Saison des impôts
Je regarde le facteur
mi-figue mi-poire
*
Les gens promènent
les restes de leur bronzage
au moindre soleil
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Rentrée des classes
Des étudiants sur des marches
mangent leur sandwich
*
Saison des impôts
Je regarde le facteur
mi-figue mi-poire
*
Les gens promènent
les restes de leur bronzage
au moindre soleil
*
Rentrée des classes
Des étudiants sur des marches
mangent leur sandwich
*
L’abeille butine
près de la ruche bien pleine
les dernières fleurs
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Un têtard tardif
métamorphose en la mare
l’automne en printemps
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Revenue du nord
la grive danse dans l’air
Les figues l’attendent
*
La saison change
Sur le lac un cygne noir
miroir du soleil
*
Oiseaux migrateurs,
ils transportent la lumière
d’une terre à l’autre
*
Nuit tombée plus tôt
Ses oiseaux invisibles
autant que le jour
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Dans le pré l’âne
Dans mon sac les châtaignes
glanées sous l’arbre
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Au-dessus des prés
les bruyères flamboyantes
puis la roche nue
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Troupeaux des nuées
plus rapides sur les cimes
qu’en bas les brebis
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Fruits parmi ses fruits,
dans les branches du pommier
oiseaux et enfants.
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Poissons rouges, eau verte
L’arbre aux feuilles roussissantes
Son reflet y bouge
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Le jus des mûres
sur les mains du jardinier
mouille la terre
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Mosquée de Paris et Jardin des Plantes, tout à l’heure, photos Alina Reyes
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cet après-midi au jardin des soeurs de l’Adoration, Paris, photo Alina Reyes
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Dans l’histoire comme dans la nature, certaines choses qui paraissaient devoir durer toujours parfois s’effondrent ou se transforment d’un coup. La vie de l’être est bondissante. Ce qui nous semble présent est déjà passé. Ce qui nous semble futur incertain est déjà né. La vie est violemment adorable.
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Le 14 septembre dernier, il a trouvé un sac contenant quarante mille dollars. « Je suis extrêmement religieux, Dieu a toujours très bien pris soin de moi », a déclaré Glen James, le sans-abri de Boston dont l’extrême honnêteté a ému le monde. C’est un pauvre Noir doux et long, comme Francis K, qui donne à qui la veut la clé de l’éternité.













tout à l’heure à Paris 5e, photos Alina Reyes
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Poires, noix, raisins,
Surabondantes corbeilles,
piques des châtaignes
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Lever du soleil
debout dans les champignons
cueillis pour la ville
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Étals, fruits des vignes,
fruits des bois, fruits des vergers,
le sang monte aux joues
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En bas dans la cour
La très vieille dame monte
Six marches de pierre
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Ciel gris sur les toits
Debout à la fenêtre
Un être aux yeux d’or
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Ailleurs vignes vierges
rougissent le long des murs
dans des cours secrètes
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Plus longues les nuits
Minuscules les étoiles
Toujours dans le ciel
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Plus fraîches les nuits
Si ardentes les étoiles
Pourtant dans le ciel
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Si douces les nuits
Marchant sur la Voie Lactée
Vers le nouvel an
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