Charcot, son hystérie et la singesque comédie

 

J’aime aller à la Salpêtrière, cela me rappelle Lourdes. J’y trouve ce que j’aime : la lumière, et l’inconnu. La douce et violente énigme des relations brisées entre le corps et l’esprit. Et la compétition entre la médecine du monde et la médecine de Dieu pour les réparer.

À Lourdes nous avons une grotte de l’Apparition et un vaste sanctuaire à ciel ouvert, face à un château fermé, comme dirait Mandiargues, face au Château, comme dirait Kafka, forteresse selon la loi du monde, plantée sévèrement au-dessus du théâtre des opérations divines.

À la Pitié-Salpêtrière, nous avons le plus grand hôpital d’Europe, et même du monde en termes d’actes, où fut réussie la première greffe cardiaque européenne, où fut découvert le virus du sida, royaume de la science et de la recherche médicale, étendu sous le ciel autour d’une étrange église octogonale, à la fois impressionnant et humble témoin d’une survivance de Dieu au milieu de la modernité la plus pointue.

Et à la Salpêtrière comme à Lourdes, une même présence, celle de la souffrance humaine, et une même manifestation, celle de la miséricorde, qu’elle oeuvre via le personnel soignant ou via le Christ en sa maison.

 

 

La Pitié-Salpêtrière s’appela d’abord Notre-Dame de la Pitié, établissement dédié au « grand renfermement » des mendiants, des pauvres, des fous, et en particulier des folles. Au fil d’une histoire chargée d’atrocités, l’enfermement évolua pourtant peu à peu vers le soin. Au dix-neuvième siècle, Charcot y inventa le traitement de l’hystérie par l’hypnose. Fameux spectacle, où l’on accourait parfois de loin, tel Freud qui fut l’élève du maître pendant six mois.

Ah ces femmes qui se pâmaient et se contorsionnaient, à moitiés dévêtues et décoiffées, inconscientes et manipulables à merci, devant des parterres d’hommes engoncés jusqu’à la gorge dans leurs costumes de savants ! D’où venait le fantasme en vérité, de quelle hystérie ? Certes à cette époque l’hystérie ne s’expliquait plus, comme auparavant durant des siècles, par les « vieux mythes des déplacements utérins », comme dit Foucault (Histoire de la folie), citant par exemple un livre de Liebaud paru en 1609, selon lequel la matrice se meut librement dans le corps de la femme, « pour être plus à l’aise ; non qu’elle fasse cela par prudence, commandement ou stimule animal, mais par un instinct naturel, pour conserver la santé et avoir la jouissance de quelque chose de délectable. » Et encore : « Ces mouvements sont divers à savoir ascente, descente, convulsions, vagabond, procidence. Elle monte au foie, rate, diaphragme, estomac, poitrine, coeur, poumon, gosier et tête. »

 

 

Même si la fantasmagorie de ces messieurs avait alors changé de forme, les malheureuses de la Salpêtrière se plièrent donc à leurs désirs, se laissant entraîner dans une catalepsie artificielle pour leur donner le spectacle qui les remplirait tout à la fois d’une aise secrète et du sentiment de leur indépassable supériorité. Mais avaient-ils songé à lire Hegel ? « Car, si la connaissance est l’instrument pour maîtriser l’essence absolue, il vient de suite à l’esprit que l’application d’un instrument à une chose ne la laisse pas telle qu’elle est pour soi, mais y introduit une mise en forme et une altération. (…) nous faisons usage d’un moyen qui produit immédiatement le contraire de son but. » (Phénoménologie de l’esprit)

Il en va autrement de nos jours à la Salpêtrière, mais en soi, dans le monde, les choses ont-elles vraiment changé ? Le monde et ses savants comme ses ignares ne sont-ils pas toujours sous l’empire de leurs fantasmes, déguisés en savoirs ? Il est une autre façon d’entrer en catalepsie : en se laissant happer par l’Invisible à l’oraison, ce ne sont plus des âmes humaines faussées qui tentent de se saisir de notre être, mais la Vérité qui se donne tout entière à nous, directe et pleine d’amour.

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Le tableau d’André Brouillet et la photo d’Albert Londe proviennent du site baillement.com

voir aussi Charcot et l’école de la Salpêtrière

et mes articles liés au mot-clef Pitié-Salpêtrière

 

La bibliographie de ma thèse

Voici les pièces du puzzle. Le plus beau est que, comme avec les lettres de l’alphabet, on peut composer une infinité de textes avec. Je laisse qui cela intéresse donner ce défi à son imagination. C’est aussi un coffre aux trésors de lecture, de contemplation, on peut aussi y trouver des choses à lire et de temps en temps à visionner en ligne. C’est un paysage aux mille et un chemins, prenez et inventez-en autant que vous voudrez. (Le copié-collé fait parfois varier les caractères)

 

Quelqu'un a gravé dans les reliefs du mur du souterrain du jardin des Plantes qui mène au Jardin alpin des formes d'animaux, comme le faisaient nos ancêtres préhistoriques dans les grottes. Ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

Quelqu’un a gravé dans les reliefs du mur du souterrain du jardin des Plantes qui mène au Jardin alpin des formes d’animaux, comme le faisaient nos ancêtres préhistoriques dans les grottes. Ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

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BIBLIOGRAPHIE

Pour aller voir ailleurs

Nous avons opté pour une bibliographie unique, renonçant à une classification séparant corpus littéraire et corpus critique ou scientifique : estimant, dans l’esprit de cette thèse, que toute littérature (dont par exemple la « littérature médicale ») est littéraire, ou participe de la même histoire littéraire de l’humain que nous avons souhaité tracer ou esquisser.

De même, nous n’avons pas séparé les sources en plusieurs catégories, préférant mentionner pour un même titre, en plus de l’édition originelle, éventuellement les différentes éditions que nous avons consultées, papier ou numériques. Et nous n’avons pas séparé non plus les sources de parole livresques des articles ou des enregistrements audio-vidéo (documentaires, conférences, etc.). Les œuvres d’art plastique et cinématographiques entrent aussi dans cette bibliographie.

Lorsque les auteurs sont trop anciens pour pouvoir indiquer une date de publication qui leur soit contemporaine, nous indiquons leurs dates de naissance et de mort.

Lorsque les œuvres ne sont pas signées, nous les intégrons par leur titre à cette liste alphabétique des auteurs.

ABUD Monique

« Les deux voies de transmission de la psalmodie : les bimo au sein de la tradition chamanique lignagère et de la tradition chamanique d’État », Carnets du Centre Chine (CNRS/EHESS) (en ligne), 5 mai 2017, https://cecmc.hypotheses.org/34706

AGAMBEN Giorgio

Quel que resta di Auschwitz, Turin, Bollati Boringhieri, 1998. Traduit de l’italien par Pierre Alferi : Ce qui reste d’Auschwitz, Paris, Payot et Rivages, coll. Rivages poche / Petite bilbiothèque, 1999 ; rééd. 2003

Stanze, La parola e il fantasma nella cultura occidentale, Turin, Einaudi, 1977. Traduit de l’italien par Yves Hersant : Stanze, Parole et fantasme dans la culture occidentale, Paris, Christian Bourgois, 1981 ; Paris, Payot et Rivages, coll. Rivages poche / Petite Bibliothèque, 1994, rééd. 1998, avec Apostille de 1993 traduite par Danièle Valin

ALEXANDRIAN Sarane

Le Surréalisme et le rêve, préface de J.-B. Pontalis, Paris, Gallimard, coll. Connaissance de l’inconscient, 1974

ANGELUS SILESIUS (1624-1677)

Cherubinischer Wandersmann, Livre I, 289. Cité par Martin HEIDEGGER, in Le principe de raison, traduit de l’allemand par André Préau, préface de Jean Beaufret, Paris, Gallimard, coll. Tel, 1962, p. 104 sq

ARISTOPHANE

Βάτραχοι [Les Grenouilles], Athènes, aux Lénéennes, 405 av. J.-C.

ARTAUD Antonin

Œuvres, édition d’Évelyne Grossman, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2004

Le Théâtre et son double, Paris, Gallimard, coll. Métamorphoses, 1938 ; in Œuvres, p. 505

Pour en finir avec le jugement de dieu, émission conçue et réalisée par l’auteur pour la Radio diffusion française, enregistrée le 28 novembre 1947, diffusée le 11 mai 1948. Première publication du texte : Paris, K Éditeur, 1948

Les Nouvelles Révélations de l’Être, Paris, Denoël, 1937 (publié sans nom d’auteur) ; in Œuvres, p. 789

Correspondance avec Jacques Rivière, 25 mai 1924, in Œuvres, p. 80

Van Gogh le suicidé de la société, Paris, K éditeur, 1947. in Œuvres, [Quarto], p. 1461-1462

AUSTER Paul

Conférence avec Isaac GEWIRTZ à la New York Public Library le 16 janvier 2014 : https://youtu.be/54nMX8i2Wbs

BACHELARD Gaston

La poétique de l’espace, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine,1957

BANKSY

cité par Fanny CRAPANZANO, Street Art et Graffiti : l’invasion des sphères publiques et privées par l’art urbain, éditions L’Harmattan, Paris, 2015, p.14

BARTHES Roland

S/Z, Paris, Seuil, coll. Tel Quel, 1970

L’empire des signes, Genève, Albert Skira, 1970 ; Paris, Seuil, coll. Points Essais, 2014

BASILE DE CÉSARÉE

Homilíai ei̓s tī̀n Hexaī́meron, recueil de 9 homélies sur le récit de la création d’après la Genèse, prononcées pendant le carême à Césarée de Cappadoce en 378. Traduction en français : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/frame.html ; Homélies sur l’Hexaéméron, introduction et traduction de Stanislas Giet, Paris, Éditions du Cerf, coll. Sources chrétiennes, 1950.

BAUDELAIRE Charles

Salon de 1859 in Œuvres complètes de Charles Baudelaire, t. II, Curiosités esthétiques, Paris, Michel Lévy Frères, 1868 ; Salon de 1859, Lettres à M. le Directeur de la Revue française , chap. II « Le public moderne et la photographie » ; https://fr.wikisource.org/wiki/Salon_de_1859

Les Fleurs du mal, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Fleurs_du_mal/1857

BEAUVOIR Simone de

Le Deuxième sexe, Paris, Gallimard, coll. NRF, 1949 ; Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, t.2, n°38, 2003

BECKETT Samuel

En attendant Godot, pièce en deux actes créée au Théâtre de Babylone à Paris le 5 janvier 1953. Paris, Éditions de Minuit, 1952

Fin de partie, pièce en un acte créée le 1er avril 1957 au Royal Court Theatre. Paris, Éditions de Minuit, 1957

Film, court-métrage écrit par Samuel BECKETT et réalisé par Alan SCHNEIDER, avec Buster KEATON, 1965

BEGOUIN Stephane, TARDIEU Vincent

Arts, Palettes-Lascaux, le ciel des premiers hommes, documentaire, Arte, 2007

BELLIER Paul-André

Revue d’histoire de la pharmacie, vol.80, no 293,‎ 1992

BENJAMIN Walter

Rédigé à Munich en novembre 1916 sous forme de lettre à Gershom Scholem, inédit du vivant de l’auteur : « Sur le langage en général et sur le langage humain », in Œuvres I, traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Paris, Gallimard, coll. Folio Essais n° 372, 2000

BENVENISTE Émile

« Préliminaires » de ses notes manuscrites « sur le langage poétique », folio 80. Cité par Gérard DESSONS, « Le Baudelaire de Benveniste entre stylistique et poétique », Semen n° 33, 2012

BESSON Philippe

Arrête avec tes mensonges, Paris, Julliard, 2017

BIBLE

De nombreuses traductions de la Bible en ligne sont recensées sur le site lexilogos : https://www.lexilogos.com/bible.htm. Notamment : Bible de Jérusalem ; Nouvelle Bible Segond ; Traduction oecuménique de la Bible (TOB) ; et la Bible traduite par André Chouraqui. Passages dans la section Traductions.

BIETRY-RIVIERRE Éric

« Mexique : un trésor au bout du tunnel », Le Figaro, 30-10-2014 ; http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2014/10/30/03015-20141030ARTFIG00181-mexique-un-tresor-au-bout-du-tunnel.php

BLAKE William

The Marriage of Heaven and Hell, ouvrage de prose et de poésie illustré de gravures de William Blake et de sa femme Catherine, publié en Angleterre en 1793. Fragments dans la section Traductions.

BONNEFOY Yves  

Du Mouvement et de l’immobilité de Douve, Paris, Mercure de France, coll. Poésie, 1953

L’Inachevable, Entretiens sur la poésie, 1990-2010, Albin Michel, 2010

Remarques sur le dessin, Paris, Mercure de France, 1993 ; La vie errante, suivi de Une autre époque de l’écriture et de Remarques sur le dessin, Paris, Gallimard, coll. Poésie n° 313, 1997

La longue chaîne de l’ancre, Paris, Mercure de France, coll. Poésie, 2008

L’Arrière-pays, Paris, Gallimard, coll. Poésie, 2003

« Yves Bonnefoy : “Il faudrait jouer Shakespeare dans le noir” », Le Monde, propos recueillis par Fabienne Darge en 2014, republiés le 5-7-2016 ; https://www.lemonde.fr/livres/article/2016/07/05/yves-bonnefoy-il-faudrait-jouer-shakespeare-dans-le-noir_4964040_3260.html?xtmc=bonnefoy&xtcr=45

« Le haïku, la forme brève et les poètes français », conférence donnée au Japon en septembre 2000 : https://terebess.hu/english/haiku/bonnefoy.html

BORGES Jorge Luis

Œuvres complètes, trad. de l’espagnol (Argentine) par Paul Bénichou, Jean Pierre Bernès, Roger Caillois, René L.-F. Durand, Laure Guille, Nestor Ibarra, Françoise Rosset, Sylvia Bénichou-Roubaud, Claire Staub et Paul Verdevoye, édition de Jean Pierre Bernès, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1999

« La Pesadilla », Siete Noches, Fundo de cultura económica, 1980 ; http://biblio3.url.edu.gt/Libros/borges/Siete_noches.pdf ; trad. de Françoise Rosset revue par Jean-Pierre Bernès : « Le Cauchemar », Sept Nuits, in Œuvres complètes, t. II

– « Las dos catedrales », Buenos Aires, La Nación, 18-6-1978 ; in La Cifra, Buenos Aires, Emecé Editores, 1981 ; trad. de l’espagnol (Argentine) par Roger Caillois : « Les deux cathédrales », in Treize poèmes, édition bilingue illustrée par Pierre Alechinsky, Montpellier, Fata Morgana, 1978 ; trad. par Claude Esteban : in Le chiffre in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, éd. Jean-Pierre Bernès, t. II, 1999, p. 789

Borges en diálogo, Barcelone, Editorial Grijalbo, 1985 ; trad. de l’espagnol par René Pons : Jorge Luis BORGES, Osvaldo FERRARI, Dialogues I, Paris, Pocket, collection « Agora  », n° 360, 2012

« Dos que soñaron », in Revista Multicolor, supplément de la revue Critica, 22 juin 1934 ; in Obras completas, Buenos Aires, Emecé Editores, 1978, p. 338 ; http://web.mit.edu/21f702/21F702/Cuentos/DosqueSonaron.html

« El otro tigre », in El hacedor, Buenos Aires, Emecé Editores, 1960. « L’autre tigre », texte entier en français dans la section Traductions

Borges oral, Buenos Aires, Emecé Editores, 1979. Conférences, trad. Françoise Rosset, Paris, Gallimard, 1985 ; Folio Essais, 2006

« Utopia de un hombre que esta cansado » in El libro de arena, Buenos Aires, Emecé Editores, 1975. Trad. Françoise Rosset : « Utopie d’un homme qui est fatigué », in Le livre de sable, Folio 2003

– Ulrica, in El libro de arena, Buenos Aires, Emecé Editores, 1975. Trad. Françoise Rosset : « Ulrica », in Le livre de sable, Folio 2003

« El otro tigre » in El Hacedor, Buenos Aires, Emecé Editores, 1960. Poème entier en français dans la section Traductions

BOUDENOT Jean-Claude

« La vie de Wolfgang Ernst Pauli », in Reflets de la physique, n° 12, déc-janv. 2008

BOULANGER Christophe, FAUPIN Savine, PIRON François

Habiter poétiquement le monde, Lille, Musée d’Art moderne Lille Métropole, 2010

BOUVIER Nicolas

L’Usage du monde, Paris, Librairie Droz, 1963, avec illustrations de Thierry Vernet ; in Œuvres, éd. Éliane Bouvier avec la collaboration de Pierre Starobinski, préface de Christine Jordis, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2004

BRETON André

– Écrits sur l’art et autres textes, in Œuvres complètes, édition sous la direction de Marguerite Bonnet, tome IV, éd. Étienne Hubert, Philippe Bernier et Marie-Claire Dumas, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2008

« Entretien avec Roger Vitrac », Le Journal du peuple, 7 avril 1923

Manifeste du surréalisme, Paris, Éditions du Sagittaire, 1924 ; in Œuvres complètes, t. I, édition de Marguerite Bonnet avec la collaboration de Philippe Bernier, Étienne-Alain Hubert et José Pierre Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de La Pléiade, 1988

Nadja, Paris, Gallimard NRF, 1928

« Langue des pierres », Le surréalisme, même, n° 3, automne 1957 ; in Œuvres complètes, [Pléiade] t. IV, 2008, p. 959

Second manifeste du surréalisme, Paris, Éditions Kra, 1930 

André BRETON et Philippe SOUPAULT, Les Champs magnétiques, Paris, Au sans pareil, 1920

Flagrant délit : Rimbaud devant la conjuration de l’imposture et du truquage, Paris, Thésée, 1949

Manifeste du Surréalisme. Poisson soluble, Paris, Éditions du Sagittaire, chez Simon Kra, 1924

BREUIL Eddie

Du Nouveau chez Rimbaud, Paris, Honoré Champion, 2014

BRUNEL Pierre

Le Mythe de la métamorphose, Paris, Librairie José Corti, coll. Les Massicotés, 2004

BURTON Robert

The Anatomy of Melancholy, What it is: With all the Kinds, Causes, Symptomes, Prognostickes, and Several Cures of it. In Three Maine Partitions with their several Sections, Members, and Subsections. Philosophically, Medicinally, Historically, Opened and Cut Up, Oxford, Henry Cripps, 1621 (sous le pseudonyme de Democritus junior). Traduit par Bernard Hœpffner et Catherine Goffaux : L’Anatomie de la mélancolie, préface de Jean Starobinski, Paris, José Corti, 2000. Traduit par un collectif de traducteurs sous la direction de Gisèle Venet : Paris, Gallimard, coll. Folio Classique n° 4255, 2005

BYATT Antonia Susan

Little Black Book of Stories, Londres, Chatto & Windus, 2003. Trad. de l’anglais par Jean-Louis Chevalier : Petits contes noirs, Paris, Flammarion, 2006

CALASSO Roberto

K., Paris, Gallimard, 2005

CAMUS Albert

Le Mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, coll. Les Essais, 1942

CARROLL Lewis

Through the Looking-Glass, Londres, Macmilan,1871

CASSIN Barbara

Le scepticisme antique, perspectives historiques et systématiques, actes du colloque de Lausanne, 1-3 juin 1988, éd. par André-Jean Voelke, textes de Jonathan BARNES et al., Genève, Librairie Droz, coll. Cahiers de la Revue de théologie et de philosophie

CÉLINE Louis-Ferdinand, TARDI

Voyage au bout de la nuit, Paris, Futuropolis, 1988

CENDRARS Blaise

La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, Paris, Les Hommes Nouveaux, 1913

« Tu es plus belle que le ciel et la mer », in Feuilles de route, Paris, Denoël, 1924

CHAR René

Feuillets d’Hypnos, Paris, Gallimard, 1946 

Fureur et mystère, préface d’Yves Berger, Paris, Gallimard, coll. Poésie n° 15

CHARCOT Jean Martin

L’hystérie, Paris, L’Harmattan, coll. Psychanalyse et civilisations, textes choisis et introduits par E. Trillat, 1998

CHATWIN Bruce

The Songlines, Londres, Jonathan Cape, 1987. Traduit de l’anglais par Jacques Chabert : Le Chant des pistes, Paris, Grasset, 1988 ; Le Livre de Poche, 1990

CHOMSKY Noam

Reflections on Language, New York, Pantheon Books, 1975. Trad. de l’anglais (américain) par Béatrice Vautherin, Pierre Fiala, Judith Milner : Réflexions sur le langage, Paris, François Maspero, 1977 ; Paris, Flammarion, coll. Champs Essais, 2011

« Qu’est-ce que le langage, et en quoi est-ce important ? », conférence donnée le 25-7-2013 à l’Université de Genève. En version originale (anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=05j6fAD77ok ; en version française : https://www.youtube.com/watch?v=-wJDf9gAWW4

CHRÉTIEN DE TROYES

Perceval le Gallois ou le Conte du Graal (1180-1181). Publié en 6 vol. d’après les manuscrits originaux par Ch. Potvin, Mons, imprimerie Dequesne-Masquillier, 1866-1871 ; http://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00GOO0100137001102684409

Le Chevalier au Lion (1177-1181) ; Le Chevalier au Lion (Yvain), t. IV de Les romans de Chrétien de Troyes, Paris, Librairie Honoré Champion, éd. par Mario Roques d’après la copie de GUIOT (Bib. nat. fr. 794), 1982 (édition en ancien français)

CLAUDEL Camille

Citée par Aline MAGNIEN, in Camille Claudel, Paris, Musée Rodin/Fundacion Mapfre/Gallimard, 2008

Profonde pensée, 1900, sculpture marbre taille directe, Musée Sainte-Croix, Poitiers

L’Âge mûr, 1898-1913, un plâtre et deux bronzes, Musée d’Orsay et Musée Rodin, Paris

CLAUDEL Paul

« Religion du signe », in Connaissance de l’Est, Vienne, Larousse, 1920 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Connaissance_de_l’Est ; édition critique établie par Gilbert Gadoffre, Paris, Mercure de France, 1973

CLOTTES, Jean, LEWIS-WILLIAMS, David

Les Chamanes de la Préhistoire : transe et magie dans les grottes ornées, Paris, Le Seuil, 1996

COELHO Paulo

O Alquimista, Rio de Janeiro, Rocco, 1988

CORAN

De nombreuses traductions du Coran en ligne sont recensées sur le site lexilogos : https://www.lexilogos.com/coran.htm. Notamment celles de Malek Chebel, d’André Chouraqui, de Dominique Penot, de Denise Masson. Passage dans la section Traductions.

CORNEILLE Pierre

Le Cid, tragi-comédie, Paris, François Targa, 1637 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86108062/f1.image

CORSO Gregory

« Writ on the Eve of My 32nd Birthday », in Long Live Man, New York, New Directions Publishing Corporation, 1962

CORTAZAR Julio

Bestiario, Buenos Aires, Editorial Sudamericana, 1951 ; https://ucaecemdp.edu.ar/wp-content/uploads/2016/09/julio-cortazar-bestiario.pdf

CREVEL René

Le Clavecin de Diderot, Paris, Éditions surréalistes, 1932 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Clavecin_de_Diderot

CURIE Ève

Madame Curie, Paris, Gallimard, 1938, ; rééd. Paris, Gallimard, coll. Folio n° 1336, 1981

DAMOUR Thibault

Si Einstein m’était conté, Paris, Cherche-Midi, 2005

DANTEC Maurice

Le Théâtre des opérations. Journal métaphysique et polémique, Paris, Gallimard, 1999

DEBORD Guy-Ernest

Rapport sur la construction des situations et sur les conditions de l’organisation et de l’action de la tendance situationniste internationale, Paris, 1957 ; Paris, Mille et Une nuits, 2000

In girum imus nocte et consumimur igni, film de 95 minutes réalisé en 1978, sorti en salles en 1981

DELEULE Sylvie

L’Europe des Écrivains : « l’Islande », documentaire, Arte, 2015

DESNOS Robert

« Lettres de déportation à Youki », in Œuvres, édition de M.-C. Dumas, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2003

DHAINAUT Pierre

Habiter poétiquement le monde, Villeneuve d’Asq, LaM/Lille Métropole Musée d’art moderne, 2010

DIDEROT Denis

Le Neveu de Rameau, (texte écrit probablement entre 1762 et 1773) in Œuvres, t. XXI, première publication en français (après la publication en allemand par Goethe en 1805), non définitive, d’après une copie du manuscrit, par Brière en 1821. Première publication du texte correct, d’après le manuscrit autographe retrouvé : Paris, Librairie Plon, 1891  ; https://beq.ebooksgratuits.com/vents/diderot-neveu.pdf

Eléments de physiologie, in Œuvres complètes, t. IX, Paris, Garnier, éd. Assezat et Tourneux, 1875. Texte établi, présenté et commenté par Paolo Quintili, Honoré Champion, Paris, 2004

DIDI-HUBERMAN Georges

Invention de l’hystérie, Charcot et l’Iconographie photographique de la Salpêtrière, Paris, Éditions Macula, 1982 ; édition revue, corrigée et enrichie d’une postface de Georges Didi-Huberman, 2014

DESCOLA Philippe

Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005

DUPRONT Alphonse

Du Sacré. Croisades et pèlerinages, Images et langages, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des Histoires, 1987

DURAND Gilbert

Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Presses Universitaires de France, 1960 ; rééd. Paris, Bordas, 1969 ; Paris, Dunod, 10e éd., 1984

DURRELL Lawrence

Caesar’s Vast Ghost, Aspects of Provence, New York, Arcade Publishing (Little, Brown & Co.), 1990. Trad. de l’anglais par Françoise Kestsman : L’ombre infinie de César. Regards sur la Provence, Paris, Gallimard, 1994 ; rééd. coll. Folio n° 2824 , 1996

DVORAK Cordelia

John Berger ou la mémoire du regard, documentaire, Arte, 2016

ÉCHENOZ Jean

Ravel, Paris, Éditions de Minuit, 2006

ECO Umberto

Six Promenades dans les bois du roman et d’ailleurs, Paris, Grasset 1996

EIGELDINGER Marc

Mythologie et intertextualité, Genève, Éditions Slatkine, 1987

EINSTEIN Albert

cité par HADAMARD Jacques, Essai sur la Psychologie de l’invention dans le domaine mathématique, Paris, Blanchard, 1959

ELLIS Bret Easton

Lunar Park, New York, Alfred A. Knopf, 2005. Traduit par Pierre Guglielmina : Lunar Park, Paris, Robert Laffont, coll. Pavillons, 2005

ESCOUBAS Éliane

« La Bildung et le “sens de la langue” : Wilhem von Humboldt », Littérature, année 1992, volume 86n numéro 2, p. 60 ; https://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1992_num_86_2_1545

FAULKNER William

Sanctuary, Londres, Jonathan Cape, 1931

FERRY Jean-Marc

Les grammaires de l’intelligence,  Paris, Éditions du Cerf, coll. Passages, 2004

FLAUBERT Gustave

Lettre à Ernest Duplan, 12 juin 1862, Correspondance, éd. par Jean Bruneau, et par Yvan Leclerc pour le dernier vol., Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1973-2007, t. III, p. 221-222 ; http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=11

FOLIE TRISTAN (fin du XIIe siècle)

Oxford, Bodleian Library, Douce, d6, f. 12vb-19A.

In Tristan et Iseut : Les poèmes français – La saga norroise, éd. bilingue et trad. de Daniel Lacroix et Philippe Walter, Le Livre de Poche, coll. Lettres Gothiques, 1989

Les deux poèmes de La Folie Tristan publiés par Joseph Bédier, Paris, Librairie de Firmin Didot et Cie, 1907 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97872633.r=Folie%20Tristan%20%3A%20Oxford?rk=42918;4

Autres éditions recensées ici : https://www.arlima.net/eh/folie_tristan_doxford.html

FOSSIER Arnaud

« Le grand renfermement » in Tracés, Revue de Sciences humaines

FOUCAULT Michel

Les mots et les choses : une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des Sciences humaines 1966 ; rééd. coll. Tel, 1989

L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des sciences humaines, 1969 ; in Œuvres, t. II, coll. Bibliothèque de la Pléiade, éd. sous la dir. de Frédéric Gros, texte établi, présenté et annoté par Martin Rueff, p. 117

Le Courage de la vérité, Le gouvernement de soi et des autres, Cours au Collège de France 1984, Paris, EHESS/Gallimard/Le Seuil, coll. Hautes Études, éd. Frédéric Gros, 2009

– « Le corps utopique », conférence prononcée sur France Culture le 21 décembre 1966, après une première conférence prononcée dans le même cadre le 7 décembre précédent, « Les Utopies réelles ». Le texte des deux conférences a été publié sous le titre Le Corps utopique, les Hétérotopies, Fécamp, Éditions Lignes, 2009 ; puis réétabli in Œuvres, II, sous la direction de Frédéric Gros, avec la collaboration de Philippe Chevallier, Daniel Defert, Bernard E. Harcourt, Martin Rueff, Philippe Sabot et Michel Senellart, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2015

Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961. « Le Grand Renfermement », Histoire de la folie à l’âge classique, in Œuvres, t. I, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, édition de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot, 2015

FREUD Sigmund

Totem und Tabu : Einige Übereinstimmungen im Seelenleben der Wilden und der Neurotiker, Vienne, Hugo Heller & Cie, 1913. Traduit par Samuel Jankélévitch : Totem et tabou. Interprétation par la psychanalyse de la vie sociale des peuples primitifs‎, Paris, Payot, 1924

FURET François, OZOUF Mona

Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1988

GARCIA LORCA Federico

Romancero gitano (1924-1927), Madrid, Revista de Occidente, 1928

– « Romance de la Luna, luna », in Romancero gitano. « Romance de la lune, lune », texte entier en français dans la section Traductions

« Romance Sonámbulo », in Romancero gitano.« Romance somnambule », texte entier en français dans la section Traductions

« San Miguel », in Romancero gitano. « Saint Michel », texte entier en français dans la section Traductions

– « Romance de la Pena Negra », in Romancero gitano. « Romance de la noire peine » texte entier en français dans la section Traductions

GINZBURG Carlo

– « Spie Radici di un paradigma indiziario » in A. GARGANI (dir.), Crisi della ragione, Turin, Einaudi, 1979. « Signes, traces, pistes. Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 1980, vol. 6 n°6 p. 3-44 

Il formaggio e i vermi, il cosmo di un mugnaio del’500, Turin, G. Einaudi, 1976. Trad. de l’italien par Monique Aymard : Le fromage et les vers. L’univers d’un meunier du XVIe siècle, Paris, Flammarion, 1980

GIONO Jean

Un roi sans divertissement, Paris, Gallimard, 1947

GIRAUDOUX Jean

Ondine, Paris, Grasset, 1939

GRÉGOIRE DE NAZIANCE

Λόγοι [Discours], 45 discours écrits entre 362 et 383, dont 5 (27-31) prononcés à Constantinople en 380, intitulés par Grégoire « Discours théologiques ». Discours 27, traduit par Pierre Gallay : http://www.migne.fr/textes/peres-eglise/35-pdf-061-gregoire-de-nazianze-premier-discours-theologique

GROTHENDIECK Alexandre

La clef des songes, manuscrit non publié sur papier à ce jour, http://matematicas.unex.es/~navarro/res/clefsonges.pdf

Esquisse d’un programme, écrit en 1984. Cambridge University Press, 10 juil. 1997 ; https://webusers.imj-prg.fr/~leila.schneps/grothendieckcircle/EsquisseFr.pdf

HADOT Pierre

Le voile d’Isis, Essai sur l’histoire de l’idée de Nature, Paris, Gallimard coll. NRF Essais, 2004

HAMSUN Knut

Sult, 1890. Traduit par Edmond Bayle : La Faim, Paris – Leipzig, Albert Langen, 1895

HEGEL Georg Wilhelm Friedrich

System der Wissenschaft. Erster Theil : Die Phänomenologie des Geistes, Bamberg/Würzburg, Goebhardt, 1807 ; trad. de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre : Phénoménologie de l’esprit, Paris, Flammarion, coll. Bibliothèque philosophique (Aubier), 1991. Phénoménologie de l’esprit, présentation, traduction et notes de Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière, Paris, Gallimard, Bibliothèque de philosophie, 1993 ; rééd. Folio Essais, 2002

HEIDEGGER Martin

Vorträge und Aufsätze, Pfullingen, Günther Neske, 1954. Traduction d’André Préau, préface de Jean Beaufret : Essais et conférences, Paris, Gallimard, coll. « Les Essais », 1958 ; rééd. coll. Tel, 1980

HENLEY William Ernest

« Invictus », poème écrit en 1875, publié sans titre in Book of verses, Londres, David Nutt, 1888

HILDEGARDE DE BINGEN (1098-1179)

Citée par Paul MENGAL, « Quand la maladie d’amour devient hystérie : le tournant de l’âge classique », RiLUnE, Revue des Littératures Européennes, n° 7, 2/2007, Atti/Actes Eros Pharmakon

HÖLDERLIN Friedrich

« In lieblicher Bläue », 1823 ; traduit de l’allemand par André du Bouchet : « En bleu adorable », in Œuvres, édition sous la direction de Philippe Jaccottet, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1967 ; http://www.hs-augsburg.de/~harsch/germanica/Chronologie/19Jh/Hoelderlin/hoe_0801.html

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.)

Odyssée. Différentes traductions, et des éditions bilingues : https://fr.wikisource.org/wiki/LOdyssée ; http://remacle.org/bloodwolf/poetes/homere/table.htm

HORACE

Carmina, 23-13 av. J.-C. Traduction de LECONTE DE LISLE, Odes, Paris, Alphonse Lemerre, 1873 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Horace_-_Œuvres,_trad._Leconte_de_Lisle,_I.djvu

HOUELLEBECQ Michel

La Possibilité d’une île, Paris, Fayard, 2005

HUGO Victor

Les Contemplations, Paris, Pagnerre et Michel Lévy, 1856 ; Paris, Nelson Éditeur, 1911 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contemplations

« La Conscience », in La Légende des siècles, Paris, Hetzel, 1859, p.15-18 ; https://fr.wikisource.org/wiki/La_Légende_des_siècles/La_Conscience

« Dieu », Paris, Hetzel et Quantin, 1891 (posthume ) ; https://fr.wikisource.org/wiki/Dieu_(Victor_Hugo)

Les Misérables, Paris, Pagnerre, 1862 ; Paris, Édition Nationale, Émile Testard éditeur, 1890 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Misérables

JAKOBSON Roman 

Closing Statement : Linguistics and Poetics, Massachusetts Institute of Technology, 1960. Essais de linguistique générale, trad. de l’anglais et préfacé par Nicolas Ruwet, Paris, Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1963

« Einstein et la science du langage », Débat, n° 20, mai 1982, p. 132

JAUBERT Jacques et al.

« Early Neanderthal constructions deep in Bruniquel Cave in southwestern France », Nature, n° 534, 25-5-2016

JOORDENS J.C.A. et al.

« Homo erectus at Trinil used shells for tool production and engraving » Nature, 3-12-2014 ; n° 518, 12-2-2015, p. 228–2311

JOUFFROY Alain

Manifeste de la poésie vécue, Paris, Gallimard, coll. L’Infini, 1995

JOYCE James

Ulysses, Paris, Shakespeare and Company, édité par Sylvia Beach, 1922

KAFKA Franz

Œuvres complètes, trad. de l’allemand (Autriche) par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert et Alexandre Vialatte, édition de Claude David, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, t. I II, III, 1976, 1980, 1984

– « Das Urteil », Arkadia, ein Jahrbuch für Dichtkunst, édité par Max Brod au printemps 1913, P. 53-65. Traduit par Alexandre Vialatte : « Le Verdict », in Œuvres complètes t.II, p. 180-191

Tagebücher 1909-1923. Traduit par Marthe Robert : Journaux, 27 janvier 1922, in Œuvres complètes, t. III

« Ein Hungerkünstler » [« Un artiste de la faim »], Neue Rundschau, 1922

Lettre à Oskar Pollack, 27 janvier 1904, in Œuvres complètes t.3, p. 575

KEROUAC Jack

Lonesome Traveller, New York, McGraw Hill, 1960. Trad. de l’anglais par Jean Autret : Le vagabond solitaire, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 1969. Rééd. de deux des nouvelles de ce titre : Le vagabond américain en voie de disparition, précédé de Grand voyage en Europe, Paris, Gallimard, coll. Folio 2 € n° 3695, 2002

KHADRA Yasmina

L’Attentat, Julliard, 2005

KLEIN Étienne

Il était sept fois la révolution, Paris, Flammarion, 2005

LACAN Jacques

Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, édition de Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, 2004

cité par Alain SOKAL, Jean BRICMONT, in Impostures intellectuelles, Paris, Odile Jacob, 1997, chap. « Les nombres imaginaires »

LA DAME QUI AVEINE DEMANDOIT POUR MOREL SA PROVENDE AVOIR 

La dame qui demandait de l’avoine pour que Morel ait sa ration, in Nouveau recueil complet des fabliaux des XIIIe et XIVe siècles, par W. Noomen et N. Van den Boogaard, Assen, 1983

LAFERRIÈRE Dany

Vers le Sud, Paris, Grasset, 2006

LAMBLIN Bianca

Mémoires d’une jeune fille dérangée, Paris, Balland, 1993

LECONTE DE LISLE

« La Légende des Nornes », in « Poèmes barbares », in Œuvres de Leconte de Lisle, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, s. d. (1889 ?), p. 48-55 ; https://fr.wikisource.org/wiki/La_Légende_des_Nornes

LEONARD DE VINCI

Codex Arundel, cité par Daniel FABRE, Bataille à Lascaux. Comment l’art préhistorique apparut aux enfants, Paris, L’Échoppe, 2014, ill. ; et cité par Daniel FABRE, « Le poète dans la caverne », in Claudie VOISENAT, Imaginaires archéologiques, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015, p. 98

LEOPARDI Giacomo

« Canto notturno di un pastore vagante dell’Asia », in Canti, éd. Firenze, 1831 ; http://ww2.bibliotecaitaliana.it/xtf/view?docId=bibit001021/bibit001021.xml&chunk.id=d5554e4897&toc.id=&brand=bibit

Texte en français dans la section Traductions

LEROI-GOURHAN Émile

Le Geste et la Parole, tome I et II, Paris, A. Michel, 1964 et 1965

LEVI Primo

Se questo è un uomo, Turin, De Silva, Biblioteca Leone Ginzburg,1947. Traduit de l’italien par Martine Schruoffenege : Si c’est un homme, Paris, Julliard, 1987

LÉVY Bernard-Henri

Le Siècle de Sartre, Paris, Grasset, 2000

LÉVI-STRAUSS Claude

La Pensée sauvage, Paris, Librairie Plon, 1962 ; in Œuvres, édition de Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé et Martin Rueff, préface de Vincent Debaene, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, n°543, 2008

LORBLANCHET Michel

La Naissance de l’art. Genèse de l’art préhistorique, Paris, Éditions Errance, 1999

LUMINET Jean-Pierre

« Douze petites cosmologies d’Edgar Poe », Europe, août-septembre 2001, p. 158-174

LYNCH David

« Twin Peaks : l’intégralité du question-réponse de David Lynch » par Phalène de la Valette, Le Point, 10-1-2017 ; http://www.lepoint.fr/pop-culture/series/twin-peaks-l-integralite-du-question-reponse-de-david-lynch-10-01-2017-2095903_2957.php

MAGRITTE René

La Trahison des images, 1928-1929, huile sur toile 59 x 65 cm, Los Angeles County Museum of Art

MALLARMÉ Stéphane

in Jules HURET, Enquête sur l’évolution littéraire, Bibliothèque Charpentier, Paris, 1891 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Enquête_sur_l’évolution_littéraire

« Le tombeau d’Edgar Poe », in Poésies, Paris, La Revue indépendante, 1887, p. 74 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Tombeau_d’Edgar_Poe_(1887)

MANKELL Henning

Den vita lejoninnan, Stockholm, Ordfront vörlag, 1993. Traduit du suédois par Anna Gibson : La Lionne blanche, Paris, Éditions du Seuil, coll. Seuil Policiers, 2004

MANN Thomas

Der Zauberberg, Berlin, Samuel Fischer, 1924. Traduit par Maurice Betz : La Montagne magique, Paris, Fayard, 1931

MATURIN Charles Robert

Melmoth the Wanderer, Edimbourg, Archibald Constable and Company, 1820 

MEJIA Rafael

Cumbia sobre el Mar , chanson, Colombie, 1962 ; version originale : https://www.youtube.com/watch?v=3phGJM08vB4 ; reprise par Quantic Flowering Inferno : https://www.youtube.com/watch?v=8qamv4U-SEo

MELVILLE Herman

Moby-Dick ; or, The Whale, New York, Harper & Brothers, 1851

Bartleby, the Scrivener : A Story of Wall Street, New York, Putnam’s Magazine, 1853

MICHAUX Henri

Émergences-Résurgences, Genève, Éditions d’Art Albert Skira, coll. Les sentiers de la création, 1972

« Aventures de lignes », avant-propos au livre de Will GROHMANN Paul Klee, Éditions des Trois Collines, Genève, et Librairie Flinker, 1954 ; in Passages, Paris Gallimard, coll. L’imaginaire, 1963, rééd. 1999, p. 117

MICHEL-ANGE

Michel-Ange BUONARROTI, « Sonnet I », Poésies, édition bilingue, traduction de M.A. Varcollier, Paris, Hesse et Cie, 1826

MILLE ET UNE NUITS

« Histoire du prince Zeyn Alasnam », Les Mille et une Nuits, t. V, traduction par Antoine Galland, Paris, Le Normant, 1806, p. 59-100 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits/Histoire_du_prince_Zeyn_Alasnam

MODIANO Patrick

Quartier perdu, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1985

Dora Brüder, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1997

MOLIÈRE

Le Tartuffe ou l’Imposteur, comédie en cinq actes et en vers créée le 5 février 1669 au Théâtre du Palais-Royal. Première publication : Paris, Jean Ribou, 1669 ; http://www.toutmoliere.net/le-tartuffe,33.html

Le Festin de Pierre, comédie en cinq actes et en prose créée le 15 février 1665 au Théâtre du Palais-Royal. Première publication (amendée de plusieurs passages) sous le titre Dom Juan ou Le Festin de pierre : in Œuvres de Monsieur de Molière, t. 7, Paris 1682 ; http://www.toutmoliere.net/dom-juan,34.html

Le Misanthrope, comédie en cinq actes et en vers créée le 4 juin 1666 au Palais-Royal. Première publication : Paris, Jean Ribou, 1666 ; http://www.toutmoliere.net/le-misanthrope,36.html

L’école des femmes, comédie en cinq actes et en vers, créée au Théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662. Première publication : Paris, Jean II Guignard, 1663 ; http://www.toutmoliere.net/l-ecole-des-femmes,28.html

MOLIA Agnès

Enquêtes archéologiques. Les bâtisseurs de Stonehenge, documentaire, Arte, 2018

MONTAIGNE Michel de

Essais de M. de Montaigne, Bordeaux-Paris, Simon Millanges, Jean Richer, Abel Langelier 1580-1588. Texte original de 1580 avec les variantes des éditions de 1582 et 1587, publié par R. Dezeimeris & H. Barckhausen : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102435w/f3.image.langFR. Édition de Bordeaux de 1595 : Essais, texte établi par P. Villey et V. L. Saulnier, Paris, P. U. F., 1965 : https://fr.wikisource.org/wiki/Essais/Édition_de_Bordeaux,_1595

NERVAL Gérard de

« El Desdichado », in « Les Chimères », in Les filles du feu, Paris, D. Giraud, 1854, p. 329 ; Paris, Michel Lévy frères, 1856, p. 291 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chimères/El_Desdichado

Aurélia ou le Rêve et la Vie, in Le Rêve et la Vie in Revue de Paris, 1855. Paris, Victor Lecou, 1855 ; http://kaempfer.free.fr/oeuvres/pdf/nerval-aurelia.pdf

NIETZSCHE Friedrich

Die Geburt der Tragödie aus dem Geiste der Musik, 1872. Traduit de l’allemand par Jean Marnold et Jacques Morland : L’Origine de la Tragédie dans la musique ou Hellénisme et Pessimisme, Paris, Mercure de France, 1906 ; https://fr.wikisource.org/wiki/L’Origine_de_la_Tragédie. Autre traduction, par Philippe Lacoue-Labarthe : La Naissance de la tragédie, Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, 1986

Menschliches, Allzumenschliches. Ein Buch für freie Geister, Chemnitz, Ernst Schmeitzner, 1878. Traduit de l’allemand par Henri Albert et Alexandre-Marie Desrousseaux : Humain, trop humain, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 5 et 6, Paris, Mercure de France, 1902 ;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain

Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen, Chemnitz, Ernst Schmeitzner, 1883-1885. Traduit de l’allemand par Henri Albert : Ainsi parlait Zarathoustra, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 9, Paris, Mercure de France, 1903 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra

Götzen-Dämmerung, Leipzig, C. G. Naumann, 1889. « Maximes et pointes » 13, Le Crépuscule des idoles, in Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, t. XII, Mercure de France, 1908 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Crépuscule_des_idoles/Maximes_et_pointes

NOUVEAU Germain

Valentines et autres vers, texte établi par Ernest Delahaye, Paris, Albert Messein, 1922 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Valentines_et_autres_vers

Poésies d’Humilis et vers inédits, texte établi par Ernest Delahaye, Paris, Albert Messein, 1924 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Poésies_d’Humilis_et_vers_inédits

LAUTRÉAMONT, Germain NOUVEAU, Œuvres complètes, éd. de Pierre-Olivier Walzer, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1970

ÔÉ Kenzaburô

– « Shisha no ogori », 1957 ; « Hato », 1958 ; « Seventeen », 1961. Trois nouvelles rassemblées, éditées et traduites du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura : Le Faste des morts, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 2005

M-T to mori no fushigi no monogatar, 1986. Édité et traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura : M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 1989

Kojinteki na taiken, 1964. Traduit par Claude Elsen : Une affaire personnelle, Paris, Stock, 2000

ONFRAY Michel

Les consciences réfractaires. Contre-histoire de la philosophie, t. 9, Paris, Grasset, 2013

ORWELL George

Nineteen Eighty-Four, Londres, Secker and Warburg, 1949

OVIDE (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.)

Metamorphōseōn librī, Rome, 1er siècle. Les Métamorphoses, traduction (du latin) nouvelle annotée par Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2005) : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met01/M01-Plan.html

PALISSY Bernard

Recepte veritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs thresors, La Rochelle, Imprimerie de Barthelemy Berton, 1563 et 1564 ; Recette véritable, éd. et préface de Franck Lestringant, Paris, Éditions Macula, 1996

PARIS Reine-Marie

Camille Claudel, éditions Gallimard, coll. Livre d’Art, 1984

PATRIKIOS Titos

H γλώσσα μου [Ma langue], in Ποιήματα, IV (1988-2002) [Poèmes, IV], Athènes, Kedros, 2002 ; in Sur la barricade du temps, Anthologie bilingue, traductions de Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, Montreuil, Le Temps des Cerises, Collection Vivre en poésie, 2015

PARMÉNIDE (vers 514 – milieu du Ve s. av. J.-C.)

Œuvres complètes, texte grec, http://philoctetes.free.fr/parmenide.htm ; Le Poème. Fragments, texte grec, traduction, présentation et commentaire par Marcel Conche, PUF Épiméthée, 2009 ; BOLLACK, Jean : Parménide De l’étant au monde, texte grec, nouvelle traduction et interprétation, Verdier/Poche, 2006

Voir aussi l’entrée « PENSEURS GRECS »

PASCAL Blaise

Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, dite édition de Port-Royal, Paris, 1670 

Les numéros des fragments selon les différentes éditions savantes sont répertoriés pour chaque fragment sur le site http://www.penseesdepascal.fr/index.php

« Misère » n° 102, Pensées, éd. de Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier Poche, 1991, p. 189

PAYEN Guillaume

« Racines et combat chez Martin Heidegger », in O. LAZZAROTTI et P-J OLAGNIER, L’identité, entre ineffable et effroyable, Paris, Armand Colin, 2011, p. 210-222

PERNOUD Régine

Hildegarde de Bingen, Monaco, Éditions du Rocher, 1994 ; Le Livre de Poche, 1995

PINSON Jean-Claude

Habiter en poète, Seyssel, Champ Vallon, 1995

PIZAN Christine de

Le Livre du duc des vrays amans (1403-1405). London, British Library, Harley, 4431, f. 143rb-177vb (A2 [Roy], R ; Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 836, f. 65ra-98ra (A1 [Roy], D) ; Le Livre du duc des vrais amants, 1404-1405, éd. bilingue, publication, traduction, présentation et notes par Dominique Demartini et Didier Lechat, Paris, Honoré Champion, coll. Classiques Moyen Âge, 2013

PLATH Sylvia

«  An Appearance », in The Collected Poems, édité, annoté et introduit par Ted Hughes, New York, Harper and Row, 1981 (posthume), p. 189

PLATON (vers 428 – vers 348 av. J.-C.)

Gorgias, in Œuvres, t. III, trad. Victor Cousin, Paris, Bossange Frères, 1822 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Gorgias_(trad._Cousin)

La République, trad. Victor Cousin, Paris, Rey et Gravier, 1833 ; https://fr.wikisource.org/wiki/La_République_(trad._Cousin)

Apologie de Socrate, Criton, Phédon, Paris, Garnier-Flammarion, 1965 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3784q/f1.image

PLUTARQUE (vers 46 – vers 125)

De la superstition. En bilingue grec-français (trad. D. Richard) : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/supestition.htm

POE Edgar Allan

Complete Tales & Poems, New York, Toronto, Random House, Vintage Books Edition, 1975

Traductions de ses œuvres par Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, William Little Hughes, Émile Hennequin, Maurice Rollinat, Félix Rabbe : https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Edgar_Allan_Poe

« MS found in a Bottle », Baltimore, Saturday Visiter, octobre1833 ; https://en.wikisource.org/wiki/The_Works_of_the_Late_Edgar_Allan_Poe/Volume_1/MS._found_in_a_Bottle ; in Complete Tales and Poems, [Vintage Books Edition], p. 123

« A Descent into the Maelström », Philadelphie, Graham’s Magazine, vol. XVIII n° 5, 1841, p. 235-241 ; https://en.wikisource.org/wiki/Tales_(Poe)/A_Descent_into_the_Maelström

« The Fall of the House of Usher ». Philadelphie, Burton’s Gentleman’s Magazine, sept. 1839. (Texte entier en français dans la section Traductions)

« The Black Cat », Philadelphie, The Saturday Evening Post, 19 août 1843

The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, New York, Harper & Brothers, 1838

« William Wilson », Philadelphie, Burton’s Gentleman’s Magazine, 1839

Tales of the Grotesque and Arabesque, Philadelphie, Lea & Blanchard, 1840

– « The Purloined Letter », Philadelphie, The Gift for 1845, 1844

PRÉSOCRATIQUES et autres PENSEURS GRECS

HÉRACLITE (576 – 480 av. J.-C. environ) ; THALÈS (625-546 av. J.-C. environ) : ; PARMÉNIDE (514 – milieu du Ve s. av. J.-C.) ; EPICTÈTE (50-125 ou 130) ; EMPÉDOCLE (490 430 av. J.-C. Environ) DÉMOCRITE (460 – 370 av. J.-C. environ)

La classification retenue ici pour les fragments des penseurs grecs présocratiques cités est celle de Hermann DIELS, Walther KRANZ, Die Fragmente der Vorsokratiker griechisch und deutsch, Berlin, Weidmann, 1903 

Ces fragments (dont ceux qui sont traduits par nous dans cette thèse), sont disponibles en ligne dans cette même édition, en grec : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/thales/table.htm

Voir aussi : SOPHOCLE ; PLATON ; PLUTARQUE ; ARISTOPHANE

PROUST Marcel  

À la recherche du temps perdu, 13 vol., Paris, Grasset & NRF, 1913-1927 ; https://fr.wikisource.org/wiki/À_la_recherche_du_temps_perdu ;https://beq.ebooksgratuits.com/vents/proust.htm

Le Temps retrouvé, édition de Pierre-Edmond Robert, préface de Pierre-Louis Rey et Brian G. Rogers, édition annotée par Jacques Robichez avec la collaboration de Brian G. Rogers, Paris, Gallimard, coll. « Folio » n° 2203, 1990

QUÉTEL Claude

Histoire de la folie, De l’Antiquité à nos jours, Paris, Tallandier, 2012

RAMUZ Charles-Ferdinand

La pensée remonte les fleuves, Plon, coll. Terre humaine, 1979 

Remarques, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1987

RENART Jean

Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole (1025-1031). Paris, Librairie Honoré Champion, 1962

REVERDY Paul

Plupart du temps, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 1945

REYES Alina

« Chanson du poète à l’aurore », in Voyage, alinareyes.net, 2013, p. 453-454

La jeune fille et la Vierge, Paris, Bayard, 2008

La Chasse amoureuse, Paris, Robert Laffont, 2004

RICARDOU Jean

Problèmes du nouveau roman, Paris, Seuil, coll. Tel Quel, 1967

RIMBAUD Arthur

« Le Bateau ivre », Poésies complètes, préface de Paul Verlaine et notes de l’éditeur, Paris, Vanier, 1895, p. 17-22 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Poésies_(Rimbaud)/éd._Vanier,_1895/Le_Bateau_ivre

Illuminations, texte établi par Félix Fénéon, notice par Paul VERLAINE, Paris, Publications de la Vogue, 1886 ; publication partielle complétée in Poésies complètes, avec préface de Paul VERLAINE et notes de l’éditeur, Paris, Léon Vanier, 1895 ; première et autre édition : https://fr.wikisource.org/wiki/Illuminations

Lettre à Paul Demeny, dite « Lettre du Voyant », 15 mai 1871 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_de_Rimbaud_À_Paul_Demeny_-_15_mai_1871

Une saison en enfer, Bruxelles, Alliance typographique (M.-J. Poot et compagnie), 1873 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Une_saison_en_enfer

Un cœur sous une soutane, intimités d’un séminariste, avant-propos de Louis Aragon et André Breton, Paris, Ronald Davis, 1924

RITSOS Iannis

« Λαός » [« Peuple »] in Δεκαοχτώ λιανοτράγουδα της πικρής πατρίδας [Dix-huit petites chansons de la patrie amère], écrites en prison le 16 septembre 1968 pour seize d’entre elles (dont « Peuple », la quatrième), en novembre 1969 pour les deux dernières, à la demande de Mikis Theodorakis qui les a mises en musique en 1973. Chantée par Maria Farantouri : https://youtu.be/XeFoCVYnPKc

ROCHE Denis

Le Mécrit, Paris, Seuil, 1972

RONSARD Pierre de

Les Amours de P. de Ronsard vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques Odes de L’auteur, non encor imprimées, Avec privilege du Roy, Paris, Chez la veuve Maurice de la Porte, 1553 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k700023.image ;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Amours_(1553)

Les Amours et Les Folastries, 1552, édition établie, présentée et annotée par André Gendre, Le Livre de poche, coll. Les Classiques de poche, 1993

ROSA António Ramos

Antologica Poética, Lisbonne, Dom Quixote,1999

ROTH Joseph

Radetzkymarsch, Berlin, Gustav Kiepenheuer Verlag, 1932. Traduit par Blanche Gidon : La Marche de Radetzky, Paris, Plon et Nourrit, 1934 ; Paris, Le Seuil, coll. Points, 1982 ; édition revue par Alain Huriot avec une présentation de Stéphane Pesnel et l’avant-propos de 1932 traduit par Stéphane Pesnel, Paris, Éditions du Seuil, 2013

RÛMÎ Djalâl-od-Dîn (1207-1273)

Mathnawî. La Quête de l’Absolu, trad. Éva de VITRAY MEYEROVITCH et Djamchid MORTAZAWI, Paris, Éditions du Rocher, 1990 ; rééd. 2004

SAND Shlomo

La fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq, Paris, La Découverte, 2016

SHAKESPEARE William

Œuvres en anglais : https://en.wikisource.org/wiki/Author:William_Shakespeare

Œuvres complètes, édition bilingue, établie sous la direction de Michel Grivelet et Gilles Monsarrat, texte anglais établi sous la direction de Stanley Wells et Gary Taylor, Paris, Robert Laffont, coll « Bouquins », 1995

The Winter’s Tale, Londres, in-folio de 1623 ; Le Conte d’hiver in Œuvres complètes t.2 ; Conte d’hiver, trad. d’Yves Bonnefoy, in Œuvres complètes de Shakespeare, t. VII, Paris, Club français du Livre, 1961 ; Le Conte d’hiver, préface d’Yves Bonnefoy, Paris, Gallimard, coll. Folio Théâtre, 1996

Shake-speares Sonnets, Londres, G. Eld (imprimeur), Thomas Thorpe (éditeur), 1609 ; http://shakespeares-sonnets.com/all.php

The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark, Londres, 1603

SCHWOB Marcel

Œuvres, texte établi et présenté par Sylvain Goudemare, Paris, Phébus, coll. Libretto, 2002

Spicilège, Paris, Société du Mercure de France, 1896 

Marcel SCHWOB et Georges GUIEYSSE, Étude sur l’argot français, Paris, Imprimerie nationale, 1889 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Étude_sur_l’argot_français

Le Livre de Monelle, Paris, Léon Chailley, 1894 ; in La lampe de Psyché, Paris, Société du Mercure de France, 1906 : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Lampe_de_Psyché/Le_Livre_de_Monelle

La Croisade des enfants, Paris, Mercure de France, 1896 ; in La lampe de Psyché : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Lampe_de_Psyché/La_Croisade_des_enfants

« La mort d’Odjigh », in Le Roi au masque d’or, Paris, Ollendorf, 1892 ; in Œuvres, p. 239

« Le conte des œufs », in Cœur double, Paris, Ollendorff, 1891 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Conte_des_œufs

SHIROW Masamune

Ghost in the Shell, Tokyo, Young Magazine, 1989 ; Tokyo, Kōdansha, 1991 ; Grenoble, Glénat, 1996

SIMON Claude

L’Acacia, Paris, Les Éditions de Minuit, 1989 ; postface de Patrick Longuet, Paris, Les Éditions de Minuit, coll. Double, n° 26, 2003

SOPHOCLE

Antigone, tragédie, 441 av. J.-C. ; traduction de LECONTE DE LISLE, Antigonè, Alphonse Lemerre, 1877 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Antigonè ; même traduction accompagnée du texte en grec : http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/sophocle/Antigone.htm

SOROKINE Vladimir

Лёд, 2002. Trad. du russe par Bernard Kreise : La Glace, Paris, Éditions de l’Olivier, 2005

STENDHAL

Le Rouge et le Noir, Paris, Levasseur, 1830

THOREAU Henry David

Walden ; or, Life in the Woods, Boston, Ticknor and Fields, 1854

TOLKIEN J.R.R.

The Lord of the Rings, Londres, Allen & Unwin, 1954-1955

TOMASI DI LAMPEDUSA Giuseppe

Il Gattopardo, Milan, Feltrinelli, 1958. Traduit de l’italien par Fanette Pézard : Le Guépard, Paris, Seuil, 1959 ; trad. par Jean-Paul Manganaro, Paris, Seuil, coll . Points n° 260, 2007

TORGA Miguel

Diário XV, Coimbra, Edição do Autor, 1990

L’universel, c’est le local moins les murs, traduit du portugais par Claire Cayron, Bordeaux, William Blake & Co, 2012

TOURNEUX Maurice

Gérard de Nerval, prosateur et poète, Paris, Monnier, 1887

VALÉRY Paul

L’homme et la coquille, Paris, Gallimard, 1937

L’enseignement de la poétique au Collège de France, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade t.1, éd. Jean Hytier, introduction biographique par Agathe Rouart-Valéry, 1957, p. 1439

« Première leçon de cours de poétique », Leçon inaugurale du cours de poétique du Collège de France, in Variété V, Gallimard, coll. Nrf, 1944 

« Au sujet d’Eurêka » 1921 ; in Œuvres complètes, t. 1, p. 857

VAN GOGH Vincent

Les premiers pas (d’après Millet), 1890, huile sur toile, 91,2 x 72,4 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York

La chaise de Gauguin, 1888, huile sur toile 90,5 x 72,5 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam

VELASQUEZ Diego

Las Meninas, 1656, huile sur toile 318 x 276 cm, Musée du Prado, Madrid

VERNANT Jean-Pierre

Les origines de la pensée grecque, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Mythes et Religions, 1962 ; rééd. Paris, PUF, coll. Quadrige, 1992

VESSIER Maximilien

La Pitié-Salpêtrière, Quatre siècles d’histoire et d’histoires, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 1999

WILDE Oscar

Salomé, Paris, Librairie de l’Art indépendant, 1893 ; https://fr.wikisource.org/wiki/Salo

The Picture of Dorian Gray, Philadelphie, Lippincott’s Monthly Magazine, 1890

WOOLF Virginia

L’Art du roman, conférences et articles divers (dont inédits) réunis et traduits de l’anglais par Rose Celli, Paris, Éditions du Seuil, 1979 ; rééd. avec une préface d’Agnès Desarthe, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points Signatures, 2009

XENAKIS Mâkhi

Les folles d’enfer de la Salpêtrière, Arles, Actes Sud Beaux-Arts, Hors collection, 2004

ZAMIATINE Evgueni

Пещера, 1920 ; traduit du russe par Marie-Chantal Masson-Beauchet et Jacques Catteau, préface de Jacques Catteau : La Caverne, Lausanne, L’Âge d’Homme, coll. Classiques slaves, 1990

Мы, 1920 ; traduit par B. Cauvet-Duhamel : Nous autres, Paris, Gallimard, coll. Les Jeunes Russes, 1929

ZWEIG Stefan

Die Welt von Gestern. Traduction de Serge Niemetz : Le Monde d’hier, Paris, Belfond, 1944. Traduit de l’allemand (Autriche) par Dominique Tassel : Paris, Gallimard, coll. Folio Essais n°616, 2016

vignette,*

Journée portes ouvertes à l’APHP : psychiatrie et thérapeutiques innovantes à la Salpêtrière

la forceLa cour du bâtiment de la Force où furent violées et sauvagement massacrées des dizaines de femmes par des révolutionnaires avinés, lors des massacres de septembre 1792

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Le Pr Philippe Fossati, qui nous a reçu·e·s, a commencé par espérer que nous ne nous étions pas perdu·e·s dans le dédale de cet immense hôpital (le plus grand d’Europe avec la Charité à Berlin), où l’on se perd couramment. Il nous a dit que nous étions ici dans le plus gros service de psychiatrie des hôpitaux de Paris, et qu’il avait obtenu le label qualité pour son accueil, notamment. Il a rappelé que la Pitié-Salpêtrière a une double mission de soins et de recherche, qu’elle est à la fois un hôpital et une faculté de médecine (rattachée à Sorbonne Universités).

En psychiatrie, les principaux domaines de soin et de recherche sont ici la dépression (les troubles bipolaires, etc.) et les troubles anxieux (comme les fameux TOC, troubles obsessionnels compulsifs). Trois cents millions de personnes sont affectées de dépression dans le monde – contre par exemple beaucoup moins – quarante millions – d’Alzheimer, dont on parle davantage. La Salpêtrière a initié un traitement innovant par électrostimulation (Stimulation magnétique Trans Crânienne), assistée par la neuroimagerie. Et comme au bon vieux temps de Charcot, nous avons eu droit à une et même deux démonstrations. Sauf qu’il y a un net et considérable progrès depuis les mises en scène de Charcot qui instrumentalisait femmes et pauvres : aujourd’hui c’est le grand professeur qui se soumet lui-même à la démonstration. Le Pr Bruno Millet s’est assis dans le fauteuil des patient·e·s et une infirmière lui a fait subir le traitement (à peu près indolore), lui envoyant un champ électromagnétique dans le cortex préfontal gauche (censé être plus concerné par la dépression, mais le Pr Millet pense que le droit peut être concerné tout autant) après avoir réalisé une sorte de GPS de son cerveau. Le traitement a paraît-il une bonne efficacité, il est d’un rapport efficacité/tolérance excellent mais il n’est pas encore reconnu par la sécurité sociale. Beaucoup moins lourd en tout cas que le traitement par électrochocs, encore pratiqué dans certains cas, après anesthésie générale. Je pensais au pauvre Artaud, qui les subit dans des conditions et une époque terribles.

La réalité virtuelle est aussi ici une autre thérapeutique des pathologies anxieuses. Par exemple, un phobique du métro, ou des aéroports, pourra s’entraîner, son casque sur les yeux, à y évoluer en réalité virtuelle, un phobique de la conduite pourra passer dix heures au volant, en dix séances, sur un simulateur de conduite, etc.

Il a été question aussi du protocole « Paris Mem », mis en place après les attentats de novembre 2015 pour soigner les patients souffrant de stress post-traumatique. Il s’agit, nous a expliqué une jeune Docteure dont malheureusement je n’ai pu entendre le nom (nous étions à ce moment un peu bousculés, le groupe de visiteurs suivant étant près d’arriver), de bloquer la charge émotionnelle du souvenir traumatisant par association d’un traitement médicamenteux (propranolol) et l’exposition en imagination à l’événement (lecture d’un récit traumatique). J’ai pensé qu’en associant écriture et lecture, on pourrait peut-être éviter la pharmacologie, à condition de bien le faire.

Enfin le Dr Yves Edel a retracé l’histoire très intéressante du bâtiment de la Force, une longue histoire de la souffrance dont j’ai déjà parlé dans ce blog (cf mot-clé Pitié-Salpêtrière) – et dont je parle aussi dans ma thèse. Une prison de femmes enchaînées au sein d’une autre prison, l' »Hôpital-Général des Enfermez ». Les riches (envoyées là par lettre de cachet sur demande de leur famille qui leur reprochaient leur conduite « immorale ») avaient droit au laudanum, mélange de vin et d’opium, les pauvres aux chaînes en fer. Vraisemblablement, a-t-il ajouté, il y a un charnier à cet endroit – il arrive que lors de petits travaux on trouve des ossements. Voilà des archives criantes, non ?

L’Histoire est passionnante, la médecine aussi.

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allee de la hauteuraujourd’hui à la Pitié-Salpêtrière, photos Alina Reyes

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Les fantastiques roses de la roseraie du Jardin des Plantes. Et un début d’index

Environ 300 noms dans l’index des noms de personnes présents dans ma thèse. Les voici, dans l’ordre où je les ai relevés dans le texte (après les photos des roses). Il me reste à les classer par ordre alphabétique, éventuellement à les compléter (j’ai pu en oublier). Reste aussi à faire un index des personnages, et un autre des thèmes. Ces index sont au moins aussi importants que la bibliographie, car ils participent à multiplier les possibilités de lecture de la thèse.

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roses 21Ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Breton, André

Crevel, René

Kafka, Franz

Platon

Husserl, Edmund

Jakobson, Roman

Mallarmé, Stéphane

Lévi-Strauss, Claude

Rimbaud, Arthur

Poe, Edgar

Luminet, Jean-Pierre

Démocrite

Rûmî

Cortazar, Julio

Van Gogh, Vincent

Descola, Philippe

Héraclite

Bouvier, Nicolas

Foucault, Michel

Chomsky, Noam

Grothendieck, Alexandre

Humboldt, Wilhem von

Benjamin, Walter

Chatwin, Bruce

Ferry, Jean-Marc

Nietzsche, Friedrich

Hugo, Victor

Berger, John

Hegel, Georg Wilhelm Friedrich

Carroll, Lewis

Rousseau, Jean-Jacques

Flaubert, Gustave

Baudelaire, Charles

Molière

Camus, Albert

Sophocle

Torga, Miguel

Proust, Marcel

Magritte, René

Tardi, Jacques

Dostoïevski, Fiodor

Macaigne, Vincent

Vermeer, Johannes

Ésope

La Fontaine, Jean de

Perrault, Charles

Nerval, Gérard de

Giraudoux, Jean

Freud, Sigmund

Marie de France

Dürer, Albrecht

Picasso, Pablo

Warhol, Andy

Ronsard, Pierre de

Michaux, Henri

Xinjiang, Gao

Einstein, Albert

Artaud, Antonin

Bachelard, Gaston

Valéry, Paul-André

Dhainaut, Pierre-Edmond

Hölderlin, Friedrich

Woolf, Virginia

Stefánsson, Jón Kalman

Borges, Jorge Luis

Finkel, Irving

Lorblanchet, Michel

Coelho, Paulo

Rûmî, Djalâl-od-Dîn

Jasniewiecz, Gérard

Païni, Lotus de

Curie, Marie

Bonnefoy, Yves

Simon, Claude

Michel-Ange

Kubrick, Stanley

Lichtenberg, Hans Georg

Harrison, Jim

Claudel, Paul

Ginzburg, Carlo

Homère

Shirow, Masamune

Durand, Gilbert

Benveniste, Émile

Vernant, Jean-Pierre

Palissy, Bernard

Gomez, Sergio

Parménide

Shakespeare, William

Plutarque

Pascal, Blaise

Wilde, Oscar

Leopardi, Giacomo

Garcia Lorca, Federico

Ellis, Bret Easton

Hyverneaud, Georges

Tomasi di Lampedusa, Giuseppe

Rilke, Rainer Maria

Basile de Césarée

Reyes, Alina

Lynch, David

Clottes, Jean

Cendrars, Blaise

Mankell, Henning

Rigaut, Jacques

Térence

Traoré, Oumou

Thérèse d’Avila

Galien, Claude

Sextus Empiricus

Simon, Claude

Socrate

Hadot, Pierre

Huxley, Aldous

Toral, Cristobal

Matisse, Isabella

Struth, Thomas

Faulkner, William

Brueghel l’Ancien

Didi-Huberman, Georges

Annaud, Jean-Jacques

Giono, Jean

Chrétien de Troyes

Vitray-Meyerovitch, Eva de

Pernoud, Régine

Bingen, Hildegarde de

Christine de Pizan

Tolkien, John Ronald Reuel

Corneille, Pierre

Kubrick, Stanley

Cervantes, Miguel de

Brunel, Pierre

Ovide

Horace

Montaigne, Michel de

Angelus Silesius

Leroi-Gourhan, Émile

Patrikios, Titos

Zénon d’Élée

Barthes, Roland

Dumézil, René

Grégoire de Naziance

Jouffroy, Alain

Ramuz, Charles-Ferdinand

Char, René

Eco, Umberto

Latour, Georges de

Claudel, Camille

Paris, Reine-Marie

Rodin, Auguste

Curie, Pierre

Beauvoir, Simone de

Sartre, Jean-Paul

Lamblin, Bianca

Onfray, Michel

Sand, Shlomo

Copernic, Nicolas

Luther, Martin

Calvin, Jean

Lacan, Jacques

Debord, Guy

Heidegger, Martin

Chouraqui, André

Mohammed (Prophète)

Resnais, Alain

Modiano, Patrick

Gombrowicz, Witold

Robin, Armand

Joyce, James

Beckett, Samuel

Brüder, Dora

Lampe, Friedo

Calderón, Pedro

Pauli, Wolfgang

Boudenot, Jean-Claude

Gamou, Georges

Franck, James

Jung, Carl Gustav

Schrödinger, Erwin

Charcot, Jean-Martin

Pinel, Philippe

Cabrol, Christian

Marie de Médicis

Guérin, Raymond

Boffrand, Germain

Kafka, Ottla

Agamben, Giorgio

Améry, Jean-Claude

Barth, Karl

Furet, François

Diogène

Alexandre le Grand

Vitez, Antoine

Diderot, Denis

Zweig, Stefan

Roth, Joseph

Greuze, Jean-Baptiste

Muray, Philippe

Aristophane

Ellis, Bret Easton

Houellebecq, Michel

Khadra, Yasmina

Sorokine, Vladimir

Laferrière, Dany

Ôé, Kenzaburo

Échenoz, Jean

Byatt, A.S.

Keaton, Buster

Riefenstahl, Leni

Sade, D.A.F.

Laclos, Pierre Choderlos de

Echenoz, Jean

Ravel, Maurice

Renard, Jules

Allen, Woody

Weinstein, Harvey

Vélasquez, Diego

Chamberlayne, William

Auster, Paul

Kerouac, Jack

Paul de Tarse

Ricardou, Jean

Breuil, Eddie

Nouveau, Germain

Cézanne, Paul

Durrell, Lawrence

Soupault, Philippe

Verlaine, Paul

Leconte de Lisle, Charles

Bonnet, Marguerite

Brod, Max

Calasso, Roberto

Schwob, Marcel

Stevenson, Robert Louis

Quincey, Thomas de

Dostoïevski, Fiodor

Dupront, Alphonse

Alphandéry, Paul

Munier, Roger

Banksy

Dumas, Alexandre

Jarry, Alfred

Daudet, Alphonse

Satie, Erik

Prévost, Antoine François, abbé

Baker, Joséphine

Léger, Fernand

Khrouchtchev, Nikita

Gagarine, Youri

Foujita, Tsuguharu

Christophe

Miller, Henry

Nin, Anaïs

Saint-Pierre, Bernardin de

Jacobs, Edgar P.

Curie, Pierre

Zola, Émile

Welles, Orson

Balzac, Honoré de

Viardot, Pauline

Tourgueniev, Ivan

Bizet, Georges

Blum, Léon

Blériot, Louis

Gambetta, Léon

Vian, Boris

David, Jacques-Louis

Astier de la Vigerie, Emmanuel d’

Debussy, Claude

Aragon, Louis

Triolet, Elsa

François 1er

Thalès

Épictète

Renart, Jean

Blake, William

Thoreau, William

Whitman, Walt

Henley, William Ernest

Plath, Sylvia

Ritsos, Iannis

Ramos Rosa, Antonio

Corso, Gregory

Orwell, George

Calvino, Italo

Koons, Jeff

Dôgen, Eihei

Hagège, Claude

Darwich, Mahmoud

Franck, Anne

Alexandrian, Sarane

Maurel, Jean

Chirico, Giorgio

Douanier Rousseau

Mosko

Suacha

Mann, Thomas

Reverdy, Paul

Hamsun, Knut

Nerval, Gérard de

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De la Pitié à la Mosquée (12). Oiseaux en cage

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tout à l’heure sur le boulevard, photo Alina Reyes

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« Dès que les portes furent forcées, le 3 septembre 1792, vers les 16 heures, 350 hommes se précipitèrent sur nos prisonnières (…) Durant quarante heures d’horloge, plus de 600 filles, femmes, fillettes, vieillardes, furent possédées, sodomisées ou violées, chacune une ou plusieurs fois, devant 8000 voyeurs accourus de toute la ville. Et, au milieu de cette débauche, le 4 septembre, en fin de journée, des égorgeurs en provenance de Bicêtre assassinèrent 35 femmes dans la cour dite encore aujourd’hui « des massacres » du bâtiment de la Force. » Maximilien Vessier, La Pitié-Salpêtrière, éd APHP.

Les Massacres de Septembre ont fait plus d’un millier de morts à Paris, prisonniers et prisonnières assassinés dans un délire de fureur des révolutionnaires, « boutiquiers, artisans, gardes nationaux, Fédérés, entraînés par la hantise de la trahison », écrit François Furet dans le Dictionnaire critique de la Révolution française, qui précise aussi qu’il n’y eut à l’origine de la tuerie « aucun ordre venu de plus haut ». Et qu’après cet épisode sur lequel on jugea bon de « jeter un voile », « de fait, la Terreur va peu à peu se mettre en place, comme un système répressif organisé d’en haut et institutionnalisé. »

Moins d’un siècle plus tard, le Dr Charcot, issu du peuple, menait la vie d’un grand bourgeois boulevard Saint-Germain, ayant fait fortune en inventant l’hystérie et en exhibant ses malades de la Pitié-Salpêtrière au Tout-Paris et au-delà – Freud y passa un semestre. Il est connu aujourd’hui que ses séances d’  « hypnose » comme les manifestations de ses « hystériques » n’étaient qu’artifices et singeries. En vérité l’exhibition de ces femmes et hommes, de leurs convulsions et de leurs soumissions, n’était que la reprise hypocrite du tour qu’avaient pris ici les Massacres de Septembre, substituant aux violences physiques des violences psychiques collectives sur des personnes emprisonnées, affaiblies, sans défense, dont nous avons vu (ici et )comment s’exerçait la maniaquerie de ces « messieurs » à leur encontre.

Un siècle plus tard encore, et l’hypnose et l’hystérie, une fois inventées faisant leur chemin, règnent via les médias sur leur maître, le peuple, et via la production intellectuelle sur leurs soumis, les héritiers de Charcot, inventeurs de faux en tout genre. « Que le phallus ne se trouve pas là où on l’attend, dit Lacan (au dixième tome de la publication de son Séminaire), là où on l’exige, à savoir sur le plan de la médiation génitale, voilà qui explique que l’angoisse est la vérité de la sexualité, c’est-à-dire ce qui apparaît chaque fois que son flux se retire et montre le sable. La castration est le prix de cette structure, elle se substitue à cette vérité. » Jean Guitton ne dit-il pas que « l’on a toujours l’impression avec Lacan qu’autrui n’est qu’un être, un objet dont on voudrait abuser, et de ne pas le pouvoir librement, là serait l’origine de tous les problèmes psychiques » ?

« Mais en fait, poursuit Lacan, cela est un jeu illusoire. Il n’y a pas de castration parce que, au lieu où elle a à se produire, il n’y a pas d’objet à castrer. Il faudrait pour cela que le phallus fût là. » S’il n’y est pas, où est-il donc ? Sans doute reste-t-il confiné, comme avec Charcot, dans l’habit de ces messieurs, engoncés dans leur obsession sexuelle et trop apeurés à l’idée que pourrait leur être coupé, de par le don de leur corps, leur pouvoir symbolique. Le réel n’est-il pas trop risqué pour ces angoissés de la mort ? « La vie humaine pourrait être définie comme un calcul dans lequel zéro serait irrationnel », a dit Lacan en 1959. Voyez comme la vérité parle, voyez comme malgré lui cet homme parle en fait de lui, tout calcul, zéro phallus, zéro homme, tout faux puisque le zéro irrationnel cela n’existe pas, et tout irrationnel, élaborant des théories irrationnelles auxquelles des générations d’angoissés croiront idolâtriquement, comme à toutes les théories de la non-vie aptes à justifier le choix des existences entre-deux, entre vie et mort, des paroles entre-deux, entre oui et non, des actes entre-deux, entre exhibition et occultation, des engagements entre-deux, entre bien et mal, et de tout entre-deux qui permet, par sa non-franchise, de ne pas assumer sa vie, sa parole, ses actes, et qui sépare l’être de l’être, pour le remplacer par l’artificielle existence et la pseudo-relation du zéro irrationnel.

L’inconscient n’est pas structuré comme un langage car l’inconscient n’est pas. L’inconscient existe comme hypothèse de travail, comme langage fabriqué par et pour une hypothèse de travail, rien de plus. La conscience est, elle seule est, crée et anime le monde. La conscience nous est donnée, nous ne la connaissons pas toute et nous avons à aller vers elle, qui vient vers nous notamment à travers ce que nous appelons inconscient mais qui n’est pas inconscient mais au contraire conscience. Si la physis aime à se cacher, comme disait Héraclite, ce qui nous en est caché ou inconnu n’est pas pour autant une in-physis, une non-physis. La conscience est, la non-conscience n’est pas. Avoir convaincu les hommes qu’ils étaient gouvernés par leur inconscient, c’est les avoir déresponsabilisés, leur avoir ôté le sens de la liberté qui assume, les déshumaniser. Continuer à les pousser à explorer ce qui n’est pas, à les convaincre que la vie est un calcul et un néant, c’est continuer l’œuvre de destruction massive de l’époque industrielle. Il est temps de revenir à l’incarnation.

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De la Pitié à la Mosquée (8) Baleine blanche

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À partir de 1659, La Pitié est dédiée à l’enfermement des petits garçons, et d’autre part des « femmes de mauvaise vie ». La Salpêtrière « accueille » quant à elle des femmes et des petites filles. En 1684, sous le « roi soleil », y est construite une véritable prison. Chaque année deux mille femmes y sont internées. Parmi ces prisonnières, beaucoup sont mariées de force, et déportées en vue de peupler les colonies du Québec, de la Louisiane et des Antilles.

« Dès les débuts de l’Hôpital Général, des locaux spéciaux avaient été prévus à la Salpêtrière pour les insensées, puis, à la fin du XVIIème siècle, on avait construit les premières « loges » pour les épileptiques et les aliénées. Il s’agissait de cellules fermées par une grille de fer, dotée d’un banc de pierre et munies de chaînes auxquelles on entravait les malades. Celles qui étaient particulièrement violentes et agitées avaient droit à de véritables cachots souterrains où elles étaient enchaînées, souvent toutes nues, et où elles recevaient la visite des rats qui, parfois leur rongeaient les pieds – sans compter les méfaits des gels hivernaux et des inondations de la Seine. » Paul-André Bellier, Revue d’histoire de la pharmacie, vol 80 (1992).

Les détenues étaient rouées de coups et souffraient de malnutrition. Contraintes à des travaux forcés, maltraitées au point que chaque année, sur environ six mille internées, cinq à six cents mouraient à la Salpêtrière, elles étaient cependant, pour leur salut, conduites de force, chaque matin à l’aube, à la messe en l’église Saint-Louis. L’autel se trouvait au centre de la rotonde, chœur visible des quatre chapelles et des quatre nefs où étaient réparties les différentes catégories de personnes internées. Ainsi l’enfermement et la surveillance panoptiques des internées se retrouvaient-ils inexorablement, et indépendamment de la volonté humaine, incarnés par cette disposition où, dans une inversion de la figure éclatait la vérité de la situation : dans l’iniquité et les souffrances faites à ces femmes, dans ce déni de leur humanité, c’était le Christ qu’au nom du Roi et au nom du Christ – plus tard au nom de l’État et de la Science – on torturait et assassinait.

En cet automne 2013, à l’occasion d’un hommage à Charcot, un des vétérans du réseau fera à la Pitié-Salpêtrière une communication intitulée : Faire l’amour avec Dieu. Sur l’autel une femme d’aujourd’hui, enfermée socialement pour son insoumission au système, sera une fois de plus exhibée devant la bonne société de son temps. Cependant la bonne société meurt et le Ressuscité vit.

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à suivre

De la Pitié à la Mosquée (7) Folles d’enfer s’exhibant par procuration

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« Les folles d’enfer de la Salpêtrière », par Mâkhi Xenakis, à Saint-Louis de la Salpêtrière

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Charcot déniche aussi l’hystérie chez des hommes. Il expose divers cas d’hystérie masculine déclenchée par des accidents de chemin de fer. Mais surtout, il la trouve parmi les pauvres, les pauvres d’entre les pauvres.

« Où l’hystérie va-t-elle se nicher ? Je vous l’ai montrée bien souvent dans ces derniers temps dans la classe ouvrière, chez les artisans manuels, et je vous ai dit qu’il fallait la chercher encore sous les haillons chez les déclassés, les mendiants, les vagabonds ; dans les dépôts de mendicité, les pénitenciers, les bagnes peut-être ? Vous verrez qu’un jour, tout compte fait, en raison de l’extension singulière que semble prendre l’hystérie mâle dans les classes inférieures de la société à mesure qu’on apprend à mieux la connaître, on en viendra à poser la question suivante : la névrose hystérique est-elle vraiment, comme on l’a cru, comme on l’a prétendu jusqu’ici, plus fréquente chez la femme que chez l’homme ? »

Comme il l’a fait avec les femmes, il présente ses cas à l’assemblée, les décrivant en leur présence comme s’ils n’étaient que des objets :

« Il a en effet, comme vous voyez, l’air abruti, stupide, renfrogné, féroce même… »

Puis, après un long exposé sur ce cas, présentant le suivant : « Lui aussi est un dégénéré (…) Son intelligence est faible, pour ne pas dire plus ; il n’a jamais pu apprendre à lire ; sa marche est gênée par l’existence de deux pieds-bots congénitaux et on lui voit au cou de nombreuses traces de scrofule. De plus, il bégaye horriblement comme vous aurez dans un instant l’occasion de le constater. (…) avec la permission des autorités compétentes, il vit de la profession de chanteur des rues, dans la banlieue de Paris. Voyez, il porte constamment dans sa poche son pauvre livret de licence, sale, crasseux « à vous tirer des larmes »… »

S’ensuit la triste histoire de la vie du sujet, puis vient le récit de l’auscultation : « La peau du scrotum à gauche est très sensible à la moindre pression ; le testicule correspondant est plus douloureux encore et quand on comprime un peu fortement soit le testicule lui-même, soit les téguments qui le recouvrent, le malade éprouve la sensation de quelque chose qui lui remonte vers la poitrine et vers le cou où il éprouve un sentiment de suffocation… »

Après l’analyse clinique, Charcot conclut en disant : « Messieurs, (…) parmi les agents provocateurs de l’hystérie, à côté des grandes perturbations morales, des traumatismes, des intoxications, etc., il y a lieu de placer la misère, la misère avec toutes ses duretés, toutes ses cruautés. »

Que dire des cruautés et de la misère de ces Messieurs, exhibitionnistes par procuration, trop bien éduqués pour s’exhiber eux-mêmes mais suffisamment pervers pour inventer de le faire faire à d’autres, femmes et hommes hystérisés sur commande pour les bourgeois du tout-Paris qui se pressaient aux mises en scène du neurologue comme ils auraient ouvert leur manteau pour exhiber comme lui et avec lui, non leur pénis mais leur utérus, la femme fantasmatique en eux et qu’il leur fallait partager, entre hommes. Les « folles d’enfer », comme dit Mâkhi Xenakis, n’étaient-ce pas, au moins un peu, ces Messieurs eux-mêmes ?

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à suivre

Devant la grille de Van Gogh

Elle est musulmane, elle est noire, elle a seize ans, deux types l’agressent violemment, lui arrachent son voile, la renversent, la touchent, lui griffent le visage, la traitent de sale pute, sale noire, sale musulmane. Un passant les met en fuite, que serait-il arrivé sinon, dans cette rue déserte où ils l’avaient traînée ? Les grands médias rapportent l’information, le plus souvent en mettant l’accent sur le fait qu’il n’y aurait pas de preuves. Les lecteurs bien-pensants de ces médias, comme chaque fois qu’il s’agit de l’islam, dans leur grande majorité justifient l’islamophobie, tout en la niant. Nous sommes dans la continuité de Charcot à la Salpêtrière, lui-même dans la continuité de Cuvier et de la masse devant la « Vénus hottentote » – voir ma note précédente, en attendant la suivante, sur Charcot encore, et cette fois l’hystérie masculine.

 

De la Pitié à la Mosquée (6) Voyeurisme et sadisme

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moulage de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman, la « Vénus hottentote »

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Depuis le dix-septième siècle donc, les mendiants, les pauvres, les fous et toutes sortes de marginaux sont raflés en ville et enfermés à l’Hôpital Général. Nous y reviendrons. La Pitié-Salpêtrière est particulièrement chargée d’interner les femmes. Pauvres ou folles, ce sont souvent les mêmes. Que la folie vienne de trop de souffrance, et trop de souffrance de trop d’exclusion, personne ne semble y songer. Au contraire, en enfermant et enchaînant les gens, on ajoute à l’exclusion une exclusion inique et délibérée, qui ne peut qu’aggraver leur état mental. Nous écouterons une prochaine fois Charcot évoquer des cas d’ « hystérie » masculine. Mais entendons-le d’abord raconter, sans se rendre compte de ce qu’il dit et fait, ses séances de torture publique sur des femmes « hystériques ». Et interrogeons-nous : de ces « malades » ou de ces « soignants », de ces pauvres femmes réduites à se réfugier dans des comportements qui sonnent comme autant de refus de la « normalité » du monde, et à se laisser examiner comme quelques décennies plus tôt on avait examiné la « Vénus hottentote », ou de ces beaux messieurs satisfaisant en réunion, sous le couvert de la science, pour la bonne cause, leurs pulsions voyeuristes et sadiques inavouées… de ces êtres en situation de faiblesse ou de ces autres en situation de pouvoir et sans conscience, déshumanisés, déshumanisants, quels sont réellement ceux qui ont perdu la raison ?

« Parmi ces symptômes, expose donc Charcot (Jean Martin Charcot, L’hystérie, éditions L’Harmattan), il en est un qui, en raison du rôle prédominant qu’à mon sens il joue dans la clinique de certaines formes de l’hystérie, me paraît mériter toute votre attention. (…) Je fais allusion à la douleur ovarienne ou ovarique, dont je vous ai dit un mot dans la dernière séance (…) Cette douleur, je vous la ferai pour ainsi dire toucher du doigt, dans un instant ; je vous en ferai reconnaître tous les caractères, en vous présentant cinq malades qui forment la presque totalité des hystériques existant actuellement parmi les 160 malades qui composent la division consacrée dans cet hospice aux femmes atteintes de maladies convulsives, incurables, et réputées exemptes d’aliénation mentale. »

« Tantôt c’est une douleur vive, très vive même : les malades ne peuvent supporter le moindre attouchement (…) elles s’éloignent brusquement, par un mouvement instinctif, du doigt investigateur (…) D’autres fois, la douleur n’est pas spontanément accusée ; il faut la rechercher par la pression (…) cette première exploration montre que le siège de la douleur n’est pas dans la peau ni dans les muscles. Il est par conséquent indispensable de pousser l’investigation plus loin, et, en pénétrant en quelque sorte dans l’abdomen, à l’aide des doigts, on arrive sur le véritable foyer de la douleur. »

S’ensuit une description de « l’exploration profonde de cette région », puis Charcot enchaîne : « C’est à ce moment de l’exploration que l’on provoque surtout la douleur (…) Il ne s’agit pas là d’une douleur banale, car c’est une sensation complexe qui s’accompagne de tout ou partie de l’aura hysterica (…) En somme, Messieurs, nous venons de circonscrire le foyer initial de l’aura, et du même coup, nous avons provoqué des irradiations douloureuses vers l’épigastre (…) compliquées parfois de nausées et de vomissements. Puis, si la pression est continuée, surviennent bientôt des palpitations de cœur avec fréquence extrême du pouls, et enfin se développe au cou la sensation du globe hystérique. (…) d’après ce que j’ai observé, l’énumération ainsi limitée serait incomplète, car une analyse attentive permet de reconnaître, le plus souvent, certains troubles céphaliques qui ne sont évidemment que la continuation de la même série de phénomènes. Tels sont, s’il s’agit, par exemple de la compression de l’ovaire gauche, des sifflements intenses qui occupent l’oreille gauche (…) ; une sensation de coups de marteau frappés sur la région temporale gauche ; puis en dernier lieu une obnubilation de la vue marquée surtout dans l’œil gauche. Les mêmes phénomènes se montreraient sur les parties correspondantes du côté droit, dans les cas où l’exploration porterait, au contraire, sur l’ovaire droit. L’analyse ne peut être poussée plus loin ; car, lorsque les choses en sont à ce point, la conscience s’affecte profondément, et, dans leur trouble, les malades n’ont plus la faculté de décrire ce qu’elles éprouvent. L’attaque convulsive éclate d’ailleurs bientôt, pour peu qu’on insiste. »

Charcot explique ensuite comment mettre fin à la crise de la malade, par une très forte pression du poing sur l’ovaire, l’hystérique étant couchée par terre, jusqu’à ce qu’elle crie que cela lui fait mal, ou au contraire que cela lui fait du bien. Il raconte que des méthodes équivalentes se pratiquaient spontanément sur les convulsionnaires de Saint-Médard. Par exemple « le secours administré à l’aide d’un pesant chenet dont on frappait le ventre à coups redoublés », ou bien « trois, quatre ou même cinq personnes montaient sur le corps de la malade ; – une convulsionnaire appelée par ses coreligionnaires sœur Margot affectionnait plus particulièrement ce mode de secours »… Charcot s’indigne de ce qu’un médecin de l’époque, Hecquet, prétendait que ces secours étaient en fait des pratiques motivées par la lubricité. « Je ne vois pas trop, pour mon compte, ajoute Charcot, ce que la lubricité pouvait avoir à faire avec ces coups de chenet et de pilon administrés avec une extrême violence », ajoutant tout de même « bien que je n’ignore pas ce qu’est capable d’enfanter, dans ce genre, un goût dépravé. »

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à suivre

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De la Pitié à la Mosquée (1) Corps et esprit

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Un homme nourrit les oiseaux, cet hiver devant la Grande Mosquée de Paris, à l’emplacement primitif de Notre-Dame de la Pitié. Photo Alina Reyes

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La Pitié-Salpêtrière est aujourd’hui le plus grand hôpital d’Europe, et l’un des plus en pointe quant à la recherche médicale, notamment en neurologie. Les travaux que Charcot y mena à la fin du XIXème siècle sur l’hystérie demeurent fameux, mais beaucoup d’autres grands noms de la médecine, comme l’aliéniste Pinel qui libéra les malades de leurs chaînes, ou le professeur Christian Cabrol qui réussit pour la première fois en Europe une greffe du cœur, sont associés à cet établissement où fut aussi découvert le virus du sida.

L’histoire de la Pitié-Salpêtrière est tissée des plus grandes douleurs, et souvent même d’horreurs commises contre une humanité souffrante. Au fil des siècles pourtant, le désir de « secourir » par l’enfermement et le châtiment les pauvres et les fous, a évolué vers une prise de conscience : la nécessité d’apporter aux malades des soins.

À l’origine, Notre-Dame de la Pitié était sise à l’emplacement actuel de la Grande Mosquée de Paris. L’établissement fut créé en 1612 par Marie de Médicis, et consacré au « grand renfermement » des mendiants de la ville. Quarante ans plus tard, lui sera associée La Salpêtrière, autre hospice dédié à la claustration des malheureux, et quant à lui édifié sur le lieu d’une poudrière – d’où son nom.

De fait, la souffrance et la pitié traverseront ici les siècles comme une traînée de poudre, un cocktail explosif où seront mis en jeu tous les éléments d’une histoire sociale, politique, scientifique, religieuse et métaphysique des rapports humains.

Ce royaume de la science et de la recherche médicale est étendu sous le ciel autour d’une étrange église octogonale, à la fois impressionnant et humble témoin d’une survivance de Dieu au milieu de la modernité la plus pointue.

On peut aller à la Salpêtrière en malade ou en soignant, mais aussi en promeneur, en amateur d’art ou en croyant. On peut traverser l’ensemble hospitalier comme un pont entre le boulevard de l’Hôpital et le boulevard Vincent-Auriol. On peut aller s’asseoir sur un banc ou s’étendre sur l’herbe de ses jardins. On peut enfin aller en l’église Saint-Louis de la Salpêtrière visiter une exposition d’art contemporain, écouter un concert, participer à la messe quotidienne, ou simplement trouver un moment de paix.

L’histoire continuant discrètement son chemin à travers temps, s’aperçoivent dans le silence de ses chapelles, parfois un malade en robe de chambre venu se recueillir, souvent un sans-abri qui s’y repose – ou simplement la traverse, on ne sait pourquoi.

L’œil et l’oreille sensibles ressentent à la Salpêtrière la douce et violente énigme des relations brisées entre le corps et l’esprit. Et le travail de la médecine de Dieu avec la médecine du monde pour les réparer.

à suivre

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La peste noire

 

Un évêque ancien, dans le combat spirituel contre la peste, arrivée par bateau, qui ravagea Marseille, consacra la cité au Sacré Cœur de Jésus. Un cardinal d’aujourd’hui, sur le Parvis du Cœur, par avion rapporte dans la même cité la peste. « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste », dit Freud à Jung alors qu’ils approchaient en bateau de New York, en 1909. Comme le disent les psychanalystes, même si l’on n’est pas sûr de l’authenticité de « l’anecdote », elle dit vrai. Et non, un siècle d’horreurs plus tard, ils ne le savent toujours pas.

Le jeune Clément Méric, tué par des néo-nazis, est mort à la Pitié-Salpêtrière. C’est dans cet hôpital qu’on enferma les pauvres, puis les fous. C’est là que Charcot exhiba devant des parterres de messieurs, dont Freud, engoncés dans leurs habits de dix-neuvième siècle bourgeois, engoncés dans leur enfermement et cherchant pour en sortir à déconstruire l’homme, anéantir son unité, l’examiner en entomologistes, le transformant en cet insecte répugnant que Franz Kafka décrivit, coincé dans son étouffante cellule familiale ou sociale, ses conventions morbides, sa pensée aberrante, son regard dénaturant l’amour en machinerie destructrice. Et c’est ainsi, une fois l’homme réduit à l’état de cafard ou de souris de laboratoire (cf Art Spiegelmann), qu’il fut rendu licite de le traiter industriellement, d’abord dans les camps de la mort, puis dans les temples de la consommation, et pour finir dans sa parole, faussée par les médias à grande échelle et pire encore au cœur même de ce qui fut la littérature, et qui n’est presque plus que production de livres écrits en usine par des ouvriers anonymes et signés par de petites ou grandes idoles. Et pire encore, la peste s’introduisant au dernier degré de ce qui reste de l’homme ainsi émietté, dans ses textes sacrés, avec la complicité stupide, béate ou malveillante, de ceux qui sont censés en être les gardiens.

 

Aux U(r)nes citoyens !

 

Quelques Unes de ces toutes dernières semaines (sauf celle du Fig Mag, qui est du 21 septembre 91, reprise sur plusieurs sites internet pour illustrer leur dernier sondage très défavorable à l’islam). Sur celle d’aujourd’hui, avec femme à grand voile poussant la porte de la CAF, ils tirent dans le dos. Titrent sur le coût, en pensant à ce que ça va leur rapporter. C’est la saison de la chasse. La plus sale qui soit.

Tandis que la République s’apprête à célébrer des mariages homosexuels, l’hystérie continue. On se croirait à la Salpêtrière à la fin du XIXème siècle, avec dans le rôle des folles les prétendus médecins, pur produits de l’Occident, des savants « éclairés », se repaissant de l’ « étrangeté », inquiétante bien sûr, des femmes… Après ça la suite logique c’est le délire de mort, qui se propage des élites aux peuples. Démocratiquement, s’il vous plait : après les Unes, aux urnes, citoyens !

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