Miyazaki renversant, journal de déconfinement, haïkus du coronavirus et maisons ouvertes

 

« J’aimerais voir si elle est sortie indemne des miasmes de la forêt toxique ». Hayao Miyazaki, Nausicaa de la vallée du vent

Pourquoi ce coronavirus laisse-t-il indemnes, ou invaincus, les enfants ? Je continue à revoir les films de Miyazaki, et j’y vois un excellent accompagnement pour passer cette pandémie. J’y vois bien des éclairages sur le renversement de notre vision du monde appelé par ce coronavirus. D’abord, ses films sont bâtis, le plus souvent, non sur un héros mais sur une héroïne puissante, qu’elle soit petite fille, jeune fille, jeune femme ou vieille femme : Chihiro, Sophie, Nausicaa, Kiki, Mononoké… Ensuite, la question de la nature comme monde visible et monde invisible, menacée et salvatrice, y est omniprésente. Celle de la technologie est récurrente aussi, liée à la guerre et au vain et mortel désir de domination par le ciel. Celle des transformations y est tout autant façon de chasser les illusions et illustration de la vie et de la connaissance. Et bien sûr, ses films sont conçus pour tout public mais d’abord pour les enfants. Miyazaki renverse les valeurs. Mieux, il renverse le monde tel qu’il est habituellement vu par les hommes. Dans le monde vu par Miyazaki, les monstres sont gros comme dans notre monde, mais ce qui est petit est puissant, ou du moins combattant. Voilà qui est tout à fait d’actualité. Greta Thunberg est une héroïne miyazakienne. Le coronavirus, puissance naturelle invisible, est un élément également miyazakien.

La mode est aux journaux de confinement. C’est compréhensible, c’est très humain, le besoin de dire ce qu’on vit pour faire écran au néant. Mais une fois racontées la galère avec les enfants ou la queue au supermarché, une fois déclarées les pieuses intentions de lire ou de se mettre à quelque autre noble activité qu’en réalité on ne pratiquera certainement guère plus que d’habitude, que dire de plus ? Les journaux invitent des gens à tenir des journaux de confinement car les journaux sont eux-mêmes des journaux de confinement. Le résultat est d’abord instructif d’un point de vue social, puis, très vite, très limité, d’autant que la plupart des personnes qui peuvent témoigner de leur quotidien ne sont pas les plus en difficulté. Plus constructives sont alors les analyses, comme celle-ci.

En réalité, la littérature, l’art, sont des journaux de déconfinement. Car les humains sont confinés. Confinés dans leurs pensées toutes faites, leurs habitudes. Avant ce coronavirus, ce n’était pas dans leur appartement qu’ils étaient confinés, mais dans leur appartement intérieur, dans leur habitation mentale, dont rarement ils ouvrent les fenêtres et plus rarement encore la porte. J’écris, ici ou dans mes livres, pour déconfiner les esprits, comme je déconfine le mien à la lecture des autres écrivains, les vrais, les déconfinants. C’est en lisant et en écrivant que je déconfine et que je renverse le monde, si petite que je sois.

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Coronavirus,
qui es-tu ? Toi qui nous tues
et nous laisse en vie.

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Coronavirus,
as-tu toi aussi des mains
pour jouer aux dés ?

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Coronavirus,
invainqueur d’enfants, vas-tu
en voyant, ou non ?

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Et voici une lecture, faite il y a cinq ans, sur mes « maisons » :


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Le paradis vécu de Miyazaki

Screenshot_2020-03-04 Ep 1 Ponyo est là - 10 ans avec Hayao Miyazaki NHK WORLD-JAPAN On Demand,*

Je regarde le documentaire en 4 parties mis gracieusement à disposition par NHK sur Hayao Miyazaki, l’un de mes cinéastes préférés. Le documentaire commence en 2006 et s’étend sur dix ans, au cours desquels on suit le travail du maître. En 2006, il avait 65 ans, juste un an de plus que moi aujourd’hui, et je peux me retrouver dans certaines de ses préoccupations d’artiste. Comme la nécessité d’accepter la fatigue, qui rend le travail plus lent. Et puis le bonheur, qu’il ne dit pas mais qui est sensible à l’image, à être dans cet âge, d’entrer dans la vieillesse, malgré ses inconvénients. À moment donné, il parle de lui comme d’un vieillard, ce qui est très exagéré pour un bonhomme alerte, bien conservé et à l’allure, à l’expression toujours empreintes d’enfance. Mais s’il dit vieillard, s’il anticipe, n’est-ce pas pour assumer, je dirais presque savourer, cet âge de la vie ? Chaque âge a son bonheur et voici celui qui transparaît chez Miyazaki : celui de la paix, de la nature, de l’innocence jamais perdue. Son studio personnel merveilleux. Comment il y arrive en 2CV. Comment il salue, en entrant, les créatures invisibles qui y habitent. Comment il se prépare un café. Comment il regarde par la fenêtre. La verdure et le banc, les passants de ce quartier très calme. Comment il s’assied à sa table de travail. Comment il songe et réfléchit. Comment il expérimente. Comment il dessine, peint, écrit. Les tribulations de la création. Les moments d’inspiration, les moments de doute, les moments de joie où ça vient vite et bien, bien. Où la pêche est bonne (pour créer, il faut lancer une ligne dans son cerveau, dit-il). La vie. L’univers de Miyazaki ressemble à l’univers de Miyazaki, et c’est ça le plus beau.

Ne croyez pas ceux qui vous racontent que le paradis est perdu. Il y a bien des enfers sur terre, mais le paradis est toujours là aussi, pour les grands petits comme Miyazaki, pour quiconque accepte de vivre, réellement, dans la lumière.

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Satya, la vérité, par B.K.S. Iyengar et Yehudi Menuhin

Menuhin et Iyengar

Menuhin et Iyengar

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« Satya. Satya ou la vérité est la plus haute règle de conduite ou de moralité. Le Mahatma Gandhi disait : « La Vérité est Dieu et Dieu est la Vérité. » Comme le feu brûle les impuretés et affine l’or, ainsi le feu de la vérité purifie le yogi et brûle en lui toute impureté.

Si l’esprit émet des pensées de vérité, si la langue émet des paroles de vérité et si la vie tout entière est basée sur la vérité, alors l’homme est prêt pour la fusion avec l’Infini. La Réalité, dans sa nature fondamentale, est Amour et Vérité. Elle s’exprime à travers ces deux aspects. La vie du yogi doit se modeler strictement sur ces deux facettes de la Réalité. C’est pourquoi est prescrite ahimsa, qui est basée essentiellement sur l’amour. Satya suppose la vérité totale dans les pensées, les paroles et les actions. La non-vérité sous quelque forme que ce soit rejette le sadhaka hors de l’harmonie de la loi fondamentale de la vérité.

La vérité ne se limite pas au discours seul. Il y a quatre péchés du langage : insultes et obscénités, abus de confiance, calomnie ou fabulation, et enfin tourner en dérision ce que les autres tiennent pour sacré. Celui qui colporte des mensonges est plus venimeux qu’un serpent. La maîtrise de la parole permet de déraciner la malice. Quand l’esprit n’a de malveillance pour personne, il est plein d’amour à l’égard de tous. Celui qui a appris à retenir sa langue est parvenu à une grande maîtrise de soi. Quand cette personne parle, elle est écoutée avec respect et attention. On se souviendra de ses paroles car elles sont bonnes et vraies.

Quand celui qui est établi dans la vérité prie avec un cœur pur, alors les choses dont il a vraiment besoin viennent à lui : il n’a pas à courir après elles. L’homme qui est solidement établi dans la vérité reçoit le fruit de ses actions sans rien faire apparemment. Dieu, la source de toute vérité, pourvoit à ses besoins et veille sur son bien-être. »

B.K.S. Iyengar, Bible du Yoga, éd J’ai Lu

Le livre est préfacé par Yehudi Menuhin, qui fut un disciple d’Iyengar. J’ai déjà cité dans l’une de mes notes sur le Yoga un passage de sa préface, en voici un autre : « le respect de la vie, la vérité et la patience sont autant d’éléments indispensables pour permettre une respiration calme dans la paix de l’esprit et la fermeté de la volonté. »

 

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Affaire Griveaux

Screenshot_2020-02-14 Laurent Chemla sur Twitter Je sais pas pourquoi mais je sens qu'on va beaucoup entendre parler de pro[...]*

Et soudain, je comprends le vertige pascalien. Sauf que ce ne sont pas les espaces infinis de l’univers qui m’effraient, mais l’autre chose qui, selon Einstein, donne une idée de l’infini : la bêtise humaine. La fin de campagne de Griveaux est digne de son festival de crétinerie. Post tristem coïtum, animal tristissime. Mais peut-on seulement parler de coït pour un masturbator qui n’aura jamais connu ni fécondé l’objet de son désir – heureusement pour nous, Parisiens, avec qui il prétendait instaurer une « relation charnelle ».

Mélenchon passe fermement consigne à ses troupes : « ne participez en aucune façon au règlement de compte dont Benjamin Griveaux fait l’objet. »
Insoumis, obéissez au chef ! La République, c’est lui ! c’est Griveaux aussi ! c’est tous ceux et celles de cette caste qui le soutient et que vous entretenez ! Ne la blasphémez pas !

On ne peut dénier à cet artiste russe, Piotr Pavlenski, d’avoir l’art de foutre le bordel – et je pèse mes mots. En payant sérieusement de sa personne. Dans un monde honnête (c’est ce que Pavlenski prêche, l’honnêteté), un candidat ne renoncerait pas à sa candidature pour une si piètre affaire ; mais dans un monde honnête ce même candidat ne se ferait pas le chantre du mariage et de la famille tout en demandant à une jeune femme si elle n’est pas déjà prisonnière d’un mari et d’enfants. Politique de l’en-même-temps : le macronisme, stupide, arrogant, hypocrite et vain.

Screenshot_2020-02-14 Objectoeur sur Twitter laurentchemla JulieGarnierFI Exactement, protection de la vie privée pour ceux[...]

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Génies russes et question de l’éléphant

Alexandre Ivanov, "L'Apparition du Christ au peuple"

Alexandre Ivanov, « L’Apparition du Christ au peuple »

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Pour faire suite à la note d’hier, voici d’abord l’apologue de l’éléphant, raconté par Albert Thibaudet :

« Il s’agit d’écrire un ouvrage sur l’éléphant. L’Anglais part pour l’Afrique et les Indes et en rapporte un gros mémoire en désordre, bourré de descriptions et de chiffres, y compris celui de ses notes d’hôtel. L’Allemand descend en lui-même pour y trouver l’Idée de  l’éléphant,  l’éléphant en soi, l’Ur-éléphant. Le Français écrit, au café du Jardin d’acclimatation, un brillant article sur l’éléphant, où l’on remarque des allusions fines à M.Chéron, et où Georges Pioch n’est pas oublié. Le Polonais rédige un mémoire sur L’Éléphant et la Question polonaise (ce qui n’est pas si ridicule). Et le Russe apporte un livre qui s’appelle : L’Éléphant existe-t-il ? (…) Quant au surréalisme (la rue de Grenelle…), il mènerait à l’extrême limite (jusqu’au kamtchaka) la tendance russe : l’éléphant n’existe pas : tout est éléphant ; et la solution du problème de l’éléphant se trouve remplacée, dans l’école de Poisson soluble, par la solution de l’éléphant. L’éléphant et nous vivons pourtant dans un monde de solides, quand le diable y serait ! – Précisément, le diable y est… »
Albert Thibaudet, « Du surréalisme », 1925, in Réflexions sur la littérature, éd. Quarto Gallimard

Et ces paroles de Nabokov sur les trois auteurs russes en question hier : Gogol, Dostoïevski et Tolstoï (les trois, puis l’un après l’autre) :

« Tolstoï est le plus grand des romanciers et nouvellistes russes. En écartant Pouchkine et Lermontov, ses précurseurs, on pourrait distribuer les prix de la façon suivante : premier, Tolstoï ; deuxième, Gogol ; troisième, Tchekhov ; quatrième, Tourgueniev. Mais j’ai un peu l’impression de noter des copies d’élèves, et je suis sûr que Dostoïevski et Saltykov m’attendent à la porte de mon bureau pour me demander des explications sur leurs piètres résultats. »

Et maintenant, sur Gogol :

« Les Âmes mortes, sous leur forme achevée, devaient former un tryptique : Crime, Châtiment et Rédemption. Atteindre ce but était absolument impossible, d’une part parce que, si on le laissait agir, le talent unique de Gogol ne manquerait pas de saccager n’importe quel thème conventionnel, d’autre part parce que Gogol avait imposé le rôle principal, celui du pécheur, à une personne – si l’on peut appeler Tchitchikov une personne – ridiculement peu faite pour ce rôle, et qui, en outre, évoluait dans un univers où sauver son âme est tout simplement une des choses qui n’arrivent jamais. Un prêtre décrit avec bienveillance eût été aussi totalement impossible, au milieu des personnages gogoliens du premier volume,  qu’une gauloiserie chez Pascal ou une citation de Thoreau dans le dernier discours de Staline.

(…) Comme toutes les grandes réussites littéraires, son œuvre est un phénomène de langage et non d’idées.

(…) Gogol naquit le 1er avril 1809. Selon sa mère (qui, bien sûr, a inventé la sinistre anecdote qui suit), Kapnist, célèbre et médiocre poète, lut un poème qu’il avait écrit à l’âge de cinq ans. Kapnist étreignit le solennel morveux et déclara aux parents ravis : « Il deviendra un écrivain de génie à condition que le destin lui donne pour maître et pour guide un bon chrétien. » Mais l’autre chose – le fait qu’il naquit un premier avril – est vraie. »

Sur Dostoïevski :

« Je citerai une remarque très juste de Mirski au sujet de Dostoïevski : « Son christianisme […] est des plus contestables […] C’est une attitude spirituelle plus ou moins superficielle qu’il serait dangereux de confondre avec le vrai christianisme.

(…) Les malheurs de la dignité humaine, thème favori de Dostoïevski, relèvent de la farce autant que du drame. (…) J’insiste sur le fait que Dostoïevski est plus un dramaturge qu’un romancier. Ses romans sont une succession de dialogues et de scènes où tous les personnages sont rassemblés – et qui utilisent tous les expédients du théâtre, comme la scène à faire, le visiteur inattendu, l’interlude comique, etc. »

Et sur Tolstoï :

« Peintre ou prédicateur, faisant fi de tous les obstacles, Tolstoï s’acharnait à découvrir la vérité. Simplement, selon qu’il écrit Anna Karénine ou qu’il prêche, sa méthode diffère ; mais aussi subtil que soit son art, et ennuyeux son prêchi-prêcha, cette vérité qu’il recherche laborieusement, à l’aveuglette, ou qu’il trouve comme par enchantement au coin de la rue, est toujours la même vérité. Cette vérité, c’est lui. Et lui, c’est l’art.

(…) La vieille vérité russe n’a jamais été une compagne de tout repos ; elle avait un tempérament fougueux, un pas pesant. Ce n’était pas simplement la vérité de tous les jours, la pravda, mais l’immortelle istina – pas la vérité, mais la lumière intérieure de la vérité. Lorsque Tolstoï finit par la trouver en lui-même, dans la splendeur de son imagination créatrice, alors, presque inconsciemment, il fut sur la bonne voie.

(…) Istina, la vérité essentielle, est un des rares mots de la langue russe qui n’ait pas de rime. Il n’a ni correspondant verbal ni liaison verbale. Il se tient à l’écart avec un simple rappel de la racine « se tenir », dans la sombre brillance de son roc immémorial. »

Vladimir Nabokov, Littératures II, trad. de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, éd. Fayard

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Haïkus du solstice d’hiver. Haïku, yoga et photographie

 

Pierre gravée d'un haïku : source de l'image

Pierre gravée d’un haïku : source de l’image

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Le haïku, comme la photographie, est une saisie d’instants, et un geste instantané. Ces deux arts ont cette grâce en partage avec le yoga, ses respirations (pranayama), ses postures (asana) et ses méditations (dhyâna en sanskrit – mot devenu zen en japonais). Mais la photographie se distingue par le fait qu’elle requiert de la part de son auteur·e un pas en arrière, un pas dans la mort. C’est seulement depuis la mort que le photographe peut arracher un moment au temps. Alors que le haïku, comme le yoga, projette son auteur·e de plain-pied dans la vie. Le photographe n’est pas dans son image, même en cas d’autoportrait : s’il « écrit la lumière », selon l’étymologie du mot, il le fait depuis la ténèbre où il lui faut se tenir pour réaliser ses images ; et il arrive souvent qu’il n’ait pas à s’y retirer, qu’il s’y soit retrouvé malgré lui et que la photographie se présente alors à lui comme moyen de ne pas oublier la lumière.

Il en va autrement du haïku et du yoga : leur auteur·e y est, y engage et y exerce pleinement sa vie, physiquement et mentalement. Le détachement que ces deux arts requièrent ne se formalise pas par un pas en arrière mais par un pas en avant, un bond par-dessus la flaque de la vie et de la mort mêlées. Le Bateau ivre de Rimbaud est une tentative de haïku, un essai de yoga mental au terme duquel le poète chercheur, encore insuffisamment savant des choses de l’esprit, insuffisamment entraîné à bondir en longueur, se retrouve dans la flaque. Alors que Kafka à la fin du Verdict, écrit en une nuit, ayant achevé le processus de destruction des liens morbides, se jette dans le flux de la vie, en extase (« Il sauta le garde-fou, en gymnaste consommé… » – « j’ai pensé à une forte éjaculation » écrira-t-il à propos de cette fin, généralement très mal comprise, à mon sens).

Haïku et yoga sont en quelque sorte les contre-postures de la photographie. C’est pourquoi aujourd’hui où tous les humains, munis de leur téléphone, sont photographes, le haïku et plus encore le yoga s’étendent aussi dans le monde, comme salvateurs de millions de vies. En articulant images mentales et postures corporelles comme autant de kundalini lovées dans le retrait du photographe pour la faire se dérouler le long d’une colonne vertébrale réveillée, flexible, dressée – jusqu’à la lumière en soi.

J’ai pris beaucoup de photos, mais j’ai écrit beaucoup de haïkus aussi, ces dernières années, avant de venir au yoga. Hormis le tout-premier, écrit seul et à 3-5-3 temps, je les ai écrits par séries de trois, à 5-7-5 temps, comme dans la tradition japonaise. Voici ceux que j’ai écrits cette nuit, dans ma chambre, à la lumière de mon téléphone, façon de faire du yoga avec mon stylo.

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Fine pluie nocturne

Les lumières de la ville

sont toutes mouillées

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O douce insomnie

en cette nuit de décembre

auprès de l’aimé

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Je souris dans l’ombre

Aux murs les peintures semblent

respirer aussi

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Montagnarde de Paris, poésie urbaine

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Rien de tel que les grèves de la RATP pour faire fleurir les paysans de Paris, comme disait Aragon : les piétons et les gens juchés parfois à 2 sur de vieux biclos (Mme Hidalgo nous ayant retiré la jouissance d’un bon service nommé Vélib et les vélos neufs étant aussitôt achetés aussitôt volés, chacun cherche la bécane la moins tentante possible). Pour ma part, aujourd’hui, j’ai carrément chaussé mes godillots de montagne. Et j’ai cueilli quelques aperçus poétiques en chemin, les voici :

 

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montagnarde de paris 13-minune expo photographique très graphique à l’Institut culturel irlandais : Roseanne Lynch

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montagnarde de paris 16-minet dans une vitrine la tête de Mathieu Ricard électroencéphalogrammée, parée comme celle d’une danseuse orientale

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Soleil couchant sur le jardin du Luxembourgmontagnarde de paris 20-minAujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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Le Grand Remplacement, par Younès (actualisé)

18-12-2019. C’est un des rôles essentiels des artistes que d’ « exorciser » le monde de ses mauvais démons. Younès a ici parfaitement fait le job, ils sont sortis par légions. Molière aussi faisait ainsi, et en eut quelques problèmes. Mais il ne serait pas Molière s’il ne l’avait pas fait. Baudelaire disait que la ruse du diable était de faire croire qu’il n’existait pas. Si on ne voulait pas croire à la virulence du racisme caché dans les replis de nos sociétés, par l’art d’un titre Younès a fait apparaître cette réalité.

Ajout du 7-12-2019 : Un jour après sa mise en ligne, la vidéo a été commentée par une horde de fachos que la jalousie enrage, haha. Si ces « identitaires » avaient un peu de la culture française de Younès, ils rendraient plutôt hommage à sa discrète mais puissante actualisation du Cyrano d’Edmond Rostand, avec sa tirade sur le nez et son indissociable tirade des « Non, merci ».

« Rien ne se remplace, tout se transforme », dit-il. Écoutez, voilà du son, du rap, de la poésie, de la musique, de la vie, de la bonne politique aussi. Je lui laisse la parole :

 

J’suis parti d’chez mes ronds-da sans un rond gars
C’est du pera pas du reggae j’ai décidé d’me décider faire d’la musique
Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi

 

 

Le grand remplacement ?
C’est ta fille qui me kiffe,
Qui va me faire des enfants
Et ils auront mon pif !

 

J’déboule dans ta vie comme les trottinettes à Paris
J’veux l’argent des Qataris Monsieur l’agent sur l’tatami

[Pré refrain]
J’suis parti d’chez mes ronds-da sans un rond gars
C’est du pera pas du reggae j’ai décidé d’me décider faire d’la musique
Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi Comme basidi

[Refrain]
Elle veut qu’j’lui fasse un bébé
Puis deux, puis trois
Elle veut qu’j’lui dise que je l’aime
Puis que, j’y crois
J’suis jamais sûr de moi,
Quoi l’amour dure trois ans ?
Han l’amour dure deux mois
Ouais l’amour dure deux mois
L’grand remplacement c moi
Puis eux, puis toi,
Les grands méchants c’est nous, Rebeu, Renoi
Moi perso ça me va
J’préfère mourir loup garou
Que vivre en villageois
Que vivre en villageois

(suite des paroles sur Youtube)

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Léonard de Vinci : l’exposition historique du Louvre

 

C’est un moment magnifique et poignant. Un kairos, une acmé. Un homme est là, vivant. Traversant les siècles pour venir nous contempler, nous, femmes et hommes de ce temps, errant en foule d’une œuvre à l’autre, d’une salle à l’autre. Devant le Saint Jean je me suis arrêtée comme dans la méditation, au yoga notamment, et il est devenu vivant – qui ? Jean ? Léonard ? L’Esprit qui se meut à travers les vivants. Les yeux pleins de larmes, souriant comme lui, je n’ai pas bougé – pluie et lumière, un arc-en-ciel tendu entre lui et moi – tout à fait le genre de phénomène qui intéresse Léonard, étudiant obstiné des mouvements de l’eau, de l’air, de la lumière.

Ce soir, regardant des images des splendides îles du Cap Vert, et de leurs montagnes (où nous avons l’intention d’aller prochainement, O et moi) tout en écoutant Césaria Evoria, je songe que Léonard se serait bien entendu avec elle, et aurait adoré son pays. Ce mélange de splendeur et de mélancolie particulière qu’engendre la conjonction de la contemplation de l’époustouflante nature et du sentiment de la fuite du temps – sentiment qu’éprouvait si fort Léonard les derniers temps, à Amboise, alors qu’il continuait à méditer et travailler ses dernières œuvres, la Sainte Anne, le Saint Jean et la Joconde.

Voici des images de l’exposition, bien entendu je n’ai pas tout photographié, vous pouvez trouver en ligne plusieurs vidéos de présentation de l’exposition pour en savoir plus. Si vous le pouvez, allez-y. Vous pouvez aussi lire ou relire mes textes sur Léonard de Vinci et sur ses œuvres.

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expo leonard de vinci louvre 1-minLe Christ et saint Thomas ou L’Incrédulité de saint Thomas. À l’entrée de l’exposition, et la dramatisant judicieusement, se dresse cette œuvre de  Verrocchio, chez qui Léonard fit son apprentissage. Entourée de multiples études de drapés, révélant que le peintre s’est inspiré des effets de lumière et d’ombre sur le bronze. expo leonard de vinci louvre 2-min

expo leonard de vinci louvre 3-minPlusieurs œuvres absentes, comme L’Annonciation, L’Adoration des mages ou La Joconde, sont présentées en réflectographie infrarouge, un procédé qui met en évidence le dessin et donne un effet de pénétration saisissant.

expo leonard de vinci louvre 6-min

expo leonard de vinci louvre 13-min*

expo leonard de vinci louvre 4-min

J’ai aimé contempler certaines études peu connues, comme ce visage ou cette petite dame à la licorneexpo leonard de vinci louvre 5-min*

Beaucoup d’œuvres sont inachevées, comme ce Saint Jérôme et son lion esquissé, qui s’inscrivent ainsi dans l’instant  expo leonard de vinci louvre 7-min* expo leonard de vinci louvre 8-minLa Belle Ferronière et un admirateur

*expo leonard de vinci louvre 9-minLa Vierge aux rochers prise sur le vif par un portable

*expo leonard de vinci louvre 10-minLe Musicien, à l’écoute

*expo leonard de vinci louvre 11-minDe nombreux manuscrits des travaux scientifiques de Léonard expo leonard de vinci louvre 12-min

* expo leonard de vinci louvre 14-minEt toujours d’admirables dessins expo leonard de vinci louvre 15-min

expo leonard de vinci louvre 16-min

Dans la dernière salle, les dernières œuvres, travaillées jusqu’à la fin à Amboise où il les avait emportéesexpo leonard de vinci louvre 17-minla Sainte Anne expo leonard de vinci louvre 18-minle Saint Jean

Manque seulement la Joconde, restée à sa place habituelle, où elle reçoit trente mille visiteurs par jour. En allant la voir, je photographie dans la grande galerie cette œuvre de l’atelier de Léonard, qui devait être un Saint Jean et a été transformée en Bacchusexpo leonard de vinci louvre 19-min*

La voici doncexpo leonard de vinci louvre 20-min

expo leonard de vinci louvre 21-min

expo leonard de vinci louvre 22-min*

Nous repartons en longeant la Seine et ses arbres sculptés d’inscriptionsexpo leonard de vinci louvre 23-min

Le pont des Arts débarrassé de ses cadenas a retrouvé le sens de la légèreté et de la fugace éternitéexpo leonard de vinci louvre 24-minAujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Strasbourg en 60 images

 

Se plier aux exigences du consensus, avoir ainsi le Congourd ou autre prix ou succès de ce genre, est une solution au statut précaire d’auteur. J’aime trop la vie, la liberté, la littérature, pour seulement l’envisager. Mon truc, c’est la littérature virile. J’en lis (pas dans la production actuelle car il n’y en a pas – le monde littéraire n’a jamais été viril et plus il est industriel, moins il l’est) et j’en fais. Viril ne signifie pas « de mec » mais courageux (selon son étymologie). Je regarde mon trajet depuis l’enfance, je le vois foudroyant et filant, aussi clair que l’éclair ou la météorite, ni compromis ni vaincu, toujours ultrasensible, en éveil. La voilà, l’éternité. Dans ce qui ne sombre ni ne meurt.

Présent. Voici mes images de nos trois jours (deux nuits) à Strasbourg, cette semaine. Nous comptions beaucoup visiter le musée Tomi Ungerer mais il était fermé pour travaux. Une occasion d’y retourner. Strasbourg est magnifique et les Strasbourgeois sont particulièrement gentils, courtois en toute simplicité, souriants. La nourriture et le vin sont excellents. Le centre-ville est largement dédié aux piétons et aux vélos. Les musées contiennent des trésors de tous les temps. Au sommet de Notre-Dame nous avons été accueillis par un arc-en-ciel. Avant de repartir nous avons passé du temps en privé au hamman-piscine-spa, d’où nous sommes ressortis frais comme nouveau-nés.

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strasbourg 1-minUn resto sympa pour commencer

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strasbourg 2-minVue de notre appartement à l’appart-hôtel, que je ne me lassais pas de contempler, avec les lignes graphiques des toits et la véranda, et la nuit les lumières

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strasbourg 3-minUne sculpture sur l’emplacement de la Grande synagogue détruite pendant la guerre, reconstruite ailleurs dans la ville

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strasbourg 5-minJ’ai compté jusqu’à cinq étages sous les toits de certains immeubles

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strasbourg 6-minDerrière la maison, la cathédrale la plus visitée de France (Notre-Dame de Paris étant hors jeu), haute de 144 mètres et contenant tant de merveilles qu’on pourrait y consacrer des milliers de pages, comme il y est dit quelque part

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strasbourg 12-minSon horloge astronomique, que nous avons vue s’animer au quart d’heure

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strasbourg 13-minUne fresque récente plutôt réussie, mais le panneau en grec du Christ annonçant « Je suis le chemin, la vérité et la vie » comporte deux fautes. Sans doute l’artiste, Christoff Baron, ne connaît-il pas le grec, mais il est regrettable que personne d’autre ne l’ait vu

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Retour dans la ville, où se trouve notamment la maison de l’un des enfants du pays, décidément riche en dessinateurs, Gustave Doré

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L’Ill passe partout, sans pour autant enfoncer la ville dans l’eau. C’est très beau.strasbourg 15-min

*strasbourg 16-minUn menuisier à l’atelier, fabriquant des jouets de bois

*strasbourg 17-min

Arpenter encore les rues, les quartiers

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Vers « la petite France », allons au Musée d’art moderne et contemporain

strasbourg 21-min

strasbourg 30-min

strasbourg 22-minqui possède plusieurs belles œuvres de Victor Brauner – ci-dessus « Logos et les trois matières »strasbourg 23-minet aussi, entre autres de A.R. Penck – ci-dessus « Avant le rebut »

Bon je ne vais pas mettre ici toutes les images de toutes les œuvres que j’ai spécialement aimées, il y en a trop. Encore quelques-unes :strasbourg 24-minDaniel Richter, « L’éternel rêve éveillé des trois fous de la montagne »

alain séchas 2L’installation d’Alain Séchas, mentionnée dans une précédente note

strasbourg 25-minMalcolm Morley, « Wall Jumpers »

strasbourg 26-minMax Ernst, « Les poissons noctambules »

strasbourg 27-minVassily Kandisky, « Salon de musique »

strasbourg 28-minNatalia Gontcharova « Portrait de Verlaine »

strasbourg 29-minNiki de Saint Phalle, « Élisabeth »

Retour dans le quartier de la petite Francestrasbourg 31-min

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Puis à la cathédrale où nous montons par l’escalier en colimaçon jusqu’au sommet strasbourg 33-min

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au paradisun selfie au sommet, et voilà la réponse du ciel

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strasbourg 38-minoù se trouve la « maison des gardes »

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Nous avons visité aussi le Musée de l’œuvre Notre-Dame

strasbourg 39-minavec ses merveilles du Moyen Âge, si primitives

strasbourg 40-minet si actuelles parfois

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Et nous sommes allés au Musée archéologique

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Chaque fois que je dors à l’hôtel, j’y fais aussi mon yoga, comme tous les jours à la maison, histoire de garder un corps souple et musclé, en bon état de marche – et nous avons tout le temps marché strasbourg 44-min

Le dernier jour, avant de reprendre le train, je me suis baladée dans le quartier de la gare et j’y ai photographié cette « trocothèque »

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et des œuvres de Street Art

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strasbourg 50-minNous sommes entrés pour prendre un verre dans cet hôtel entièrement orné de Street Art strasbourg 51-min

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Un peu plus loin dans la ruestrasbourg 53-min

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j’ai découvert ce garage orné comme une grotte du paléolithique, j’y suis entrée strasbourg 55-min

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  … strasbourg 64-min

Retour vers Paris. Il reste encore bien des visites à faire dans cette ville, ce sera donc pour une autre fois.

Du 6 au 8 novembre 2019, photos Alina Reyes

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Racailles. Zineb El Rhazoui, Polanski, Macron et le Joker

 

Zineb El Rhazoui, ex de Charlie Hebdo, appelle à « tirer à balles réelles » sur les « racailles » des banlieues (oui, c’était ça, l’esprit Charlie, racisme obsessionnel et flirt masqué avec l’extrême-droite). Deux jours après, le prix Simone Veil de la région Île de France lui est décerné. Qu’a fait la ministre pour mériter une telle offense ? Être juive ?

Une cinquième femme accuse Roman Polanski de l’avoir violée quand elle était adolescente. Les vieux râlent, ils trouvent qu’on ne peut plus « aimer » (le mot qu’ils emploient pour « abuser de ») qui on veut en paix. Polanski se compare à Dreyfus persécuté. Qu’a fait le capitaine pour mériter une comparaison aussi offensante ? Être innocent ?

shivaLe fantastique film de Todd Phillips, Joker, impeccablement interprété, a été assassiné méchamment et bêtement par la vieille bande du Masque et la plume sur France Inter. Ce n’est pas seulement qu’ils et elle n’y ont rien compris. C’est que ces critiques appointés par le monde ont reçu cette œuvre comme une baffe dans leur bonne figure. En quoi ? Un détail du film suffit à le résumer : le fait que le personnage du maire de Gotham City déclare qu’il y a deux sortes de personnes, celles qui ont réussi, et les clowns. Retrouver dans un thriller, une fiction décrivant un monde cinglé, un écho à la parole cinglée de Macron – « ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien » – parole prononcée dans la réalité, démultiplie l’effet révélateur du film. Qui est le Joker ? Lui-même, vivant, quand il danse, quand son charisme éclabousse le morne monde ; et figure de la mort quand il tend un miroir à ce monde infect en se grimant, en acteur incarnant « en même temps » quelque chose et son contraire, quand il montre que ce monde n’est qu’illusion, quand il en fait éclater la mauvaiseté, le mensonge et la mort. Cours, Arthur, cours ! Ris, ris le dernier ! Ce ne sont pas des cerfs qui entourent les temples, mais des bandes de petits singes agités. Ils sont morts et toi, la divinité, tu es vivant, plein de grâce.

Cette note est inspirée de la philosophie indienne (cf notamment Shiva). Ce n’est qu’un début, continuons le yoga.

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« L’Araignée : les Riches, le retour », par Alain Séchas (vidéo)

C’est une bonne suite à ma précédente note sur les « prix » « littéraires » acquis au prix de vulgaires mensonges : au musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, Alain Séchas a installé une série de 51 dessins et cette « Araignée » stupide. L’installation, féroce critique sociale, a pour sous-titre « Les Riches, le retour ».

 

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En attendant mes autres images de notre séjour dans la magnifique Strasbourg

Enchanteresse, l’exposition « Le rêveur de la forêt » au musée Zadkine

Il y avait longtemps que je n’étais retournée au musée Zadkine, lieu enchanteur par lui-même, atelier et jardin du sculpteur. Cette exposition m’y a appelée, avec son intitulé (inspiré de Zadkine) et ses artistes annoncés. Et je n’ai pas été déçue : un moment de grâce dans ce petit espace légèrement retiré, auquel je vous convie par ces quelques images d’œuvres (il y en a d’autres) à contempler sur place si vous pouvez y aller, ou du moins ici.

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le reveur de la foret 1-minDans la première pièce, la forêt des silhouettes de Zadkine

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le reveur de la foret 33-min Hier au musée Zadkine, photos Alina Reyes

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Voir la présentation de l’exposition sur le site du musée

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Léonard de Vinci : l’enfance de l’art

Léonard de Vinci, L'Adoration des mages (inachevé)

Léonard de Vinci, L’Adoration des mages (inachevé)

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Picasso disait qu’il lui avait fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant. À mon sens, malgré son génie, il n’y est pas arrivé. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas su trouver assez d’innocence en lui pour pouvoir poser les questions que peuvent poser les enfants. Léonard de Vinci, lui, a eu de cette innocence à foison. Et il a peint comme un enfant. Non pas avec des traits ou des couleurs rappelant les peintures d’enfant, mais en peignant le genre de questions étranges et déroutantes que posent beaucoup d’enfants, ou en posant sans mots le genre d’affirmations étranges que font certains très jeunes enfants, comme s’ils possédaient une connaissance oubliée des adultes.

« Il y a dans la nature une vaste circulation de l’eau à partir de l’océan comparable à la diffusion du sang à partir du cœur, etc. Jusque dans la croissance des métaux, la nature se comporte comme un vivant gigantesque », a-t-il écrit, entre autres affirmations (Anatomie B, fo 28). Ce genre d’affirmations n’est pas le seul fait d’une recherche scientifique, quoique la recherche scientifique soit aussi une impulsion née de l’esprit d’enfance, de sa fraîcheur et de son ouverture. Il faut y songer devant ses peintures de Jésus enfant, plutôt qu’adulte.

Le chemin de l’eau est celui de l’enfance de la vie. Dans les copies de son tableau perdu Léda et le cygne, les enfants sortent d’un œuf au bord de l’eau. C’est un chemin d’eau qui s’en va entre les pierres levées dont nous avons parlé pour la Vierge aux rochers. C’est un lac d’altitude qui s’étend à l’arrière-plan de la Joconde. Nous l’avons remarqué, cette eau dans ses œuvres est une image du temps qui coule ; ou chute (comme la descendance à partir de sa Sainte Anne) ; ou tourbillonne, comme les boucles de cheveux de son Saint Jean, qu’il compare lui-même aux mouvements de l’eau ; ou remonte comme le sang dans la sève, avec l’arbre prenant racine dans la tête du Christ dans la Sainte Anne et dans L’Adoration des mages – où la Vierge, elle, se prolonge en palmier, comme dans le Coran – hasard ? Dans la Joconde, avec ce lac très haut dans les montagnes, elle atteint la paix parfaite, aboutissement de toute quête spirituelle. La Joconde et son sourire témoignent de cet accomplissement ou de cette plénitude chargée de promesse ; et son joug est aussi léger que les couches imperceptibles de peinture dans la technique unique de Léonard, qui, traduisant son âme, donne tant de vie à son œuvre.

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Cette note fait suite à mes précédentes notes sur les œuvres citées, cf mot-clé Léonard de Vinci

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Léonard de Vinci : pierres levées de la Vierge aux rochers et autres pensées

 

« Enter Time ». Shakespeare, The Winter’s Tale, IV, 1

Leonardo_Da_Vinci_-_Vergine_delle_Rocce_(Louvre)

À l’avant du tableau, la « scène du néant », comme l’écrit Shakespeare (sonnet 15) un siècle après que Léonard l’a peinte.1 Au bord de laquelle se tient l’enfant Jésus, et toute la scène. Léonard de Vinci a étudié obstinément l’eau, ses mouvements, ses tourbillons. Voici un autre tableau, après ceux que nous avons vus hier et avant-hier, qui donne à saint Jean une importance ici clairement et étrangement appuyée par le doigt de l’ange qui le désigne, lui le Baptiste, plutôt que le Christ – contre toute orthodoxie. Pourquoi ? J’y ai songé une bonne partie de la nuit. Pourquoi ce geste si insistant de l’ange, avec cette main démesurée pour renforcer l’indication ? Autant que je sache, depuis cinq cents ans, c’est une question, capitale, à laquelle nul n’a répondu. Mais ma « contemplation » m’a fait « faire temple » avec Léonard, pénétrer dans son temple, sa pensée, et le paysage s’est éclairci au fil de mon chemin.

On a souvent noté la sauvagerie inhabituelle en son temps des paysages des derniers tableaux de Léonard, la Joconde bien sûr et aussi la Sainte Anne (paysage dont il ne reste rien dans le Saint Jean). La Vierge aux rochers, peinte quelques années avant ces deux derniers, présente un plein cadre d’univers minéral. Léonard a écrit une belle page sur l’attraction de l’abîme, de la grotte. On distingue un pont à l’arrière-plan de la Joconde : seul témoin d’une humanité ou symbole métaphysique ? Le fait est que le peintre dans ces œuvres lie l’humanité et même la divinité à une nature immémoriale et immaculée. Dans ces espaces évoquant l’abîme du temps, sur ces scènes du néant, il peint l’humain dans son caractère éphémère et pourtant perpétué grâce à la génération et aux générations (explicitement figurées dans la Sainte Anne avec sa descendance) qui, par la grâce du Christ, arbre vert, remontent de la mort, de la « terre », au « ciel » (et nous avons vu le rapport de la Joconde et du Saint Jean avec cette Sainte Anne).

Revenons à notre question : pourquoi saint Jean ? Pourquoi est-ce lui qui nous est désigné par l’ange ? J’ai d’abord songé qu’il pouvait représenter le pont, la transition, celui qui prépare et ouvre le chemin. Il s’agenouille devant le Christ qui va emprunter ce chemin ouvert par lui, en faire l’épreuve, sauver ainsi l’humanité du gouffre au bord de laquelle elle se tient. Le Christ en retour le bénit, lui qui a ouvert cette voie qu’il va emprunter. Mais soudain le sens en moi a fait un bond en avant. « Enter Time ». La didascalie de Shakespeare s’est présentée à mon esprit. Saint Jean, le Baptiste, n’est-il pas la figure du Temps, qui coule et transforme toute chose, comme l’eau dans la vision d’Héraclite et de Léonard ? N’est-ce pas le Temps qui coule en cascade dans la Sainte Anne, dans le même mouvement que celui du Saint Jean ? Et n’est-ce pas, au bout de la remontée, comme l’eau remonte au ciel en nuées, ce que Rimbaud appellera « l’Éternité retrouvée » ?

Au fond de la Vierge aux rochers, se dresse sur la droite, au même endroit que le doigt dans le Saint Jean et que l’arbre dans la Sainte Anne, un grand monolithe pointé vers le ciel. À gauche, dans une autre trouée, s’amorce un chemin étrangement bordé de pierres levées, semblables à celles que des hommes dressèrent en des temps préhistoriques et que le peintre, certainement, ne connaissait pas. Mais l’Esprit, allié au Temps, le traverse et en fait un instant, éternellement présent.

1 Shakespeare dans le sonnet 15 parlait de « la vaste scène du néant ». Antonin Artaud, lui, affirme que « la scène est un lieu physique et concret qui demande qu’on le remplisse, et qu’on lui fasse parler son langage concret. » N’est-ce pas ce que firent les hommes dans l’espace des grottes ? N’est-ce pas cette « poésie dans l’espace » dont parle Artaud et qu’il veut retrouver lorsqu’il dit chercher « un théâtre qui (…) raconte l’extraordinaire, mette en scène des conflits naturels, des forces naturelles et subtiles, et qui se présente comme une force exceptionnelle de dérivation » (extrait de ma thèse)

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à suivre

Léonard de Vinci : la Sainte Anne au miroir du Saint Jean

 

sainte anneL’eau qui coule entre les rochers au pied de Sainte Anne peut faire signe baptismal vers une présence symbolique de Saint Jean, lequel figurait, enfant, sur le carton préparatoire du tableau. Mais cette indication discrète semble être l’arbrisseau qui cache la forêt, la présence éclatante de « l’ami de l’époux », comme se définit le Baptiste au chapitre 3 de l’évangile de saint Jean. La Sainte Anne et le Saint Jean produisent un effet miroir aussi monumental et invisible que la lettre volée dans la nouvelle de Poe.

saint jean baptisteVoyons les deux tableaux. Le mouvement de descente et de remontée y est le même, entre d’une part la tête du saint et son doigt, de l’autre la tête de la sainte (qui lui ressemble fort) et l’arbre. Un arbre figurant une juxtaposition de croix, avec ses branches horizontales de chaque côté du tronc, désigne le ciel comme le doigt de saint Jean, à travers la descendance de la sainte concrètement figurée par sa fille et son petit-fils (avec son agneau vivant comme doudou, à qui il sauve la vie après tout). Dans ce chapitre de l’évangile de Jean, ce dernier se compare donc à « l’ami de l’époux » : « il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux ». L’époux dans le tableau est celui qui tient Marie, cette fois symbole de l’Église (de l’assemblée des croyants ou de l’humanité dans une conception plus large), par les yeux et est tenu par elle. Tout cela est dans l’annonce du Baptiste, qui ajoute : « il faut qu’il grandisse, et que je décline ».

Le mouvement de déclinaison est figuré dans cette cascade de corps et de têtes, qui s’achève en élévation dans le grand arbre à l’horizon. En regardant les deux tableaux en miroir, il est possible de méditer aussi sur le sens du geste de saint Jean, son bras descendant et remontant. Lui-même, nous l’avons vu hier, est sorti du cœur de la Joconde, la Joyeuse. Que de joie. Pas de supplice de la Croix dans ces œuvres de Léonard, seulement de la vie très vivante et verte, comme l’arbre (dont la couleur a foncé au cours du temps, mais vert à l’origine). Léonard avait sa propre religion, laïque et exprimée dans le sourire le plus fameux du monde.

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Léonard de Vinci, la Joconde, Saint Jean Baptiste

jocondeBon, je vais parler de ces deux tableaux qui sont de très très loin mes œuvres préférées de Léonard de Vinci. Je ne vais pas dire aujourd’hui tout ce que j’ai encore trouvé sur la Joconde, mais ce que j’ai trouvé qui unit la Joconde et le Saint Jean Baptiste. Mais d’abord je veux dire, parce que c’est ma méthode, parce que c’est ainsi que j’ai trouvé ce que j’ai trouvé sur Rimbaud, par exemple, et dans tous les autres sujets et domaines, par communion, je veux dire que je me sens profondément proche, à ce stade de mon travail, de Léonard, infatigable chercheur capable de travailler sur ses dernières œuvres des années durant, au point de les laisser inachevées et pourtant vivantes et fascinantes au point que nous savons, avec ces millions et ces millions de visiteurs qui défilent et vont encore défiler au Louvre devant elles, pour le plus grand pèlerinage du monde toutes nations confondues et de l’histoire.

da-vinci-studies-of-embryossaint jean baptisteC’est ainsi que je travaille à mes œuvres en cours, sans me soucier d’avoir à les vendre, puisque comme lui je me trouve désormais libérée de cette contrainte (même si je suis fière d’avoir pu gagner ma vie et celle de ma famille, au moins deux décennies durant, uniquement de mon écriture, de mes livres pourtant poétiques et atypiques). J’ai voulu et j’ai fait en sorte, comme Léonard avec ses peintures, que mes œuvres produisent une attraction érotique sur les lectrices et lecteurs. Et de là, ancrés dans la terre, nous nous sommes déroulés dans un mouvement d’hélice, en attraction céleste, vers l’ineffable.

Voilà ce que j’ai à dire aujourd’hui : dans le corsage de la Joconde se dessine son sexe, grand pubis triangulaire, sombre, fendu (dans la fente des seins). Amorçant la torsion, elle en fait sortir le Saint Jean Baptiste, jaillissant de ses profondeurs obscures, tel un fœtus déployé hors de son enveloppe, hélicoïdalement, une résurrection d’elle-même transformée, à la façon dont tout dans la nature change et se transforme, désignant dans un geste à la fois spirituel et érotique le sens du verbe à venir, ou à rejoindre.

Toutes mes notes sur Léonard de Vinci sont ici.

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Expo du Cercle des Gobelins

Le Cercle des Gobelins et des Beaux-Arts a été fondé en 1910 par Gustave Geffroy, critique d’art qui avait fondé en 1889 le Cercle de Gyverny avec Monet, Rodin et Clémenceau. Voici quelques œuvres parmi celles que j’ai le mieux aimées dans l’exposition de cette année à la mairie du XIIIe arrondissement de Paris.

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expo cercle gobelins 1-minLa salle consacrée à l’artiste invité cette année, Laurent Corvaisier

*expo cercle gobelins 2-minPoulopoulos, « L’oiseau de rêve » et « Argos »

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expo cercle gobelins 3-minSous trois de ses faces… expo cercle gobelins 4-min« Minerve » expo cercle gobelins 5-minpar Marie-Christine Roth

*expo cercle gobelins 6-minAnnick Poiraud, « Le rêve » (avec reflets de la salle)

*expo cercle gobelins 7-minSophie Bosse, « Mémoire d’Orient »

*expo cercle gobelins 9-minNicole Mancuso, « Enfance »

expo cercle gobelins 10-minNicole Sadin, « Bleu pourpre »

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expo cercle gobelins 8-minChristian Hartmann, « Manhattan, le Whitehall Building »

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expo cercle gobelins 11-minNeumi Dudas Crepel, « Purple Doubt »

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En repartant, j’ai rencontré un M. Chat dans l’escalier

m chat-minAujourd’hui à la mairie du treizième arrondissement de Paris, photos Alina Reyes

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Avant ça, ce matin, entre mon yoga habituel et mon stage de Pilates, j’ai trouvé de nouvelles choses à propos de la Joconde, j’en reparlerai sûrement – et je compte aussi aller voir bientôt l’expo du Louvre évidemment, même si je renonce souvent aux grandes expos à cause de la foule. J’ai déjà écrit quelques réflexions sur la Joconde : mot-clé Joconde.

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(Rien) à voir à l’hôpital Sainte-Anne

Guy Leroux

Guy Leroux

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« Rien à voir », c’est le titre de l’exposition, parce que la commissaire se propose de montrer ces œuvres de patients de l’hôpital « sans qu’il y ait rien à voir de l’ordre de la psychopathologie », en invitant à y voir de l’art avant tout. J’ai respecté la demande de ne pas faire de photo de l’exposition, mais j’ai trouvé cette image de visage aux quatre pupilles en ligne, avec d’autres des œuvres qu’on peut y voir.

Ce fut une visite très particulière et sensible. Art brut, art de fous ? Art d’humains tout simplement. Comme le disait Dubuffet, inventeur de l’art brut : « Un art où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. » Je suis repartie avec le catalogue d’une précédente exposition, « Du visible à l’illisible », comprenant des reproductions de manuscrits, écrits et parfois aussi dessinés, et d’œuvres utilisant une écriture rendue illisible, comme celles des prières de Jill Gallieni à sainte Rita, patronne des désespérés, qui me rappelle ce que fait maintenant Stéphane Zagdanski. Et avec le DVD d’un film sur une artiste qui fut aussi un temps à Sainte-Anne et dont je reparlerai.

J’ai pris quelques photos de l’hôpital, qui ressemble à un cimetière, et où C215 a laissé un dessin de papillon. Et en sortant, tout près, à un coin de rue, une jolie œuvre de Street Art jouant avec la verdure crevant le béton.

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sainte anne 6 sortie-minCet après-midi à Paris 14e, photos Alina Reyes

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Art en ville, une question de regard

Je photographie sur mes chemins ce qui me paraît être ou faire art. Voici mes images d’hier et d’aujourd’hui, entre tags, exposition et autres visions.

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art en ville 1-minSur un mur, dans la rue

*art en ville 2-min

autour de la Sorbonne Nouvelle

art en ville 3-min

art en ville 4-min

art en ville 5-min

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art en ville 6-minSur le rideau de fer d’une boulangerie

*art en ville 7-minÀ la fenêtre d’un bureau

*art en ville 8-minPlace d’Italie dans un abribus, lendemain de Techno Parade & Gilets jaunes

*art en ville 9-minDans la cour de la Manufacture des Gobelins

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art en ville 10-minÀ la BnF, où j’ai travaillé aujourd’hui face à la forêt intérieure

*art en ville 11-min

À la Pitié-Salpêtrière, par où je suis passée au retour

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Et là c’est la lumière tombée d’un vitrailart en ville 26-minà Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

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Mobilier national

« En 1259 le roi [saint Louis], malade et se croyant près de mourir, adressa au prince Louis, son fils, cette exhortation que Bossuet appelait le plus bel héritage des fils de France :

« Biau fils, je te prie que tu te face amer au peuple de ton royaume ; car vraiment je ameraie miex que un Escot venit d’Escosse et gouvernast le peuple du royaume bien et loialement, que tu le gouvernasse mal à point et à reprouche. »

Charles Asselineau, in La forêt des poètes, éd. Pôles d’images, 2007

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J’ai visité cet après-midi le Mobilier National. Ainsi présenté sur son site :

« Héritier du Garde-Meuble de la Couronne, créé en 1604 par Henri IV et réorganisé en 1663 par Louis XIV, cette institution pourvoit à l’ameublement des hauts lieux de la République et des différentes résidences présidentielles.
Le Mobilier national a pour mission d’assurer la conservation et la restauration de ses collections, issue des achats et commandes destinés, hier aux demeures royales et impériales, aujourd’hui aux palais officiels de la République. Ces collections sont constituées de plus 130.000 objets mobiliers ou textiles.
Pour assurer la conservation de ses collections, le Mobilier national dispose de sept ateliers de restauration – tapisserie, tapis, tapisserie d’ameublement et tapisserie décor, menuiserie en sièges, ébénisterie et lustrerie-bronze – qui perpétuent une tradition et un savoir-faire d’excellence. »

Voici mes images :

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J’ai photographié l’entrée et son tapis rouge (sur lequel marcha la reine d’Angleterre !), déployé pour l’occasion, de sous mon parapluie, qui n’a pas empêché mes pieds d’être trempés en s’enfonçant dans le tapis gorgé d’eau.mobilier national 2-min

mobilier national 5-minDes centaines de meubles de toutes les époques y sont entreposés, en attendant d’être restaurés ou réutilisés

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mobilier national 3-min

mobilier national 4-min

mobilier national 8-min   mobilier national 7-minS’y trouve aussi en ce moment le tapis d’autel de Notre-Dame, en restauration après l’incendie

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Et les ateliers : menuiserie, restauration ou tissage de tapisseries et tapis, de lustres et horloges

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mobilier national 12-minBeaucoup de vieillot, peu de beau. Tant de choses n’y sont pas du meilleur goût, ou du moins pas du mien – je n’ai rien vu que j’aimerais avoir chez moi. Comme si les lieux de pouvoir étaient contraires à l’art, à la finesse, à la beauté.mobilier national 13-min

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Dans les réserves en sous-sol, encore des centaines de pièces d’ameublement.mobilier national 15-min

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mobilier national 17-min  mobilier national 19-min

En fait si, une chose m’a plu : ce carton de Kirstine Roepstorff pour une tapisserie à réaliser pour un château danoismobilier national 20-min

Ce paysage et ces personnages n’éveillent-ils pas l’imagination autour de quelque saga nordique ? C’est quand même autre chose que des tapisseries de tour Eiffel.mobilier national 21-min

   Même cette tapisserie réalisée à partir de photos de voyage de Tania Mouraud me paraît bien peu attrayante, à côté. Elle ne serait pas carrément moche, même ?mobilier national 25-min

On termine la visite par une salle dédiée aux apprentis formés sur place à tous ces métiers d’artisanat.mobilier national 26-min

mobilier national 27-minAujourd’hui au Mobilier National, photos Alina Reyes

Une autre fois, j’avais photographié la toute proche Manufacture des Gobelins, ses métiers à tisser et son exposition temporaire sur les bivouacs de Napoléon, sur son chemin d’assassin de masse. Comme le disait saint Louis, si on ne se montre pas digne d’être aimé de son peuple, mieux vaut laisser la place.

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