Marelle, de Julio Cortazar

roseAprès cinq heures de travail sans interruption dans la bibliothèque, près des baies vitrées derrière lesquelles les branchages des arbres se balançaient, feuilles mouillées, je suis allée faire un tour à la roseraie du Jardin des Plantes et j’ai photographié cette rose, pour accompagner cette fin de phrase de Cortazar :

… entendre le grondement des marées en appuyant son oreille contre la paume d’une petite main que l’amour ou une tasse de thé ont rendue un peu humide.

(traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon)

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Des bibliothèques où je travaille

bibliotheque-sorbonne-nouvellebibliothèque universitaire Censier / Sorbonne Nouvelle
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à la bisBibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (BIS)
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bibliotheque-jardin-des-plantesBibliothèque publique du rez-de-chaussée du Jardin des Plantes
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hall bibliotheque ste genevieveHall d’entrée de la bibliothèque Sainte-Geneviève
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tableau-bibliotheque-jardin-des-plantesbibliotheque-jardin-des-plantesBibliothèque du deuxième étage du Jardin des Plantes, réservée aux chercheurs (et une grande peinture d’Émile Bin entre les deux étages)

Je travaille aussi dans d’autres bibliothèques, mais il n’est pas évident d’y faire des photos, le calme ne doit pas être troublé et la discrétion doit être préservée ! En tout cas c’est un bonheur. J’actualiserai la note avec d’autres photos quand j’aurai la possibilité d’en faire de nouvelles.

Et puis quand j’ai envie de prendre l’air, une heure de lecture studieuse sous le pin à crochets du jardin alpin du Jardin des Plantes, un endroit joliment isolé.

le-pin-du-jardin-alpinà Paris, photos Alina Reyes

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Rentrée !

arbreHier, allant travailler pour ma thèse à la bibliothèque de la Sorbonne, je suis passée devant le Collège de France, où je voulais prendre un programme des cours. Il n’était pas encore ouvert, mais j’ai photographié le bel arbre qui s’élève en face, et contemplé les feuilles mortes qui commençaient à joncher le trottoir : le bel automne approche, malgré des températures très estivales. Le Quartier Latin est de nouveau bien animé, les enfants sont retournés dans les écoles et la douce lumière de septembre accompagne le retour au travail. Qu’est-ce qui peut rendre l’homme plus heureux que le bon travail, accompli avec amour, imagination et application ?

Si vous revenez de vacances, voici un rappel des séries de l’été sur ce site :

Ma lecture très nouvelle des Illuminations, de Rimbaud/Nouveau (à découvrir en commençant par le début : remonter les pages) ;

et les actions poélitiques, en particulier de Madame Terre en ses pérégrinations autour de Paris.

Une rentrée littéraire que vous pouvez toujours faire aussi avec Voyage, en exclusivité ici, et d’autres de mes livres en ebooks à tout petit prix, ici aussi.

Poétique, studieuse et vaillante, dehors ou à la maison, bonne et heureuse rentrée à vous !

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Madame Terre chez Maurice Ravel au Belvédère, à Montfort-l’Amaury

– « Écoute ! Écoute ! – C’est moi, Ondine qui frôle de ces gouttes d’eau les lozanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame chatelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.
« Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bati fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l’air.
Aloysius Bertrand, Ondine (extrait, dans l’orthographe du poète) in Gaspard de la nuit
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en allant chez Ravel

mme terre allant chez ravel

mme terre au portail de ravel

mme terre au belvedere ravel

mme terre ravel

mme terre fenetre ravel

mme terre maison ravel

mme terre montfort l'amaury ravel

chez ravel

prise de terre chez ravel

mise de terre chez ravel

belvedere maison ravel

en revenant de chez ravel

de retour de chez ravel

champs en revenant de chez ravel

O a fait cette fois 110 kilomètres à vélo pour aller accomplir la vingtième action poélitique de Madame Terre chez Ravel, à sa maison Le Belvédère à Montfort-l’Amaury. Sur le chemin du retour il a photographié une inscription qu’il trouvait belle dans un square proche, à l’emplacement d’un ancien cimetière déplacé où cette tombe a été gardée ; et les champs paisibles.

Je me rappelle être allée écouter un jeune pianiste, Jean-Paul Gasparian, interpréter à merveille le Gaspard de la Nuit d’Aloysius Bertrand. En voici l’interprétation de Pogoleritch. Enchantement et paradis !

 

 

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Joies du jour

visage fleurs enfantsmon sac peint Pour aller à la bibliothèque avec ordi, cahiers, feuilles, livres, j’ai acheté ce sac de collégien en solde à 12 euros, et j’ai effacé son très vilain dessin en le peignant à  l’acrylique – ce que je fais toujours sur mes sacs ou agendas, ou encore mon téléphone portable à tout petit prix ou récupérés, comme ça ils sont beaux et uniques !square scipionLes petits Parisiens sont de retour, leurs cris de joie remplissent de nouveau les squares. Et une licorne se promène sur le trottoir.licorne trottoir

à Paris 5e, photos Alina Reyes

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À la Sorbonne et à Jouy

alina devant la sorbonnerue de la Sorbonne, en face de la fac :)

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à la bisQuel bonheur de travailler à la BIS, Bibliothèque Interuniversitaire de la Sorbonne, dans la splendide salle Jacqueline de Romilly.

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mme terre au robin des boisAu cours de ses pérégrinations à vélo avec Madame Terre, O s’est arrêté à Jouy en Josas devant le Robin des Bois où paraît-il Christophe a écrit sa chanson Aline.

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Aborigènes d’Australie : une civilisation de dandys

Freud dans Totem et Tabou parle d’eux dans une crasse ignorance, et ce mépris racial qui perdure souvent à l’égard des peuples dits primitifs du seul fait que leurs civilisations sont orientées autrement que vers la technologie à l’occidentale (ce mépris qui permet au pape François de canoniser un génocidaire d’Amérindiens, malgré les vives protestations de ces derniers, tout en gardant les honneurs de la presse occidentale). Selon Freud donc, les Aborigènes australiens sont « les sauvages les plus arriérés et les plus misérables », ajoutant que « nous ne nous attendrons certainement pas à ce que ces pauvres cannibales nus soient moraux, au sens où nous l’entendons, dans la vie sexuelle. » Un tel aveuglement suffit à discréditer toute la thèse de ce livre (dont je parle très prochainement dans un article à paraître dans The Conversation).

Or Claude Lévi-Strauss dans La Pensée sauvage, dit de ces mêmes Aborigènes dont il analyse, comme ceux d’autres civilisations « sauvages », les fonctionnements sociaux et mentaux :

« Peu de civilisations, autant que l’australienne, semblent avoir eu le goût de l’érudition, de la spéculation, et de ce qui apparaît parfois comme un dandysme intellectuel, aussi étrange que l’expression puisse paraître quand on l’applique à des hommes dont le niveau de vie matérielle était aussi rudimentaire. »

Pour mieux connaître cette civilisation fantastique, il faut bien sûr aussi lire et relire Le Chant des pistes de Bruce Chatwin, livre profondément humain où l’auteur témoigne de ses rencontres avec les gens de ces peuples tels qu’ils survivent depuis l’arrivée des migrants européens qui ont saccagé et continuent à saccager leur culture. Sur ces Aborigènes, il écrit par exemple :

« Il m’était resté l’image de ces Noirs « civilisés » [au sens européen du terme] qui, un jour, travaillaient heureux dans une « station » d’élevage et qui, le lendemain, sans un signe d’avertissement et sans bonne raison, prenaient leurs cliques et leurs claques et disparaissaient dans la nature.
Ils abandonnaient leurs vêtements de travail et partaient ; pendant des semaines, des mois, voire des années ; ils traversaient à pied la moitié du continent, parfois uniquement dans le but de rencontrer un homme, puis ils revenaient comme si rien ne s’était passé.
J’essayais d’imaginer la tête du patron au moment où il s’apercevait de la disparition de ses employés.
Ce pouvait être un Écossais par exemple, un personnage mal embouché. Je le voyais, gros et gras, le visage couperosé, engloutissant son petit déjeuner d’œufs et de biftecks (…) Puis il sortait majestueusement dans le soleil aveuglant – le soleil australien était toujours aveuglant – et criait pour appeler ses hommes.
Rien. Il appelait de nouveau. Pas un bruit hormis le rire moqueur d’un kookaburra. Son regard balayait l’horizon et ne rencontrait que des gommiers. Il inspectait les enclos à bétail, l’air furieux. Là, rien non plus. Puis, devant leurs baraquements, il trouvait leurs chemises, leurs chapeaux et leurs bottes encore prises dans les jambes de leurs pantalons… »

Ou encore :

« Parfois, dit Arkady, j’emmène mes « anciens » dans le désert et, arrivés sur une rangée de dunes, ils se mettent soudain à chanter. Je leur demande : « Qu’est-ce que vous chantez, vous autres ? » et ils me répondent : « On chante le pays, patron. Ça le fait venir plus vite. » »
Les aborigènes ne pouvaient pas croire que le pays existait avant qu’ils l’aient vu et chanté – exactement comme au Temps du Rêve, le pays n’avait pas existé tant qu’ils ne l’avaient pas chanté.
« Ainsi donc, dis-je, la terre doit d’abord exister sous la forme d’un concept ? Puis elle doit être chantée ? Ce n’est qu’après cela que l’on peut dire qu’elle existe ?
– C’est cela. »
(Livre de Poche, trad. Jacques Chabert)

Voici un documentaire en deux parties sur l’aventure des aborigènes depuis leur arrivée en Australie il y a 40 à 50 000 ans. Extrêmement émouvant et étonnant – par exemple les traces de cet Usain Bolt d’il y a 20 000 ans qui mesurait 1,93 m et piquait des sprints à 37 km/h, la vitesse des champions d’aujourd’hui sur un 100 mètres ! Et bien sûr leur art, le premier notamment à représenter le visage humain, et leur savant apprivoisement du paysage tout entier, qui leur permit de traverser des dizaines de millénaires d’histoire en vivant une bonne vie.