Les preuves arrivent

tout à l'heure au coin de la rue Mouffetard, photo Alina Reyes

 

Jusque là j’avais passé beaucoup de temps à me documenter sur Internet, à propos de ces caricatures dans Charlie Hebdo, sur ce qu’est devenu ce journal, à quelles idéologies il renvoie, et comment ces forces du mal sont à l’œuvre, de façon ouverte ou occulte, dans une intelligentsia souvent athée mais se rapprochant de ses racines chrétiennes par stratégie, dans un combat délirant contre l’islam.

Et puis ce matin j’ai pu aller à la bibliothèque, qui réouvrait, pour y consulter les Charlie Hebdo qui s’y trouvaient : les quinze avant-derniers, celui des caricatures de Mohammed n’y étant pas. Qu’y ai-je trouvé ? Une intense propagande islamophobe, et aussi raciste.

J’en suis sortie à plus de treize heures, ces vieux cons m’avaient coupé l’appétit. Bon, marcher m’a fait du bien, écrire ces mots aussi, je m’en vais me faire un sandwich au fromage et je me remets au travail. J’ai beaucoup de documentation à mettre en ordre pour en faire un texte, dès que c’est fait je reviens.

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Vert

Asia dans notre forêt, photo Alina Reyes

 

Qui se soumet au monde pour avoir la paix, sème la guerre.

On dirait que tout le monde a peur de l’amour.

L’amour n’est pas le monde, l’amour est Dieu.

Le vert et le blanc à la montagne furent mes amis vivants, qui me rendirent vie, nous sommes liés comme le coeur et le sang.

Les hommes, ça les embête beaucoup, une femme qui a plus de courage qu’eux.
Pourtant c’est si souvent le cas.
Alors ils mentent.

Il ne faut pas s’inquiéter, pour les tenues sombres de certaines musulmanes. C’est juste le signe du passage. Il faut qu’il se fasse, ça passera, la couleur reviendra.

Elles font comme fit la femme qui versa de l’huile sur les cheveux du Christ, lui seul comprit qu’elle rendait ainsi hommage à l’homme qui va mourir. Elles portent le deuil de notre monde et gardent à l’abri la petite flamme qui le fera revivre.

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… Je continue à me renseigner sur l’idéologie qui anime Charlie Hebdo depuis des années, cela m’entraîne assez loin mais nous avons toujours rendez-vous pour l’article qui vient… à bientôt !

 

Quand la police arrose le sable mouillé

Je suis partie au Jardin des Plantes, mais…

l’entrée devant la Mosquée était fermée et fort gardée…

j’ai donc fait le tour…

en profitant de l’occasion pour faire des photos dans la rue…

houlà !

une fois dans le jardin, voilà qu’ils arrosaient sous la pluie les grandes allées, tout de leur long, pour qu’on ne les emprunte pas… puis y avait tout un tas de policiers en habit vert comme des jardiniers, mais alors en plus costauds et avec des talkie-walkies… j’ai pas pu me retenir de rire en avançant vers eux, alors j’ai fait des photos en leur adressant des sourires très niais, pour qu’ils voient bien combien j’étais stupide et cessent de me regarder avec suspicion…

hop, je me suis envolée au-dessus d’un palmier…

puis je suis allée contempler les pierres, si belles mouillées…

oui oui elles parlent elles aussi !

je me sentais si intensément joyeuse… ça y est, je me suis dit sous ma capuche, je suis un Pèlerin d’Amour !

arrivée à la maison, soudain, eurêka ! j’ai su comment il faut faire pour contrer Charlie Hebdo en justice avec ses caricatures ! ils ont faux, je vais le montrer, c’est simple !

Quelle belle journée, encore. Que la joie vous saisisse et vous garde !

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Dictionnaire, noble serviteur du Maître

 

Et voilà que j’ai investi dans le dictionnaire Kazimirski. Je suis allée direct à la petite librairie qui est en face de la mosquée, j’ai dit bonjour je suis allée direct au fond, où sont les dictionnaires, je les ai regardés, je l’ai pris, malgré le prix. La belle dame au cheveux bellement voilés m’a dit que j’avais de beaux cheveux gris puis elle m’a appelée belle dame. C’est surtout que je suis la plus heureuse du monde. Je suis repartie avec mon trésor, les deux lourds tomes se balançant joyeux au bout de mon bras, puis de l’autre. À la maison j’ai ouvert le premier au hasard, j’ai fait la photo (vous pouvez cliquer pour l’agrandir et voir la merveille).

Je reviens bientôt avec les cinq premiers versets de la sourate 96 et la sourate 114. Que la brise de l’esprit vous garde doux et joyeux !

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Belphégor

photo Alina Reyes

 

J’allais parler partout où l’on me demandait en refusant tout cachet, le falsificateur s’est mis à m’y tendre des pièges, j’ai cessé de le faire. Je voulais préparer ma confirmation, la falsification s’y est mise, je suis partie. Je voulais être bénévole dans une association de la paroisse, la falsification s’y est mise, je suis partie. Je voulais aller de temps en temps au monastère, la falsification s’y est mise, j’ai cessé d’y aller. Je voulais aller de temps en temps à la messe, la falsification s’y est mise, j’ai cessé d’y aller. Je voulais m’informer sur les sites internet chrétiens, la falsification s’y est mise, j’ai cessé d’y aller. Je voulais publier un grand livre chrétien et fonder un ordre monastique, la falsification s’y est mise, j’y ai renoncé. Je regardais du moins des émissions à la télé catho, la falsification y perdure, je ne la regarderai plus. Eh bien voilà, je crois qu’il ne reste plus rien ! Même plus un désir de faire tout cela dont j’ai été chassée par la falsification.

Enfin, les livres et l’Ordre, si. Mais bien plus tard, quand ils ne risqueront plus d’être abîmés par la falsification qui me ferait encore partir. Et l’Ordre sera bien indépendant de toute institution, comme il est d’ailleurs dit dans sa règle que j’ai toujours eu l’intention de respecter – même si elle évolue d’ici-là, ce point ne pourra pas changer.

La vie contemplative peut déployer une immense puissance dans le temps et ce que je vais faire dans ces mois qui du coup me sont libérés, finalement pourra être encore plus bénéfique qu’une action immédiate. J’ai absolument confiance et je suis extrêmement heureuse de ce qui s’annonce et vient.

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Une si belle journée

tout à l'heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

 

En train de préparer ce qui va nous occuper maintenant, une lecture du Coran. Passionnant. Nous allons faire un grand voyage ! Je lis en traductions françaises mais je commence en même temps à apprendre un peu d’arabe pour pouvoir ensuite aller voir le texte, comme je l’ai fait avec l’hébreu pour la Bible. Nous commencerons par « voir » la première sourate, qui ouvre aussi les prières. Si vous voulez vous pouvez commencer à la lire et l’écouter ici, en attendant.

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Harmonie, clarté

photo Alina Reyes

 

Il est des êtres, nombreux, que rien ne peut salir. Il n’en est aucun que rien ne peut laver. Mais les plus nombreux sont ceux qui refuseront toujours d’être lavés. Pris à leur propre piège, comme dit Nora à propos d’une histoire qui ne touche pas seulement quelques intellectuels stupidement agités dans leur landerneau – Épicure a raison, seuls les justes demeurent en paix – mais qui est à l’image de la fin de tout un monde, le leur, celui de nos élites assises depuis plus de cent cinquante ans sur leur bourgeoise position, et qui sont en train de sombrer avec tout leur système. Tous ne verront pas la fin, mais tous savent déjà qu’elle vient.

Dans les dernières pages de mon roman Forêt profonde, Notre-Dame est redevenue, après un temps de ruines, une église vivante, et le Sacré-Cœur est devenu une mosquée. Je ne crains ni l’islam ni l’immigration, je crois au contraire que l’un et l’autre sont une chance pour notre foi exténuée et pour notre vieux monde devenu impuissant, stérile, incapable de se renouveler. Rien ne se fera aisément bien sûr mais cela se fera, il ne peut en être autrement. Que l’arbre desséché ne nous cache donc pas la forêt vivante qui se tient, encore touffue, désordonnée et non sans dangers, mais riche de vie en train de surgir et se développer, prête à renouveler la face de nos tristes pays, continents, monde.

Tout ce qui était vivant de notre passé vivra, connaîtra une nouvelle jeunesse, et enfin un nouvel amour : avec le temps venu, qu’il épousera. Soyons souples, laissons les impasses et continuons d’évoluer toujours dans ce que veut la vie. Que le désir d’une harmonie jusque-là inouïe nous guide dans notre travail, notre préparation du berceau de ce temps qui s’annonce. Voyons clair, soyons courageux et heureux.

Je reviens bientôt avec une nouvelle rubrique, consacrée à approcher le Coran.

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Foi

J’ai beaucoup donné pour les chrétiens, même s’ils n’ont encore rien reçu. Beaucoup de parole, de livres (les deux derniers, de loin les plus importants, ne se trouvent que sur ce site, en version numérique), de combats. Pour le moment je ne peux rien faire de plus, eux-mêmes m’en empêchant. Je pense avec amour en particulier aux chrétiens du Moyen Orient, victimes de la folie des occidentaux, entre autres. Je suis avec eux de tout cœur, et nous finirons par être ensemble sur cette terre.

Maintenant je veux travailler aussi pour les musulmans, et pour tous les hommes. Frères, nous ne perdons rien pour attendre, ayez confiance, je vous donne ma vie que Dieu est et qu’il est présent et agissant, même si plus personne dans le monde mondain et ses institutions n’en a le moindre sens.

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En écrivant le douzième

 

À vivre par, avec et dans le mensonge, ils pourrissent, ils pourrissent, et tous les hommes sensés quittent leur barque en décomposition, et elle tombe en poussière.

Partons sur un bouchon de liège par les eaux claires.

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un extrait du Onzième livre :

 

Je ne suis pas de cette Église. Je suis avec le peuple des pauvres en esprit.

Qui préfère le diable à Dieu, ne finit pas en Dieu. Le temple romain va tomber.

Vieux anges déchus, outils parmi d’autres des puissances révélatrices de Dieu, venu purifier son peuple.

Le souffle monte en moi, doux, nerveux, vivifiant, le souffle se dresse en moi, frémissant de mots à venir, à jaillir pour la vérité du monde.

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De l’obscène et du tendre

à la cathédrale de Nantes, photo Alina Reyes

 

Telle écrivaine écrivant dans la presse – sans correcteur sa langue flirte avec l’incorrect, mais elle plaide l’impensée correcte et les confrères, et les consœurs,  la soutiennent connement : haro sur le baudet stylé !

Obscénité : un quotidien assoiffé de gros sous insulte et suce un milliardaire, en gros plan sur les kiosques.

De mon côté, dans mon jardin, en train d’écrire un petit livre pour apprendre aux enfants petits et grands à rire le français – exultant !