Amour, travail, contemplation : secrets de la joie et de la vie

Travaillant comme une reine. Levée tôt ce matin, conversation heureuse avec O rentrant radieux et mouillé de la banlieue par deux heures de marche à pied, puis écrit trois haïkus dans la pénombre, puis contemplé la beauté de mon Cosmos apparaissant avec le lever du jour, et plus tard, sous la couette, d’un jet, lâché plus de deux pages pour mon prochain roman. Projets, travaux en cours ou en préparation : au moins un essai, un recueil de poèmes, une fiction, et les peintures. Puis pour plus tard, l’ordre des Pèlerins d’Amour. Sans les tristes sires de la religion et de l’édition qui ne savent dire que « laisse-moi faire toutes ces mauvaises choses en cachette avec ton corps [moi, mon livre], ne dis rien à personne », qui ne savent dire ni bonjour (bien qu’ils fassent semblant) ni pardon ni s’il vous plaît ni merci. Voyage n’a pas besoin d’un éditeur, il en a un, moi. Certes pour le moment je n’ai pas les moyens de le diffuser, mais cela viendra, quand le ciel le voudra. Mieux vaut attendre et faire les choses proprement. Les Pèlerins suivront d’eux-mêmes, proprement aussi. Ce qui est vicié au départ ne fait que s’enfoncer dans le vicié, tant de mouvements et d’êtres le prouvent. Les Pèlerins d’Amour naîtront purs de moi, comme Voyage, comme tous mes livres, comme mes enfants, sans trafic sur la parole et le vivant, comme il est bon, très bon, dans l’ordre sain et saint des choses.

Cœurs purs

Il n’est qu’un bien, c’est d’être intègre, in-demne, non-damné. C’est pourquoi toutes les religions, d’une façon ou d’une autre, parlent de pureté. La pureté ne s’acquiert en aucun cas par la volonté, la pureté ne s’acquiert pas, la pureté nous est donnée. L’intégrité consiste à demeurer en elle qui nous est donnée, même dans un milieu impur, une situation impure. Ce qui n’est pas abîmé n’est pas damné. Un cœur pur fait le bien sans le vouloir, du simple fait d’être ce qu’il est. Un cœur pur est le cœur qui est donné à chacun. Un cœur brisé reste pur quand il ne laisse pas l’infection le gagner. Contre l’infection, ce ne sont pas des remèdes qu’il lui faut, c’est un retrait continu dans la pureté. Ce n’est pas difficile. Ce n’est pas un combat, ou bien c’est seulement un combat de défense contre les attaques de l’infection qui vient de l’extérieur. La victoire est absolument assurée. Ce n’est pas une victoire pour soi, mais pour toute l’humanité. Ce n’est pas une victoire acquise, c’est une victoire en marche, pour le monde qui a perdu sa pureté de cœur mais à qui il est possible de la rendre. Et c’est ce qui se passe, continûment, grâce aux cœurs purs. Sans quoi rien n’existerait.