Exposition d’art aborigène : Ngaldjorlhobo, « Mère de Toute Création »

vignette

passage du grand cerf*

De très belles œuvres d’art aborigènes signées principalement de Susan Marawarr, Deborah Wurrkidj et Jennifer Wurkidj, et d’autres femmes de la région de Maningrida, en Terre d’Arnhem, sont à Paris pour l’été (espace New Angles, 8 passage du Grand Cerf, entrée libre). J’ai visité l’exposition en compagnie d’autres chercheur·e·s de l’UCP, Université Cergy-Pontoise, sur l’invitation de Solenne Ducos-Lamotte, qui l’a organisée et qui l’a commentée pour nous. Cette Française vit en Australie depuis quatorze ans et travaille avec des artistes femmes au sein de l’association IDAIA, qu’elle préside et qui œuvre à l’international pour l’art aborigène mais de façon éthique – elle a beaucoup insisté sur ce point : il ne s’agit pas, comme le font beaucoup de marchands, d’exploiter les artistes, mais de les associer à un projet de développement et de transmission, de les soutenir dans la pratique de leur art et dans leur vie, en un projet global auquel elles œuvrent elles-mêmes activement.

L’exposition s’intitule Ngaldjorlhobo, « Mère de toute Création », nom de « la femme puissante qui a créé le monde spirituel et tangible ». Comme on le sait, depuis que, dans les années 1970, les Aborigènes ont été invités à peindre sur toile ou sur écorce ce qu’ils peignaient traditionnellement (ils sont là depuis plus de cinquante mille ans) sur les corps, sur le sol ou sur les roches, les femmes ont finalement pris une place majeure parmi les artistes de leurs peuples. Par la même occasion, les mythes spécifiquement féminins se trouvent éclairés et mis en valeur. « Pour les femmes Kuninjku, explique le catalogue de l’exposition, Ngaldjorlhobo a créé la terre et l’environnement, et leur a donné la connaissance culturelle, leur identité, leurs esprits ancestraux et les liens qui les unissent à leur pays. En créant la terre, Ngaldjorlhobo a doté les peuples aborigènes de leurs cultures, leurs langues et leurs facultés de création artistique. » Comme l’explique l’une de ces femmes, « elle est partout, cette vieille dame. Dans de nombreuses langues différentes, dans de nombreuses tribus différentes. Tous l’ont aussi. »

Les œuvres présentées ici sont des peintures aux ocres naturelles sur écorces d’eucalyptus, ou des gravures ou impressions sur textiles ou sur papier. Leurs thèmes sont explicités dans le catalogue de l’exposition, très bien fait et d’un prix très modeste (trois euros), qui reprend en photos les œuvres et commente les conditions de travail et le travail des artistes, en anglais et en français. J’ai été particulièrement impressionnée par les peintures sur écorce, réalisées à l’ocre recueilli dans la nature et à l’aide de stylets naturels taillés très finement ou même de cheveux. Les traits en sont d’une finesse incroyable et les dessins qui en ressortent d’une grande délicatesse. Les gravures et sérigraphies sur tissu sont aussi très belles, avec des motifs comme celui des nuages ou des plantes vues depuis leurs racines sous terre qui incitent à des méditations profondes, ou des motifs géométriques qui, comme les peintures sur écorce, appellent qui les regarde à entrer dans leur univers, à passer « de l’autre côté », à entrer en extase comme, sans doute, les chants qui accompagnent traditionnellement leur réalisation. Les œuvres présentées ici témoignent d’un art à la fois puissant et discret, qui demande l’abandon de soi pour pouvoir être approché.

En voici quelques-unes :

Deborah Wurrkidj, "Buluwana at Dilebang", 12 7x 42 cm, ocres sur écorce

Deborah Wurrkidj, « Buluwana at Dilebang », 127 x 42 cm, ocres sur écorce

Jennifer Wurrkidj, "Ngalyod" (Serpent arc-en-ciel), ocre sur écorce, 144 x 41 cm

Jennifer Wurrkidj, « Ngalyod » (Serpent arc-en-ciel), ocre sur écorce, 144 x 41 cm

Esprits Mimih (vivant dans les grottes et anfractuosités, très fins)

Deux des esprits Mimih (vivant dans les grottes et anfractuosités, très fins) présents dans l’exposition ; chaque artiste en a réalisé selon sa propre vision

"Ka-milemarnbun", sérigraphie sur lin de Susan Marawarr, qui travaille beaucoup en noir et blanc (sur écorce aussi) avec des effets magnifiques

« Ka-milemarnbun », sérigraphie sur lin de Susan Marawarr, qui travaille beaucoup en noir et blanc (sur écorce aussi) avec des effets magnifiques

"Poisson" de Susan Marawarr

« Poisson » de Susan Marawarr, sérigraphie sur papier, 48 x 66 cm

Troncs funéraires. Comme les esprits Mimih, toutes les artistes en ont réalisé selon leur propre style. Ces troncs sont traditionnellement destinés à recueillir les os des morts, broyés avec des ocres avant d'être ainsi réenterrés, debout dans leur œuvre peinte

Troncs funéraires. Comme les esprits Mimih, toutes les artistes en ont réalisé selon leur propre style. Ces troncs creux sont traditionnellement destinés à recueillir les os des morts, broyés avec des ocres avant d’être ainsi réenterrés, debout dans leur œuvre peinte

Jennifer Wurrkidj, ""Kurrulk Kare" ("Going Underground"), sérigraphie sur lin

Jennifer Wurrkidj, « Kurrulk Kare » (« Going Underground »), sérigraphie sur lin

 

Pour en savoir plus sur l’exposition (jusqu’au 30 septembre), sur les activités de l’association et sur les artistes exposées – notamment pour les voir en photo : idaia.fr

D’autres notes sur ce blog autour des Aborigènes et de leur art : mot-clé Aborigènes

*

Feuille

vignette

feuille*

Je l’ai peinte à l’acrylique cet après-midi sur un morceau de bois (20 x 20 cm) trouvé dans la rue. À la maison, l’un me dit qu’elle lui fait penser à une Africaine, l’autre à princesse Mononoké, le troisième à une Orientale. Moi elle me fait penser à une feuille. Une feuille d’arbre, et une feuille de papier, écrite.

J’ai peint le fond en ocre rouge puis par-dessus la forme blanche, sans savoir ce que j’allais faire ensuite. Je suis partie faire un tour, j’ai appliqué au passage un PostIt avec un mot de Rûmî quelque part dans une rue, je suis rentrée, j’ai fait le visage, les points, les petits traits.

*

L’amour avec Johnny Depp

nuage-en-pantalon-min

thèse-min*

J’ai beaucoup œuvré et travaillé dans ma vie, je suis ces temps-ci bien fatiguée. Mais cette masse de travail accompli me remplit de vie, de joie, de bonheur, de plénitude. Cette nuit nous avons fait l’amour, Johnny Depp et moi. Lui dans toute sa grâce d’acteur assis sur un banc, au jardin, le tout étant à la fois homme, jardin et manuscrit ou partition. Je me suis assise sur lui et comme il était chaud partant, j’ai ouvert son pantalon de cuir, je l’ai mis torse nu et nous avons baisé comme ça. C’était l’un des meilleurs rêves érotiques que j’ai fait, les sensations si réelles à la fin m’ont réveillée.

Johnny Depp, que je remercie pour son aimable, solide et enthousiaste participation à ce rêve, y représentait à la fois mon compagnon, qui a le même âge et qui est tout aussi beau que lui, et mon œuvre, celle qui me donne mon nom d’usage, comme d’autres portent le nom de leur époux.

J’ai soixante-deux ans, je sens que je suis fatiguée mais ma puissance de vie est intacte, aussi grande que lorsque je suis arrivée en ce monde et peut-être plus car comme dit l’adage « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait… » Or je sais plus que dans ma jeunesse, et je peux toujours, même si le travail fourni, si intense, m’oblige à prendre des plages de repos. J’ai lutté constamment contre l’aliénation sociale, j’ai fait quatre enfants, j’ai arraché de moi et bâti une œuvre puissante et audacieuse, qui résonnera dans le temps. Plus trivialement, j’ai travaillé aussi très tôt, dès l’âge de douze ou treize ans pendant toutes les vacances d’été pour payer mes études, et même à onze ans donnant des cours à un enfant, puis gagnant ma vie dans des jobs divers, de serveuse à chargée de communication, de journaliste à prof, etc., de façon toujours précaire, tout en élevant mes enfants et à deux reprises en reprenant mes études.

Dans ma chambre, dans la grange à la montagne, j’aimais beaucoup, dans mon grand isolement, contempler par la fenêtre la nature, les arbres, les rochers, les animaux ; et m’asseoir en tailleur sur le lit, avec des volumes de l’Encyclopedia Universalis autour de moi, à lire ou relire des articles. La maison était tantôt dans les nuages, tantôt dans la lumière éclatante, et c’était toujours aussi beau, aussi intense.

*

Street Art à la Butte aux Cailles et vers Beaubourg

vignette

J’ai pris les 44 premières images hier après-midi à la Butte aux Cailles, dans le 13e à Paris, où presque toutes les peintures ont été changées depuis mon précédent passage ; et les 5 suivantes (dont deux avec nouveaux Postit) ce matin dans le quartier Beaubourg.

street art butte aux cailles 2

street art butte aux cailles 1

street art butte aux cailles 3

street art butte aux cailles 4

street art butte aux cailles 5

street art butte aux cailles 6

street art butte aux cailles 7

street art butte aux cailles 8

street art butte aux cailles 9

street art butte aux cailles 10

street art butte aux cailles 11

street art butte aux cailles 12

street art butte aux cailles 13

street art butte aux cailles 14

street art butte aux cailles 15

street art butte aux cailles 16

street art butte aux cailles 17

street art butte aux cailles 18

street art butte aux cailles 19

street art butte aux cailles 20

street art butte aux cailles 21

street art butte aux cailles 22

street art butte aux cailles 23

street art butte aux cailles 24

street art butte aux cailles 25

street art butte aux cailles 26

street art butte aux cailles 27

street art butte aux cailles 28

street art butte aux cailles 29

street art butte aux cailles 30

street art butte aux cailles 31

street art butte aux cailles 32

street art butte aux cailles 33

street art butte aux cailles 34

street art butte aux cailles 35

street art butte aux cailles 36

street art butte aux cailles 37

street art butte aux cailles 38

street art butte aux cailles 39

street art butte aux cailles 40

street art butte aux cailles 41

street art butte aux cailles 42

street art butte aux cailles 43

street art butte aux cailles 44

*

Puis autour de Beaubourg ce matin j’ai fait deux nouveaux PostIt et photographié un rideau de fer et des M. Chat :

street art 1

postit 24

postit 24,

postit 25

street art 2 paris 3

street art 3 paris 3Hier et aujourd’hui à Paris 13e, 2e et 3e, photos Alina Reyes

*

Voir la note d’hier pour d’autres des nouvelles œuvres de Street Art à la Butte aux Cailles

*

Je reviens très bientôt avec des images commentées d’une autre forme d’art, de très belles œuvres de peinture aborigène d’Australie que j’ai vues dans une exposition.

*

Street Art et Postit à la Butte aux Cailles

postit 17,

J’ai bien souvent photographié le Street Art à la Butte aux Cailles. Comme chaque fois que j’y retourne, des œuvres ont disparu, d’autres sont apparues. Mais cette fois j’en ai photographié quelques-unes avec mes PostIt. Une fois, je me suis retournée, et j’ai vu une passante s’arrêter pour lire celui-ci, le premier du jour :

postit 17

postit 17,*

Puis j’ai continué, au gré du trajet :

postit 18

postit 18,

*

Je songe déjà à passer à d’autres formes de Street Art, mais rien ne presse, pour l’instant je PostIte.

postit 19

postit 19,

*

postit 20

Repérez-vous le PostIt ?

postit 20,

*

postit 21Dans une ruelle pavée tranquille

postit 21,

*

postit 22Librairie de la Commune. Rimbaud en fut de cœur, il en est !

*

postit 23

postit 23,aujourd’hui à la Butte aux Cailles, PostIt et photos Alina Reyes

*

J’ai constaté en chemin que certains PostIt d’avant-hier, ailleurs dans l’arrondissement, sont encore là, comme celui-ci :

postit passé

PostIt aux cinq coins du monde (et nouvelles de ma nouvelle affectation de prof)

vignette

postit 12à l’hôpital

*

postit 13à la gare

*

postit 14au jardin

*

postit 15à la mosquée

*

postit 16à la bibliothèque universitaire

*

jardin des plantesaujourd’hui à Paris : Pitié-Salpêtrière, Jardin des Plantes, Grande mosquée, Sorbonne nouvelle : PostIt et photos Alina Reyes

*

J’ai reçu ma nouvelle affectation pour la rentrée prochaine. Presque aussi loin de chez moi que cette année. Deux bus et un RER à prendre, en comptant les temps d’attente entre chaque moyen de transport cela fera au moins 1h40, soit près de trois heures et demi par jour de transports particulièrement fatigants (plus fatigants qu’un simple voyage en train par exemple) – sans compter les jours, toujours nombreux, où il y a des problèmes ou des grèves sur les lignes, et où le temps de transport peut augmenter de plusieurs dizaines de minutes.

Cette année j’avais le double privilège, au sein de mon groupe de jeunes collègues à l’Espé, d’être à la fois la plus âgée et de loin celle qui avait été nommée le plus loin de son domicile – l’une de nous était seulement à dix minutes à pied de chez elle ; en tout cas personne n’avait comme moi quatre heures de transports par jour pour se rendre dans son lycée ou dans son collège. Résultat, à la moitié de l’année, j’ai été épuisée et j’ai dû me mettre en arrêt de travail jusqu’à la fin de l’année scolaire. Et voici qu’ils recommencent à me nommer aussi loin que possible de chez moi. L’Éducation nationale est une machine stupide.

J’aime enseigner. Je n’ai pas encore décidé si je donne ma démission, ou non.

*

Pour le principe des PostIt, voir la note d’hier (vous pouvez participer)

*

Première série de PostIt, mon premier Street Art

vignette

J’inaugure une nouvelle forme de Street Art : PostIt. Le principe est simplissime : quelques mots sur des post-it appliqués çà et là dans la ville. De courtes citations, le nom de l’auteur, sa qualité (écrivain, peintre, etc.), ses dates de naissance et éventuellement de mort pour se rafraîchir la mémoire… et donc le microtexte bien choisi dans un contexte si possible bien choisi aussi, pour surprendre, réveiller, donner à penser.

Qui veut en faire aussi peut les partager dans tous lieux publics et en photo sur les réseaux sociaux avec les hashtags #PostIt #StreetArt. À suivre !

postit 1

postit 2

postit 3

postit 4

postit 5

postit 6

postit 7

postit 8

postit 9

postit 10

postit 11aujourd’hui et ce soir à Paris 8e, 13e et 5e, PostIt et photos Alina Reyes

*

Hétérotopies, arbroiseau et compagnie

vignette
à la Pitié-Salpêtrière, ce matin, photo Alina Reyes

à la Pitié-Salpêtrière, ce matin, photo Alina Reyes

*

J’aime les hétérotopies que sont les bibliothèques, les monastères, les hôpitaux. J’ai appris à apprécier les communautés de vie à part pendant mes années d’internat, au collège et au lycée. On y est retiré du monde mais le monde y est immensément présent, débarrassé de ses scories, dans son urgence, sa beauté solitaire, son amour. On y est le monde, ce monde-là, le monde plus que vivant, qu’on y travaille ou qu’on y rêve – ce qui est une forme de travail, quand il s’agit bien de rêve intense et non de rêvasserie.

J’ai passé quatre heures à l’hôpital ce matin, dont la majeure partie en salle d’attente – à cause d’une erreur de nom sur mon dossier. Cela ne m’a pas dérangée. Je suis patiente. J’avais mon carnet, j’ai dessiné avec mon stylo quatre-couleurs (et j’ai ajouté du crayon de couleur et du feutre une fois de retour à la maison) : la preuve qu’il s’agit d’une hétérotopie, d’un « lieu autre » ou le temps est autre, la vie est autre. Au moment de pratiquer les examens, un « Madame est menue » m’a ravie – moi qui me désole d’avoir pris trois kilos ces trois dernières années et me surveille pour ne pas engraisser davantage ; car j’ai toujours détesté engraisser, j’aime me sentir légère (sans être maigre non plus). La phrase entière était, au collègue : « Madame est menue, ça va être difficile », et à moi : « ça va faire mal ». Mais ça n’a pas fait si mal que ça, parce que l’équipe était très attentionnée.

Il était plus de treize heures quand je suis rentrée, j’étais fatiguée et j’ai renoncé à aller assister à la deuxième journée du colloque sur Einstein au Collège de France (voir note précédente). Je regarderai les vidéos des interventions lorsqu’elles seront en ligne. Dans les remerciements de ma thèse, je remercie notamment tous ceux qui mettent des textes ou des cours en ligne instructifs. Il y a beaucoup de bon dans le monde.

 

l'arbroiseau, dessiné ce jour

l’arbroiseau, dessiné ce jour

*

Le temps existe-t-il ? Colloque sur Einstein au Collège de France

vignette

55*

En cet après-midi pluvieux de première des deux journées du colloque sur Einstein organisé par Antoine Compagnon au Collège de France, il fut question du temps (non météorique, quoique cosmologique). Et il a semblé que l’incompréhension de jadis entre Einstein et Bergson perdure quelque peu aujourd’hui entre leurs disciples respectifs (en l’occurrence Thibault Damour et Élie During). Il est loin le temps des Grecs où physique et philosophie étaient une même discipline. Pourtant, il n’existe pas (le temps). D’après la relativité générale. Bergson trouvant un tas sinueux de raisons quasi incompréhensibles pour s’obstiner dans son incompréhension de la nouvelle révélation scientifique, Einstein déclara qu’il y avait un temps psychologique et un temps physique, mais qu’il ne voyait pas de place pour un temps des philosophes.

Il était ainsi, paraît-il, Einstein : expéditif. Avec lui ça allait vite, tout le contraire de la méthode de Bergson. Il était intéressant d’avoir là un disciple du penseur de la durée se nommant During, et un disciple du penseur de la relativité générale s’appelant Damour. Bref, passons. Mon moment préféré fut celui où M. Damour nous montra un petit graphique ovale portant deux mentions : en bas, « Big Bang », en haut « Big Crunch ». Le temps depuis le Big Bang va vers le Big Crunch, comme nous le savons. Mais ce à quoi nous ne pensons pas, c’est que si nous nous plaçons au Big Crunch, le temps va vers le Big Bang. À chacun·e son futur. D’où l’intérêt de savoir voyager.

Quand je pourrai en prendre le temps, j’écrirai ma vision de toute l’affaire, telle qu’elle demande à être développée. En attendant, chacun·e est assez grand·e pour y songer.

*

next

heote pour tous

demain commence aujourd'huiaujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

*