De grandes reproductions de ses œuvres peuvent être contemplées jusqu’en janvier à la gare d’Austerlitz, où je les ai photographiées. Un travail très proche de celui que je fais notamment pour ma thèse.
Bien entendu l’art rupestre, comme tout l’art, étant recherche de la vérité, rencontre avec la vérité et opération de libération, est le contraire de la caverne de Platon, qui est fabrication du faux et aliénation des faussaires comme des illusionnés (voir note précédente). Dans la deuxième partie de sa conférence, Jean Clottes montre des images de diverses œuvres d’art rupestre dans le monde. À noter son annonce, dès le début, d’un changement à venir des religions. J’ajoute : les religions institutionnalisées mourront comme tout ce qui est faussé et dans sa raideur ne peut plus s’adapter, tandis que la recherche du vrai se poursuivra dans une liberté d’esprit renouvelée. Ne pas oublier qu’un paléontologue voit l’homme de haut, il voit grand, à l’échelle de dizaines de millénaires et non de siècles comme quand, captif du monde et des singeries qu’y font les uns et les autres, on a le nez un peu trop collé au mur devant soi.
La pluie, c’était hier, avec de temps en temps une belle lumière, et même un bref arc-en-ciel. Puis aujourd’hui, en sortant de la gare d’Austerlitz où j’ai photographié les graffeurs de train et une exposition dont je ferai une note plus tard, je suis allée voir cette oeuvre qui ne s’y trouvait pas avant. Une dame qui était là m’a expliqué qu’il s’agissait d’un mémorial pour les Brigades Internationales, inauguré le matin même. Justement l’artiste, Denis Monfleur, est arrivé, passant pour photographier son oeuvre – on le voit ici derrière elle. Il m’a adressé la parole pour me dire qu’il m’avait vue ce matin à la cérémonie, j’ai dû lui dire que je n’y étais pas – j’en étais pourtant sûr, a-t-il dit.*
Ensuite je suis allée faire un tour vers la Seine*
puis j’ai rejoint le Jardin des Plantes, où des femmes s’entraînaient aux arts martiaux, et je suis allée dans la bibliothèque du haut lire Les Contemplations de Victor Hugophotos Alina Reyes
Henry Colomer a dédié ce beau film à Claire Cayron, grande traductrice et forte personnalité qui fut mon professeur de littérature (en littérature comparée) le plus marquant (et aujourd’hui, plus de trente ans après, mon directeur de thèse de littérature comparée, Jean-Yves Masson, est aussi un traducteur). Un jour où je lui confiai être dans une période un peu difficile à gérer en raison de mes amours (j’étais jeune et j’en avais plusieurs), elle me donna ce simple et excellent conseil : « si ta vie est compliquée, simplifie-la. »
cet après-midi à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière
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ce soir au Collège de France, où cette oeuvre de Barthélémy Toguo intitulée Road to exile (2008, collection du Musée national de l’histoire de l’immigration, Palais de la Porte Dorée) a été installée à l’occasion d’un colloque sur les migrants
C’est toute la poésie, toute notre éternelle et universelle jeunesse qui est récompensée, Homère y compris ! Bravo et merci au jury !
Je voudrais avoir encore le portrait que je fis de lui au crayon, encore adolescente. Je l’ai en tête, et je suis heureuse de l’avoir fait. Thank you Mr Tambourine Man !
– 14 octobre 2016 : à lire, une interview de Christophe Lebold, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, spécialiste de littérature américaine. Il a consacré sa thèse de doctorat à Léonard Cohen et Bob Dylan, et est l’auteur du livre Leonard Cohen : l’Homme qui voyait tomber les anges : dans Le Monde
« Depuis le XVIe siècle, le terme libertin (libertinage date de 1606, François de Sales) perd son sens religieux de « dissident abusant de sa liberté de penser » (Calvin, 1544) (…) Au cours du XVIIe siècle l’amalgame s’effectue, chez les adversaires des libertins, entre un sens philosophique (…) et un sens moral (débauché, dépravé) », écrit Pierre Chartier en note de son édition du Neveu de Rameau. Diderot reprocha au peintre Van Loo de l’avoir représenté « avec l’air d’une vieille coquette qui fait encore l’aimable ». La coquetterie, au pire sens, n’est-ce pas ce qu’il reste aujourd’hui de ceux qui se disent héritiers des libertins, et que tout courage a quittés ? Laquelle de ces idoles intello-médiatiques ne dispose-t-elle pas des meilleurs fauteuils, chez elle et dans le monde ? Les admirateurs de Diderot aujourd’hui ne sont pas Diderot, qui prit de réels risques, de même que Diderot, admirateur de Socrate, ne fut pas Socrate, mort sans compromis, mais composa avec les autorités pour être libéré de prison. De cette décadence particulière de Socrate à Diderot et de Diderot à nos intellos, je ne déduis pas une décadence générale de l’honneur dans l’histoire. Simplement celle de toute pensée quand elle se réduit au lieu de s’ouvrir. Diderot n’admettait pas l’idée qu’un gouvernement ou un souverain éclairés doivent recourir au mensonge pour le bien du peuple (contrairement à Pascal par exemple – mais janséniste ou jésuite, un religieux reste un religieux : un menteur). Un véritable libertin aujourd’hui défendrait bec et ongles tous les lanceurs d’alerte, et attaquerait sans répit le pape et l’église. Ce que j’ai fait des années durant, par tous les moyens, avant de retourner à ma façon d’encyclopédie : étude et invention. Un peu de grec le matin, après survol de l’actualité ; l’après-midi marche, étude, écriture ; le soir écoute ou visionnage de cours ou de films et coloriages à la main ; la nuit, riches rêves.
Hier soir en rentrant du Collège de France, dansé vivement avec l’un de mes fils. Allez, Rameau (pas son neveu) :
aujourd’hui repris sur un mur à Paris dans le quartier Mouffetard par le street artist Artiste Ouvrier, où je l’ai rephotographié l’autre jour :
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Jeune homme à sa fenêtre
et repris par moi :
Un collage fait il y a deux ans auquel je repense, ainsi qu’aux raboteurs de parquet, après une bonne après-midi de travail à deux, d’abord au soleil sur une table du jardin de la Pitié Salpêtrière, puis à la bibliothèque du Jardin des Plantes.