Mon blaze, des graffs et un atelier d’écriture à Tolbiac occupée

Après avoir regardé une excellente série documentaire de dix petites épisodes sur l’histoire du graffiti, j’ai eu envie de créer mon blaze avec mes initiales, et j’ai dessiné ceci :

mon blaze

Puis je suis partie à Tolbiac, animer un atelier d’écriture dans l’université occupée. Pendant que les étudiants écrivaient, j’ai dessiné une variante de mon blaze dans mon carnet :

mon blaze,

Il y avait des dizaines d’étudiants dans l’amphi d’à côté, pour une rencontre avec les cheminots et les postiers grévistes. Pendant ce temps, nous nous sommes retrouvés à sept, cinq garçons (dont un passant) et deux filles dont moi, pour un atelier tranquille et calme d’écriture à partir de ce début de citation que je leur avais donné : « Enfin la terre s’ouvrit et ». Ensuite ils et elle ont lu leurs textes, c’était beau, très beau par moments. Parlant de mines, de cendres, d’histoire engloutie, de sectes suicidaires, de déplacements humains… « du gouffre hurlant s’échappait la lumière chaude de la vie ». Je leur ai donné la citation entière : « Enfin la terre s’ouvrit et Gérard de Nerval apparut », et son auteur : Antonin Artaud. Nous avons parlé un moment des textes qui venaient d’être écrits, puis de Nerval et d’Artaud, et aussi de notre situation ici, sous terre, dans cet amphi de cette fac construite toute en niveaux serpentants et différents pour éviter les rassemblements d’étudiants, et aussi du printemps où la verdure sort de la terre.

tolbiac

Je suis repartie, passant entre de petits ateliers installés dehors, barbouillage d’affiches publicitaires et découpe de bois, comme à l’arrivée et comme tout le monde j’ai grimpé par-dessus la clôture et j’ai marché dans les rues, photographiant au passage les graffs et aussi quelques œuvres de street art (pas les grandes fresques du 13e que j’ai déjà photographiées, mais de petites œuvres nouvelles). Voici d’abord les graffs :

graff

graff 2

graff 3

graff 4

graff 5

graff 6

graff 7

Et voici d’autres œuvres de street art et des images de la ville :

street art 2

street art 3

street art 4

street art 5

du bout des doigts

street art 6

street art

street invader

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Il faisait très doux, enfin le printemps, que berçait une petite pluie fine. Les prunus en fleur embaumaient dans certaines rues, et des enfants jouaient.

prunus en fleur

enfantsaujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Au Collège de France et à l’École normale supérieure. Joie de la recherche

cour college de france

En entrant de nouveau au Collège de France, où je n’étais pas allée depuis un certain temps, j’ai éprouvé une vive et puissante émotion, l’exaltation de me trouver dans un temple de la science. Je suis partie et arrivée à l’avance, sachant que la conférence de David Graeber, suivie d’un entretien avec le non moins excellent Philippe Descola, ferait salle comble. Rappelons que l’entrée aux cours du Collège de France, des cours du plus haut niveau qui soit, où se révèle dans toutes les disciplines la recherche en train de se faire, est libre et gratuite, ouverte à tous. Une vraie gloire de la France.

college de franceau Collège de France (ci-dessus) et à l’ENS (ci-dessous), à Paris hier et avant-hier, photos Alina Reyes

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Le lendemain matin j’entrais à l’ENS, École normale supérieure, autre temple de la science, ou dirais-je plutôt, monastère de la science, pour y suivre la première journée d’un colloque passionnant sur « l’épopée des petites filles, du XIXe au XXIe siècle ». L’entrée au colloque était également libre et ouverte à tous – mais j’étais peut-être la seule étrangère à l’école à m’y trouver. Le but de cette note n’est pas de rapporter ou de commenter ce qui a été dit lors de cette conférence et de ces communications – j’y reviendrai peut-être. Je veux juste aujourd’hui évoquer la sensation extraordinaire que donnent l’accès au savoir, l’approche du savoir. Ressentie dans ces lieux comme elle peut être ressentie aussi dans une bibliothèque, ou tout simplement en ouvrant certains livres. (Je regrette juste l’usage systématique (mais pas au Collège de France), lors des communications, du powerpoint. Lorsqu’il faut montrer des images, c’est très bien. Mais quand il s’agit seulement de redoubler la parole, le powerpoint est une facilité qui affaiblit considérablement la parole).

Apprendre c’est déjà rechercher. La recherche est difficile, exigeante, ardue, combattante, enthousiasmante, extrêmement gratifiante. Elle augmente la vie à l’infini. Écrire une thèse est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie.

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Au château de La Roche-Guyon, en photos et haikus

J’y ai passé cette journée de samedi pour participer à une journée d’étude sur « L’Homo Americanus ». J’en reparlerai dans une prochaine note, où je donnerai aussi le texte de ma communication sur Edgar Poe. Pour l’instant voici les photos de ce très beau lieu, et les haikus qu’il m’a inspirés.

chateau la roche guyon 1À l’arrivée, à huit heures et quelques minutes du matin, après une bonne heure de route en voiture depuis Paris avec l’un des historiens organisateurs de la journée.

chateau la roche guyon 2La maquette du château, adossé à la falaise et surmonté de sa forteresse

chateau la roche guyon 3Vue du grand salon où nous allions parler

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chateau la roche guyon 5Après le déjeuner dans la salle à manger attenante, je suis allée me promener dehors et dans le château

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chateau la roche guyon 8J’ai vu ça dans une cave humide

chateau la roche guyon 9Là ce sont les casemates installées pour les soldats allemands, quand Rommell l’a réquisitionné, en février 1944, avec ses troupes

chateau la roche guyon 10Une cour intérieure, la « Cour aux Chiens »

chateau la roche guyon 12La terrasse Sud. C’est là que j’ai jeté dans mon carnet, rapidement, ces trois haikus :

Rien que la lumière
Sur l’herbe reverdissante
Chaleur sur la peau

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Rien que les oiseaux,
la rivière au mois de mars.
Un papillon jaune.

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La brise se lève
Le bateau file sur l’eau verte
Nuées couleur perle.

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chateau la roche guyon 14Le potager, bio, au bord de la Seine

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chateau la roche guyon 16Le village, vu de la terrasse

photos Alina Reyes

en savoir plus : le site du château

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Que faire d’un.e imbécile ? Et Édimbourg enneigée vue du bus 100

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Faisant de nouveau la queue à l’aéroport d’Édimbourg pour obtenir un nouveau vol, et songeant à mon retour à Paris, m’est venue l’idée, comme je n’avais rien à faire, d’écrire quelques mots sur « Que faire d’un.e imbécile ? » Chacun.e de nous est l’imbécile de quelqu’un.e d’autre, dira-t-on. Certes, et nous avons nos moments d’imbécilité plus souvent que nous ne le voudrions. Mais je veux parler là du cas plus lourd de l’imbécile chronique, incurable. L’imbécile en qui l’imbécilité se conjugue avec la sottise fut comme les autres, enfant, génial.e et intelligent.e, mais dramatiquement toutes sortes de pollutions ont fait mourir et pourrir sur pied le blé en herbe qu’il ou elle était. Que faire d’un.e tel.le imbécile ?

Toute personne sensée et responsable risque de tenter de l’empêcher de propager son imbécilité, d’en polluer les autres, notamment les jeunes pousses, et de les condamner ainsi au même triste sort que le sien. Or la mort est jalouse de ses prérogatives et n’entend pas qu’on essaie de lui retirer les proies qu’elle tient ou convoite. Et l’imbécile, son instrument, se retournant contre la personne sensée, commence à la harceler, puis la diffame publiquement, et enfin, quand la personne sensée finalement s’est éloignée, quand l’imbécile comprend qu’elle ne peut plus désormais attirer son attention (qui secrètement la flatte), l’imbécile s’en va à la police porter plainte contre qui elle a abusé de son pouvoir (comme la mort, les imbéciles se débrouillent toujours pour exercer quelque pouvoir en ce bas monde). Bref, Einstein avait raison.

Que faire d’un.e imbécile ? Rien. Pas même du fumier pour le jardin (de l’aliment pour un roman).

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edinburgh from the bus 100 5aujourd’hui à Édimbourg, photos Alina Reyes

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Édimbourg féérique, enneigée

J’aurais dû être hier après-midi à Paris, puis après annulation du vol, hier soir – mais la neige en a décidé autrement. Décidément il y a une love story entre Édimbourg et moi, voilà que nous ne pouvons plus nous quitter.  Le vol de l’après-midi a été annulé aussi, et je ne suis pas sûre que celui que je dois prendre cet après-midi, via Londres, ne sera pas annulé aussi. En attendant, dès ce matin entre huit et neuf heures j’étais dans la ville en train de l’admirer.

 edimbourg neige 1Avant-hier soir déjà, à la sortie du pub, il y avait une fine couche de neige, balayée par un vent fort et glacial. Revigorant !

edimbourg neige 2Hier matin, de la fenêtre de l’appartement, on pouvait admirer les chutes tourbillonnantes de neige

edimbourg neige 3Arrivée à l’aéroport hier après-midi, j’ai appris que, après l’annulation de mon premier vol sur Air France, mon second vol sur Flybe pour Paris via Birmingham était annulé aussi. J’ai fait deux heures et demie de queue pour pouvoir avoir un autre billet pour aujourd’hui. Tous les vols pour la France étaient annulés, mais aucune information sur le site de l’aéroport de Roissy. British Airways vient de m’informer que le vol d’aujourd’hui pourrait être annulé aussi. Le soir, du bus qui me ramenait à Édimbourg, j’ai photographié la route derrière la vitre embuée. Heureuse comme tout d’être sortie de l’aéroport dans des tourbillons de neige.

edimbourg neige 4Retour au bercail local sous une lune presque pleine, alors qu’elle était en fin croissant lors de mon arrivée

edimbourg neige 5Le Royal Mile, grande artère, au réveil ce matin

edimbourg neige 6Personne n’est encore descendu de l’immeuble

edimbourg neige 7Mais la veille au soir quelqu’un a tracé sur la terrasse des spirales

edimbourg neige 8Même les oiseaux ont froid. Mais plutôt que de se laisser saisir pour être mis à l’abri, il s’envole, donc ça va encore.

edimbourg neige 9Le Royal Mile, plutôt désert

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edimbourg neige 15Il faut filmer ça, la neige est rare ici, la télé est là

edimbourg neige 16à Édimbourg, photos Alina Reyes

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Les police box reconvertis d’Édimbourg

Autrefois utilisés comme postes de communication pour la police, ils sont tombés en désuétude avec les moyens de communication modernes. Après des années d’abandon, ils trouvent une nouvelle vie dans leurs reconversions diverses : beaucoup sont devenus des kiosques où l’on peut acheter des cafés et autres boissons, ou encore des glaces, des crêpes ou de la nourriture végane… ou bien des tickets de tourisme… et dernièrement l’un d’eux est même devenu un mini salon de coiffure, faisant aussi office de barbier et distribuant boissons chaudes et produits de toilette, pour les personnes sans abri – à l’initiative de Zakia Moulaoui, « Française avec un cœur écossais »

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edimbourg guerite

edimbourg cahute

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edinburgh police boxà Édimbourg, photos Alina Reyes

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Au défi de l’art & de la nature

« L’art est à l’opposé des idées générales, ne décrit que l’individuel, ne désire que l’unique. Il ne classe pas ; il déclasse. Pour autant que cela nous occupe, nos idées générales peuvent être semblables à celles qui ont cours sur la planète Mars et trois lignes qui se coupent forment un triangle sur tous les points de l’univers. Mais regardez une feuille d’arbre, avec ses nervures capricieuses, ses teintes variées par l’ombre et le soleil, le gonflement qu’y a soulevé la chute d’une goutte de pluie, la piqûre qu’y a laissée un insecte, la trace argentée du petit escargot, la première dorure mortelle qu’y marque l’automne ; cherchez une feuille exactement semblable dans toutes les grandes forêts de la terre : je vous mets au défi.

(…)

Le peintre Hokusaï espérait parvenir, lorsqu’il aurait cent dix ans, à l’idéal de son art. À ce moment, disait-il, tout point, toute ligne tracés par son pinceau seraient vivants. Par vivants, entendez individuels. Rien de plus semblable que des points et des lignes : la géométrie se fonde sur ce postulat. L’art parfait de Hokusaï exigeait que rien ne fût plus différent. »

Marcel Schwob, préface à ses Vies imaginaires

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edinburgh arthur seat

edinburgh arthur seat pierre gravée

edinburgh from arthur seat

edinburgh, arthur seat salisbury crags

edinburgh violon kilt

edinburgh mexicain

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edinburgh, universityhier à Édimbourg, photos Alina Reyes

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Édimbourg, à tous les niveaux du rêve

edimbourg castleLe château, la nuit. edimbourg château

edimbourg mosqueLa mosquée, la nuit.

edimbourg piste de skiLa ville, la nuit. Avec en haut à droite de l’image une boucle de lumière : l’unique piste de ski, sur les Pentlands.

edimbourg cosmic vibesLicornes enfantines à la Central Library, sur South Street, où je vais travailler l’après-midi.

edimbourg lionLion souriant à Saint Andrew Square.

edimbourg victoria street,,Victoria Street. La ville change sans cesse de niveaux.

edimbourgBlack Friars Street.

edimbourg dessinsLors d’une soirée de conteuses d’histoires traditionnelles dans un café, j’ai dessiné dans mon carnet ; et aussi, aux endroits où je travaille, dans mon cahier, toujours avec mon stylo quatre couleurs.

edimbourg cerfLes cerfs, les licornes et autres animaux sont partout représentés.

edimbourg national portrait galleryAu National Portrait Gallery, l’histoire de l’Écosse sur les murs et le ciel constellé au plafond. L’entrée est gratuite mais un portier de grand style vous ouvre la porte et la referme derrière vous comme si vous étiez reines et rois.

edimbourg national portrait gallery,

edimbourgh leithAprès une bonne heure de marche dans la nature, sous les arbres, dans le chant des oiseaux (mais c’est toujours Édimbourg), voici Leith, qui fait aussi partie de la ville, avec son port.

edimbourgh pub leithC’est jour de matchs de rugby, au pub l’ambiance est plus que chaleureuse et tant d’hommes sont en kilt, quel bonheur.

edimbourg leith brasserieToujours à Leith, passage par une brasserie, la Campervan Brewery, installée dans un endroit improbable où l’on rencontre des gens merveilleux au sens littéraire du terme. Sa devise est inspirée d’un vers de Tolkien disant que tous ceux qui errent ne sont pas perdus.

edimbourg campervan brewery

Avant le retour au centre ville, garder cette vision d’un cygne qui semble boire la lumière.

edimbourg cygneà Édimbourg, photos Alina Reyes

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Édimbourg, ville-livre

« Un livre est un miroir. Si un singe s’y regarde, ce n’est évidemment pas l’image d’un apôtre qui apparaît. » G. C. Lichtenberg, Aphorismes

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Au miroir d’Édimbourg, on ne se voit, me semble-t-il, ni singe ni apôtre, mais bien mieux : autre. Le café où je travaille (cf note précédente) compte de vastes espaces dont je peux jouir tout en étant légèrement à l’écart et au calme dans l’encadrement d’un box. Je prends un petit déjeuner – aujourd’hui porridge aux myrtilles et café – et je reste toute la matinée à ma table, sur ma banquette bordée d’étagères pleines de vieux livres, à écrire tout en dégustant des cafés mousseux, con latte ou cappuccino, dont on peut se resservir à volonté gracieusement. Le travail avance doucement : c’est le début et tout est à mettre en place. Le début d’une grande aventure. L’après-midi je marche dans cette ville fantastique sans me lasser de sa splendeur onirique.

edinburgh 1J’ai pris quelques photos avant que la nuit ne tombe, dans cet entre-deux où se rencontrent la lumière naturelle et la lumière électrique.

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Les bâtiments de l’Université sont plus charmants les uns que les autres.

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Puis la soirée commence agréablement dans l’un des nombreux pubs chaleureux du quartier.

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edinburgh 8Ces graphismes m’inspirent.

Au matin, en chemin vers le café où je travaille, je photographie l’une de ces petites cahutes, anciens postes de police joliment reconvertis.

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L’après-midi, je marche de nouveau dans cette City of Literature (affichant ici un poème de Robert Burns),

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je longe l’un des vieux cimetières et je fais le tour du château.

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J’ai envie de dessiner les maisons.

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Je vais à la National Library.

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Et je m’installe pour un peu de temps encore avec mon travail dans une salle de la Public Library.

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à Edimbourg, photos Alina Reyes

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Et le rêve devient réalité

« More brain, o Lord, more brain. » George Meredith

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avion 3Pendant tout le vol j’ai pu contempler ce croissant de lune à ma fenêtre

avion 4Avec un bougé de l’appareil, il s’est démultiplié

avion 4,Et puis à la fin, il est devenu doré

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Je n’avais jamais vu un croissant de lune aussi doré

edimbourg 1Dès huit heures par ce matin radieux je suis partie, réaliser un rêve fait en décembre dernier : m’installer pour de longues heures dans ce café pour travailler, sous le regard de sir Walter Scott

edimbourg 2et d’un affreux banquier me présentant une valise de billets pour m’inciter à en gagner

edimbourg 2, wojtek bearJ’ai déjeuné sur un banc au parc, face à l’ours caporal Wojtek

edimbourg 3 pentlandsdans l’avion depuis Paris et à Edimbourg, photos Alina Reyes

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Amateur d’indépendance et de plein air : Shawn James et sa cabane en forêt

Le gars a construit sa cabane au Canada en six mois, seul, comme on le voit dans ce timelapse. Du bel et bon travail. Dans la deuxième vidéo, il s’est filmé au cours des quelques jours qu’il vient d’y passer. De la belle et bonne vie, grandiose à mon sens – j’ai vécu de telles choses et j’en revivrai si Dieu le veut : ce qui est bon, c’est de vivre beaucoup de vies en une, et parmi toutes ces vies, la vie sauvage et solitaire, l’une des toutes meilleures, doit avoir sa place, ne serait-ce qu’un peu de temps (car dans cette vie le temps n’a plus la même valeur, il est quasiment de l’ordre de l’éternité).

Pour en savoir plus, son site

Et n’oublions pas la littérature : Walden ou la vie dans la forêt (un passage du livre de Thoreau dans ma traduction, contant son énorme joie de vivre dans sa cabane, construite aussi de ses mains)

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La crue de la Seine à Paris en 24 images

J’ai pris ces images cet après-midi au Musée de sculptures en plein air, transformé en musée de sculptures en pleine eau, et le long des quais en allant vers le pont de Tournelle. Les gens qui habitent sur les péniches doivent prendre des barques pour rejoindre les quais, qu’ils enjambent non sans difficulté. Un lecteur lit tranquille face à l’eau, des gens jouent à faire des ricochets, un grand costaud sympathique me dit « allez, on va se baigner ? », les bateaux sont à l’arrêt, les manèges sont noyés mais les enfants contents, les canards se réjouissent, de grands oiseaux se reposent, paisibles, à l’écart des hommes.

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reflet,et en rentrant, un reflet dans une vitre de la fac

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J’avais photographié la crue au même endroit le 4 juin 2016. L’eau était encore plus haute. Mais ces jours-ci elle n’a pas fini de monter, j’y retournerai peut-être samedi ou dimanche voir où elle en est.

Photos Alina Reyes

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Poétique de la prose, par Kenneth White et Saint-John Perse

les-affinites-extremes-21841-264-432« J’en arrive à la question de l’expression, à la poétique même, aux formes et aux forces de ce que j’aimerais appeler la « grande prose ».

Apollinaire demandait qu’on lui pardonne de ne plus connaître l’ancien jeu du vers. Quand Cendrars compose ce qui constitue sans doute le poème-manifeste du XXe siècle, il l’intitule La Prose du transsibérien. Depuis Baudelaire et Rimbaud, une poésie qui se débarrasse de la Poésie redécouvre le prosaïque, et plus précisément ce que Merleau-Ponty, dans la lignée de la phénoménologie, appelle « la prose du monde ».

Perse se situe, et puissamment, dans cette mouvance. « Je t’ai pesé, poète, et t’ai trouvé de peu de poids. » Dans l’œuvre de Perse, le poète « sort de ses chambres millénaires », laisse aux « hommes de talent » le « jeu des clavecins » et, reprenant le « rôle premier du chaman », « monte aux remparts », en compagnie du vent. Il s’agit de retrouver l’équivalent des « grands ouvrages de l’esprit », de ces « grands textes épars où fume l’indicible » : « Les grands livres pénétrés de la pensée du vent, où sont-ils donc ? »

Cela est magnifiquement dit. Mais c’est encore une question. Afin de pénétrer dans le grand champ, au-delà des questions, il faut entrer dans tout un processus dont la première phase est un élagage. »

(…)

« Pour atteindre un tel langage, pour écrire, sous l’inspiration de la pluie, ou de la neige, ou du vent, un poème du monde fait de terre et de rien, il faudrait entrer « au frais commerce de l’embrun, là où le ciel mûrit son goût d’arum et de névé ». Pour trouver une parole « plus fraîche que l’eau vive », « brève comme éclat d’os », capable d’exprimer « le monde entier des choses », il faut vivre sur les « caps intimes de l’exil » : « Qu’un mouvement très fort nous porte à nos limites et au-delà de nos limites. » Ce qui est envisagé alors devient de plus en plus précis.  « Les écritures aussi évolueront. Lieu du propos : toutes grèves de ce monde », écrit Perse dans Vents. C’est là, dans cet espace éloigné, ce « lieu d’asile et d’ambre », ce lieu de pierre (« les grands tomes de basalte », « la mémoire brisée du quartz »), ces « rives futures » qui « embaument la pierre nue et le varech », parmi « l’orage magnétique », parmi « les blancheurs », qu’on a une chance de trouver « les écritures nouvelles encloses dans les grands schistes à venir », et de connaître « le point extrême », « l’instance extrême ».

Voilà le Perse le plus lointain, et celui qui m’est le plus proche. »

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« J’ai commencé ce texte par une évocation des Pyrénées, le terrain de formation de Perse, où j’ai moi-même longtemps vécu », conclut l’écossais Kenneth White dans l’un de ces essais rassemblés dans Les affinités extrêmes (éditions Albin Michel, 2009)

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Happy New Year from Edinburgh (and Nessie)

J’entends Éden dans le nom de cette ville, et c’est tout ce qu’on peut souhaiter aux personnes et à l’humanité. L’extrême beauté de la nature et de l’architecture s’y conjugue avec l’extrême gentillesse des gens, pleins d’esprit de fête et de bonne vie, de respect envers les un.e.s et les autres, de sens civique, de générosité.

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Plusieurs feux d’artifice ont été tirés dans la soirée, mais bien sûr le plus magnifique fut celui de minuit. Après lequel des gens dans la foule vous tendent la main pour vous souhaiter chaleureusement la bonne année, et se remettent à circuler sans que même les plus éméchés ne manifestent le moindre début d’agressivité ni de mauvaise humeur.

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C’est dans une ambiance bon enfant et pleine de joie, en dansant au rythme des bons groupes qui passent plusieurs fois par semaine dans ce pub (une ancienne église reconvertie) que nous avons commencé 2018. Puisse cette nouvelle année éclairer le cœur du monde en lui faisant former beaucoup de bons rêves, et réaliser beaucoup de bonnes œuvres.

 

nessie*

Edimbourg, toujours

Pubs, restaurants, cafés, plus accueillants les uns que les autres, et on ne se lasse pas d’arpenter la ville (voir notes précédentes)

edimbourgh 1Peu de street art, mais de temps en temps des choses originales.

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edimbourgh 3De belles alliances d’architectures modernes et anciennes.

edimbourgh 4Des rues médiévales.

edimbourgh 5,Le château vu à travers la meurtrière d’un mur de la rue The Vennel.

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edimbourgh 7La lune est là.

edimbourgh 8Flambeaux à la porte du château.

edimbourgh 9La lune est là aussi.

edimbourgh 10Musique un peu partout, la ville fête le passage à la nouvelle année.

edimbourgh 11Un premier feu d’artifice est tiré.

edimbourgh 12Au-dessus de la gare, un long escalier avec des marches de marbres tous différents.

Aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

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Edimbourg : National Museum of Scotland ; Hogmanay aux flambeaux

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« Please touch ». Voilà une différence entre un pays comme l’Écosse (et d’autres) et la France. Ici il n’est pas sans cesse interdit. De marcher sur les pelouses. De toucher une météorite – au contraire, on vous prie de le faire. Voilà, on touche la terre et le ciel, en toute simplicité. C’est l’une des merveilles de ce merveilleux musée, tout à la fois de paléontologie, d’anthropologie, de zoologie, de sciences, d’histoire… Les collections y sont présentées de façon très attractive et accueillante, interactive, intelligente. L’entrée est gratuite et il contient assez de richesses pour y passer plusieurs journées entières.

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La famille de Stevenson, sur cinq générations, a construit des phares dans toute l’Écosse.

edinburgh 3Il n’y a plus qu’à glisser la tête dans le casque, vous voilà immortalisé, ou presque, en astronaute

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Dans la partie du musée consacrée à l’histoire de l’Écosse.

edinburgh 6On ignore le sens de ces gravures datant du 6e siècle

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Bond dans le temps : un morceau de l’accélérateur de particules du CERN

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Bonds dans l’espace et les civilisations aussi

En sortant, nous croisons un renard pas très en forme en pleine ville

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À la nuit tombée, le château est illuminé

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Puis c’est le défilé aux flambeaux traditionnel des festivités du jour de l’an (Hogmanay), comptant des dizaines de milliers de personnes. Les vikings ouvrent la marche :

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Puis viennent les cornemuses et les tambours, répartis à plusieurs endroits du défilé

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edimbourgh 2aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

La soirée n’étant pas terminée…

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Edimbourg sous la neige et le long du canal

Elle est arrivée ce matin. Avant de fondre, elle a blanchi les toits, les trottoirs, les contreforts du château. Au long d’une longue balade le long du canal, nous avons vu la joie des enfants bâtissant des bonhommes de neige, jouant à la luge et aux batailles de boules de neige.

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Retour dans le centre ville : au musée des écrivains d’Édimbourg, un petit théâtre de l’Île au Trésor fait par des enfants – et j’ai vu les bottes de Stevenson, il avait de grands pieds !

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Plus tard, j’ai acheté pour moi un kilt tissé sur place.

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Puis ce fut l’heure de chercher un bon pub où se poser – et ils ne manquent pas

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aujourd’hui à Édimbourg, photos Alina Reyes

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Edimbourg de plage en pub

Après la montagne hier (le volcanique Arthur’s Seat), aujourd’hui, toujours à pied et toujours dans Édimbourg, balade sur la belle longue plage de sable et fin de journée tout aussi merveilleuse dans les canapés profonds du Royal Dick, pub de l’excellent lieu alternatif Sunner Hall, troisième plus grand Art center du Royaume Uni, où j’ai photographié aussi les fresques anti-Trump à la craie (pastels) (et où a été prise ma nouvelle photo de profil)

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edimbourgh 1en chemin, un loch…

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edimbourgh 13aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

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Edimbourg de nuit, de jour, et de nuit

edinburgh by night 1Hier balade de nuit dans les cimetières anciens, dont celui-ci où est enterré Thomas de Quincey (cette ville est décidément tellement littéraire)

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edinburgh by night 4Du fond d’un autre, réputé le plus hanté, apparition d’un lycée qui a inspiré Poudlard

Puis le matin suivant, ascension d’Arthur’s Seat, par la pierre et la neige verglacées, après passage devant le château de la reine et la licorne nationale

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edimbourgh 3vues du sommet puis en redescendant par un autre versant

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Et le soir Casse-Noisette, deux heures d’enchantement et de grâce avec le Scottish Ballet

casse noisettela nuit dernière et aujourd’hui à Edimbourg, photos Alina Reyes

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Edimbourg : une journée de marche au royaume de l’imaginaire

Un temps frais et radieux. Une lumière glorieuse, nette, colorée. Une architecture médiévale altière, aux allures de pont entre les mondes réel et surréel. Une nature totale, combinant paysages de montagne et d’eau, de verdure et de pierre. Splendeur omniprésente, témoin d’une haute civilisation et d’une géologie puissante. Edimbourgh est la ville qui me rend à la littérature, à tous les sens du verbe se rendre.

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  edinburgh 7une taverne au nom de la personne qui inspira le Dr Jekyll de Stevenson

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edinburgh 10il chante

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edinburgh 16Scottish vegetarian breakfast dans un magnifique restaurant avec livres et hommages aux auteurs de la ville

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edinburgh 19la compagnie de construction de phares de la famille de Stevenson

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edinburgh 25 edinburgh 26mes quatre compagnons de séjour

edinburgh 27au jardin botaniqueedinburgh 28

  edinburgh 29l’estuaire du Forth

edinburgh 30Arthur’s Seat

aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

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Noël dans le ciel

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Là-haut, il fait toujours grand beau, et les nuages, au-dessous, sont un splendide troupeau.

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Un enchantement. Édimbourg est une ville tellement littéraire. La voir c’est déjà être projeté dans un univers romanesque. Présence de Walter Scott, Robert Louis Stevenson, Conan Doyle, J.K. Rowling… Grand.e.s créateurs et créatrice de mythes… Demain la visite continue… à suivre !

Ce matin, cet après-midi et ce soir du 25 décembre 2017, photos Alina Reyes

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L’université de Nanterre, son street art, son théâtre, son charme

Aujourd’hui, après avoir oublié le matin de descendre à la station parce que je lisais dans le RER, et avoir donc dû faire demi-tour (que de tourisme !), j’ai passé la journée à l’université où se donne une formation des nouveaux professeurs de l’académie où j’ai en charge une classe de seconde générale et une classe de première technologique. On ne peut pas dire que je sois convaincue par les méthodes prônées pour l’enseignement de la littérature, mais au moins, comme ça, je sais ce qu’il en est (comme je sais ce qu’il en est de la formation des journalistes pour avoir fait aussi des études de journalisme, dont l’esprit n’a pas beaucoup changé). Et je saurai bien accommoder ces méthodes à ma façon (j’ai hâte !) Heureusement une bonne part de liberté est laissée aux enseignants. Voici encore des photos prises à l’université de Nanterre hier, je trouve ça beau, vivant.

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Pour voir la clôture magnifiquement peinte du théâtre, c’était hier

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université nanterre 10après le Pokemon,  retour au RER en travaux avec ses perspectives :

rer nanterre universitéhier à Nanterre, photos Alina Reyes

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