*
J’ai fait ce dessin au crayon et au stylo cette nuit, après une après-midi et une partie de la soirée passées à méditer sur Léonard de Vinci. Le matin, j’étais allée à la danse. À la fin du cours, l’une de nous a craqué, à cause de la fatigue due aux traitements anticancéreux. La prof lui a fait un câlin et nous a invitées à nous y joindre, ce que nous avons fait, un bon moment, formant un cercle d’amitié, têtes contre têtes, corps contre corps. Ensuite j’ai marché dans le dédale de la Salpêtrière puis à la sortie de l’ascenseur, côté Pitié, j’ai vu un petit attroupement et entendu un employé de l’hôpital demander à la cantonade si quelqu’un parlait anglais. Je me suis proposée, et il m’a confié un petit homme sans âge, qui ne parlait que quelques mots d’anglais, avec un accent qui le rendait difficile à comprendre. Finalement j’ai compris qu’il voulait aller à Lyon. Il avait dû entrer dans l’hôpital par erreur et s’y perdre, ou bien pour y demander son chemin. Je lui ai expliqué comment se rendre à la gare de Lyon, où prendre le bus, tout près de là. Je voulais l’y accompagner mais il était un peu sauvage, vraisemblablement un migrant africain pour qui le monde est dangereux ; il est parti. J’ai marché derrière lui pour voir s’il ne se trompait pas, et si, il se trompait, il s’en allait à droite comme je le lui avais dit, mais sur une route encore à l’intérieur de l’hôpital. Je l’ai appelé, rattrapé et accompagné sur le bon chemin. Il est parti, seul, pauvre, avec si peu de langue utile ici, et son petit sac dans le dos.
*

Dans la brume matinale, apparition féérique du château de Chambord

Un poêle immense, où l’on pourrait brûler un arbre entier !
Le lettre de François 1er et son emblème, la salamandre
Je trouve à ce roi une riante allure de Gascon, qui rappelle l’esprit de Montaigne

L’escalier à double révolution inspiré de Léonard de Vinci : deux hélices entrecroisées qui ne se rencontrent jamais : à gauche sur l’image, l’arrivée de l’un, à droite, celle de l’autre


la couronne
Beaucoup de murs du château sont couverts de graffiti, souvent anciens ou très anciens. Jean de La Fontaine et Victor Hugo feraient partie de ces centaines de tagueurs. « J’ai visité Chambord. Vous ne pouvez-vous figurer comme c’est singulièrement beau. Toutes les magies, toutes les poésies, toutes les folies même sont représentées dans l’admirable bizarrerie de ce palais de fées et de chevaliers. J’ai gravé mon nom sur le faîte de la plus haute tourelle. », écrivit en 1825 Hugo à son ami, le poète Saint-Valry.


*











la chambre de Léonard
son atelier
son cabinet de travail
avec son cabinet de curiosités
la salle à manger
la cuisine
toute une partie du castelet est dédiée à la reconstitution de ses multiples inventions scientifiques et technologiques époustouflantes
La silhouette de Léonard dans le souterrain de 700 mètres que François 1er avait fait creuser entre le château royal d’Amboise et le Clos Lucé, et par où il rendait visite chaque jour au génie
Puis nous descendons au jardin et dans le parc, où ont été également reconstituées, et intégrées harmonieusement dans la nature, plusieurs de ses machines fantastiques. Leonard est clairement le génie du mouvement.


Je photographie mon reflet dans le panneau qui protège son moulin à eau

O fait tourner l’hélicoptère inventé par Léonard





étude du corps et nature
photos Alina Reyes




Cet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes
En arrivant à pied depuis la gare, deux majestueuses frégates dans le port au milieu des catamarans qui s’apprêtent pour la Route du Rhum
Et Chateaubriand, enfant de Saint-Malo
Aspirer l’iode à pleins poumons

Avant de poursuivre la balade, allons déposer nos bagages à l’hôtel, près du château
« Toujours fidèle », j’aime cette devise. Il suffit de savoir à quoi, à qui et comment être fidèle

L’hermine, symbole de la Bretagne, ponctue les pas des visiteurs
L’ancien marché aux poissons
La maison où est né Chateaubriand
Halte petit-déjeuner dans l’agréable Café de l’Ouest
La vieille ville nous rappelle Édimbourg

Dans cette maison est né Surcouf, nous a dit un habitant
Nous montons sur les remparts
Et voici Surcouf
Nous rejoignons l’îlot, accessible à marée basse, où repose Chateaubriand

Puis nous reprenons le tour des remparts
Une nageuse courageuse




















Sur la plage, le long des remparts, une forêt de troncs couverts de graffitis

Je ferai une note à part avec mes photos de la plage, du sable, des rochers, des coquillages…
Retour à l’intérieur des remparts

Toujours avec O








Nous entrons dans la cathédrale
Le peintre Arcabas et le sculpteur Étienne y ont créé un magnifique mobilier d’église inspiré bien sûr de la Bible (les animaux des quatre évangélistes aux coins de l’autel) mais aussi de l’art celtique antique
Retour à l’air libre
Sur le mur au-dessus de la brasserie où nous mangeons délicieusement. Puis nous longeons de nouveau le port pour retourner à la gare
Prochaine note : mes photos du sable, des rochers, des coquillages…




Aujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes