Grand cerisier en fleur, merle, canards, perruche

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« On peut imaginer des histoires sans suite, mais cependant associées, comme des rêves. Des poèmes, qui sont simplement sonores et pleins de mots éclatants (…) la nature est si purement poétique, comme la cellule d’un magicien, d’un physicien, une chambre d’enfants, un grenier, un entrepôt, etc. »

Novalis, Fragments, traduits par Maeterlinck

cerisier en fleur 1

cerisier en fleur 2

cerisier en fleur 3

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merle

canards

perruchecet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

(les perruches à collier, arrivées accidentellement par avion il y a plusieurs décennies, se sont très bien acclimatées à l’Île-de-France et y vivent à l’état sauvage)

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Le bestiaire botanique d’Izumi

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C’est une joie assez comparable à celle des enfants à la recherche d’œufs de Pâques dans le jardin que de parcourir certaines allées du Jardin des Plantes en quête des très gracieux dessins d’Izumi. Son trait élégant et sa vision ravissante mêlant le végétal, l’humain et l’animal réjouissent et même réparent, comme les vertus médicinales de certaines plantes. Sans doute n’ai-je pas vu tous ses panneaux – si j’en trouve d’autres d’ici la fin de l’exposition, le 4 juin, je les ajouterai à cette note.

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izumi 7Cet après-midi au Jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

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pour en savoir plus sur cette artiste : aller sur le site d’Izumi

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Au Jardin des Plantes. Quelques réflexions à partir de Kafka et de Stephen Hawking

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jardin des plantes 1*

J’ai fait un tour, puis je me suis assise sur un banc au soleil, face à la pelouse autorisée, avec la bibliothèque où j’allais ensuite travailler à l’arrière-plan, et encore derrière, la mosquée. J’ai commencé à relire L’Amérique de Kafka. Le jeu des reflets dans le texte m’a encore fait penser à la beauté polysémique du mot réflexion. J’ai pensé à Stephen Hawking. Comme les médias ont insisté encore, à sa mort, sur le fait qu’il était gravement handicapé. J’ai lu quelque part que cet homme représentait une victoire de l’esprit sur le corps. Quel manque de réflexion. Comme si l’un et l’autre étaient séparables. La vision d’une dualité entre l’esprit et le corps est symptomatique de la mentalité religieuse, qu’elle vienne d’athées ou de croyants. De même la croyance dans une séparation entre l’athéisme et la foi. Ces choses ont tout à voir, comme dans un miroir. C’est pourquoi Stephen Hawking, qui se disait athée, n’hésitait pas à conclure son livre Une belle histoire du temps sur une évocation de « la pensée de Dieu » (cf note précédente).

Et donc les médias ont encore une fois exposé le sensationnel handicap de ce savant. Comme pour conjurer la peur de l’homme moderne de se trouver réduit à l’infirmité, de se voir devenu infirme sans le soutien de la technologie, de ne pas savoir faire de la technologie son alliée, de la voir esclavagiser l’humain décorporé, trimballant, esprit supérieur qu’il se croit, un corps fardeau, un corps idiot, un corps marqué par le péché qu’il lui faut torturer, torturant ainsi également l’esprit et tout le vivant. Stephen Hawking cherchait à trouver le trait d’union entre les lois de l’infiniment petit et celles de l’infiniment grand. Stephen Hawking savait que « la pensée de Dieu » est celle que l’homme cherche dans le miroir, la réflexion. Plutôt qu’un flambeau, Franz Kafka au début de L’Amérique place dans la main de la statue de la liberté une épée. « On eût dit que le bras qui brandissait l’épée s’était levé à l’instant même, et l’air libre soufflait autour de ce grand corps. » (trad. Alexandre Vialatte)

 

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jardin des plantes 8mercredi après-midi au Jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

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La dessinatrice

dessinatrice

dessinatrice

Elle était en train de dessiner un arbre au crayon dans le jardin alpin du jardin des Plantes. Les deux fillettes dessinaient et peignaient sur des feuilles par terre. Un homme en passant s’est arrêté pour observer le feuillage de ce sequoia (metasequoia glyptostobroides, arbre découvert récemment, en 1941 – celui-ci est né en 1948, venu d’Amérique ; il reste probablement encore des arbres à découvrir). Aujourd’hui à Paris, photo Alina Reyes

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Festival de tournesols et humanité universelle

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tournesol

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tournesol 8

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« À mesure que l’homme progresse dans la civilisation et que les petites tribus s’unissent pour former de plus larges communautés, la raison seule recommanderait à chaque individu d’étendre ses instincts sociaux et sa sympathie à tous les membres de la même nation, même s’il ne les connaît pas personnellement. Une fois atteint ce point, seule une barrière artificielle pourrait empêcher cette sympathie de s’étendre à tous les hommes de toutes les nations et de toutes les races. »
Charles Darwin

boite lettres aujourd’hui devant et dans le Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Lotus roses, nymphéas rouges, chardon blanc, roses mouillées (et résultats de l’agreg)

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jardin 1 lotus rose

jardin 2 lotus roses

jardin 3 nymphéas rouges

jardin 4 nymphéa rouge

jardin 5 chardon blanc

jardin rose mouillée 1

jardin rose mouillée 2

jardin rose mouillée 3

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jardin rose mouillée 5hier au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Les résultats de l’agrégation de Lettres modernes viennent de tomber. J’ai obtenu des notes correctes  en grec (je tenais à passer le grec plutôt que le latin, parce qu’il est important qu’il y ait des candidats en grec) : 10,75 ; et  en anglais : 13, 5. Ailleurs piètres notes, sans doute mes lectures ne sont-elles pas académiques (je n’ai pas suivi de préparation et je ne tiens pas à abandonner ma façon de penser) mais tant pis, j’y tiens, elles valent. J’ai raté la leçon, l’épreuve au plus fort coefficient ; je suis tombée sur une explication littéraire de Montaigne, alors que j’aurais tant aimé faire une vraie leçon, correspondant mieux à mon esprit d’analyse et de synthèse (et surtout, sans doute, le jury m’a fait payer le fait que j’ai refusé d’accepter la lecture classique voyant dans ce texte un Socrate christique, j’en reparlerai dans une note ultérieure en retranscrivant la leçon que j’ai donnée). Et puis et puis… « Refusée », donc.

Bah

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Et maintenant les poules d’eau couvent, et autres merveilles de la vie des animaux

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jardin 1 poule d'eau couve

La semaine dernière je les ai photographiées en train de s’affairer à bâtir le nid, aujourd’hui je trouve le couple en train d’attendre un heureux événement : l’une couve, l’autre continue, à un rythme beaucoup plus tranquille, à aller chercher des herbes sèches et des feuilles mortes qu’elle rapporte à la couveuse, bec à bec. Cette dernière, sans bouger, les ajoute au nid autour d’elle, et sans doute elles se relaient, car lorsque je suis repassée une ou deux heures après, elle était dans l’autre sens – difficile de les distinguer, car les deux sexes sont semblables.

Dans le bassin, des petites grenouilles vertes et beaucoup de crapauds « alytes accoucheurs », dont j’ai vu l’accouplement l’autre jour : le mâle enlace la femelle par les hanches, par derrière, de façon qui ressemble beaucoup à celle des humains, mais en fait ses mouvements sont un massage destiné à faire pondre la dame crapaud : aussitôt que les œufs sont sortis, le monsieur crapaud les féconde et rassemble le cordon d’ovocytes entre ses chevilles. Lors de l’éclosion, il s’immerge pour que les têtards naissent dans l’eau.

jardin 2 grenouille

jardin 3 poule d'eau compagne

jardin 4 poule d'eau au ventil soufflait une jolie brise qui faisait voleter ses plumes tandis qu’elle s’en allait chercher des herbes

jardin 5 poule d'eau herbe au bec

puis les rapportait à sa compagne

jardin 6 poule d'eau buisson

jardin 7 grenouille,

jardin 8 libellule

cette magnifique libellule semblait me regarder sans crainte de ses yeux ronds pendant que je la photographiais

jardin 9 nenuphars

je suis allée voir aussi les autres bassins

jardin 10 bassin

jardin 11 bassin,

et un peu plus loin j’ai contemplé cet ail, tout étoilé

jardin 12 ail

aujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Journal de mon corps et âme

iris 9,

L’œuvre sublime de Bach est ici donnée par l’English Concert et son chœur, ensemble baroqueux dirigé par Harry Bicket, donc jouée sur des copies d’instruments anciens, tels qu’ils étaient à l’époque de Bach

 Chantée aussi par ces troupes d’archanges que sont les iris ?

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iris 10Fantasques, baroques, musicaux, aujourd’hui au jardin des Iris du jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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