être

en Turquie. Photo Alina Reyes

 

Que la langue déferle à la lèvre de l’être,
Qu’elle abreuve les soifs, qu’elle lave les plaies,
Qu’elle prenne d’amour les hommes et les féconde !

Qu’elle baigne les corps qui s’apprêtent à naître,
Qu’elle ouvre les regards, que montent dans les baies
Les larmes et les chants qui consolent le monde !

Qu’approche le pays dont l’amour est le maître,
Que s’animent les cieux, que vienne la nuée
Nous rendre à la lumière, et que la grâce abonde

Aux bordures du temps où nos yeux se pénètrent.

 

Écoute

à Nîmes. Photo Alina Reyes

 

Murmure ardent du métronome de la pluie

descend. La vie plus douce, plus immensément

baleine que toute contrariété du temps

déploie son arc-en-ciel dans le pur cœur de l’ouïe.

 

« Je vous ai modulé cela afin qu’en moi

vous ayez pleine paix. Ayez confiance, moi

j’ai vaincu le monde », nous rappelle le ciel,

saveur en nos membres de gingembre et de miel.