« L’Un et le Tout », Goethe et la rue

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En écho à la note précédente, À la santé du Sapiens, cette dernière strophe (à la suite des images) du poème de Goethe L’un et le Tout, dans la traduction de Jean Tardieu, qui le présente ainsi : « le poème, de nature métaphysique, intitulé Eins und Alles (L’Un et le Tout) où l’on perçoit comme un écho lointain, une vision prémonitoire de la pensée moderne, issue, peut-être en partie, des audacieuses conceptions théologiques de Giordano Bruno, lorsqu’il suppose que la Création et ses créatures seraient condamnées au néant si elles n’étaient vouées à un acte éternel, à un changement perpétuel, mariage sacré de l’Unité et de la Totalité. »

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Photos Alina Reyes, hier après-midi à Paris 13e

 

la rue 1

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Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

Johann Wolfgang Goethe, traduit par Jean Tardieu

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Quartier des Grands Moulins et des Frigos, en 60 photos

Comme je devais passer la journée à l’université Paris 7 Diderot, j’ai profité de la pause déjeuner pour photographier l’architecture et le street art du quartier, que j’aime beaucoup en semaine, vivant et moderne. Les Grands Moulins abritent la fac, les Frigos un site d’artistes, tout près la BnF, et au bord coule la Seine, entre ses quais affairés.

quartier grands moulins et frigo 1vue depuis la salle où se tenait la journée d’étude

et dans le quartier :

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quartier grands moulins et frigo 21Je me suis assise et j’ai mangé mon pain et mon fromage avec les autres étudiants qui prenaient leur sandwich sur cette aire agréablement aménagée devant la fac, puis j’ai continué la promenade en allant d’abord voir la Seine

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quartier grands moulins et frigo 25l’un des portraits exposésquartier grands moulins et frigo 26

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Et voici les Frigos

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et la balade continue

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les Grands Moulins, vus de deux endroits différents

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aujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Flamant rose et autres choses vues dans la rue

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Je trouve de la poésie partout. « Ultima latet », dit le cadran à la Salpêtrière : « la dernière (heure) est cachée ». Mais si elle est cachée, c’est en pleine lumière, il suffit de regarder.

« La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment »

Gérard de Nerval

vu dans la rue 2 impasse du marché aux chevaux

vu dans la rue 3 space invader

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vu dans la rue 28 ultima latet

vu dans la rue 29 fontaine wallaceaujourd’hui à Paris 13e (les grandes fresques sont boulevard Vincent Auriol, j’en ai photographié d’autres ici) et 5e, photos Alina Reyes

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Images et autoportraits du jour

Il fait chaud et Paris est à moitié désert, comme en été.

La paix règne sur la ville avec la lumière.

La nuit dernière avant de descendre dans le métro j’ai vu une étoile dans le ciel. En remontant du métro, elle avait fait le trajet aussi, elle était toujours là.

J’ai coupé mes cheveux il y a quelques jours pour reprendre mon ancienne coiffure, du moins ma frange. En me promenant tout à l’heure dans les rues, parmi d’autres images j’ai fait trois autoportraits pour fêter la frange retrouvée :)

 

street art leon

autoportrait

autoportrait aux petits bateaux

street ar mine collante

autoportrait à la frange revenue

street art lézarts de la bièvreaujourd’hui à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

Marcher à Paris l’après-midi, « pas dormir » le soir à Bobigny

Il y a toujours dans une ville, un quartier, des endroits où l’on n’est pas allé depuis un certain temps, et où il se trouve de nouvelles choses à voir. La ville comme la nature change continuellement, même si les changements sont moins puissants en ville. Je prends des photos de graffs, de tags, d’endroits, comme à la montagne je cueille baies et champignons, comme sur la plage je ramasse petits galets, coquillages, bois flottés… Le monde est en perpétuel don. Et le spectacle de danse auquel j’étais conviée ce soir à Bobigny était aussi grâce et don, don des artistes au public, aux gens, si fort qu’il arrache à soi qui le reçoit. « Nicht Schlafen », « pas dormir », par les ballets C de la B d’Alain Platel offre un moment extraordinairement intense, beau, poignant, époustouflant de perfection plastique et de profondeur humaine, comme si le monde entier s’était concentré en une heure quarante sur cette scène avec neuf danseurs autour de trois cadavres de chevaux, laissant pressentir le danger d’une violence éclatant d’entrée, faisant voir la folie humaine ordinaire et aussi les liens et les moments autres, familiers ou étranges, étranges comme ce qu’il reste encore à connaître.

après cet après-midi à Paris…

street art levallet

street art involontaire

street art noonie noonie noonie

street art noonie

street art love

street art feuilles et vélos

street art nues

street art pizza hope

street art poissons

street art gg

street art love et velo

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ce soir à Bobigny, juste avant le début du spectacle :

bobigny

bobigny eluard

bobigny mc93 platelphotos Alina Reyes

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Umberto Eco et le « nom de plume » Nerval

street art 5e

Dans ses Six Promenades dans les bois du roman et d’ailleurs, conférences conçues pour les Norton Lectures de Harvard (éd Grasset 1996), Umberto Eco se réfère souvent à Sylvie de Gérard de Nerval, « l’un des livres les plus beaux qui aient jamais été écrits » (je suis bien d’accord avec lui là-dessus, depuis la lecture émerveillée que j’en fis, jeune adolescente, ainsi que d’Aurélia). Voici quelques lignes de ce qu’il dit à propos de « l’Auteur et sa Voix ».

« Dans Sylvie, nous sommes confrontés à trois entités. La première est un homme, né en 1808 et mort (par suicide) en 1855, qui, d’ailleurs, ne s’appelait pas Gérard de Nerval mais Gérard Labrunie. Des tas de gens, le Guide Michelin de Paris en main, partent encore à la recherche de la rue de la Vieille Lanterne où il s’est pendu ; certains d’entre eux n’ont jamais compris la beauté de Sylvie.

La deuxième entité est le « je » du récit. Ce personnage n’est pas Gérard Labrunie. Nous savons de lui ce que nous en dit l’histoire, et à la fin, il ne se tue pas. Plus mélancoliquement, il réfléchit : « Les illusions tombent l’une après l’autre, comme les écorces d’un fruit, et le fruit, c’est l’expérience. »

street art wake up(…) Enfin, la troisième entité, en général difficile à discerner, est (…) cette « voix » anonyme qui commence le récit par « Je sortais d’un théâtre » (…) on peut même aller jusqu’à donner un nom à cette voix, un nom de plume. Si vous le permettez, j’en sais un, très beau : Nerval. (…) Nerval n’est pas un Il tout comme  George Eliot n’est pas une Elle (seule Mary Ann Evans l’était). Nerval serait en allemand un Es, en anglais il pourrait être un It (malheureusement, les grammaire française et italienne nous obligent à lui assigner un sexe à tout prix).

Nous pouvons affirmer que ce Nerval, qui au début de la lecture n’est pas encore là, sinon sous forme de traces pâles, ne sera, lorsque nous l’aurons identifié, rien d’autre que ce que les théories des arts et de la littérature appellent « style ». Bien entendu, à la fin, l’auteur modèle sera également reconnaissable en tant que style, un style tellement évident, clair, incomparable, que nous comprendrons enfin que c’est la Voix de Sylvie qui commence Aurélia par « Le Rêve est une seconde vie. »

street art 5e et camionaujourd’hui à Paris 5e, entre deux giboulées et avant l’orage, photos Alina Reyes

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Heureuse

personnages-mindans les rues du 5ème… Kam Laurene, Nemo…

nemo-min

candide-min

mosaique-min

mechanism-minau Centre culturel irlandais, exposition Mechanism d’Andrew Kearney (accès libre)

institut culturel irlandais-min

simone weil-minSimone Weil affichée sur un mur et la boutique d’un couturier

couturier-min au jardin alpin du jardin des Plantes, une mésange charbonnière, une palombe bleue, une poule d’eau…mesange charbonniere-min

palombe-min

jardin alpin-min

poule d'eau-min et dépassant d’un jardin de la mosquée, un olivierolivier-minaujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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