Macron

French Psycho. Images extrêmement dures mais il faut les voir pour savoir ce que masque la façade policée de la macronie, de la bourgeoisie qui l’a portée au pouvoir et qui continue de la soutenir. Ces gens veulent tuer celles et ceux qui leur résistent, les tuer au moins symboliquement, socialement, psychologiquement, et mutiler, quand ils ne peuvent pas tuer physiquement. Comme d’autres, j’ai dû résister à leur violence, leur folie, leur mensonge, leurs manipulations, et à la complicité qui se noue autour des notables. Honneur à toutes celles et à tous ceux qui n’ont pas cédé. Et que le sang de toutes leurs victimes retombe sur ces salopards.

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Nous qui résistons, nous qui combattons, nos morts, nos mortes sont avec nous

Mon grand-oncle Albert m’a rendu visite. Je ne m’y attendais pas (il est mort depuis longtemps). Il est venu m’apporter un petit gilet jaune, avec des manches, tricoté à la main pour un nouveau-né. Cette visite m’a beaucoup émue, je me suis réveillée tout heureuse. C’était la fin de l’après-midi, je m’étais endormie – le traitement anticancer me fatigue.

Mon grand-oncle Albert était sympa. Un sacré personnage. Fils d’immigrés italiens misérables, il a été chanteur dans les chœurs et figurant au Grand Théâtre, puis il a été aussi policier. Quand j’étais enfant, il était à la retraite. Il habitait tout près de chez nous, il prêtait de l’argent à mon père quand il n’y avait vraiment plus d’autre moyen d’acheter à manger pour nous sept, quand même le crédit à l’épicerie était dépassé. Il avait un piano, et de temps en temps des « admirateurs » et des « admiratrices » venaient le voir dans sa petite maison maison (toute la smala travaillait dans le bâtiment, y compris mon père, leurs maisons ils les faisaient eux-mêmes).

Je reviendrai dans quelques heures, j’ai quelque chose à dire après avoir vu le passage infect de BHL chez Ruquier, sans contradicteur sur le plateau, insultant les Gilets jaunes, injuriant gravement notamment Ruffin, étalant sa morgue, sa morve et son hystérie de concert avec celles d’Angot qui lui léchait les pieds. J’ai quelque chose à dire, non pas tant sur BHL, dont à peu près tout le monde sait ce qu’il en est, mais sur le pouvoir macronien qu’il défend, que la caste qui était là, défendant son fric, défendant sa position, défendait avec lui. Un immense combat contre les fascismes se livre, va devoir se livrer.

Bella ciao, le chant des résistants italiens, devenu chant de tous les résistants du monde, fut d’abord un chant de résistantes, dont voici le dernier couplet originel :

Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes
Nous travaillerons en liberté.

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Déter

photo Alina Reyes

photo Alina Reyes

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J’ai mis une licorne et un papillon dans mes cheveux, pinces d’enfant avec des mèches et tresses multicolores du plus joli effet dans ma chevelure grise libre, et je suis partie travailler à la bibliothèque du Muséum, celle du bas parce qu’il y avait une table libre juste derrière la baie vitrée. Il s’est mis à pleuvoir beaucoup, et un hélicoptère tournait dans le ciel, au-dessus de la proche place de la Bastille où Jérôme Rodrigues, l’une des figures des Gilets jaunes, se faisait délibérément éborgner, alors qu’il était comme toujours parfaitement calme. Tandis que Macron manœuvre bassement et violemment pour récupérer les récupérables (Mouraud, Levavasseur) et intimider les irrécupérés (Nicolle frappé et interpellé à Bordeaux alors qu’il était également parfaitement calme, comme les vidéos en témoignent aussi, et donc Jérôme Rodrigues tiré comme un lapin à bout portant, selon son témoignage d’une grenade au pied et d’une balle à la tête – il aurait pu en mourir), j’écris. Ma meilleure arme, la plus puissante pour accompagner les humains sur la durée.

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Tags, clip, couleur au plein air vs le ventre des Mimis

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ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Les secrets qui scellent les pouvoirs sont de misérables secrets – c’est parce qu’ils sont misérables qu’ils sont secrets, et c’est parce qu’ils servent à sceller qu’ils sont de si mauvais secrets, aussi infectés que des kleenex partagés par des bandes de pestiférés. Dans leur livre Mimi, sur Mimi Marchand, « papesse des paparazzis, gardienne des rumeurs », qui se fit photographier faisant le V de la victoire derrière le bureau présidentiel au lendemain de l’élection de Macron, les auteurs évoquent ces « rouages obscurs où se terrent les secrets et où se négocient les alliances qui les préservent. Dans le ventre cliquetant de la machine ».

C’est dans ce ventre cliquetant que se trament les récupérations de certain·e·s Gilets jaunes. Et personne n’est dupe. Qu’importe, ce ne sont là qu’épiphénomènes, capables tout au plus de retarder de quelques instants le flux de l’Histoire, qui va et ira toujours son cours, infiniment plus puissant que les petites affaires des petits humains occupés à tenter de détourner, à l’aide d’instruments aussi malins et dérisoires que toutes les Mimi du monde, ce qui les emporte et les emportera, inexorablement.

Les mouvements populaires ont leurs traits au grand air et leurs airs aux paroles publiquement chantées. Un autre rap (après celui-ci) de la « canaille » (« eh bien j’en suis ») a fleuri :

 

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Révolution : le ciel reconnaît les siens

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

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Les violences des polices de la pensée peuvent s’acharner, elles ne font pas plier le peuple juste : les pouvoirs abusifs veulent à tout prix se faire reconnaître de lui mais, lui, tel Dieu, reconnaît les siens, laisse les faux.

Je lis ou relis les Contes cruels de Villiers de l’Isle Adam et Le meilleur des mondes d’Huxley. Les deux textes peuvent être téléchargés en ligne gratuitement ici et ici. Pour ma part j’ai emprunté le premier en bibliothèque, et trouvé dans la rue, sur un banc, une belle édition du second. J’ai l’intention d’en parler bientôt, car ces textes éclairent singulièrement les temps que nous vivons. Nous sommes au départ d’un long périple, il fait nuit encore, nous avons besoin de lampes frontales pour y voir. Nous atteindrons là-haut les splendides sommets, là-bas les rivages enchanteurs. Voyons-les, nous y sommes à chaque pas.

Deux cairns musicaux pour danser et sourire toute la journée :

 

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Gilets jaunes acte 10, mon reportage photo à Paris

Heureuse d’être allée aujourd’hui défiler en famille, parmi au moins dix mille manifestants (d’après mon expérience des manifs, je disais entre 10 et 15 000 ; je vois que Reuters, une agence sérieuse, les estime aussi à plus de dix mille). Un cortège long et calme, d’autant plus calme qu’on n’y voyait pas la police, concentrée en tête (où elle a fait comme d’habitude à l’arrivée un comité d’accueil aux canons à eau, grenades et flashball – je n’y étais plus). Quand je vais seule en manif j’arpente le cortège du début à la fin et dans tous les sens, là je suis restée avec mes compagnons mais j’ai quand même pu faire des images, les voici :

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gilets jaunes acte x paris 32-minAujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Parole du jour : la part du lion

« L’inconnu, c’est la part du lion » François Arago

Ce sera la parole du jour, et je l’accompagne de ces images prises hier :

paris 14e 1-minDevant la prison de la Santé qui rouvre ses portes, si l’on peut dire, la dernière pissotière à l’ancienne de Paris

paris 14e 4-minRien ne vous paraît bizarre, dans cette image ?

Voyons…

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Ah mais oui, en fait c’est dans ce sens qu’il faut la regarder :

paris 14e 5-minhier à Paris 14e, photos Alina Reyes

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Star Wars au cimetière Montparnasse

Passant par le cimetière Montparnasse, j’ai photographié quelques tombes intéressantes ou amusantes sur mon chemin. J’ai déjà fait précédemment deux notes d’images sur ce cimetière.

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cimetière montparnasse 1-minDeux amoureux enlacés devant un grand livre ouvert

cimetière montparnasse 2-minPlein de cailloux bleus sur une tombe juive

cimetière montparnasse 3-minCe qui reste : le livre de la vie

cimetière montparnasse 4-minEncore une belle tombe juive. Détail :

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cimetière montparnasse 6-minTiens, la comtesse de Ségur est là !

cimetière montparnasse 7-minIci c’est Star Wars. Avec ces figurines et autres objets de la saga, la personne morte a de quoi s’amuser

cimetière montparnasse 8-minUne tombe musulmane, toute simple avec de la verdure

cimetière montparnasse 10-minUne tombe asiatique, ses idéogrammes et son papillon dorés

cimetière montparnasse 9-minQuoi de plus romanesque que ces vieilles tombes de pierre couvertes de mousse ?

cimetière montparnasse 12-minLe plein et le vide

Cet après-midi à Paris, photos Alina Reyes

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Comment commencer une histoire, selon E.T.A. Hoffmann

hoffmann_homme_au_sableN’ayant pas rapporté de la montagne tous les livres que j’aimerais relire, dont les Contes d’Hoffmann, j’ai emprunté l’un d’eux à la bibliothèque, le plus fameux peut-être, L’Homme au sable, paru aux éditions Sillage dans la traduction d’Henry Egmont. Voici donc le passage, au milieu du conte, où il explique comment commencer à écrire une histoire – ou non. S’adressant au « lecteur bénévole » :

« J’ai donc ressenti un violent désir de t’entretenir de l’histoire extraordinaire de Nathanael. J’avais l’âme remplie de ce que sa vie offrait d’extraordinaire et de fatal. Mais c’est précisément à cause de cela, et, en outre, parce qu’il fallait te préparer, cher lecteur, à écouter du merveilleux, ce qui n’est pas peu de chose, que je me suis tourmenté l’esprit pour trouver à l’histoire de Nathanael un début remarquable, original, saisissant ! « Il était une fois… » : le plus beau commencement de tout récit, mais un peu fade. « Dans la petite ville de province de S… vivait… » : pas trop mal, c’est au moins commencer par présenter le lieu de la scène. Ou bien, tout de suite, in medias res : « Allez-vous-en au diable ! » s’écria l’étudiant Nathanael, la fureur et l’effroi peints dans ses regards farouches, quand le marchand de baromètres Giuseppe Coppola… » Ceci, je l’avais effectivement déjà écrit, lorsque je crus apercevoir dans les regards farouches de l’étudiant Nathanael quelque chose de burlesque, et l’histoire n’est pourtant nullement plaisante. Bref, il ne me venait à l’esprit aucune tournure de phrase qui me parût refléter le moins du monde l’éclatant coloris du tableau que j’imaginais en moi-même. Je pris le parti de ne pas commencer du tout. »

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E. T. A. ­Hoffmann (1776-1822). par Élodie Bouédec

E. T. A. ­Hoffmann (1776-1822). par Élodie Bouédec

Si donc vous voulez savoir comment il s’y est pris, lisez-le, c’est un conte captivant, aux sens profonds, démultipliés, inépuisables. Bonne recherche !

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Ronds-points : des lieux pour changer de position

sonia delaunay*

14-1-2018 : ce texte a été publié sur Lundi matin

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J’appellerai Rond-point cette œuvre de Sonia Delaunay, en référence à l’actualité et à ses Gilets jaunes. Elle figure, avec une philosophie assez orientale, la complémentarité, le mouvement, la pénétrabilité, la changeabilité qui s’opèrent dans un tel espace. Par les lignes, et par la couleur. Et par une circularité ouverte.

La société française est figée. Les « élites », à savoir les bourgeois nés de bourgeois ou ayant intégré l’ordre bourgeois, s’y comportent en maîtres de maison qui trouvent naturel de posséder les biens et de se faire servir par le peuple, qui doit produire et fournir à bas salaire le travail nécessaire à la vie et à la survie de tous. Imaginons BHL en ses appartements et autres palais, servi par toute une domesticité : il ne lui manquerait plus que de les traiter de fainéants pour figurer exactement la France de Macron.

Or la France de Macron n’est pas la France réelle. La France réelle se rappelle à lui en allant sur les ronds-points, en marchant dans les villes et dans les campagnes. Alors que l’élite macronienne campe sur sa position de comfort, comme dit Rimbaud, le peuple combattant, chargé de cette intelligence supérieure née de l’expérience du combat quotidien pour la vie et la survie de soi et d’autrui, est en train de retirer les culs des assis, comme le dit aussi Rimbaud, des sièges où ils sont installés depuis leur naissance, dans un monde qui leur garantit une sécurité éternelle aux dépens de l’exploitation du travail d’autrui.

La France réelle n’accepte pas que les élites, qui ne fournissent pas plus d’effort, comme le dit Macron, au travail – qui en fournissent même souvent moins qu’elle – aient un niveau de vie considérablement plus élevé. L’exploitation, la colonisation des travailleurs par les élites qui sans eux n’auraient ni maison, ni pain, ni éducation, ni soins, ni loisirs, est tout simplement absolument inacceptable. L’Histoire elle-même se charge de renverser cet ordre inique, avec ceux qui la font, ces femmes et ces hommes porteurs de gilets jaunes de sauvetage. Prises de terreur, ces élites qui n’ont aucune expérience des combats pour la survie, qui ne sauraient survivre sans les produits et le travail d’autrui, emploient et justifient les violences policières, les mutilations et les meurtres des combattants pour la justice et la vie.  Mais la vie a un sens, et ce sens les emportera.

Cette réflexion m’est venue en partie en relisant un passage de l’Anatomie de la mélancolie de Robert Burton (Première partition, section 1, membre 2, subdivision 8, p.260-261 dans l’édition de José Corti, 2000, trad. Bernard Hoepffner). Après avoir distingué entre « les bonnes affections », comme la joie, et « les mauvaises affections », comme la peur, il écrit :

« Car il serait tout à fait vain de désirer et de détester si nous n’avions pas également la puissance de chercher à atteindre ou à éviter en déplaçant notre corps d’un lieu à un autre ; c’est donc cette faculté qui permet au corps, ou à n’importe quelle partie de celui-ci, de se mouvoir dans l’espace et de se déplacer. Trois choses sont nécessaires au bon fonctionnement de cette faculté : la cause du mouvement, l’agent du mouvement, l’objet du mouvement. La cause du mouvement est soit efficiente soit finale. La cause finale est l’objet désiré ou évité, comme lorsqu’un chien veut attraper un lièvre, &c. La cause efficiente, chez l’homme, est la raison, ou l’imagination, qui lui est subordonnée, et qui appréhende les objets, bons ou mauvais ; chez les bêtes, l’imagination seule agit sur l’appétit ; l’appétit est cette faculté qui, grâce à un admirable contrat avec la nature et à la médiation des esprits vitaux, dirige l’organe qui permet le mouvement, un ensemble de nerfs, de muscles et de tendons disséminés dans tout le corps, qui se contractent et se relâchent selon la volonté des esprits vitaux, ce qui met en mouvement les muscles, ou les nerfs qui y courent, et tire sur le tendon et per consequens la jointure, jusqu’à l’endroit désiré. Le mouvement du corps se manifeste diversement : marcher, courir, sauter, danser, s’asseoir et d’autres variantes encore, toutes opposées à la catégorie du situs, ou position. »

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La capacité à changer de position appartient à ceux qui savent faire l’amour, physiquement.

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Beauté

home,-min*

Rêvé avant-hier : au cours d’un voyage avec O, nous nous trouvions à la Mecque. Assise par terre, j’écrivais pour lui la Fatiha, afin qu’il puisse entrer avec moi.

Rêvé cette nuit : je marchais le long de l’océan de mon enfance, dans la lumière, vers le nord, l’estuaire.

La mort sera pour moi le signe de la libération de mes écrits.

D’ici là, ma thèse m’ouvre les portes de la bibliothèque de recherche du Muséum, et elle devrait en ouvrir d’autres où je compte aller.

L’écriture est une aventure au long cours, et je ne crains aucun détour. Piquant ici et là comme le faucon, naviguant ailleurs sous les voiles du jour et de la nuit.

 

home compte les étoiles si tu le peux-min

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