« Indignez-vous ». Toujours être indigne des « dignes » indignes.
Irrécupérable et joyeux.
Rugissant et tendre.
« Indignez-vous ». Toujours être indigne des « dignes » indignes.
Irrécupérable et joyeux.
Rugissant et tendre.


Je suis entrée ici ou là, conversant avec des inconnus charmants… Le surréalisme de la ville, toujours à portée de main !
aujourd’hui à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

Scènes érotiques du temple de Khajurâho en Inde
*
Le Vatican regorge de prélats pédophiles ou homosexuels mis dans des placards dorés quand il y a eu scandale ou simplement faisant leur vie comme tout le monde. Mais voilà plus de trois mois que le pape refuse d’entériner, si je puis dire, le nouvel ambassadeur français, parce qu’il est homosexuel. Bien entendu ce n’est pas dit, rien n’est dit, pas même le refus, dans ce royaume du sous-entendu, de l’hypocrisie et de la lâcheté. Il n’empêche que c’est une incroyable saloperie.
L’ouverture annoncée d’un sex-shop hallal à La Mecque fait sourire. Il ne s’agira pas de vendre des sex-toys, mais des bougies parfumées (dont chacun fera ce qu’il voudra, je suppose), des huiles de massage et autres lubrifiants. Mais c’est très bien ! Si seulement cela pouvait contribuer à enlever un peu de leur hypocrisie à tous ces religieux, dans des pays où l’homosexualité se pratique autant qu’ailleurs mais sans le dire (du moins ce n’est pas un motif pour refuser des ambassadeurs) et où il y a grand besoin, comme au Vatican, d’avoir un peu moins peur des femmes. Remontons un peu plus loin encore en Orient, et nous aurons le Kamasutra. Ou l’art de vivre le sacré sans œillères.
J’ai évoqué une fois ici William Blake. Le revoici, avec cette peinture de lui, L’échelle de Jacob (celle par où, tandis qu’il dort la tête sur une pierre, il voit descendre et monter les anges), suivie de quelques-uns de ses Fragments de poésie que j’ai traduits.

Aveugle aux fautes est toujours Amour,
Toujours à la joie il incline,
Ailé, sans lois et sans limites,
De chaque esprit brisant toutes chaînes.
Duplicité, au secret confinée,
Légale, prudente et raffinée ;
Aveugle en toute chose sauf à son intérêt,
Pour l’esprit forge des fers.
…
Abstinence sème du sable partout
Aux membres rutilants et aux cheveux de feu,
Mais Désir Gratifié
Y plante fruits de vie & beauté.
…
C’est une Tête de bois celui qui veut une preuve de ce qu’il ne perçoit,
Et c’est un Fou celui qui essaie de faire que cette Tête de bois croie.
…
Grandes choses adviennent quand se rencontrent Hommes et Montagnes ;
Et non pas au Coude à coude dans la Rue.
…
Je vous donne le bout d’un fil d’or :
Roulez-le simplement en pelote,
Il vous conduira à la Porte du Paradis
Bâtie dans le mur de Jérusalem.
William Blake, Fragments (ma traduction, de l’anglais)

Aujourd’hui comme hier j’ai repeint trois anciennes peintures. Ici Patience dans l’univers, acrylique sur bois 56x74cm, dont voici un détail :

(et dont l’ancienne version était :

)
et puis…

Tableau blanc, acrylique sur toile 24x30cm, dont l’ancienne version était :
… et aussi
Payvisage, acrylique sur bois 32x52cm, dont l’ancienne version était :

et qui est maintenant :


Au coeur, acrilyque sur bois 46x74cm
(une ancienne peinture repeinte, elle était ainsi :
)

Au début du monde, acrilyque sur toile 40x50cm
(ancienne peinture reprise aussi, elle était ainsi :

)

De l’ombre la lumière, technique mixte sur papier 21x13cm
toutes mes peintures : ici

Ces jours derniers printemps, presque l’été. Grand soleil, marcher en ville bras nus. À l’aube entendre les oiseaux chanter. Croiser sur le trottoir quelqu’un qui éternue, éternue, éternue, sensible au pollen des bouleaux. Lire par lapsus, à la place de « Messe en ut », « Messe en rut ». Écrire. Lire. Écouter. Musique. Acheter pour presque rien du thé vert, des herbes, des feuilles de papier très fin et coloré chez Tang. Le corps plein d’idées, de désirs de beautés, qui courent. Travailler, bonheur de travailler. Marcher, avoir envie de ramasser dans les rues les plaques de bois jetées, pour y peindre. Être tout amour, paix, joie, sourire, chœur, plénitude. Bon printemps à vous !

cet après-midi au jardin partagé du boulevard de l’Hôpital, Paris 13e, photos Alina Reyes
J’ai déjà évoqué le charme fou de la Schola Cantorum, mythique école qui a aujourd’hui le statut d’établissement privé d’enseignement supérieur de la musique. Avant de passer à la musique enregistrée ce matin dans l’une de ses salles d’étude, en voici quelques témoignages :
« Il faut honorer ce petit coin de Paris où seul l’amour de la musique commande. » Claude Debussy
« … Schola Cantorum, cette grande enseigne, ne soulève pas seulement en moi une vague de musique. Elle couronne le souvenir de nos luttes de jeunesse. La Schola, que vénérait Erik Satie, élève de Vincent d’Indy, nous servait de drapeau contre l’impressionnisme et le néo-impressionnisme qui occupaient alors les âmes savantes, leur faisaient oublier que l’art n’est pas une physionomie mais un organisme et que la fugue construit les marches par où fuit le charme dangereux des sirènes. Il est probable que le fantôme de Satie rôde et veille à l’École… » Jean Cocteau
« La Schola Cantorum… Paradis de la musique… » Paul Guth
« … D’Indy et la Schola auront été les champions de la dernière tentative faite pour conserver dans la musique l’idéalisme que le matérialisme triomphant repousse de toutes parts… » Extrait de presse de 1913
« … Aujourd’hui, malgré les nouvelles vagues d’un enseignement accéléré et starisé, il existe encore des lieux où Mozart, Satie et Bartok sont les maîtres de cérémonie. Dans cette école légendaire… ne sont pas des élèves qu’on classe mais des artistes qu’on accompagne. » Honorine Crosnier, revue Milk 2006
« …À la Schola Cantorum, tout est rare : les murs, pur XVIIème, les jardins, l’atmosphère. Un climat si parfaitement esthétique qu’à peine franchi le portail, on se surprend à marcher autrement… » Cosmopolitain
« … La Schola Cantorum, l’équivalent français de la Juilliard School, concurrente historique du conservatoire, perpétue un authentique enseignement à la française, c’est probablement l’école qui dégage le plus de charme… » Revue Diapason
https://youtu.be/xqHW5mKd2VY
Un jeu plein de verdeur pour ces trois oeuvres virides, ensuite la merveilleuse « harpe éolienne », comme l’appelait Schumann, de l’Étude op 25 n°1 de Chopin.
Et pour finir, Zelda (là dans l’arrangement du pianiste), ici joué avec le nez :
Voici un autre poème de Rilke. J’aime penser à la vache noire qui retient son meuglement à la fin du texte, comme le font les vaches quand elles écoutent de la musique – je l’ai souvent vérifié quand elles s’assemblaient autour de mon ermitage en montagne pour écouter avec moi la musique souvent sacrée dont je leur faisais profiter en ouvrant la porte et les fenêtres.
Ô ce qu’il a dû coûter aux anges
de ne pas, tout à coup, fuser en chant comme on éclate en pleurs,
sachant pourtant : en cette nuit va naître
la mère du garçon, l’Un, qui va bientôt paraître.
Frémissants, silencieux, ils montrèrent du doigt
où se trouve, isolée, la ferme de Joachim.
Ah ! ils sentaient, en eux et dans l’espace, la pure condensation !
mais sans pouvoir, aucun, descendre à lui.
Car les deux se tenaient déjà si hors d’eux-mêmes.
Une voisine vint et ne sut qu’en penser,
et le vieux, prudemment, alla retenir le meuglement
d’une vache noire. Car jamais encore il n’en avait été ainsi.
Rainer Maria Rilke, Naissance de Marie (ma traduction, de l’allemand)

Des Présocratiques à Edgar Poe en passant par bien d’autres auteurs, la multiplication des traductions, c’est la libération. Du sens, de la lettre, de l’esprit. D’extraits de textes, parfois de textes entiers, parfois commentées, les miennes sont récapitulées sur cette page, actualisée au fur et à mesure des nouvelles traductions qui entrent ici. Bonnes lectures, bon regard neuf !
Du grec ancien :
– Homère Attention : avant de lire mes traductions d’Homère ici présentes, traductions non définitives, voir ma note révélant l’énorme nouveauté de ma traduction de l’Odyssée
– Présocratiques : Héraclite ; Parménide ; Zénon d’Élée ; Thalès ; Anaximandre ; Démocrite
– Pindare ; Platon ; Grégoire de Naziance ; Aristophane ; Épictète ; Sophocle ; Plutarque ; Ptolémée
– Bible, Nouveau Testament (extraits traduits beaucoup plus nombreux dans Voyage)
Du grec moderne : Titos Patrikios ; Iannis Ritsos
De l’hébreu biblique : Bible, Ancien Testament (extraits traduits beaucoup plus nombreux dans Voyage)
De l’arabe coranique : Coran
De l’ancien français : Jean Renart
De l’anglais : Shakespeare ; Edgar Poe (traduction intégrale du Corbeau et de La chute de la maison Usher); John Broderick ; Henley ; Blake ; Whitman ; Corso ; Thoreau ; Orwell (1984) ; Sylvia Plath ; Coleridge ; Gertrude Stein ; Kirsty Logan ; Alan Warner ; Keats ; Yeats ; Edgar Lee Masters ;
Lawrence Ferlinghetti ; Stephen Crane
De l’allemand : Kafka ; Rilke ; Goethe
De l’espagnol : Borges ; Garcia Lorca ; Juan Ramon Jimenez ; Rafael Mejia
De l’italien : Leopardi ; Pasolini ; Veracini ; Dante
Du portugais : Antonio Ramos Rosa
Du finnois : les premiers vers du Kalevala