Un jour à Montmartre, et retour

J’ai commencé par une vue sur la Seine depuis le métro, en passant pont d’Austerlitz, j’ai fini par des vues de la ville depuis le bus, en rentrant. Entre les deux des conférences passionnantes sur le surréalisme à la Halle Saint-Pierre, et un tour assez rapide dans les rues de la butte, sous un ciel voilé par la pollution.metro-pont-dausterlitz

rue-montmartre

tags-porte-montmartre

gregos

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halle-saint-pierre

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fox

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rue-montmartre

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peace

chouette

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bonhomme

bieres

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ninin

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balai

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lumieres-de-la-villeaujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

voir aussi mes photos des toits de Paris aujourd’hui depuis la butte

et une autre de mes balades à Montmartre, en été

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Des hommes embourbés

À la recherche d’un manuscrit que je ne trouve plus sur mon ordinateur, je retrouve dans un autre .doc ces poèmes que j’ai écrits il y a deux ans semble-t-il.

nde ma série Masques

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Quand va mourir le porc
la terre puera-t-elle
un peu plus, un peu moins ?
L’odeur de son cadavre
pourrait-elle être pire
que celle de sa bauge ?
Une chose est certaine :
elle ne durera
pas beaucoup plus longtemps
et peut-être bien moins.

*

Des hommes embourbés
jusqu’en haut des mollets
pataugent et s’enfoncent
dans leurs membres pourris.
Leurs aïeux, dans le temps,
firent de grandes guerres,
ignobles déjà.
Les leurs sont aujourd’hui
mesquines et honteuses,
dissimulées, lâches
surtout.
Ils n’ont pas de charpente,
leur toit est cache-sexe
Ils n’ont ni jambes ni
colonne vertébrale
Pas de main que l’on puisse
en confiance serrer
Des paroles tordues
Des yeux dans lesquels nichent
des serpents.
Des hommes habillés
de bêtise et de morgue
des hommes pleins de mort
rampent avec des mouches
aux ventres gras partout
où ils trouvent pitance.
Ils cherchent les vivants
pour manger sur leur dos
Ils s’empiffrent en tuant
et crèvent dans leur faim,
à jamais dévorés.

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Beauté d’un quartier sans beauté

Heureusement il y a le street art, même le plus humble, et les chantiers, qui participent à rendre vivant et beau l’est du treizième arrondissement, où j’aime marcher et qui me rappelle un peu les villes d’Amérique du Nord, par son urbanisme et sa population.

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homme-et-oiseau famille leiga malpegados jerry-batista kra-ken toile-toile-toile tete-ouverte bouquet tour vous-etes-ici grues chantier les-impressionoureshier à Paris, photos Alina Reyes

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voir aussi mes photos des nouvelles grandes et belles fresques de street art dans ce quartier

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Journal et parole du jour

pin minaret-depuis-le-jardin-des-plantes bibliotheque-jardin-des-plantesaujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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« La vraie condamnation, et qui touche la commune façon de nos hommes, c’est que leur retraite même, est pleine de corruption, et d’ordure (…) Aucuns ou pour être collés au vice, d’une attache naturelle, ou par longue accoutumance, n’en trouvent plus la laideur. »
Michel de Montaigne, Essais III, II

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(actualisé) Les nouvelles fresques de street art dans le 13e

J’actualise cette note d’hier en y ajoutant cette fresque d’Invader que, toute à ma contemplation de la fresque d’INTI, j’avais oublié d’y ajouter, à la fin de mon parcours. Elle se trouve sur un bâtiment de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, côté boulevard Vincent Auriol. Je l’actualiserai de nouveau dès que je serai allée photographier aussi celle des deux nouvelles fresques de Shepard Fairey que j’ai manquée au début de mon parcours… en passant par ailleurs.

space-invaderInvader. C’est sa plus grande réalisation, toujours en mosaïque, à ce jour.  Et à côté du stéthoscope du Dr House, un petit Space Invader, bien sûr.

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Je suis allée malgré l’air pollué les admirer et les photographier. Il en manque une de Shepard Fairey, j’y retournerai et je l’ajouterai à la note. Et puis au cours du temps il y en aura d’autres, grâce aux artistes et à la politique du maire du 13e, Jérôme Coumet. J’ai beaucoup photographié depuis quelques années le street art dans le 13e, tags, graffs, fresques et autres, voir les mots-clés. Ces œuvres sont aussi visibles depuis la partie aérienne de la ligne 6 du métro, notamment le toit de l’école peinte avec les enfants.

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seth
Seth

*faile
Faile

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c215-et-obey C215, déjà ancien (le chat) et  à l’arrière-plan Shepard Fairey, alias Obey, qui en a fait une autre nouvelle, que je n’ai pas vue aujourd’hui mais que je retournerai photographiershepard-fairey *seth-et-faile-jpg
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ecole maternelle ecole-13e*

inti-et-metro INTIinti
inti-detail inti-refletphotos Alina Reyes

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Corbeaux cannibales

J’ai assisté à (et je suis intervenue dans) une scène sinistre cet après-midi. On pourrait croire à une parabole, mais non, c’était la réalité. En revenant de mon grand tour dans le 13e où je voulais aller voir les nouvelles fresques (ensuite je suis allée jusqu’à la Bnf, je donnerai d’autres photos dans quelques heures), j’ai traversé le Jardin des Plantes. Dans une allée déserte, j’ai entendu des croassements et vu dans la lumière déclinante un corbeau couché sur le dos, en train d’essayer de faire reculer un autre corbeau qui commençait à le becqueter. D’abord j’ai espéré que l’autre était en train d’essayer de l’aider à se relever. Mais non, décidément. Et déjà un autre corbeau s’approchait aussi, et rapidement, d’autres encore, qui commençaient à entourer le corbeau couché dans l’herbe, semblant incapable de bouger mais croassant et lançant son cou, sa tête et son bec en avant pour les faire reculer. Alors, du geste et de la voix, je les ai effarouchés. Ils sont tous partis comme un seul homme, et même le corbeau immobilisé s’est envolé de son côté.

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Mémoire juive en France, images d’une exposition – actualisée avec « Eichmann à Jérusalem »

J’actualise cette note sur une exposition vue aujourd’hui avec ces deux vidéos, l’une d’extraits du procès d’Eichmann, l’autre d’annonce d’une pièce de théâtre en train d’être montée, Eichmann à Jérusalem ou Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible. Extrait du dialogue : « Ce qui est en débat, ici, ce sont les arguments qu’ils ont utilisés pour se justifier face à eux-mêmes et face à d’autres »

On peut lire aussi mon texte sur la question du mal, notamment à travers Eichmann et sa banalité, comme Arendt le dit : ici même

http://dai.ly/ximebz

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expo-juifs-mairie-13e

expo-juifs-mairie-13e-2 expo-juifs-mairie-13e-3 expo-juifs-mairie-13e-4 expo-juifs-mairie-13e-5 expo-juifs-mairie-13e-6 expo-juifs-mairie-13e-7 expo-juifs-mairie-13e-8 expo-juifs-mairie-13e-9 expo-juifs-mairie-13e-10 expo-juifs-mairie-13e-11 expo-juifs-mairie-13e-12 expo-juifs-mairie-13e-13 expo-juifs-mairie-13e-14*

Quelques-uns des panneaux d’une exposition à la mairie du 13e en ce moment à Paris, tandis qu’en marchant dans la ville on voit partout sur les écoles des plaques portant les noms des enfants juifs arrêtés et déportés par la police française, et dans les rues, bien rares parmi la population, d’autres plaques à la mémoire de tel ou tel résistant fusillé sur place. Ne nous leurrons pas, les collabos sont toujours très largement les plus nombreux, prêts à se soumettre à la propagande et à servir le mensonge et la mort dès que l’occasion, d’une façon ou d’une autre, contre tel ou tel groupe humain ou telle ou telle personne, se présente. Certains trahiraient même leurs enfants.

connais-toi-toi-meme

De la lecture

1« le visage tourné », acrylique sur toile 45×35 cm

(comme Montaigne, j’aime monter à cheval !)

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J’ai lu Montaigne il y a fort longtemps, et seulement en partie, par moments et par fragments, un peu comme je lisais le Yi King. Et maintenant que je commence tout juste à lire le troisième livre des Essais, dans la continuité pour préparer l’agrégation, alors que je n’en suis qu’aux premières pages, cette nuit j’ai été empêchée de dormir par les phrases qui me venaient impérieusement pour écrire sur ce texte, cet homme, comme si je le connaissais. Je vais essayer de terminer le livre avant d’écrire un article dessus mais en effet, sans doute, même si je n’en sais plus rien, je le connais, intimement. Quand vous lisez les livres comme si vous faisiez l’amour avec, ils vous entrent dans le sang, ils habitent en vous, même si vous êtes incapable d’en citer une phrase, de vous en remémorer le contenu, même s’il ne vous en reste qu’une impression, une intuition, une proximité oui toute charnelle, de même que vous pouvez connaître un amant même si vous ignorez son nom et à peu près tout de son existence.

Les mauvais livres vous entrent-ils aussi dans le sang, pour vous détériorer ? Je pense plutôt que, dépourvus de profondeur, ils sont également incapables de vous pénétrer en profondeur. Et je pense aussi que si vous n’êtes pas vous-même ouvert en profondeur lors de la lecture, de même que vous ne sentirez pas les parfums si vous portez un masque, vous ne sentirez pas, vous ne recevrez pas, tout ce que les grands textes ont à donner et implanter en vous. Être ouvert en profondeur pendant la lecture ne signifie pas nécessairement être très attentif au sens et à la forme, même si cela peut donner beaucoup de fruit ; parfois une lecture apparemment distraite, effectuée tout en pensant par moments à autre chose, peut agir extraordinairement aussi, de par la grâce de votre lâcher-prise et la puissance du texte.

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E.T. & graffs & bâtisseurs de l’imaginaire

e-tgraffange
ces jours-ci à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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J’avais l’intention d’aller cet après-midi à Montmartre, notamment à la Halle Saint Pierre voir les films sur les Bâtisseurs de l’imaginaire présentés par Claude et Clovis Prévost à l’occasion de la réédition de leur livre (pour le côté intérieur, peut-être faudrait-il y ajouter Nathalie Lopizzo ?). Mais hier soir, au retour de la Sorbonne, j’ai marché dans Paris et à cause de l’intense pollution je suis rentrée avec une migraine tenace, qui continuait ce matin. Je vais donc éviter de marcher aujourd’hui, d’autant que quand je suis à Montmartre il faut que je me balade, que je grimpe rues et escaliers… c’est le premier quartier où j’ai vécu à Paris, c’est aussi celui où, en rêve, je me suis baladée une fois morte, bienheureux fantôme ou esprit. Quand même, la pollution tue : si c’est bon d’avoir des fantômes en ville, il faudrait aussi y conserver des vivants, et qui ne soient pas empêchés d’y faire du sport sans sacrifier leurs poumons ! Vite, de plus en plus de transports en commun et non polluants, et de moins en moins de voitures !

« Quelque part entre les chênes à Beauregard, un homme a dés-
habillé le sol de sa terre. Dix-neuf années durant, Roger Rousseau
s’est laissé guider par les formes, la profondeur et le langage de la
roche. « 

Nouvel agenda

Comme les années précédentes, j’ai acheté un agenda à 2 euros, et pour qu’il soit beau je l’ai transformé avec de la peinture (vernie) et des collages.

agenda-1
agenda-2 agenda-3 agenda-4*

« Dans le développement du vocabulaire d’une langue, certains facteurs externes, comme l’innovation technique ou la création de nouveaux systèmes de pensée, jouent un rôle important. »

Jacqueline de Romilly, Petites leçons sur le grec ancien

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Maintenant que j’y travaille, je comprends que réduire administrativement le temps d’une thèse à trois ans est une aberration. Un travail vraiment important peut prendre beaucoup de temps, et il n’y a pas à le limiter. J’ai confiance en mon travail.

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