« Et si on s’était trompé ? » Exposition au Centre culturel irlandais

0Blaise Drummond (ci-dessus et ci-dessous)

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3* 4Andrew Kearney (premier plan), Moment to Moment

*5Alice Clark (premier plan ci-dessus – arrière plan : Brigitta Varadi, In Conversation) et Christine Makey ci-dessous6* 7Susan Leen

*8Selma Makela

*9Brigitta Varadi, Noel Ruane

*10Ruth le Gear, ci-dessus et ci-dessous, photograph and video installation

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12 13George Bolster, vidéo

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John Gerrard, Near Landscape

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Anna Macleod

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« Cette exposition collective réunit le travail d’une quinzaine d’artistes irlandais, qui tous explorent les impacts de notre société et notre économie globalisée sur l’environnement. Et si, en mesurant le progrès par l’industrialisation, l’expansion et l’accumulation, on s’était trompé ? L’eau et la glace de l’Arctique, véritables baromètres des influences néfastes de ce « progrès », sont l’un des fils conducteurs de l’exposition. »

Oeuvres de (voir ici)

Emily Robyn Archer, George Bolster, Mark Clare, Alice Clark, Blaise Drummond, Seamus Dunbar, John Gerrard, Andrew Kearney, Susan Leen, Ruth Le Gear, Christine Mackey, Selma Makela, Anna Macleod, Seamus Nolan, Softday (Sean Taylor & Mikael Fernstrom), Brigitta Varadi

18Puis flâner dans la belle cour du Centre… Avant d’aller suivre un cours au Collège de France, sur lequel j’essaierai de faire une note 1920 21 22 23 24cet après-midi au Centre culturel irlandais de Paris, photos Alina Reyes

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La Fiac au Jardin des Plantes + un peu de pumpkin art + un peu de street art

1Je commence par ma préférée : Rosa Luxemburg par Nicolas Milhe

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…pour le reste, disons que je l’ai photographié pour information, en attendant que ces machins soient retirés et ne défigurent plus le jardin

2L’objet du doute, par Virginie Yassef (polystyrène)

*3Sans titre, par Vincent Mauger (tubes de PVC)

*4Seat of Grandeur at Villeperdue, par Haegue Yang

*5installation d’une oeuvre de Sean Raspet

*6Sans titre, par Benjamin Sabatier (bois et ciment)

*7Malini, par Sam Moyer (bronze et marbre)

*8Structure 1, par Benjamin Sabatier (bois et béton)

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Il n’est pas interdit de préférer les oeuvres en citrouilles des jardiniers9

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et quelques inscriptions et peintures dans les rues11

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aujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Au musée de la Création franche, à Bègles

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3L’exposition temporaire est consacrée aux « Outsiders d’Indonésie » – jusqu’au 6 septembre prochain. J’ai photographié les oeuvres comme j’ai pu, avec les reflets, et je n’ai pas pu photographier toutes celles qui me plaisaient, mais voilà tout de même de quoi se rendre compte de ce qu’on peut voir dans ce beau et charmant musée, doté en plus d’un petit parc avec de beaux arbres et une belle pelouse.

Puis vient l’exposition thématique de la collection permanente, cette année et jusqu’à fin janvier 2016 intitulée « Comme une bête »

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À l’étage le fonds permanent, dont la thématique est renouvelée chaque année : jusqu’à fin janvier sur le thème « Comme une bête »18 19 20

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J’ai beaucoup aimé la pièce consacrée aux oeuvres postales, adressées telles quelles au musée42

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en ce 22 août 2015 au musée de la Création franche, l’un des plus importants musées d’art brut

Sur les Outsiders d’Indonésie, un article du Poignard subtil

Et sur le musée, un article de Rue 89

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Exposition Raw Vision à la Halle Saint Pierre

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J’étais allée l’été dernier voir l’exposition d’art brut Banditti dell’arte à la Halle Saint Pierre, et ce qui m’avait surtout plu, c’était de lire la biographie de chacun de ces artistes si singuliers, le rapport entre leur œuvre et leur vie souvent de misère, de folie mais aussi de fantaisie, qui conférait à leur travail d’autodidactes, même quand il pouvait exprimer un enfermement, le pouvoir de faire sortir de tous les cadres auxquels nous sommes habitués, de remettre tout en question comme lorsque on sent la terre trembler.

Les œuvres présentées dans cette nouvelle et foisonnante exposition, dédiée à toutes sortes d’artistes marginaux consacrés par la revue anglaise Raw Vision au long des vingt-cinq dernières années, délivrent une expérience de la même espèce. Toutes les œuvres sont accompagnées de la biographie de leurs auteurs, laquelle fait partie de l’œuvre. Pas de séparation pour ces hommes et ces femmes entre la vie et l’art. Il faut même penser que leur existence éminemment unique, poétique, romanesque, constituant une puissante expérience humaine, ne pouvait que les conduire à créer. Parvenus à ce degré où la vie est l’art et l’art est la vie, beaucoup, comme jadis le facteur Cheval, travaillent aussi leur habitat, leur environnement. Beaucoup tiennent à conserver un certain isolement, une certaine pauvreté. Leur indépendance des cadres sociaux, manifeste dans leur création, donne même à ceux d’entre eux qui connaissent un enfermement effectif ou mental une forme puissante de liberté.

Toutes ces œuvres sont spirituelles, directement ou non. Certaines ont été inspirées par des anges, des visions, ou la Bible (et si je puis me permettre, je conseillerais bien au monseigneur chargé de la culture et de l’art, au Vatican, de s’y intéresser – voilà un art éminemment évangélique, incarné, pauvre et extrêmement parlant). À l’heure où l’art est tellement soumis au marché ou même frelaté, usurpant le nom d’art pour faire son effet, ces œuvres et leurs créateurs ont le précieux mérite de nous renvoyer aux sources de l’art, à la pulsion artistique inscrite en l’homme, à l’homme.

Je présente avec un très bref résumé de leur biographie quelques-uns des artistes présents dans cette exposition. Les images de leurs œuvres, trouvées sur internet, ne correspondent pas forcément avec celles qui sont exposées, jusqu’au 22 août prochain, à la Halle Saint Pierre.

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donald pass

Donald Pass était un peintre abstrait reconnu lorsqu’une « expérience visionnaire saisissante » dans un cimetière le fit changer complètement de registre. Depuis il peint ses visions, notamment de résurrection.

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Von Ströpp, n’ayant pas reçu d’éducation, a appris seul à dessiner ses expériences visionnaires et mystiques, atteignant un trait parfaitement maîtrisé, fin, précis.

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McKendree Robbins Long, pasteur très renommé pour son talent d’orateur, s’est mis sur le tard à peindre des scènes bibliques hautes en couleur.

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François Monchatre, « élevé dans la dévotion des cimetières par sa grand-mère maternelle », représente des machines-corps infernales.

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Viljo Gustaffson, finlandais, peint isolé dans l’ombre de sa petite maison des évocations mystérieuses de la mort.

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Pavel Léonov, ancien prisonnier dans un camp en Géorgie, peint des scènes colorées et paisibles bordées d’oiseaux, souvent accompagnés d’avions.

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Sam Doyle, descendant d’esclaves né à St Helen, île au large de la Caroline du sud, peint des personnages colorés sur de vieilles tôles de toit.

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Martin Ramirez, ancien ouvrier des chemins de fer aux États-Unis, interné pour schizophrénie, dessine sur des bouts de papier récupérés et collés à la mie de pain ou à la pomme de terre écrasée, avec quelques crayons et des couleurs qu’il fabrique avec du charbon, du jus de fruit, du cirage, de la salive… des personnages locaux et des animaux, notamment chevaux et cavaliers, dans des architectures.

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Henry Darger, orphelin maltraité, toute sa vie nettoyeur dans un hôpital de Chicago, laissa après sa mort une autobiographie de 2000 pages, une œuvre littéraire de 15 000 pages intitulée In the Realms of the Unreal, et de longues aquarelles sur papier représentant des petites filles au sexe de garçon en train de jouer.

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Augustin Lesage, mineur, devint peintre de miniatures sur grandes toiles, à l’appel d’une voix.

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Magde Gill, après la mort de son bébé, se mit à dessiner la nuit, à l’encre ou au stylo, des femmes incluses dans un univers de traits architecturaux.

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Le Reverend Howard Finster se mit à peindre à l’âge de soixante ans, sur l’ordre d’un ange, des thèmes religieux accompagnés d’écritures.

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Richard Burnside, qui vit toujours dans un mobil-home, pratique la peinture laquée sur contreplaqué.

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Herbert Singleton, grandi en enfant des rues dans une banlieue de la Nouvelle Orléans, fait des sculptures sur bois, aux sujets notamment religieux, extrêmement colorées.

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Mr Imagination, rené de Gregory Warmack après une NDE, sculpte notamment à partir de capsules de bière. Il est mort peu après l’incendie de sa maison à Bethlehem, en Pensylvannie, qui emporta ses œuvres, ses chiens et ses chats.

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Bessie Harvey, croyante et parlant avec les arbres, sculpte dans des morceaux d’arbres ramassés.

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Sister Gertrude Morgan, visionnaire de la Nouvelle Orléans, peint pour évangéliser.

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R.A. Miller, très humble illettré de Géorgie, découpait dans la tôle des figures qui devinrent célèbres quand le groupe R.E.M. tourna une vidéo chez lui en 1984.

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Ras Dizzy, Jamaïcain sans domicile fixe, peint en nomade des scènes du pays.

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Pradeep Kumar (Inde) est sculpteur sur allumettes.

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Ben Wilson (Grande-Bretagne), soucieux de récupération, peint, entre autres, les chewing-gum écrasés par terre.

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Charles Benefiel, qui fut sdf, fait de grands dessins impressionnants d’hommes et de chiffres.

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Dalton Ghetti sculte des mines de crayons.

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Alex Gray est l’auteur d’une très belle œuvre psychédélique, marquée par l’amour, la sexualité, la mort, la spiritualité.

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Nek Chand, sorte de facteur Cheval hindou, a sculpté des personnages sur tout un territoire qui est ensuite devenu jardin public.

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De Paul Laffoley, qui se mit à peindre des sortes de mandalas après avoir été licencié de son emploi dans la conception des tours du World Trade Center, on voit dans cette exposition deux œuvres diaboliques.

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Norbert Cox, après avoir mené une vie liée à la drogue et à la grande délinquance, est devenu ermite dans les bois. Puis il est retourné en ville dans le Wisconsin et s’est mis à peindre de grands tableaux aux thèmes apocalyptiques.

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Ilija Bosilj, paysan serbe réfractaire, peint des tableaux inspirés de scènes bibliques. 

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Bien d’autres oeuvres de ces artistes, et bien d’autres artistes encore, sont à découvrir dans l’exposition.

Chair à couleur. Van Gogh/Artaud au musée d’Orsay, Doré, d’autres

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au musée d’Orsay cet après-midi, photo Alina Reyes

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Ses chemins sont des rivières, ses arbres des danseuses, ses ciels des océans, ses fleurs des éclaboussures, ses champs des peuples en mouvement, ses bâtiments des grand-parents assis, ses personnages des bouts de peinture, ses visages de la chair à couleur. Tout va et va dans chaque tableau, et chaque tableau est en train de sortir de lui-même, tandis que vous-même êtes happés par le tableau, l’incroyable puissance vitale du peintre.

Avant-hier Auvers-sur-Oise, aujourd’hui le musée d’Orsay. Le génie de Van Gogh au long d’une belle exposition rassemblant de nombreuses œuvres prêtées, et notamment les autoportraits, avec la compagnie splendide d’Artaud. Malgré le monde, on a le temps et la place de contempler, les peintures sont bien accrochées et éclairées, il me semble que Vincent aurait été content. Les extraits du très beau texte d’Artaud sont plutôt bien choisis, mais l’essentiel c’est qu’il soit là, sa présence manifestée aussi par la voix d’Alain Cuny le lisant sur la vidéo du Champ de blé aux corbeaux, et puis l’espace qui lui est consacré, avec une planche contact de portraits de lui à l’époque de la rédaction de son Van Gogh le Suicidé de la société, une vidéo de ses apparitions au cinéma qui fait résonner sa voix, et aussi quelques-uns de ses dessins, notamment des autoportraits, à travers lesquels j’ai vu une proximité avec Basquiat, comme en troisième pièce d’une fraternité d’âmes très singulières dans l’art et le temps.

Devant l’une des toiles de Vincent, j’ai entendu une grande bourgeoise qui accompagnait un vieux et fameux plagiaire lui dire, vraisemblablement en réponse à une remarque qu’il avait faite : « c’est peut-être parce que nous, nous le regardons avec un esprit sain ». Mais la vérité est que, comme l’a dit Artaud, Van Gogh est très sain, très lucide, plus sain que ceux qui le croient fou. Dans l’œuvre intitulée « Le fauteuil de Gauguin », voici ce que j’ai vu : dans sa chambre d’Arles, l’humble Vincent n’a que deux petites chaises de paille. Mais Gauguin, lui, trône dans un fauteuil. Un fauteuil rouge chair, dans lequel est posée une bougie allumée, comme si Van Gogh se disait que Gauguin avait un peu trop le feu aux fesses. Et qu’à cause de cela, il a peint en bleu froid les barreaux qui lui font face, afin que cette sorte de feu soit tenue à distance. Et peut-être cela signifie-t-il aussi que Gauguin était en vérité glacé, glaçant.

Nous avons visité aussi l’exposition Gustave Doré. Ses dessins fascinants, novateurs – plus d’une planche de Bilal en semble directement issue, mais son influence notamment au cinéma est toujours vivante, comme le montrent des vidéos. Ses peintures, que l’on connaît moins, m’ont fait penser à ces fresques ou figures géantes réalisées par des street artists, ce qui s’accorde bien avec son esprit d’illustrateur – notamment dans une toile intitulée Les mendiants de Burgos, qui m’a évoqué, plutôt qu’un mur devant lequel se tiennent des personnages, un mur sur lequel auraient été tagués des pochoirs de personnages.

Avant de repartir nous sommes allés revoir les impressionnistes. Même les plus forts, Manet, Cézanne, Gauguin, Monet, et tous les autres que j’aime (sauf Renoir, avec ses couleurs horribles qui m’obligent à détourner le regard), ne possèdent pas l’extraordinaire singularité de Vincent van Gogh.