Un deux trois, nous irons au bois

12 3aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Même quand il y a du monde, il y a toujours, au jardin, des endroits retirés où être seul avec *. J’ai cueilli, accroupie, des feuilles, des pétales, des plumes, des petits bouts de bois, des petits fruits… corps et âme pleins de l’éternité de l’homme, de sa grâce, de sa paix débordantes. Je vous les présente, que votre cœur soit léger !

Intérieur extérieur jour

saint justinphoto Alina Reyes

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Plusieurs nuits de suite que je marche en rêve dans un splendide domaine, château et nature, intérieur et extérieur n’étant pas séparés et toujours renouvelés. Il y a quelques nuits j’y avais fait, dans un ruisseau, des découvertes archéologiques, coquillages, fossiles… Cette nuit j’en ai fait une autre : une sorte de ticket de métro en pierre, gravé, très beau, très doux et très agréable au toucher.

L’ours est dans la caverne, l’oiseau dans l’œuf, et la joie dans le cœur.

Nous sommes en voyage. Le splendide voyage.

La vie adorable

Il pleut, j’aime la pluie. Il vente, j’aime le vent. J’ai marché dans la pluie et le vent, et sur des tapis de feuilles rousses. J’ai regardé des plantes pousser dans la fente d’un mur. J’ai le cœur plein d’amour et de rêve, j’ai le cœur en joie. Je pense à ceux qui sont sans abri, je pense à ceux qui souffrent, la compassion n’abolit pas la grâce. Je pense à ceux que j’aime, qui sont loin et que je ne peux pas aller voir, mais le jour viendra où nous nous retrouverons et la pensée des êtres aimés c’est encore du rêve et de l’amour. La grâce qui habite le cœur, qui se promène dans le corps, est physique et palpable comme le vent, la pluie, la terre sur laquelle je ne me lasse jamais de marcher. Toutes les saisons sont belles, et tant de personnes aussi. La vie, son baume jamais épuisé sur notre cœur. Il ne faut jamais oublier que le moment peut resurgir à tout instant d’adorer la vie, que la vie adorable est toujours là, prête, pour nous.

Dans la nuit du divin

PHO2b66fff6-602c-11e4-8f16-c968e96369b4-805x453crédit photo : INAH

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Un jour, invitée à faire une intervention poétique dans la grotte de Gargas, j’ai inventé sur place (et le lendemain écrit) que les peintures pariétales préhistoriques figuraient un ciel nocturne, avec son bestiaire, dans le noir des grottes. Une scientifique a essayé de démontrer que Lascaux représentait les constellations à telle période de l’année. Mais son livre ne fut pas convaincant, car la vérité du poète a lieu dans un tout autre univers. Celui de l’homme total, de l’univers total.

Aujourd’hui je lis ceci, à propos d’une grande découverte dans la cité pré-aztèque de Teotihuacan :

«Cette voie courait au niveau de la nappe phréatique parce que selon les mythes, l’inframonde a sa propre géographie métaphorique: ses rivières, ses montagnes, ses lacs et même son propre ciel», a expliqué le scientifique. Son équipe a relevé sur «les murs et les voûtes du tunnel une poudre d’un minéral métallique, fait d’hématite et de magnétite, ce qui révèle qu’on y entrait avec des torches et que tout s’illuminait comme un ciel d’étoiles scintillantes».