, même pour ce qui concerne notre développement physique, tout au long de notre vie), tant le cosmos, tout le vivant et la culture dans laquelle nous naissons et grandissons fonctionnent aussi comme des écrits, sont des écrits qu’il nous est loisible de lire, d’interpréter, pour nous accomplir librement, nous dépasser, nous réécrire.

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fleurs et livres

rené le gall

pop eyeces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Petit garçon au violon, street art, biscuits et sushis

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paris 5e 11

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Le bon temps de marcher, le bon temps de contempler, le bon temps d’aimer, le bon temps d’aider, le bon temps de dormir, le bon temps de peindre, le bon temps d’écrire (oups, là j’avais écrit le non temps au lieu du bon temps, il est vrai qu’en écrivant le temps s’annule, mais en dessinant et en peignant aussi, et après tout en marchant aussi, ainsi qu’en aimant, qu’en aidant, qu’en dormant… le bon temps, en fait, c’est le temps qui s’annule, qui se transforme en pur bonheur, un temps comme un haïku, discret, au sens mathématique, et en même temps réuni, total), le bon temps de lire, le bon temps de cuisiner des biscuits et autres cookies exquis avec juste des ingrédients naturels et sans sucre (une cuillère de miel pour une fournée de biscuits suffit à sucrer et sucre bien mieux, je l’achète au kilo, bio, à douze euros), chaque fois différents au gré de l’invention et des ingrédients du moment, de faire aussi des sushis, des makis à souhait sains et bons (une bonne idée pour rompre le jeûne de façon différente si vous êtes musulman.e), le bon temps de faire des bonnes choses, le bon temps de danser (cette fois j’ai mis ma jupe de danse bleue et pailletée comme la nuit, achetée il y a des années à Istanbul), le bon temps de rêver, de songer, de vivre.

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paris 5e 1

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selfiehier à Paris 5e, photos Alina Reyes

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