Tags, clip, couleur au plein air vs le ventre des Mimis

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ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Les secrets qui scellent les pouvoirs sont de misérables secrets – c’est parce qu’ils sont misérables qu’ils sont secrets, et c’est parce qu’ils servent à sceller qu’ils sont de si mauvais secrets, aussi infectés que des kleenex partagés par des bandes de pestiférés. Dans leur livre Mimi, sur Mimi Marchand, « papesse des paparazzis, gardienne des rumeurs », qui se fit photographier faisant le V de la victoire derrière le bureau présidentiel au lendemain de l’élection de Macron, les auteurs évoquent ces « rouages obscurs où se terrent les secrets et où se négocient les alliances qui les préservent. Dans le ventre cliquetant de la machine ».

C’est dans ce ventre cliquetant que se trament les récupérations de certain·e·s Gilets jaunes. Et personne n’est dupe. Qu’importe, ce ne sont là qu’épiphénomènes, capables tout au plus de retarder de quelques instants le flux de l’Histoire, qui va et ira toujours son cours, infiniment plus puissant que les petites affaires des petits humains occupés à tenter de détourner, à l’aide d’instruments aussi malins et dérisoires que toutes les Mimi du monde, ce qui les emporte et les emportera, inexorablement.

Les mouvements populaires ont leurs traits au grand air et leurs airs aux paroles publiquement chantées. Un autre rap (après celui-ci) de la « canaille » (« eh bien j’en suis ») a fleuri :

 

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Révolution : le ciel reconnaît les siens

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à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

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Les violences des polices de la pensée peuvent s’acharner, elles ne font pas plier le peuple juste : les pouvoirs abusifs veulent à tout prix se faire reconnaître de lui mais, lui, tel Dieu, reconnaît les siens, laisse les faux.

Je lis ou relis les Contes cruels de Villiers de l’Isle Adam et Le meilleur des mondes d’Huxley. Les deux textes peuvent être téléchargés en ligne gratuitement ici et ici. Pour ma part j’ai emprunté le premier en bibliothèque, et trouvé dans la rue, sur un banc, une belle édition du second. J’ai l’intention d’en parler bientôt, car ces textes éclairent singulièrement les temps que nous vivons. Nous sommes au départ d’un long périple, il fait nuit encore, nous avons besoin de lampes frontales pour y voir. Nous atteindrons là-haut les splendides sommets, là-bas les rivages enchanteurs. Voyons-les, nous y sommes à chaque pas.

Deux cairns musicaux pour danser et sourire toute la journée :

 

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Madame Terre au moulin bibliothèque d’Aragon et Triolet, une merveille

mme terre vers triolet aragon 14,

L’eau y coule dedans comme dehors. Très beau lieu dans une très belle nature, site désormais ouvert aux visiteurs et aux artistes, cet ancien moulin de Saint-Arnoult en Yvelines fut leur maison de campagne, de repos et de travail,  avec les 30 000 livres de leur bibliothèque, toujours là et disponible pour les chercheurs. La présence d’Elsa Triolet et de Louis Aragon y est maintenue vivante, tant par les souvenirs et objets d’art qui furent leurs que par ceux qui témoignent de la continuité de la création jusqu’à nos jours.

Hier après-midi, faisant fi de la canicule, O s’y est rendu, toujours à VTT et par les chemins buissonniers depuis Paris, pour y présenter Madame Terre – qui y a été très bien comprise et reçue, merci – et accomplir le rite que les lecteurs de ce blog connaissent bien depuis l’année dernière. Avant de donner les photos qu’il a prises en chemin et sur place, voici deux vidéos – la première sur un mode poétique, la seconde reportage pour la télévision – présentant la maison : un enchantement. Puis, après les photos, nous écoutons et voyons les deux auteurs parler de littérature, notamment Triolet sur Tchekhov et Aragon sur Stendhal. Enfin, musique ! Aragon qui aimait qu’on change ses poèmes en chanson adore certainement cette interprétation de « Gazel du fond de la nuit » par Gnawa Diffusion, rejoignant le Ghazal, l’art raffiné de la poésie courtoise arabe – et le texte du poème.

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mme terre vers triolet aragon 1

mme terre vers triolet aragon 2une ferme en chemin

mme terre vers triolet aragon 3

mme terre vers triolet aragon 4

mme terre vers triolet aragon 5un vestige du chemin de Compostelle

mme terre vers triolet aragon 6le chemin se poursuit par les sentiers en forêt du noble chevalier errant

mme terre vers triolet aragon 7puis c’est l’arrivée à destination

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Je suis rentré dans la maison comme un voleur
Déjà tu partageais le lourd repos des fleurs au fond de la nuit

J’ai retiré mes vêtements tombés à terre
J’ai dit pour un moment à mon cœur de se taire au fond de la nuit

Je ne me voyais plus j’avais perdu mon âge
Nu dans ce monde noir sans regard sans image au fond de la nuit

Dépouillé de moi-même allégé de mes jours
N’ayant plus souvenir que de toi mon amour au fond de la nuit

Mon secret frémissant qu’aveuglement je touche
Mémoire de mes mains mémoire de ma bouche au fond de la nuit

Long parfum retrouvé de cette vie ensemble
Et comme aux premiers temps qu’à respirer je tremble au fond de la nuit

Te voilà ma jacinthe entre mes bras captive
Qui bouges doucement dans le lit quand j’arrive au fond de la nuit

Comme si tu faisais dans ton rêve ma place
Dans ce paysage où Dieu sait ce qui se passe au fond de la nuit

Ou c’est par passe-droit qu’à tes côtés je veille
Et j’ai peur de tomber de toi dans le sommeil au fond de la nuit

Comme la preuve d’être embrumant le miroir
Si fragile bonheur qu’à peine on peut y croire au fond de la nuit

J’ai peur de ton silence et pourtant tu respires
Contre moi je te tiens imaginaire empire au fond de la nuit

Je suis auprès de toi le guetteur qui se trouble
A chaque pas qu’il fait de l’écho qui le double au fond de la nuit

Je suis auprès de toi le guetteur sur les murs
Qui souffre d’une feuille et se meurt d’un murmure au fond de la nuit

Je vis pour cette plainte à l’heure ou tu reposes
Je vis pour cette crainte en moi de toute chose au fond de la nuit

Va dire ô mon gazel à ceux du jour futur
Qu’ici le nom d’Elsa seul est ma signature au fond de la nuit !

 

Louis Aragon (in Le Fou d’Elsa, 1963)

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à voir aussi : une précédente note comprenant la vidéo du film d’Agnès Varda sur Aragon et Triolet

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Musique des anges

Les anges de Patrice Contamine de Latour et Érik Satie

LES ANGES    (à notre ami Charles Levadé)

Vêtus de blancs, dans l’azur clair,
Laissant déployer leurs longs voiles,
Les anges planent dans l’éther,
Lys flottants parmi les étoiles.

Les luths frissonnent sous leurs doigts,
Luths à la divine harmonie.
Comme un encens montent leurs voix,
Calmes, sous la voûte infinie.

En bas, gronde le flot amer ;
La nuit partout étend ses voiles,
Les anges planent dans l’éther,
Lys flottants parmi les étoiles.

José-Maria Patricio Contamine de Latour

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Madame Terre chez Érik Satie et autres notes sur lui

et tous les Anges d’ici, à ce jour

et toutes les Chansons

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Un nobel de génie : le Nobel de littérature attribué à Bob Dylan

C’est toute la poésie, toute notre éternelle et universelle jeunesse qui est récompensée, Homère y compris ! Bravo et merci au jury !

Je voudrais avoir encore le portrait que je fis de lui au crayon, encore adolescente. Je l’ai en tête, et je suis heureuse de l’avoir fait. Thank you Mr Tambourine Man !

– 14 octobre 2016 : à lire, une interview de Christophe Lebold, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, spécialiste de littérature américaine. Il a consacré sa thèse de doctorat à Léonard Cohen et Bob Dylan, et est l’auteur du livre Leonard Cohen : l’Homme qui voyait tomber les anges : dans Le Monde

Nekfeu, « Nique les clones »

Un peu de musique « maison » puis les paroles du rap (avec à la fin la citation de l’abbé Pierre) de Nekfeu, qui va très bien dans la catégorie de mes « poètes du feu de Dieu »

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Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros
Et j’ai poussé comme une rose parmi les orties
Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros

Je t’avais promis qu’un jour tu te rappellerais de nos têtes
Je ne suis pas prêt de me taire
De la primaire au lycée, déprimé, je me sentais prisonnier
Parce que les professeurs voulaient toujours me noter
Pourtant, j’aimais les cours
J’étais différent de tous ceux qui me disaient : « Soit tu subis, soit tu mets les coups »
Moi, je rêvais d’aventure, griffonnais les devantures
J’attaquais tout ce qui m’était défendu
Rien à péter de toutes leurs émissions télé de vendus
Je voulais voir le monde avant d’être rappelé devant Dieu
Et, pour ne pas qu’on se moque de moi, je bouquinais en cachette
Pendant que les gamins de mon âge parlaient de voitures
Un des gars de l’époque bicravait des Armani Code
Et, un beau jour, il a ramené une arme à l’école
J’étais choqué de le voir avec un glock (Oui !)
J’en ai rien à foutre de vos putains de codes (Oui !)
J’avais peur, je l’ai dit, mais j’ai un cœur, je le dis
Mais je suis toujours là pour mes putains de potes
Maintenant, pour lui, le bruit des balles est imprimé dans le crâne
Ceux qui traînaient dans le bât’ l’ont entraîné vers le bas

Faut jamais céder à la pression du groupe
D’t’façons, quand tu fais du mal, au fond, tu ressens du doute
Faut jamais céder à la pression du groupe
D’t’façons, quand tu fais du mal, au fond, tu ressens du doute

Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros
Et j’ai poussé comme une rose parmi les orties

Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros
Et j’ai poussé comme une rose parmi les orties

Je suis un nomade, ne me dites pas qu’on est bons qu’à stagner
Casse-toi, moi, je ne me sens pas casanier
Instable, ne me parlez pas de m’installer
Quand t’es différent des autres, on veut te castagner
T’es malheureux quand t’as qu’un rêve et que tes parents ne veulent pas


Traîner vers le bas, t’inquiète, je te promets de me battre
Non, je n’aime pas quand je me promène et que je vois
Ce petit qui se fait traquer pour des problèmes de poids
Mais pour qui se prend-on ? De tristes pantins
J’écris c’te pensée pour que Le Christ m’entende
Et, dans nos cœur, on est à l’ère de L’Age de Glace
Aymé ? C’est plus qu’un personnage de H
On n’est pas des codes barres
T’as la cote sur les réseaux puis ta cote part, nan
On n’est pas des codes barres
T’as la cote sur les réseaux puis ta cote part
Le regard des gens t’amènera devant le mirage du miroir
Mais, moi, j’ai la rage, ma vision du rap, elle est rare
Tant qu’un misérable s’endormira dans la rame
Pendant que le rat se réchauffera sur les rails

Vu qu’on forme des copies conformes
Qui ne pensent qu’à leur petit confort
Vu qu’on forme des copies conformes
Qui ne pensent qu’à leur petit confort

Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros
Et j’ai poussé comme une rose parmi les orties

Je ne vois plus que des clones, ça a commencé à l’école
À qui tu donnes de l’épaule pour t’en sortir ?
Ici, tout l’monde joue des rôles en rêvant du million d’euros
Et j’ai poussé comme une rose parmi les orties

J’éduque ma peine en leur parlant de nous
Je décuple mes sens comme un handicapé
Comment trouver le chemin qu’on m’indique à peine ?
J’me sens comme Andy Kaufman dans Man on the Moon

J’éduque ma peine en leur parlant de nous
Je décuple mes sens comme un handicapé
Comment trouver le chemin qu’on m’indique à peine ?
J’me sens comme Andy Kaufman dans Man on the Moon

Nique les clones
Nique les clones
Nique les clones
Nique les clones
« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette
Laissant les assiettes des autres vides et qui, ayant tout
Disent, avec une bonne figure, une bonne conscience « Nous, nous qui avons tout, on est pour la paix ! »
Tu sais c’que j’dois leur crier, à ceux-là ?
« Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous ! Et quand, le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos p’tits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »»

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Source

L’invitation au voyage, de Baudelaire, mis en musique par Henri Duparc, chanté par Gérard Souzay ; et Kohei Uchimura ; Simone Biles

12 août : je reposte cette note en y ajoutant la prestation de Simone Biles hier soir aux Jeux Olympiques

entendue en écoutant une émission sur Baudelaire

https://youtu.be/NSRuuUnBgf0

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté »

Madame Terre chez Alfred Jarry à Corbeil

Montrez-moi l’insertion de la terre
Antonin Artaud, L’Art et la mort

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en approchant de chez jarry

approche de chez jarry à corbeil

approche de chez jarry

moulin attenant à la maison de jarry

moulin attenant à chez jarry

mme terre arrive devant chez jarry

mme terre à la maison de jarry

chez jarry

mme terre contre le mur de jarry

mme terre par le trou de la maison

mme terre par le trou de la maison de jarry

prise de terre chez jarry

mise de terre chez jarry

mme terre dvt la maison de jarry

mme terre devant la seine chez jarry

Alfred Jarry allait et venait entre Corbeil et Paris à vélo (35 km, 70 aller-retour). O a fait de même pour accomplir l’action poélitique Madame Terre chez Jarry, troisième de sa catégorie, passant le bras à travers un trou dans le portail pour faire entrer Madame Terre dans la propriété. Le poète vivait dans cette maison à l’abandon accolée aux grands moulins, au bord de la Seine, pauvre à se nourrir des poissons qu’il pouvait pêcher dans la rivière et des oiseaux qu’il pouvait tirer dans son jardin.

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On peut lire gratuitement les œuvres numérisées d’Alfred Jarry (comprenant ses dessins) ici.

Et regarder cette mise en scène télévisée d’Ubu Roi par Jean-Christophe Averty, libre d’y voir les allusions qu’on voudra, comme disait Jarry.

https://youtu.be/bQIJiIQjoRU

Vive Jarry ! en chanson aussi

 

The Misty Mountains cold. Les froides Montagnes Brumeuses

Par-delà les froides Montagnes Brumeuses
Aux gouffres des donjons et aux grottes antiques
Il nous faut au point du jour partir
Trouver notre or depuis si longtemps oublié.

Les pins rugissaient sur les sommets
Les vents gémissaient dans la nuit
Rouge le feu, ses flammes propagées,
Les arbres tels des torches incendiés de lumière.

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(ma traduction)
Paroles entières et auteurs ici Je traduirai toute la chanson si j’en trouve le temps.

I see fire

Triste d’avoir dû quitter ma chorale en cours d’année mais fière d’elle ! Un extrait de son dernier concert au répertoire très varié, classique et chansons.
Concert au grand Amphithéâtre de la Sorbonne, 5 avril 2016
I see fire (Ed Sheeran)- Choeur: Clef des Chants Ensemble, dirigé par Benoît Reeves – Solo: Laura Pizzoli – Orchestre: McFly Orchestra