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« Anémic Cinéma », par Rrose Sélavy (Marcel Duchamp)

À l’origine le film est muet – on peut couper le son pour le voir tel qu’il a été tourné par Marcel Duchamp, qui l’a signé de son double féminin Rrose Sélavy, en collaboration avec Man Ray et Marc Allégret. Sept petites minutes fantastiques, de spirales et de jeux de mots à consonance érotique tournant en spirale comme des éléments cosmiques ou le cosmos lui-même. Technique expliquée sur wikipedia. À l’instant précis où arrivait le mot moustiques, un moustique, le premier que j’aie vu depuis longtemps, est passé devant l’écran de mon ordinateur. Je lui ai demandé mentalement pardon et je l’ai écrasé.

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Des mots et des roses

« Il y allait, pour nous aussi, de la nécessité d’en finir avec l’idéalisme proprement dit, la création du mot « surréalisme » seule nous en serait garante, et, pour reprendre l’exemple d’Engels, de la nécessité de ne pas nous en tenir au développement enfantin : « La rose est une rose. La rose n’est pas une rose. Et pourtant la rose est une rose », mais,

rose blanche-min

qu’on me passe cette parenthèse, d’entraîner « la rose » dans un mouvement profitable de contradictions moins bénignes où elle soit successivement celle qui vient du jardin,

rose rouge-min

celle qui tient une place singulière dans un rêve, celle impossible à distraire du « bouquet optique », celle qui peut changer totalement de propriétés en passant dans l’écriture automatique, celle qui n’a plus que ce que le peintre a bien voulu qu’elle garde de la rose dans un tableau surréaliste, et enfin celle, toute différente d’elle-même, qui retourne au jardin. »

rose rose-minAndré Breton, Second manifeste du surréalisme

et photos Alina Reyes, à la roseraie du jardin des Plantes où les roses commencent à reparaître

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Esquisses : points de vue et point de vue

En cherchant autre chose, je retrouve dans un ancien carnet ces esquisses faites à main levée, en quelques secondes et au stylo, de modèles nus posant pour un cours aux Beaux-Arts auquel j’avais pu assister il y a quelques années. Accompagnées de notes du cours et de mon observation des étudiants en train de dessiner. Les deux dernières m’intéressent particulièrement car il nous avait été demandé de les réaliser sans regarder le papier, à l’aveugle par rapport au papier, au crayon, à notre main : en est sorti une silhouette à deux têtes. Une sorte d’écriture automatique au dessin, non par le libre jeté de lignes comme je le pratique souvent mais par une brèche ouverte dans une technique traditionnelle, et qui ouvre aussi l’esprit sur de l’inconnu, quand on fait ce geste.

esquisse-min deuxieme esquisse-min esquisse à l'aveugle-min*