Feu de l’esprit, yoga des planètes et autres beautés du sanskrit (suite)

Le Diadumène "Celui qui se ceint du bandeau de la victoire") du sculpteur Polyclète (Ve siècle av. J.-C.)

 

"Gandhi dans les fluctuations quantiques du vide", l'un de mes anciens dessins

« Gandhi dans les fluctuations quantiques du vide », l’un de mes anciens dessins

Hier matin après m’avoir pris la tension et auscultée, elle a donc dit : « tout est parfait ». Hier soir en continuant à étudier un peu le sanskrit, j’ai appris que sanskrit signifie « parfait ». Langue « parfaite ». Comme j’avais justement comparé mon corps (la médecin ayant ajouté le mot « superbe ») à cette langue, cela m’a vivement touchée. Il y a une vie de la Langue que les non-connaissants ignorent, tout comme la plupart d’entre nous ignorons la vie des mathématiques. (Je mets une majuscule à Langue pour signifier non telle ou telle langue mais l’ensemble des langues et du processus langagier, même non humain). Et le niveau supérieur de cette connaissance est atteint quand cette vie de la Langue épouse non seulement la vie du locuteur (ce qui arrive à tous les vrais écrivains) mais aussi la vie de son corps (ce qui arrive à tous les vrais spirituels).

Le Diadumène "Celui qui se ceint du bandeau de la victoire") du sculpteur Polyclète (Ve siècle av. J.-C.)

Le Diadumène (« Celui qui se ceint du bandeau de la victoire ») du sculpteur Polyclète (Ve siècle av. J.-C.)

Aussitôt mon corps s’est mis à chauffer. J’ai déjà parlé de ce phénomène. Les Indiens qui ont inventé, c’est-à-dire découvert, la kundalini, n’étaient pas des intellectuels échafaudeurs d’hypothèses et de concepts désincarnés. Ils parlaient d’expérience. Une grande puissance spirituelle s’élève quand elle s’élève depuis la racine, où se trouve le sexe. Personnellement, c’est parce que j’ai étudié et vécu, avec mon corps et avec mon cerveau, l’éros à fond, que je connais l’Esprit. On a souri, en Occidentaux ignares, de l’expérience faite par Gandhi, vieux, de dormir une nuit à côté de jeunes femmes pour vérifier que son désir était maîtrisé. Mais c’est un exercice commun chez les ascètes indiens, le vocabulaire sanskrit en porte témoignage. Pour ce que j’en vis, il ne s’agit pas de nier le désir sexuel, mais loin d’en être apeuré, esclave ou obsédé, de s’y garder pur vivant. Les Grecs anciens faisaient à leurs sculptures des organes génitaux petits, non pour nier le sexe, qu’ils exposaient tranquillement, mais parce que pour eux c’est l’ensemble du corps qui était érotisé, et non pas seulement les organes génitaux. Inventeurs de la gymnastique, mot qui signifie exercice de la nudité, ils n’étaient en fait pas éloignés des yogis indiens au corps complètement assumé comme instrument d’élévation spirituelle.

Je ne me tiens pas à chaque instant dans cet état de feu qui surgit souvent par lui-même, mais je peux aussi l’atteindre à volonté : il me suffit de m’exposer, creuset de braises, au souffle de l’esprit, pour que la flamme en monte. Que ce soit par la contemplation, la lecture, la méditation, l’écriture, la marche, parfois l’art ou la science – et alors ma pensée, la pensée à travers moi, va aussi vite que la lumière, la vision embrasse tout, la puissance est absolue, quoique maîtrisée car même s’il n’y a plus de mesure, il faut tenir les mesures.

Voici quelques nouvelles beautés trouvées dans le dictionnaire de sanskrit-français :

Faire l’amour se dit en sanskrit : « étendre la jouissance » ou « s’étendre dans la jouissance », ou encore « illuminer la jouissance » (le verbe « étendre » signifiant en second lieu « illuminer ») [Et je songe que le yoga est une discipline d’extensions du corps, tout particulièrement de la colonne vertébrale]

Le mot qui signifie « absence de dette » ou « acquittement d’une dette » signifie aussi « assouvissement d’un désir à cœur joie ».

Il y a un mot signifiant « joie » qui signifie aussi « parfum ».

Un mot qui signifie « extension » signifie aussi « progéniture » et « espoir ».

Ayuryoga signifie « conjonction de planètes », autrement dit yoga des planètes.

Un mot qui signifie « de la forêt, sauvage », signifie aussi « ermite », et désigne certains livres qui sont « à lire en secret dans la solitude de la forêt ».

Le mot alaya signifie « maison, demeure, asile, temple, réceptacle ; alayavijnana signifie « connaissance du soi » (vijnana signifiant connaissance, et le soi étant donc la maison réelle).

Un même mot signifie « écriture, peinture, portrait » et « dessin » (l’un des 64 arts).

Le verbe signifiant s’asseoir, qui a donné asana, « posture de yoga », signifie aussi « être en train de » et « aboutir à ».

Il y a un verbe qui signifie : « fréquenter ; habiter ; servir, honorer ; prendre le parti de |apprécier ; aimer ; jouir de ; pratiquer, s’adonner à (not. sexe) ».

Il y a un mot qui signifie : « qui se boit ; fluide comestible ; nourriture ; réconfort, plaisir | eau ; lait ; parole |la Terre »

Un mot qui signifie « bateau, barque, radeau », signifie aussi « la Lune ».

Citation du Rig Veda : « La Terre est soutenue par la vérité ».

Citation du Harshacharita : « Les poètes ordinaires sont innombrables, pareils à des chiens aboyant de maison en maison, alors que les créatifs sont aussi rares que le griffon – avec ses pattes sur le dos. »

*

Pour mes autres notes sur cette langue, suivre le mot-clé sanskrit.

De Chambord à la kundalini, feu spirituel de la féminité

kundalini,

 

kundaliniLe « pivot immatériel » dont j’ai parlé à propos de Chambord – axe autour duquel s’enroule l’escalier à double révolution du château, et qui fait tourner le monde, me rappelle le concept de la kundalini : au yoga, l’énergie qui s’enroule en double révolution du périnée au sommet de la tête, de chakra en chakra comme de marche en marche. Mircea Eliade écrit dans Le yoga, Immortalité et liberté : « D’après le symbolisme bouddhique, le Bouddha ne pouvait pas tourner la tête, mais était obligé de tourner son corps entier « à la manière de l’éléphant » : sa colonne vertébrale était fixe, immobile, tel l’axe de l’Univers ». On pourrait dire que le yoga est une discipline qui oblige à tourner son corps entier – ce qui comprend évidemment de nombreuses torsions de la colonne vertébrale, par ailleurs très renforcée – autour de son axe invisible : son énergie, sa kundalini, qu’il s’agit de faire monter (depuis le périnée où elle est lovée) afin de parvenir à l’éveil spirituel, à la réalisation du Soi. La kundalini, dite aussi shakti, dont elle est une forme, est une énergie cosmique et féminine. L’analogie entre le corps humain et le cosmos, que nous évoquions à propos de l’homme de Vitruve et du plan de Chambord, est aussi active dans le yoga. « On « réalise » l’anthropocosmos, écrit Mircea Eliade, par une méditation yogique (…) Le Hathayoga et le Tantra transsubstantient le corps en lui créant des dimensions macranthropiques et en l’assimilant aux divers « corps mystiques » (sonores, architectoniques, iconographiques, etc. (…) À la suite de l’expérience yogique, le « corps physique » se « dilate », se « cosmise », se transsubstantie. Les « veines » et les « centres » dont parlent les textes se réfèrent en premier lieu à des états réalisables exclusivement par une amplification extraordinaire de la « sensation du corps ». »

kundalini,J’ai parlé il y a quelques jours du feu de l’esprit, tel que je le vivais et l’avais vécu. En langage yogique, on dirait montée de la kundalini. Je cite encore Eliade évoquant le Bouddha – mais je rappelle que le yoga n’appartient ni au bouddhisme ni à l’hindouïsme, qu’il est une discipline indépendante qui peut servir des humains de toutes religions ou sans religion. « Le Bouddha est « brûlant » parce qu’il pratique l’ascèse, le tapas (…) La « chaleur intérieure » est accompagnée, dans les exercices yogico-tantriques, par des phénomènes lumineux. D’autre part, des expériences mystiques lumineuses sont attestées dès les Upanisad où la « lumière intérieure » (antar jyotih) définit l’essence même de l’âtman (Brhad.Up., I, 3, 28) ; dans certaines techniques bouddhiques de méditation la lumière mystique de couleurs diverses indique le succès de l’opération. Nous n’insisterons pas sur la place immense tenue par la lumière intérieure dans les mystiques et les théologies chrétiennes et islamiques. »

Le yoga kundalini, qui vise spécialement à éveiller la kundalini (mais tout yoga bien compris doit pouvoir le faire aussi – la preuve, le « feu » me prend après quelques semaines de hatha yoga) utilise peu de postures mais obtient l’ouverture du corps et de l’esprit par la tenue longue ou la répétition rapide de ces postures, les respirations (spécialement la « respiration du feu »), la récitation et le chant de mantras (technique que Mircea Eliade rapproche du dikhr des soufis, sans doute inspiré de la pratique des mantras). Voici trois séances de yoga kundalini, avec disciples femmes et hommes, guidées par des déesses – ma prof de kundalini était aussi une déesse. Incarnant une énergie féminine loin des vieux, trop vieux archétypes de la mère ou de l’objet sexuel, loin de la relégation des femmes, dans le clergé catholique, aux tâches ménagères et à la soumission, loin de l’apartheid des femmes à la mosquée.

 

*

Chambord. 1) Le roi à la salamandre et la dame à la licorne

Salamandre azay le rideau-min

chambord 10-minChambord compte plus de trois cents représentations de salamandres. Photo Alina Reyes

*

François 1er a bâti le château de Chambord sur l’emplacement d’un ancien château médiéval. Son ambition d’homme, de guerrier et de souverain nourri d’idées chevaleresques n’était pas d’effacer les valeurs du Moyen Âge, comme on crut que ce fut celle de la Renaissance, mais de les exalter. Plutôt que d’une renaissance, il s’agit d’une revivification, que symbolisent d’ailleurs l’emblème et la devise du jeune roi : la salamandre et son inscription latine nutrisco et extingo, « je nourris et j’éteins » (selon la tradition, la salamandre se nourrit de feu et a le pouvoir de l’éteindre).

Liée au feu qu’elle peut nourrir et qu’elle peut éteindre, ou dont elle peut se nourrir, ou par lequel elle peut nourrir ou éteindre, la salamandre pourrait aussi bien afficher, selon mon sens : libido, « désir ». Le désir nourrit et éteint le feu, selon qu’il est bon ou mauvais, régénérateur ou destructeur. Pour ce roi chrétien, le feu est tantôt feu du Saint Esprit, tantôt feu de l’Enfer, feu de la foi ou feu de l’impiété. La salamandre est aussi un symbole du Christ venu porter le feu sur la terre et trancher entre le bien et le mal. Sur le portail du Jugement de Notre-Dame de Paris, la pureté est représentée, sous les statues des apôtres, par une salamandre – donnant à penser sur la symbolique de purification possiblement portée par le récent incendie de la cathédrale.

Si François 1er est salamandre, il a donc pouvoir de nourrir ou d’éteindre les feux de toute sorte en son royaume.

Le Roi à la salamandre est à son seul désir savant comme sa contemporaine la Dame à la licorne. Ces deux animaux fantasmatiques, la licorne, animal phallique, et la salamandre, animal chthonien, ne représentent-ils pas aussi, l’un pour la femme et l’autre pour l’homme, à la fois leur désir et son objet ? La Dame se tient dans l’ouverture de sa tente aux quelque 80 flammèches, le Roi expose la queue enroulée en 8 ouvert de son animal (les salamandres sont réputées pouvoir faire repousser leur queue quand elles la perdent, ce qui contribue à en faire un symbole de régénérescence – n’est-ce pas aussi, dans l’inconscient, une image de la capacité d’une nouvelle érection après la détumescence du pénis ?). En cette période que des historiens d’aujourd’hui préfèrent nommer « seuil de la modernité » plutôt que Renaissance, François 1er s’est employé à ériger un seuil de l’infini : le château de Chambord. Nous verrons comment une prochaine fois.

En attendant, je recommande le visionnage du documentaire d’Arte L’énigme de Chambord. Mes images de ce château sont ici, et mes textes sur la Dame à la licorne .

*

Sur les mosquées mixtes et la prosternation

Group-Yoga-Class-in-Studio
Hier boulevard Auguste Blanqui à Paris, photo Alina Reyes

Hier boulevard Auguste Blanqui à Paris, photo Alina Reyes

*

L’argument de ceux et celles qui sont favorables à une séparation des hommes et des femmes pendant la prière à la mosquée est qu’il y a quelque impudeur, ou quelque indécence, voire quelque manque d’élégance, à ce que les hommes puissent voir le derrière des femmes quand elles se prosternent. Argument ridicule. Quand on se prosterne, on a le front contre le sol, on ne voit rien. Ou bien c’est qu’on relève la tête par indiscrétion. Dans un cours de yoga – les cours sont mixtes bien qu’à l’origine le yoga fût réservé aux hommes et il s’y trouve des personnes de diverses corpulences – on se prosterne et l’on montre ses fessiers dans différentes postures maintes fois, et cela ne pose de problème à personne, on n’y pense même pas une seconde. Tout simplement parce qu’on n’est pas là pour regarder le cul des autres.

La majorité des fidèles viennent à la mosquée paisiblement, pour rencontrer Dieu et partager entre humains. Mais certains et certaines semblent y venir moins pour prier que pour essayer de séduire. Certaines jeunes femmes dûment voilées y viennent ultra-apprêtées et maquillées, certains hommes y ont les regards coulissants. D’autres, des deux sexes, ont tellement peur de la possibilité de séduire qu’ils et elles se composent des figures fermées, hostiles. Le voilà, le problème. Il ne se réglera pas en refusant la mixité, mais en changeant les mentalités. Des hommes et des femmes obsédés par l’interdit (que leur désir soit de le respecter ou de le transgresser, il est tout aussi aliénant) ne feront jamais des personnes spirituellement accomplies, ni en islam ni ailleurs – le problème n’est pas seulement celui de l’islam, il est universel.

Deux jeunes femmes imames travaillent à rendre à l’islam le bon sens. J’irai voir comment ça se passe, inch’Allah. En attendant, je leur souhaite la meilleure continuation.

*

23 septembre 2019 : finalement, voici ce qu’il en est.

*

Pensées ailées, et esprit zen avec Shunryu Suzuki

jardin des plantes 6-min

jardin des plantes 1-min

Le yoga a transformé ta vie, ton mental et ton corps (en « corps de rêve »), me dit O ce matin. C’est vrai. Mental enraciné et corps ailé font voyager sans encombres la vie. Ce mental, ce corps, cette vie se sont transformés en ce qu’ils étaient déjà et en quoi il faut toujours que de nouveau ils se retransforment, pour ne pas s’abîmer. Les méthodes sont variables, mais seules sont valables celles qui engagent à la fois le mental, le corps et la vie.

 

jardin des plantes 2-min

 

Enseignante est mon premier métier – j’avais dix ou onze ans, j’ai été embauchée pour enseigner l’orthographe à un enfant, jour après jour. Qui veut enseigner doit constamment se renseigner. Ici j’enseigne ce que je sais à qui veut l’apprendre (je sais que comme en classe il y en a qui s’agitent ou qui dorment, peu importe), comme j’apprends d’autres enseignants, humains ou autres. Au jardin, j’ai contemplé les animaux et les végétaux, et j’ai encore lu Esprit zen esprit neuf, de Shunryu Suzuki, dont voici quelques autres passages :

 

jardin des plantes 3-min

p. 86-87 : « Quand nous sommes assis en zazen, nous reprenons notre activité fondamentale de création. On peut dire qu’il y a trois formes de création. La première, c’est être conscient de nous-mêmes après zazen. Quand nous sommes assis en zazen, nous ne sommes rien, nous ne nous rendons même pas compte que nous existons ; nous sommes simplement assis en zazen. Mais quand nous nous levons, nous sommes là ! C’est la première étape de la création. Quand vous êtes là, tout le reste est là ; tout est créé instantanément. Lorsque nous émergeons de rien, lorsque tout émerge de rien, tout nous apparaît comme une création neuve. C’est le non-attachement. La seconde forme de création a lieu quand vous agissez, ou quand vous produisez ou préparez par exemple de la nourriture, du thé. La troisième forme est la création de quelque chose en vous-même, comme l’éducation, l’art, ou un système pour notre société. Il y a donc trois formes de création. Mais si vous oubliez la première, la plus importante, les deux autres seront pareilles à des enfants qui ont perdu leurs parents : leur création n’aura aucun sens. »

 

jardin des plantes 4-min

p. 110 : « Nous devrions toujours vivre dans la vacuité du ciel obscur. Le ciel est toujours le ciel. Même si viennent nuages et foudre, le ciel n’en est pas gêné. Même si vient l’éclair de l’illumination, notre pratique l’oublie complètement. Elle est alors prête pour une autre illumination. Il nous est nécessaire d’avoir des illuminations les unes après les autres, et, si possible, d’instant en instant. C’est ce qu’on appelle illumination avant de l’avoir et après. »

p. 150 : « Dogen-zenji dit : « Même à minuit, l’aube est là ; même à l’aube naissante, c’est la nuit. » »

p. 154 : « Quand vous faites zazen, (…) quelle que soit votre activité, la vie devient un art. »

p. 180 (dernière page) : « Nous devons avoir l’esprit neuf d’un débutant, affranchi de toute possession, un esprit qui sait que tout est en changement continuel. Rien n’existe si ce n’est dans sa forme et sa couleur actuelles. Une chose coule en une autre sans pouvoir être saisie. Avant la fin de la pluie, nous entendons un chant d’oiseau. »

 

jardin des plantes 5-minAujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

*

Ikkyû, la saveur du zen

zen

zenCe samedi soir, dans la paix de l’appartement, j’ai lu et médité, émerveillée, les textes du moine-poète Ikkyû (1394-1481) et d’autres cités par lui, rassemblés dans ce recueil, La saveur du Zen, traduits du japonais et présentés par Maryse et Masumi Shibata (Albin Michel, 1988). Plutôt que de gloser sur eux, je donne ceux que j’ai recopiés dans mon cahier au fur et à mesure de ma lecture, afin que chacune et chacun puisse les goûter librement. (J’ajoute seulement, concernant la théorie de la réincarnation, qu’elle est immédiatement utile si l’on considère que chacun de nous a une succession de plusieurs existences dans sa vie, au cours desquelles il est possible d’évoluer ou de stagner ou de devenir plus bas). Le livre comprend aussi des textes sur la cérémonie et la philosophie du thé, que je ne cite pas ici – à vous d’aller voir !

de Musô, p. 22 :

Ce monde est un rêve.
J’y suis né comme en rêve
Et j’en disparaîtrai telle la rosée.
Quelle tranquillité j’y trouve !

de la mère d’Ikkyû, p. 24 :

La lune est tantôt visible tantôt cachée
Dans l’écoulement du temps.
Mais elle est limpide et invariable.
Qui connaît sa couleur véritable ?

Du précepteur Jichin, p. 25 :

Je fauche des broussailles
Et je les lie.
Alors un ermitage est construit.
Si je les délie,
La plaine est comme auparavant.

de Wou-men, p. 32 :

On ne peut ni dessiner ni peindre le Visage originel.
Vous n’y parviendrez, à le louer.
Cessez de L’accepter au moyen des sens !
Il n’y a de place pour contenir le Visage originel.
Même au moment de la destruction de l’univers
Il ne pourrit pas.

d’Ikkyû, p. 36 :

« Parlez-moi du moment où une voile n’est pas encore hissée. »
(Note : le Moment = avant l’apparition des phénomènes.)
Un Éveillé répondit : « Un petit poisson avale un grand poisson.
– Après l’avoir hissée comment ?
– Un grand poisson avale un petit poisson. »

p. 37 :

« La Non-Essence Originelle a une Forme Noire. »

p. 38 :

Les êtres vivants égarés ne peuvent trancher ni la forme ni l’esprit. Même s’ils parviennent à les trancher, étant donné que leurs sabres sont émoussés, ils ne peuvent les trancher net, alors que Manjusri (symbole de la Sapience) les trancha d’un seul coup de son sabre effilé.

p. 39 :

Le vieillard (…) demanda enfin : « Un yogin bien avancé en exercice tomberait-il aussi dans la causalité ? » Le Maître dit : « Il n’obscurcirait pas la causalité. » Sur ce mot, le vieillard réalisa le Grand Éveil et, en s’inclinant, il dit : « Je viens d’échapper à la vie du renard et j’habiterai derrière cette montagne. »

p. 40 :

Ne pas tomber, ne pas obscurcir.
Deux marques, mais un même dé.
Ne pas obscurcir, ne pas tomber.
Mille erreurs, dix mille erreurs.

p. 41 :

Vous avez des expériences de causalité dans votre vie et il n’y a pas de vérité plus profonde que celle-là.
(…)
Lorsqu’on est égaré, on essaie d’éteindre un feu avec du feu, d’écrire des lettres sur l’eau avec de l’eau, de remplir l’océan avec du sable et d’entourer une montagne avec de la terre. À cause de ces sottises les gens (…) manquent à leurs obligations, ils deviennent de plus en plus aveugles et ils veulent mesurer le ciel infiniment vaste avec leur petit point de vue limité. Ainsi, ils ne seront jamais sauvés non seulement dans cette vie mais même au cours de vies prochaines.

Par ses traducteurs, en commentaire d’un poème d’Ikkyû, p. 183 :

[Ikkyû accuse les moines du temple Daïtoku-ji de sectarisme et il s’encourage à la recherche de la Voie risquant la mort. Voici une maxime du Zen :

Un tigre feule.
Vent violent.

Ou bien : « Le tigre féroce ne mange pas la viande pourrie. »]

d’Ikkyû, p. 206 :

Le bambou sert à fabriquer le pinceau.
Aujourd’hui je répare la haie avec ce bambou.
Voilà, manœuvre élégante pour moi, poète.
Ce pauvre ermitage est un bureau d’édition.
Cet après-midi je ferai prendre l’air aux livres.
En m’allongeant en paix,
J’exposerai mon ventre au soleil.
Bruit de la pluie et brise fine,
Ce sont aussi des œuvres littéraires.

Sadhguru, faux gourou ?

sadhguru

Yogi-Sadhguru*

Ses adeptes trouvent sans doute qu’il a un regard lumineux, mais je dois dire que j’ai vu le même à bien des dragueurs dans la rue. Dans le cadre de mon étude du yoga, j’ai lu La transformation intérieure de Sadghuru, présenté comme « un grand maître yogi ». Fondateur d’une organisation à but non lucratif qui fait travailler 9 millions de bénévoles dans le monde (cours de yoga, écoles), il est un gourou star dans son domaine, et je l’ai également écouté sur sa chaîne youtube déverser son enseignement devant des parterres muets. Tout n’y était pas inintéressant, et j’espérais trouver plus approfondi dans son livre.

Mais ce qui m’est apparu le plus flagrant, tant à l’écouter qu’à le lire, c’est son égocentrisme. Drôle de qualité pour un maître spirituel. Sa façon de raconter complaisamment ses exploits d’enfant, de jeune homme, d’homme mûr, finit par engloutir les éléments de sagesse de son discours. D’autant que si certains de ces exploits paraissent crédibles, notamment concernant son agilité dans sa jeunesse, d’autres sont manifestement aussi enflés que, par exemple, les malheurs de Moix par Moix. Le fait qu’il aurait passé sa vie en ne dormant que deux heures et demie par nuit. Sa présentation à la caméra d’un repas plus minuscule que celui d’une top-model comme son ascétique déjeuner ordinaire, alors qu’il est ventripotent. Son évocation du moment où il se fit recoudre une blessure par un médecin sans anesthésie et sans manifester de signe de souffrance alors que, dit-il, la douleur était insupportable – puéril ami, sache qu’il arrive à bien des gens, et pas seulement à toi, de s’être fait recoudre sans anesthésie, c’est arrivé à des proches, ça m’est arrivé plusieurs fois, et en restant pareillement stoïque : d’une part, il y a bien pire douleur, d’autre part les gens sont loin d’être tous des petites choses douillettes. Passons sur le fait, vu sur une vidéo, que voulant montrer ses qualités de yogi, il s’avère toujours très bien lever la jambe mais ne plus pouvoir toucher ses pieds avec ses doigts, jambes tendues – soit perte de souplesse, soit embarras du ventre proéminent, il y a vraisemblablement longtemps qu’il a laissé tomber le côté physique du yoga. Dans son livre, il dit qu’une fois où il était malade, « des médecins déconcertés des quatre coins du monde » lui ont diagnostiqué toutes sortes de maladies plus terribles les unes que les autres, « dont la malaria, la dengue, la typhoïde et même le cancer » (mythomanie quand tu tiens les gourous !), et qu’il a guéri de tout cela en une heure lors d’un pèlerinage vers le mont Kailash, lieu sacré du Tibet, en captant « un brin d’énergie de la montagne ». Par ailleurs il se présente comme un mystique surpuissant, ayant consacré des lieux qui gardent à jamais la puissance extraordinaire qu’il leur a conférée, et ajoutant : « Si l’on m’en donnait la possibilité et que l’on me soutenait dans ma démarche, j’aimerais consacrer la planète entière ! C’est en effet une activité dans laquelle j’excelle : changer l’air ambiant en un très puissant espace vibratoire, transformer un morceau de métal ou une pierre en réverbération divine. »

Malheureusement il ne sait pas du tout transformer la parole en réverbération divine. Son discours ne dépasse pas le convenu et ses paraboles sont plates. L’une d’elles pourtant pourrait peut-être parler de lui : celle du vieil homme pêchant une grenouille qui lui déclare pouvoir être changée en belle jeune fille par un baiser ; sa sagesse consiste à choisir de l’emporter plutôt telle quelle, car une grenouille qui parle, ça va lui rapporter. Sans aller jusqu’à le qualifier de grenouille qui parle, il y a de ça.

Je m’en vais rendre son livre à la bibliothèque. Mauvais choix, mais il faut bien se renseigner. Je réinvite vivement celles et ceux qui s’intéressent au yoga à lire la splendide Bhagavad-Gita (ici des extraits en plusieurs notes).

*

Le Yoga, musique et écriture du corps. Avec la Bhagavad-Gita, Marilyn Monroe et Yehudi Menuhin

marilyn-monroe-yoga

marilyn-monroe-yoga-1948Photos de Marilyn Monroe yogini, prenant des cours de Yoga avec Indra Devi, en 1948

*

Terminons notre lecture de la Bhagavad Gita avec ce passage du Chant XV, « L’Être ultime » :

« Il est en ce lieu où l’on entre
Mais d’où jamais l’on ne revient.
Sans illusion ni arrogance,
L’esprit concentré sur le Soi,

Serein, sans désir désormais,
Affranchi des joies et des peines,
Du plaisir et de la douleur,
Le sage atteint l’éternité. »

*

Yehudi Menuhin, fantastique violoniste, était aussi un yogi. Il disait :

« La pratique du yoga développe un sens fondamental de la mesure et des proportions. Elle nous ramène à notre propre corps, notre premier instrument, et nous apprenons à en jouer, à en tirer le maximum de résonance et d’harmonie. »

*

Pour moi, le Yoga est aussi une écriture du corps, chaque posture étant une lettre que le corps trace et l’enchaînement des postures, modulable à l’infini, des phrases que le corps écrit.

tableau-des-postures-de-yoga

*

Les tout derniers mots de la Bhagavad-Gita sont dits par le témoin de ce splendide dialogue entre Krishna et Arjuna :

« Où Krishna, Seigneur du Yoga,
Et Arjuna, l’archer, se tiennent,
Se tiennent splendeur, abondance,
Gloire et vertu spirituelle.
« 

*

La posture de l’Arc est l’une de celles que je préfère faire :

arc

ainsi que celle du Danseur :

?????????… et d’autres, et toutes !

J’écris.

*

« Le Champ et son connaisseur ». Méditation

"Méditation", acrylique sur toile 30x30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son "Philosophe en méditation"

mosaique-min

Hier à Paris 5e, à la mosquée et tout près, photos Alina Reyes

Hier à Paris 5e, à la mosquée et tout près, photos Alina Reyes

*

Dans notre lecture de la Bhagavad-Gita, nous arrivons aujourd’hui au Chant XIII, « Le Champ et son connaisseur ». Voici un passage du discours de Krishna, le « Seigneur Bienheureux », continuant à livrer son enseignement à Arjuna :

« Surtout, faire preuve envers moi
D’une inflexible dévotion,
D’un amour de la solitude,
Rejeter les choses mondaines,

Chercher à connaître le Soi,
Comprendre la fin du savoir,
Voici ce qu’est la connaissance ;
Tout le reste n’est qu’ignorance.

Apprends l’essence du savoir
Qui mène à l’immortalité :
C’est la Réalité suprême,
Qui est et n’est pas à la fois.

Partout sont ses pieds et ses mains,
Partout ses yeux, têtes, oreilles
Partout ses bouches ; elle habite
Ce monde, et contient toutes choses.

Elle ne possède aucun sens
Mais brille à travers eux ; soutient
Tout, bien qu’elle en soit détachée ;
Goûte aux gunas, mais les transcende ;

Extérieure, et pourtant en nous,
Immobile, toujours mouvante,
Subtile au point d’être impensable,
Lointaine, et cependant si proche,

Indivisible, mais semblant
Divisée en milliers de corps,
C’est ce qui nourrit tous les êtres,
Ce qui les broie, ce qui les crée.

C’est la lumière des lumières
Par-delà toutes les ténèbres ;
Le savoir, son objet, sa fin ;
Elle est sise au cœur de tout être.

Tel est, en quelques mots, le Champ,
Le savoir, l’objet du savoir ;
L’ascète qui comprend cela
Est prêt à partager mon être.

(…)

Comme l’espace, si subtil
Qu’il est partout sans se corrompre,
Le Soi n’est jamais corrompu
Par le fait de s’être incarné. »

*

Remonter à la première note de la série de lectures pour trouver les références de cette édition de la Baghavad-Gita

 

"Méditation", acrylique sur toile 30x30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son "Philosophe en méditation"

« Méditation », acrylique sur toile 30×30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son « Philosophe en méditation »

« La vision cosmique »

caverne-min

Nous continuons notre lecture par passages de la Bhagavad-Gita. Aujourd’hui un passage du début du Chant XI, « La vision cosmique ».

« LE SEIGNEUR BIENHEUREUX DIT :

Admire, Arjuna, par milliers,
Par millions, mes formes divines :
Tous les êtres – ces corps, ces formes,
Ces couleurs, ces aspects sans nombre.

Vois : les dieux solaires, les dieux
Du feu, du ciel, du vent, de l’aube,
Des merveilles qu’aucun mortel
N’a jamais vues. Vois, Arjuna !

L’univers entier, tous les êtres
Animés ou inanimés
Rassemblés ici – vois ! -, unis
Au sein de mon corps infini.

Mais puisque tes yeux de mortel
Ne te permettent de me voir,
Je t’offre le regard d’un dieu :
Vois l’étendue de mon pouvoir !

Après avoir ainsi parlé,
Krishna, le Seigneur du Yoga,
Lui montra sa forme sans fin,
Transcendante et majestueuse ;

Ses yeux et bouches innombrables,
Tous ses visages merveilleux,
Ses ornements éblouissants
Et ses armes de feu brandies.

Couronné de flammes, drapé
Dans la lumière et les parfums,
Le Dieu infini apparut,
Paré de toutes les merveilles.

Si mille soleils se levaient
Et resplendissaient dans l’azur,
Leur éclat aurait la féroce
Splendeur de ce tout-puissant Soi.

Arjuna vit tout l’univers,
Avec ses milliards de milliards
D’êtres vivants ne faisant qu’un
Avec le corps du Dieu des dieux.
 »

*

Références de l’édition en première note au mot-clé Bhagavad-Gita

 

caverne-min« Caverne », ma nouvelle repeinture (cf notes précédentes), acrylique sur toile 30×30 cm

*

Icône et Bhagavad-Gita

icone 2-min
Acrylique sur bois 61 x 30 cm

Acrylique sur bois 61 x 30 cm

Voici, avec cette nouvelle repeinture – une icône sur bois, comme il se doit, que j’intitule « Parmi les étoiles », un nouveau passage de la Bhagavad-Gita, le poème feuilleton de cet été, dont Thoreau disait : « Nulle part plus que dans la Bhagvat-Geeta, le lecteur n’est emporté et maintenu à une hauteur de pensée aussi élevée, aussi pure ou aussi rare (…) En comparaison, même notre Shakespeare semble parfois juvénilement naïf et peu expérimenté. »

« Tout ce qui, en ce monde, brille
D’intelligence ou de beauté
Prend sa source dans un fragment
De ma divine majesté.

Mais à quoi bon tous ces détails ?
Sache juste cela : Je suis.
Un simple fragment de mon être
Soutient l’univers tout entier. »

Chant X, « Les manifestations divines »

Références dans la première note sur la Bhagavad-Gita : dérouler

Voir aussi : ma traduction de trois des sonnets de Shakespeare ; et ma traduction de passages de Thoreau

*

Adam et Ève ou Yogini et Yogi, triptyque, voyage et Bhagavad-Gita

adam et eve 1-min

adam et eve 2-min

adam et eve 3-min

adam et eve 4-minAcrylique sur toile 30×30 cm. Ce sont d’anciennes peintures que j’ai repeintes avec des points, comme d’autres ces jours derniers)

*

Lorsque j’ai commencé à faire du hatha yoga seule à la maison, il y a un peu plus d’un mois (après avoir suivi des cours de kundalini yoga dans l’année), j’en faisais 20 à 40 minutes par jour. Puis je suis allée jusqu’à 50 minutes, et maintenant c’est une heure, tous les matins au lever. Dans la journée je regarde des vidéos de cours divers, pour améliorer mes enchaînements et mes postures et aussi mieux me renseigner sur le yoga et les façons dont il est pratiqué et utilisé (pas toujours très bien) aujourd’hui.

« À l’aube, les choses émergent
Des fonds du non-manifesté ;
Le soir, les choses se résorbent
Au sein du non-manifesté. »

Dans l’un de ces cours, j’ai entendu : « le yoga est un voyage ». L’après-midi je marche une heure ou plus, je distribue mon livre Voyage çà et là dans la ville, et Voyage voyage aussi ailleurs que dans Paris, grâce à O qui le distribue ailleurs où ses trajets dans le pays le portent. Si ce livre était une peinture je la reprendrais comme je reprends en ce moment d’anciennes peintures mais il existe ainsi pour l’instant, caillou à ajouter sur le cairn, et qui sait, un jour peut-être, quand il aura été entièrement distribué, je le réécrirai.

Avec leurs postures et leurs corps déformables, mes Adam et Ève ne sont-ils pas une yogini et un yogi ? La dernière peinture est celle du milieu, où ils ne sont plus incarnés ni divisés comme l’est l’humain entre masculin et féminin. Où l’être est un :

« Si ton yoga est assidu
Et ton esprit uniquement
Ancré en moi, tu atteindras
L’Être suprême que je suis.

Médite sur l’Inconcevable,
Sur le Poète primordial
Et bon, plus petit qu’un atome,
Aussi radieux que le soleil. »

Bhagavad-Gita, Chant VIII « La liberté absolue » (références dans la première note sur la Bhagavad-Gita)

 

adam et eve 1-min*

Yoga, grâce et bonheur

peinture 3-min

 peinture 2-min

Avoir vécu toutes les vies, toutes les métamorphoses, toutes les morts et les résurrections, avoir fait toutes les guerres, tous les amours, toutes les retraites, avoir connu tous les enfantements, avoir étudié et pratiqué toutes les langues, toutes les littératures, toutes les religions, tous les arts du corps et de l’esprit… et recueillir le nectar de tout cela dans le creuset du yoga.

Le mot yoga vient du sanskrit, d’une racine signifiant « atteler, unir » et « reposer, arrêter ». Dans la plupart des langues indo-européennes il a gardé son sens de joug (mot dérivé de la même racine), attelage qui permet de faire avancer la charrue, et toutes les jointures grâce auxquelles se déploie et s’unifie l’être.

Le yoga se pratique sur un tapis (symbole d’un espace purifié) et comprend des postures, des prosternations, des récitations, des méditations : qui vient de l’islam y est chez soi. Le yoga n’annule rien, il réunit tout dans le repos de l’esprit et l’exercice du corps. Il est une joie quotidienne faite à l’esprit, au mental, au corps, mais aussi au monde – ces derniers temps, il arrive souvent que des hommes m’adressent aimablement la parole dans la rue, où je suis en quelque sorte un yoga ambulant.

« Une flamme à l’abri du vent
Et qui ne vacille jamais » :
Tel est cet homme de yoga
Dont l’esprit se fond dans le Soi. »

Quand son esprit s’est apaisé
À travers la méditation,
Il voit le Soi par le soi et
Repose, comblé, dans le Soi. »

Bhagavad-Gita, Chant VI, « Le Yoga de la méditation »

« Le troisième millénaire sera spirituel et le yoga en sera le véhicule principal. » Swami Satyananda Saraswati

 

peinture 1-minMes deux dernières peintures : acrylique sur toile 20×20 cm

*