Ma coupe est pleine (de joie)

Capture du 2016-03-18 13:43:02 Capture du 2016-03-18 13:43:14

Voilà, j’ai fait mon mea culpa -c’est de saison- sur Twitter hier. En m’excusant auprès des infans de la religion médiaticolittéraire si je leur ôte ainsi quelques raisons de me rejeter. Mais tout n’est pas perdu pour eux, je ne doute pas qu’ils en aient d’autres, plus solides, à commencer par la beauté, la liberté, l’impertinente pertinence de mes écrits – je plaisante, bien sûr. Bonne journée !

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Enseigner

olivierau Jardin des Plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

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Je ne veux pas vendre Voyage en librairie et si j’en avais la possibilité, j’en retirerais mes autres livres de théologie chrétienne, au moins jusqu’à ce que je sente qu’ils ne pourront plus être récupérés, ni servir à cette inique, irrécupérable et moribonde Église. Je ne les renie pas, je suis pour que les livres et les enfants arrivent librement. Seulement c’était aussi des romans, et il est important de prendre la part romanesque en eux pour ce qu’elle est. Le roman est un moment de la vie. Et j’ai d’autres romans à écrire, j’en ai déjà écrit un, Chambres noires. Tous mes romans diffèrent les uns des autres, je n’aime ni la répétition ni l’enfermement ni la combine ni la facilité – et je voudrais faire toujours plus difficile pour un résultat toujours plus facile, mais je ne suis pas sûre du tout qu’en art, on progresse. Pour l’instant je suis heureuse de travailler pour l’agreg et pour ma thèse ; je veux continuer à servir, comme tout homme et toute femme de bonne volonté, à servir par où je peux le mieux le faire : écrire et je l’espère, bientôt, enseigner.

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Petites combines et autres complicités du petit milieu « littéraire » (avec Post Scriptum)

Cet après-midi à la bibliothèque Mohammed Arkoun je tombe sur un livre déjà ancien de Marie Darrieussecq sur le plagiat. Je le feuillette et que vois-je ? Elle y prend parti contre moi dans le procès que j’ai intenté à Gallimard pour le plagiat de mon roman Forêt profonde. Dis donc, petite, si tu te mêlais de tes oignons ? Ai-je dit quoi que ce soit, moi, quand Ndiaye puis Laurens t’ont accusée de plagiat ? Chaque fois que les lecteurs de ton premier roman m’ont dit que tu avais l’air de t’être inspirée de mon premier roman cela ne m’a fait ni chaud ni froid mais faut-il finir par soupçonner que tu ne sais écrire qu’en reprenant les autres ? Quoiqu’il en soit c’est ton problème, pas le mien – tous mes livres viennent de moi, j’ai ce qu’il faut en moi pour les nourrir. Si j’ai réagi au fait que Haenel s’est lui aussi et sans doute (je n’ai rien lu de toi Marie, donc je ne peux rien en dire) bien plus largement « inspiré » de mon travail, c’est parce qu’il y avait derrière ça un sale coup pour occulter Forêt profonde qui déplaisait à tels personnages dudit milieu qui croyaient s’y reconnaître. On me promit de me ruiner pour cela, et on le fit. Allez savoir pourquoi dans cette affaire tout le monde, dont toi Marie, donc, s’est rangé derrière Sollers, « parrain » du milieu littéraire, et contre moi, rien du milieu littéraire ? Le courage ne caractérise pas plus ces gens-là que l’honneur. Bof faites vos petites salades entre vous, ayez vos articles et vos contentements, et puis vos livres vous suivront sans tarder dans la tombe.

P.S. du lendemain. Et si, en guise de réponse, j’écrivais un livre où tu apparaîtrais sous forme de truie ? Inutile, tu l’as fait toi-même. Il y aurait une étude à faire sur la présentation d’eux-mêmes que font les écrivains à travers leur premier livre. Pour ma part, ma narratrice était artiste et caissière de boucherie : ce qui signifie agent du Jugement des morts. Proust l’a dit, l’art est le seul vrai Jugement dernier.

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Street Art dans le 13e etc.

moskoChaque jour cette semaine depuis le bus en revenant d’Arcueil je voyais cette nouvelle fresque de Mosko et je me disais que j’irais la voir à pied samedi près de la Butte aux Cailles (où j’ai fait bien d’autres photos au cours du temps, à voir sous le mot-clé street art). Puis j’ai continué à me promener dans le quartier, où j’ai photographié quelques autres œuvres nouvelles.

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Puis je suis allée faire un tour à la friperie Guerrisol, où j’ai trouvé un nouveau jeans à 5 euros et une robe de printemps-été au même prix, et ensuite je suis allée acheter des épices, du lait de coco et du riz chez Tang

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photos Alina Reyes,

par cette belle lumière printanière

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« Formes et forces », par René Huyghe


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Passer les épreuves de l’agrégation m’a remplie de joie, malgré mes lacunes scandaleuses en grammaire du français moderne, de l’ancien français et du grec ancien. J’ai spécialement apprécié les épreuves de dissertation, à chaque fois sept heures d’écriture à flux tendu, sans textes ni notes avec soi. Vraiment un excellent exercice. J’ai l’intention de continuer à travailler, y compris bien sûr la grammaire, pour les oraux (si j’y suis admissible). Et je me suis d’ores et déjà remise à ma thèse, avec un appétit de travail renouvelé. En lisant Bachelard je suis passée par René Huyghe, que voici présentant le thème passionnant de son livre Formes et forces et la notion qu’il a inventée de connaturalité.

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Maison des examens

maison des examensDepuis lundi et jusqu’à vendredi, tous les jours, je passe les écrits de l’agrégation de Lettres modernes, à Arcueil. Lundi la dissertation de littérature française portait sur Ronsard, aujourd’hui c’était les épreuves de grammaire du français d’avant et d’après 1500, demain mercredi la dissertation de littérature comparée (7 heures aussi), jeudi la version de grec ancien, vendredi la version d’anglais.

À bientôt !

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L’habit vert

foretphoto Alina Reyes

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Andreï Makine élu à l’Académie française (au fauteuil d’Assia Djebar, avec laquelle je fus aux chutes du Niagara). Je me souviens d’un jour où je me trouvai à Prague en même temps que lui, et où il me parla de la cabane qu’il s’était faite dans les bois et où il avait habité, à la sauvage, les premiers temps de sa jeunesse en France. Comme je me souvins, il y a peu, quand ce fut Dany Laferrière qui reçut l’habit vert, des jours et des nuits où nous marchions dans le froid de Montréal en riant. Et je me rappelle aussi quand O et moi allions travailler dans la merveilleuse bibliothèque Mazarine, dans ce même palais de l’Institut, après avoir confié nos bébés à la crèche pour quelques heures. La jeunesse est belle, ne laissons pas les institutions nous la voler.

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