« Anémic Cinéma », par Rrose Sélavy (Marcel Duchamp)

À l’origine le film est muet – on peut couper le son pour le voir tel qu’il a été tourné par Marcel Duchamp, qui l’a signé de son double féminin Rrose Sélavy, en collaboration avec Man Ray et Marc Allégret. Sept petites minutes fantastiques, de spirales et de jeux de mots à consonance érotique tournant en spirale comme des éléments cosmiques ou le cosmos lui-même. Technique expliquée sur wikipedia. À l’instant précis où arrivait le mot moustiques, un moustique, le premier que j’aie vu depuis longtemps, est passé devant l’écran de mon ordinateur. Je lui ai demandé mentalement pardon et je l’ai écrasé.

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Le grand Miyazaki dessine une petite chenille

Ayant pris six fois sa retraite, et avant de redevenir papillon, Hayao Miyazaki, après Le vent se lève,  met au monde une petite chenille pour encore un long-métrage. C’est émouvant de le voir dessiner (et on reconnaîtra la musique de Totoro). Je crée une catégorie Work in progress pour l’y mettre, ainsi que Judy Watson Napangardi, Billy Childish, Bilal Berreni et d’autres, si je les retrouve ou à mesure que je les retrouverai, que j’ai mis ici en train de travailler.

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Vladimir Maïakovski, « Temps, en avant ! » (films d’animation)

Avec des peintures de Kasimir Malevitch et des portraits de Lilia et Ossip Brik, Lénine, Lunatcharski, Blok, Burliuk, Pasternak, Khleniebnikov, Iessenine, Gonchorova, Wassilevich et Chklovsky

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Maïakovski découvre, dans les brasseries de Montparnasse, les rumeurs dont il est l’objet. Film de Bruce Krebs

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Animation informatique  de la série « 1913, année poétique en Europe » – datant de 1990 (en muet), mise en vidéo et musique en 2013 – du « Prologue et Épilogue » de la pièce de théâtre : « Vladimir Maïakovski », de l’auteur du même nom, avec mise en images constructivistes, et sur la musique du « Sacre du Printemps » de Stravinsky (dirigée par Boulez)

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Réalisation et interprétation Ivan Messac 1989, avec la voix de Maïakovski

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Film d’animation soviétique de Vladimir Tarasov, Soyuzmultfilm, 1977

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« Le Géant égoïste », dessin animé, et la fête des naissances

Une très belle, très poétique animation à partir d’un joli conte d’Oscar Wilde paru en mai 1888 dans le recueil Le Prince heureux et autres contes et traduit en français par Marcel Schwob en 1891 : une révélation du printemps qui surgit dans l’hiver. À voir dans l’esprit de Noël, une fête chrétienne qui peut aussi être célébrée sans le dogme chrétien, de façon universelle, puisque c’est le moment du solstice, de la lumière qui va commencer à grandir, la fête des naissances, qui sont toujours uniques comme le sait chaque parent : qu’est-ce qui peut donner davantage le sentiment de la joie et du mystère que l’arrivée d’un nouveau-né ? Noël, étymologiquement, c’est natalis, « de la naissance ».

Bon visionnage plein de grâce ! Et soyez heureux, avec ou sans religion, de célébrer la vie intérieure, qui se tient en nous comme l’enfant dans la mère et naît dans le vivant, à chaque instant.

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Renart et ses avatars

roman_de_renart__renart_et_les_jambonsIllustration issue de cet article de l’encyclopédie Larousse sur Le roman de Renart, fameuse parodie de chanson de geste écrite entre 1170 et 1250. L’histoire ci-dessus écrite et dessinée, celle de Renart et les jambons, est présentée ici en animation :

et voici Le roman de Renard, très beau film d’animation de Ladislas Starevitch, inspiré de l’œuvre médiévale, avec des images et une bande son enchanteresses (suivi, à 1:03 d’une autre et courte animation, Fétiche en voyage de noces) :

https://youtu.be/Hc8HLC12S1s

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À partir du treizième siècle, Renart est devenu une incarnation de l’hypocrisie (un Tartuffe avant l’heure) et du Mal. Rutebeuf en a fait un dit de 162 vers saisissant, Renart le Bestourné, qui commence ainsi :

Renars est mors, Renars est vis,
Renars est ors, Renars est vilz :
et Renars reigne !

à la fois mort et vivant, vil et « ors » et régnant, ce qui signifie qu’il est « partout réincarné là où se trouvent la pourriture, la vilenie et l’hypocrisie révélée par la syllepse : « ors » signifiant à la fois « l’ordure » et « l’or » qui la dissimule »

« Le poète traduit ainsi l’invasion du Mal qui gouverne le nouveau royaume soumis aux lois de la ruse et de la perfidie. Avec Rutebeuf, le renard est devenu une figure politique et religieuse », dit aussi cet article d’Aurélie Barre

… « il est le Mal, l’agent du diable sur la terre et il répand sa renardie sur les XIIIe et XIVe siècles. Pour Rutebeuf comme pour ses contemporains, l’animal constitue le moyen de développer une satire violente contre les hypocrites et en particulier contre les ordres mendiants. L’image est un artifice rhétorique pour dénoncer les déguisements et le monde bestourné. »*

*bestorné ou bestourné signifie inversé, contrefait, détruit, châtré, lunatique, ahuri, ayant perdu le sens – exemple :  » Est vostre sens bestourné ? », perverti