Parole de Parole

Paolo Uccello

 

Aujourd’hui est la fête de Notre Dame de Fatima. Depuis quelques jours, je m’intéresse de près à cette révélation privée, qui dépasse en vérité le christianisme, tout en touchant l’Église au cœur. Je cherche quelque chose, voilà ce qu’est avancer, je cherche vivement et doucement, je cherche le sens sur ses chemins, c’est un exode, une extase, une promesse. Rien n’est fini, et tout vient à son heure.

Depuis vendredi je révise Forêt profonde, que nous allons bientôt publier en version numérique. Je l’ai allégé d’une centaine de pages, en coupant çà et là ce qui n’était pas indispensable. C’est un livre qui terrasse le lecteur, avait dit un critique – mais c’est le dragon en l’homme qu’il terrasse. Et après cette cure de minceur et de jeunesse, il sera plus terrassant encore. Comme fut terrassé saint Paul.

Ce matin une palombe bleue est venue par trois fois se poser au bord de ma fenêtre, en me regardant. Ensuite elle s’envolait, je regardais ses ailes se déployer dans la lumière, ses petits cris déchirant l’espace. Puis le ciel a parlé, avec une voix de basse. Plus tard j’ai marché dans la ville, bienheureuse dans le souffle léger du vent.

*

 

Royaume

 

Toutes les nuits je fais des rêves d’une splendeur indicible. Villes, paysages, êtres humains, ciels et eaux, nuits et jours, lumières, jaillissements, couleurs et mouvements inouïs, tout se révèle et monte à travers moi comme le temps, frayant son chemin à travers la lumière, frayant comme le poisson fraie après avoir remonté la rivière. Des rêves pleins de rencontres, avec des humains, avec de tout ce qui est vivant, avec de tout ce qui est, des rencontres substantielles, des face-à-face, des trajets souples, vifs et lents en même temps, des projections adorables, de l’être à l’être où même ce qui a lieu dans les couloirs sombres appartient à la paix, plus puissante que tout.

Le Royaume est proche, tout proche, plus proche de vous que votre veine jugulaire, à chaque instant, à chaque pas vous pouvez le saisir, l’insaisissable, sachant que vous ne l’aurez jamais, heureusement, heureusement, mais que, peut-être, vous y serez, vous y êtes.

 

Les larmes de Bernadette, et la source de Lourdes

cet après-midi au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes


(cliquer pour agrandir)

 

Je viens de regarder ce film, que je n’avais pas encore vu. Il est bien fait, même si ce n’est pas tout à fait ça. J’ai reçu ce vieux livre en cadeau il y a quelques jours, Notre Dame de Lourdes, Album du Pèlerin, par André Rebsomen. Toutes les nuits je reçois signe sur signe. Ils me réveillent, et puis je me rendors. Recevoir ce qui vient, réveiller le monde. Ce matin j’ai peint, avec du vert – vert d’eau et vert olive -, du bleu nuit – outremer clair et noir d’ivoire -, du blanc – blanc de titane -, du doré – or clair.

*

 

Bonne nouvelle

 

« Un marathon, mais c’est que j’ai une bonne nouvelle à apporter ! », a-t-il été écrit dans Voyage il y a quelques mois. L’une de mes dernières publications sur ma page facebook fut, ce dimanche, une image du marathon de Bethléem, avec des coureurs portant en banderole le portrait de Samer Issawi. Le lendemain  matin on apprenait qu’il avait conclu un accord avec Israël pour cesser sa grève de la faim, la plus longue de l’histoire, entamée en août dernier. Âgé de trente-trois ans, il était près de mourir, maintenant il pourra rentrer chez lui à Jérusalem la veille de Noël. Il a été arrêté (sans charges contre lui) pour son activité au mouvement laïque Front démocratique pour la libération de la Palestine, il est musulman, son prénom signifie « Veilleur de nuit » ou « Conversation agréable pendant la nuit », son deuxième prénom, Tariq, signifie La Voie, et son nom « de Jésus ».

Moi aussi j’ai une bonne nouvelle à vous apporter, une surprise se prépare, Voyage pourrait apparaître très très bientôt, oui vraiment il est proche, tout proche.

 

Lumière en Voyage

La beauté de Voyage fait mourir de joie. Je n’y suis pour rien, c’est la beauté de Dieu.

Le livre n’est plus comme il est sur ce site, sa forme a complètement changé et il est beaucoup plus complet , accompli. Je réfléchis à la façon dont je vais, selon la volonté de Dieu, le faire paraître au monde.

Le livre vous jette dans le cœur Lumière, je suis sa première lectrice, je peux vous renouveler la Promesse. Il n’abolit aucune religion, il les exalte. Le Pèlerin d’Amour, fidèle absolu de Dieu, n’est inféodé à aucune, et amoureux de toutes. Il est lui-même leur lien d’amour, et ainsi sera-t-il, par sa vie.

 

 

La source de la grâce infinie

 

Ma main juste sous ma clavicule, contre le grand pectoral, par un mouvement de vagues produit un chant. Un chant infime, qui rappelle très humblement celui d’un oiseau. Par un semblable mouvement il doit se former dans sa gorge, nous venons tous du même lieu, du même ordonnancement.

De même que Dieu a fait descendre le Coran, le Coran nous fait descendre au fond du puits en nous, où veille la source. « Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché ; Il est l’Omniscient. » (Coran 57,  3) « Je suis le Premier et je suis le Dernier, à part moi il n’y a pas de dieu » (Isaïe 43, 6). « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin » (Apocalypse 22, 13).

Le Coran est la grâce, le Christ est la grâce, l’Univers est la grâce : le Verbe de Dieu, reçu dans l’Esprit, tourne autour de la Source en nous comme la danse d’un soufi, le rituel des pèlerins, la valse des planètes et des astres. Et la Source toujours de nouveau flue dans son Verbe, et elle est Lui. « Car Dieu est le Maître de la grâce infinie » (Coran 57, 29)

*