


tout à l'heure à la Roseraie du Jardin des Plantes, photos Alina Reyes



tout à l'heure à la Roseraie du Jardin des Plantes, photos Alina Reyes




cet après-midi au Jardin des Plantes qui embaume divinement, photos Alina Reyes
Poursuivons notre lecture avec des passages du quatrième chapitre (La réalité muhammadienne) de ce livre (éd tel gallimard) sous-titré Prophétie et sainteté dans la doctrine d’Ibn Arabî.
« Lorsqu’on lui demanda : « Quand fus-tu prophète ? », il répondit : « J’étais prophète alors qu’Adam était entre l’eau et la boue », ce qui veut dire : alors qu’Adam n’était pas encore venu à l’existence. (…) D’autres textes d’Ibn Arabî préciseront plus loin la nature et la fonction de cette Réalité muhammadienne primordiale (haqîqa muhammadiyya) dont chaque prophète depuis Adam, le premier d’entre eux, ne représente qu’une réfraction partielle à un moment de l’histoire humaine. Que signifie le mot haqîqa que nous avons traduit par « Réalité » ? Selon le Lisân al-arab, il désigne le sens propre d’une chose par opposition au sens figuré (majazî) ; ou encore le « fond » d’une chose, d’une affaire, sa vraie nature, son essence et donc aussi l’intimité inviolable d’un être, sa hurma. » (p.70)
« … les véritables croyants sont, selon le Coran (2 : 4 ; 2 : 136, etc.), ceux qui croient en ce qui a été révélé à Muhammad et en ce qui a été révélé avant lui. La notion du verus propheta que figure le long pèlerinage de la Lumière muhammadienne à travers les éons est une conséquence logique de cette doctrine fondamentale où les messages prophétiques successifs, manifestations multiples de la Vérité une, sont autant d’étapes conduisant à celui qui apporte la « somme des Paroles » (jawâmi’ al-kalim), parachevant et abrogeant du même coup les Lois antérieures. Mais le Coran n’est pas seulement source doctrinale. Il est aussi la matrice où s’élabore la forme de l’aventure des âmes et des langages qui l’expriment. Le métal brûlant des visions et des symboles en porte ineffaçablement l’empreinte. » (p.74)
« Une autre notion, complémentaire de celle de haqîqa muhammadiyya, doit être mentionnée ici : c’est celle d’ « Homme Parfait » (insân kâmil). « C’est par lui que Dieu regarde Ses créatures et leur dispense Sa Miséricorde ; car il est l’Homme adventice et pourtant sans commencement, éphémère et pourtant éternel à jamais. Il est aussi la Parole qui sépare et unit. C’est en vertu de son existence que le monde subsiste. Il est au monde ce que le chaton d’un sceau est à ce sceau : c’est-à-dire le lieu où l’empreinte est gravée, le signe par lequel le roi scelle ses trésors. Il a été nommé khalîfa [lieutenant, vicaire, substitut] en raison de cela : car c’est par lui que Dieu préserve Sa création, de même que le sceau préserve les trésors. Aussi longtemps que le sceau du roi demeure intact, nul n’oserait ouvrir les trésors sans sa permission. L’Homme a donc été chargé de garder le royaume et le monde sera préservé aussi longtemps qu’y subsistera l’Homme Parfait. » Le terme d’insân kâmil s’applique proprement à l’homme en tant qu’il est en acte ce en vue de quoi il a été créé, c’est-à-dire en tant qu’il réalise effectivement son théomorphisme originel : car Dieu a créé Adam « selon sa forme ». Comme tel, il est le « confluent des deux mers » (majma’ al-bahrayn, expression empruntée au verset 18 : 60), celui en qui se réunissent donc les réalités supérieures et inférieures, l’intermédiaire ou « isthme » barzakh) entre le haqq et le khalq, Dieu et la création. Il est aussi « frère du Coran », « pilier du ciel », « Parole totalisatrice » (…) le kamâl, la perfection de l’insân kâmil, ne doit pas s’entendre en un sens « moral » (qui correspondrait en somme à l’ « héroïcité des vertus ») mais signifie ici « achèvement » ou « accomplissement ». (pp 78-79)
Ce Christ qui vient d’être offert au Louvre ne ressemble-t-il pas à celui de la Pieta de Michel-Ange ? De cette sculpture splendide, surgie soudain sur la scène du monde comme jadis des statuettes de la Vierge surgissaient de rivières ou de buissons, voir les autres photos et l’article du Monde.
Sainteté, beauté, grâce : salut du monde.

la pierre noire…

dans la bibliothèque du Museum d’Histoire Naturelle…

puis je suis allée m’asseoir sur une pierre dans le jardin alpin, lire L’Islam et l’Occident de Michel Lelong, dont je reviendrai donner des passages


tout à l'heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes





cet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes
Ex arena rediviva surgit, « Elle surgit ressuscitée d’entre les sables » : la devise de la ville de mon enfance, Soulac-sur-mer, m’est revenue en voyant les mêmes « pompons » qui poussaient dans les dunes où nous marchions des heures, comme je le fais aujourd’hui en ville et au jardin. J’ai treize ou quatorze ans, j’ai des millions d’années, je suis éternelle.



à Paris aujourd'hui, photos Alina Reyes
Al-Azhar provoque le Vatican en demandant au pape de déclarer que l’islam est une religion de paix. Comment pourrait-il le faire, alors que les chrétiens sont chaque jour plus discriminés et persécutés dans tout le Moyen Orient ? Bien sûr que l’islam est une religion de paix, de même que le christianisme est une religion de paix, et que cela ne l’a pas empêché de commettre plus d’horreurs qu’à son tour, persécution des juifs des siècles durant, croisades, inquisition, conversions forcées, bûchers… sans parler des derniers scandales contemporains. Alors plutôt que de se tenir en chien de faïence devant Al-Azhar, si j’étais pape j’agirais, je ferais comme saint François fit, je ferais le déplacement, le ferais le voyage, j’irais parler d’homme à homme avec les chefs religieux et les chefs d’État, sur place.
Voilà ce qu’inspire la solitude. Au service de ceux qui ne peuvent la vivre. Et qui mendie de servir.
J’ai habité dans Notre-Dame de Paris dans l’un de mes romans, Notre-Dame a été profanée par un suicide. J’ai fréquenté le Val-de-Grâce dans l’un de mes romans, la chapelle du Val-de-Grâce a été violée. J’ai photographié une statue de Saint-Pierre de Nantes pour la couverture de l’un de mes livres, Saint-Pierre de Nantes a été vandalisée.
En vérité, je ne suis vraiment pas pressée que Voyage paraisse. Ce que je pourrais espérer de mieux pour moi, c’est qu’il paraisse le plus tard possible. Je n’espère rien, j’écoute et j’observe, je fais sortir les pensées mauvaises de ceux qu’elles possèdent, ils n’en finissent pas de les vomir comme un chapelet de bêtise, peut-être qu’un jour ils en seront enfin vidés et pourront découvrir la vie. Voyage est publié librement, c’est l’essentiel, et il est vivant.
Moi, je me sens proche des amis de Clément. Et j’ai encore à écrire ! En attendant, je vous invite à lire ce beau texte, dans lequel sont notamment rappelées d’autres victimes de ces temps derniers dans notre pays : Mounir, dans le coma après une agression de la LDJ ; un couple de femmes, dont l’une est en ITT de 90 jours après une agression en marge du mouvement manif pour tous ; Rabia, dont nous avons déjà parlé ici, musulmane agressée par des skins… Je continuerai à dire la vérité.

photo Alina Reyes
Pour en savoir un peu plus sur sa conception de l’ « islam des lumières », j’ai acheté le premier numéro de la revue de Malek Chebel, Noor. Je n’ai pas tout lu mais ce que j’y ai vu c’est l’islam sans islam, sans foi et sans lumière. Si vous avez 8€50, donnez-les à des mendiants, cela vous éclairera mieux.
Le distributeur à qui j’avais envoyé Voyage me répond que le livre est impressionnant, qu’il est certain qu’il a un public… mais qu’il ne peut le prendre à cause de son caractère artisanal. C’est vrai, la couverture et la mise en pages, faites par moi, ne sont pas professionnelles, mais précisément cela me plait ainsi, cela correspond à son esprit, et le livre est relié, souple et très lisible. En le feuilletant je m’aperçois que j’ai écrit Aéropage au lieu d’Aréopage, mais il y a très peu de coquilles, moins que dans certains livres édités par des professionnels, et les caractères sont généreux et de lecture aisée. Bon, je vais peut-être essayer de faire autrement pour le diffuser, mais personnellement rien ne me presse, si les hommes ne veulent du livre ni via ce site ni via la librairie, je ne vais pas essayer de les forcer, cela viendra en son temps, incha’Allah, un jour viendra où ils seront heureux de le trouver – et même de trouver son édition originale.
L’être humain n’est pas fait pour le péché mais pour le oui non mêlé, le oui qui est un pur oui. Le oui qui accueille Dieu comme la mère accueille son nouveau-né, ce oui sans restrictions qui est la source de toute l’attitude à venir de l’enfant, ce oui de qui naissent des saints, pour le salut du monde.



aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes
J’ai épousé le peuple, je suis le peuple de Dieu, et si souvent j’ai l’air d’œuvrer contre moi, c’est que moi ne compte pas, j’œuvre pour lui et j’œuvrerai jusqu’au bout pour lui, mon peuple bien-aimé.


cet après-midi à la Grande Mosquée de Paris, photos Alina Reyes
J’ai fait mes ablutions à côté d’une dame anglophone. Nous nous sommes aidées mutuellement pour l’eau, puis je l’ai conduite à la salle de prière. J’ai fait six rekaas, lentement. Puis je suis restée encore un peu dans l’enceinte de la mosquée, indiciblement bienheureuse.
À la mosquée je suis à la maison, comme à la montagne, comme à l’église, comme dans le cosmos.
Dans la lumière.