Sept ciels parisiens

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« Devant la critique incapable de prendre ses responsabilités, seuls des poètes connaissant le poids du rêve pouvaient dire : (…) » Sarane Alexandrian, Le surréalisme et le rêve

J’ai fait un rêve extrêmement saisissant cette nuit, qui est resté inscrit dans ma chair toute la journée et l’est toujours.

Ce matin, par hasard, j’ai retrouvé quelques photos d’il y a quelques années, dont notamment ces sept ciels parisiens :

 

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ciels de paris 7-minL’observatoire…

et aussi le ciel sur terre :

ciels de paris 5-minà Paris, photos Alina Reyes

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Architecture : quelques images de la BNF et des environs

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Je désirais encore prendre deux ou trois petites plantes à la jardinerie, cette fois j’ai fait l’aller-retour à Vélib. Et sur place j’ai un peu marché et pris quelques images de bâtiments, les voici.

bnf et autour 3-minLa BnF, avec ses escaliers et sa dalle de bois, et les nuages reflétés dans ses quatre grands livres ouverts. Il faudra que j’aille y travailler.

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J’ai déjà photographié cette sculpture devant un immeuble d’entreprise avenue Pierre Mendès France, et il me semble qu’elle a été rénovée (mais je ne trouve plus la photo, quelque part dans le labyrinthe de ce blog, pour le vérifier), elle est encore mieux qu’avant :

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bnf et autour 4-minJ’ai encore photographié cet immeuble sous plusieurs points de vue. Dans ce quartier neuf, quand la lumière est belle, c’est vraiment magnifique.

bnf et autour 9-minIl s’agit d’un immeuble de logement social dessiné par l’architecte Bernard Bülher, quai d’Austerlitz sur l’îlot Fulton, où se trouvait la Tour 13, que j’avais photographiée toute peinte par des street artists avant sa démolition (ainsi que la péniche Le Corbusier, qui a coulé depuis) : ici

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J’aime bien aussi les jeux de couleurs autour des fenêtres de cet immeuble :

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Mon reflet (avec sac pour les plantes) dans un mur de verre couvert de phrases multicolores :

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Retour sur l’avenue Pierre Mendès France, je reprends un Vélib et je rentre avec mes plantes

bnf et autour 7-minAujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Jungle et urbanité

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Je suis en train d’installer une micro-jungle dans notre chambre-bureaux-salon. Pour cela je suis allée aujourd’hui chercher des plantes tropicales chez Truffaut, quai de la Gare, dans l’est du 13e arrondissement – en allant vers Bercy et la Bibliothèque nationale, un quartier neuf dont j’aime beaucoup l’esprit urbain. Bien sûr j’en ai profité pour me balader et faire quelques photos au passage.

 

paris 13e 1-minJ’ai d’abord jeté un œil sur l’expo dans la gare d’Austerlitz en coopération avec le Museum

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paris 13e 2-minAu bout, l’horloge de la gare de Lyon

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paris 13e 3-minDes tags en chemin

paris 13e 4-minAvec un trop mimi détail, en bas à droite :

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paris 13e 6-minJ’aime bien cet immeuble

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paris 13e 7-minPont de Bercy, avec et sans métro

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paris 13e 11-minVoilà un Vélib qui ne roulera plus. Sort-il de la Seine, pour être aussi couvert de boue ?

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paris 13e 12-minIl y a des gens dont le métier et la vie se passent sur une péniche, c’est poétique

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paris 13e 13-minJ’ai fait mon choix, je repars par un autre chemin avec un sac plein de verdure

paris 13e 14-minLa piste de skate, au milieu du boulevard Vincent Auriol

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paris 13e 19-minet au milieu du même boulevard un terrain pour s’entraîner au basket

Aujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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De la bibliothèque Mazarine à la Sorbonne

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Plaque au Pont des Arts

Plaque au Pont des Arts, en hommage à Vercors et aux ouvriers du livre qui, « au péril de leur vie sous l’occupation nazie, ont permis à la pensée française de maintenir sa permanence et son honneur ». En un temps de déshonneur, comme aujourd’hui.

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Il y avait vingt-deux ans que je n’étais pas allée travailler à la bibliothèque Mazarine. Mais j’étais dans leur ordinateur, en me faisant une carte le bibliothécaire m’a dit : « Vous habitez toujours rue Princesse ? » Non, un peu plus loin maintenant, mais comme mon cœur palpitait d’entrer de nouveau ici !

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D’abord, j’ai contemplé la Seine depuis le Pont des Arts, comme pour me préparer à l’amour.

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Puis j’ai traversé le quai de Conti. M’y voici.

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« Bibliotheca », tu te souviens d’O et moi, n’est-ce pas, qui venions tous les jours, un temps, jeunes amoureux beaux et ardents ? Je le porte avec moi, nous revoilà.

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Je ne peux pas déranger les étudiants et les autres personnes qui travaillent avec mon appareil photo, je m’en vais donc tout au fond d’une salle pour faire rapidement une image. Toujours aussi amoureuse des rayonnages de vieux livres pivotants, de chaque côté des tables de travail et à l’étage.

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Quand je suis ressortie, vers la fin de l’après-midi, il pleuvait fort. J’ai jonglé avec mon parapluie et mon appareil pour faire encore quelques photos sur le chemin du retour.

L’étroite rue de Nevers, avec le panneau du Highlander Scottish Pub, toute luisante

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Place Saint-Michel et à côté

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Je suis passée par le jardin médiéval du musée de Cluny, où des jeunes parlaient assis à l’abri des pierres

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et au square Paul Painlevé, où Romulus et Rémus tétaient l’eau du ciel

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tandis que je me battais avec mon appareil pour en tirer encore quelques images, les piles étant à plat

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Après une dizaine d’essais infructueux (n’ayant pas trouvé de piles en chemin), j’ai fini par réussir à saisir Montaigne, face à la Sorbonne, rue des Écoles, avec sa chaussure porte-bonheur aux examens, luisante de frottages estudiantins et de pluie. Et j’ai poursuivi jusque chez moi sous cette belle lumière, ici rue Cujas le long d’un bâtiment de la Sorbonne Paris 1.

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cet après-midi à Paris 6e et 5e, photos Alina Reyes

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Autour de Notre-Dame brûlée

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Comme j’avais à faire dans le quartier, j’en ai profité pour aller voir Notre-Dame brûlée.

notre dame brulee 1-minLes ponts qui l’entourent en sont interdits.

notre dame brulee 3-minD’habitude il y a des skaters virtuoses entre le parvis et le pont, le week-end. Là c’est désert. Et il n’y a plus de flèche.

notre dame brulee 2-minMais il y a foule sur les quais, tout autour. Des touristes et des Parisiens, qui prennent des photos, comme moi.

Des ouvriers sont au travail

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C’est la vie, parfois des échafaudages longuement échafaudés finalement ne serviront à rien.

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Les gargouilles de Viollet-le-Duc, que tout le monde aime tant, y compris  ceux qui trouvent qu’il ne faut rien changer, sont un ajout pas du tout d’origine. S’il avait écouté les effrayés du changement, elles n’y seraient pas.

notre dame brulee 7-minCe samedi à Paris, photos Alina Reyes

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Pourquoi les pèlerins tournent-ils autour de la Kaaba dans le sens inverse des aiguilles d’une montre ?

Parce qu’ils vont à la rencontre de Celui qui fait tourner le monde dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils remontent à la source.

Extrait de mon livre Voyage (du moins dans sa prochaine version), pour lequel, bientôt, avec son Ordre, je pourrai ouvrir la voie.

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Dies irae

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Ça insulte l’esprit de vérité à longueur de temps et ça va faire des discours au pied de Notre-Dame en feu. Le feu mauvais qui ravage leur âme, qu’ils le voient donc dans ce miroir qu’elle leur tend.

Notre-Dame de Paris, la colère de l’esprit. « Le péché contre l’esprit est le seul qui ne sera pas pardonné, ni en ce monde ni en l’autre. » (Matthieu 12,31-32 ; Marc 3,28-30 ; Luc 12,8)

 

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Notre-Dame de Paris, photos Alina Reyes

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Quartier Latin & regard cosmique

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Hier encore dans le Quartier Latin et à la Sorbonne, je ne me lasse pas de tenter de photographier l’esprit des lieux et de témoigner du parler des murs, qui change d’un jour à l’autre. Avant les images, un texte de Pierre Hadot sur « Le regard d’en haut et le voyage cosmique ».

« Si Goethe, comme nous l’avons dit, a éprouvé un si grand intérêt pour les premiers vols de montgolfières, c’est parce qu’il rêvait intensément de s’affranchir de la pesanteur et de voler comme un oiseau, au-delà de toutes les barrières, dans son élan vers l’infini. Ce n’est pas un hasard si, dans la première strophe du Voyage dans le Harz en hiver, le poème est comparé au vol d’un vautour qui plane au-dessus des nuages.

(…)

La poésie homérique est, pour Goethe, un exemple de la « vraie poésie, qu’il définit ainsi :

La vraie poésie se reconnaît au fait que, comme un évangile profane, elle est capable de nous délivrer des pesanteurs terrestres qui nous accablent, parce qu’elle nous procure à la fois la sérénité intérieure et le plaisir extérieur. Comme un ballon gonflé d’air, elle nous élève, avec le lest qui nous est attaché, dans les régions supérieures et, grâce à elle, les inextricables labyrinthes terrestres se dénouent sous notre regard qui les voit d’en haut. » [in Poésie et Vérité]

Quelques pages plus loin, Hadot cite la troisième strophe du poème de Goethe Génie planant :

« On a assez de Memento Mori,
J’aime mieux ne pas les redire
Pourquoi devrais-je dans le vol de la vie
Te torturer avec la limite !
C’est pourquoi, comme un vieux barbu,
Docendo, je te recommande
Mon cher ami, selon la manière qui est la tienne,
Sans plus, vivere memento. »

Dans ce même chapitre sur « Le regard d’en haut et le voyage cosmique », Hadot ajoute :

« Nous avons vu notamment comment le voyage cosmique et le regard d’en haut, conçus comme exercices spirituels,  pouvaient amener certains philosophes comme Sénèque, ou Marc Aurèle, ou Lucien, à dénoncer la vanité et les injustices des inégalités sociales et l’absurdité de la guerre, comment, grâce à ces exercices spirituels, l’homme se concevait lui-même comme un citoyen du cosmos, comment il éprouvait, en les pratiquant, le sentiment d’une transfiguration, d’un dépassement de la condition humaine, qui le délivrait de la crainte de la mort et lui procurait la paix et la sérénité intérieures. »

Pierre Hadot, N’oublie pas de vivre. Goethe et la tradition des exercices spirituels

Je suis très proche de tout cela, ayant, comme je l’ai raconté ou dit dans plusieurs livres ou textes, voulu être cosmonaute quand j’étais enfant, essayé de voler plusieurs fois, grimpé partout où je pouvais (toits, arbres, cordes, piquets…), puis une fois adulte fait l’expérience d’un long vol en parapente dans les montagnes… pratiqué et prôné les exercices spirituels (dont l’étude est une partie capitale), intitulé l’un de mes livres Souviens-toi de vivre, etc. etc. Et je peux témoigner, à mon presque grand âge, qu’il y a là une belle formule du bonheur.

 

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quartier latin 7-minLa belle place Lucien Herr

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quartier latin 13-minRue Lhomond, les bâtiments rouges du département de chimie de l’ENS

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quartier latin 16-minLa place de la Sorbonne

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quartier latin 17-minL’étal des livres d’occasion de la librairie Vrin, place de la Sorbonne

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quartier latin 18-minLa grande cour intérieure de la Sorbonne

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quartier latin 23-minHier à Paris 5e, dans le Quartier Latin, photos Alina Reyes

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Quartier Latin

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Champollion songe dans la cour du Collège de France

Champollion songe dans la cour du Collège de France

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Je suis allée écouter le dernier cours, pour cette année, de Philippe Descola au Collège de France. J’avais suivi les précédents en ligne, après avoir lu ce magnifique anthropologue pour ma thèse. À la fin de l’heure, tout l’amphithéâtre Marguerite de Navarre s’est levé, comme un seul humain nous lui avons fait une longue, longue ovation. C’était très émouvant. Nous étions tous reconnaissants, d’avoir entendu la pensée si profonde de ce scientifique, et son humanité tout aussi impressionnante (on peut aussi lire cette interview de lui dans Libé : « il m’arrive de dialoguer avec les oiseaux »). Peut-être, si j’en trouve le temps, essaierai-je de présenter son cours. Je suis repartie le cœur plein de joie et de bonheur, et plus qu’à l’aller où je me pressais pour n’être pas en retard, j’ai pris mon temps pour vagabonder dans le quartier et faire quelques images, par cette journée radieuse.

 

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quartier latin 6-minOn vend encore dans le quartier des disques vinyle

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quartier latin 10-minde belles vieilles portes en lesquelles on sent encore l’arbre

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quartier latin 15-minQuand j’aurai terminé mon prochain best-seller (rien ne presse, j’ai aussi d’autres choses à faire), peut-être irons-nous, O et moi, vivre un temps en Écosse, à Édimbourg la merveilleuse

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Aujourd’hui dans le Quartier Latin à Paris, photos Alina Reyes

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toutes mes images du Quartier Latin, notamment avec le Collège de France, la Sorbonne, l’ENS…

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Sur les bords du canal de l’Ourcq (en 45 photos)

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Je suis allée animer deux ateliers d’écriture érotique, avec chaque fois une dizaine de participants, jeunes femmes et jeunes hommes, organisés par l’association La Bastillette au Pavillon des Canaux, une charmante maison au bord du canal de l’Ourq transformée en café-restaurant-lieu de vie. C’était très bien, et j’en ai profité pour me promener sur les bords du canal et photographier street art, architecture et paysages de ce quartier si vivant et si agréable. Le vent soufflait tout aussi agréablement.

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canal de l'ourq 47-minÀ l’occasion du 8 mars, des rues avaient été renommées de noms de femmes

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canal de l'ourq 19-minkippa noire, kippa blanche

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canal de l'ourq 22-minAh, l’écluse est en train de laisser passer des bateaux. On attend derrière la barrière, puis le pont redescend, et on repart

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canal de l'ourq 43-minVoilà le Pavillon des Canaux, et la salle à l’étage où j’ai animé les ateliers

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Le soir, au retour, dans le métro, il y avait Assa Traoré. (Ou bien son sosie) J’ai pensé qu’elle revenait peut-être des Gilets jaunes.

Ce samedi 9 mars à Paris 19e, photos Alina Reyes

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Le temps de méditer et de créer

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balade 2-minOù est le lecteur ?

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balade 3-minOù sont les promeneurs ?

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balade 4-minOù sont les oiseaux ?

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balade 5-minOù est le bateau ivre ? (L’homme aux semelles devant, sculpture de Jean-Robert Ipoustéguy en hommage à Rimbaud, dit par Verlaine « l’homme aux semelles de vent » )

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balade 7-minOù sont les gens ?

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balade 9-minPourquoi pêchent-ils la ferraille avec un aimant ?

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balade 11-minOù allons-nous ?

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balade 10-minOù joue la lumière ?

Hier à Paris, photos Alina Reyes

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Jung raconte qu’il a pris conscience de lui à l’âge de onze ans. Moi, je l’ai raconté aussi, ce fut à l’âge de deux ans, dans la lumière, vêtue d’un maillot de bains jaune.

Après cette belle balade en amoureux, j’ai fait cette nuit des rêves excellents, auxquels je veux obéir.

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Gilets Jaunes : au vrai chic français (régulièrement actualisé)

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Après cette note, qui suit les événements du 1er au 5 décembre, une nouvelle note pour la suite.

5 décembre, 20h40
Je trouve cette vidéo de Mamoudou Bassoum, médaillé d’or français de taekwondo, monté sur le podium en gilet jaune :-)

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5 décembre, 15h30
La police de Macron tire sur les enfants. C’est ainsi que Macron menace de mort les manifestants. Planqué, regrettant sans doute son nounours Benalla, frappeur de peuple.
Je me souviens de Barèges 2013. L’avalanche en hiver, puis la crue au printemps. Emportant toutes les constructions faites en contradiction avec la nature.

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5 décembre, 15h10
Un enfant de seconde se trouve entre la vie et la mort, après avoir été flingué au flashball par un policier devant son lycée à Saint-Jean-de-Braye.
16h40 : Son pronostic vital n’est plus engagé. Mais on apprend qu’un autre adolescent a été très gravement blessé à Garges-les-Gonesses par un tir du même « super-flashball ».

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5 décembre, 14h30
Excellent lapsus de Benjamin Griveaux : « le président de la République a dit… que la VOYANCE, euh pardon, la violence, que nous voyons s’exercer depuis plusieurs semaines… » Haha. Il y a une heure, je parlais ici de faux prophètes. Eh bien contre eux, nous avons de véritables voyants, des gens qui voient clair dans l’imposture ; et ce que dit ce lapsus, c’est que cette voyance est vécue comme une violence par les imposteurs. « Il faut se faire voyant », disait Rimbaud, l’un des très rares auteurs de l’époque à être sympathisant des Communards.

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5 décembre, 13h30
Un plaisir de le constater : l’histoire de France en train d’avoir lieu montre combien Houellebecq s’est planté avec son Soumission. Totalement, et sur tous les plans. Quand je dis Houellebecq, il faut entendre toute la classe médiatique avec, et même toute la caste bien-pensante, privilégiée, dominante, contre laquelle les Gilets Jaunes, pas du tout soumis, se lèvent maintenant. Et combien j’avais raison avec Forêt profonde, avec Poupée, anale nationale, avec La grande illusion, figures de la fascisation en cours (à lire gracieusement ici) – titres qui m’ont valu d’être finalement bannie des médias et de l’édition, les éditeurs étant peu enclins à publier un auteur boycotté par les médias. Toute la caste se trompe. Même Édouard Louis, jeune auteur issu du peuple et célébré pour ses combats prétendus pour le peuple, ne sait, en bon rejeton des grandes écoles et starlet de quelques universitaires gauchistes américains et français ou des Inrocks, produire sur ce peuple d’où sont nés les Gilets Jaunes que des textes misérabilistes et extraordinairement condescendants, prétendant leur apprendre le langage politiquement correct.
Oui, la fascisation en cours vient de la caste au pouvoir, comme on peut le voir aujourd’hui avec la violence de Macron, louangeur de Thiers le versaillais et de Pétain, et elle s’annonçait depuis des années, avec le trucage des élections par la com’, déjà en place pour Hollande et ayant atteint son apogée pour Macron. Et il existe un risque de voir le soulèvement des Gilets Jaunes récupéré par cette fascisation en cours (absolument pas islamiste, contrairement à la fausse prophétie houellebecquienne et germanopratine). Le risque est partout, mais la fascisation est déjà en acte au sein du pouvoir, et l’urgence est de la renverser de là où elle agit.

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5 décembre, 12h10
Traître et pleutre. Voilà le fond de Macron, révélé par cette histoire avec des journalistes du Monde, du temps où il travaillait pour les puissances de l’argent et que ces dernières ne l’avaient pas encore porté à l’Élysée. Ne pas oublier, lire ou relire cette sale histoire, qu’il répète aujourd’hui avec le peuple français, se cachant après que son dessein, plumer les citoyens au profit des puissances de l’argent qui sont en train de détruire le monde, a été mis à nu.

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4 décembre, 23h30
Samedi, Zineb Redouane, une vieille dame, a été tuée à Marseille par une grenade lacrymogène. Ce mardi à Grenoble, une lycéenne de 16 ans a été très gravement blessée au visage par un tir de flashball au visage.
Samedi, des Gilets jaunes essaient de se mettre à l’abri de la charge de la police et des lacrymos rue de Wagram en se réfugiant dans un fast-food fermé. À voir jusqu’au bout :

Et pour en savoir plus : récit (et autre vidéo)

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4 décembre, 21h50
« Ordure », « fils de pute », « connard », « crève sur la route », et bien sûr « démission », voilà les mots qui ont volé vers Emmanuel Macron quand, passant aujourd’hui au Puy-en-Velay, il a voulu saluer la foule par la vitre ouverte de la voiture. Je ne crois pas avoir jamais entendu l’expression d’une haine aussi féroce envers un président de la République. C’est très impressionnant. Et cela s’explique par la fausseté totale qu’il incarne. Le faux fait ou peut faire illusion un moment mais une fois démasqué, s’il s’obstine il provoque un rejet violent, inextinguible. C’est une question métaphysique, une question de vie et de mort. Le faux s’assimile à la mort et ce qui est mort doit être enterré.
Les Gilets Jaunes sont vivants, leur action essaime en France et commence à servir d’exemple suivi ou vanté  par des résistants dans plusieurs pays d’Europe et jusqu’en Irak.

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4 décembre, 16h15
Que pense Madame Trogneux de la façon dont son mari et ex-élève est en train de violenter les lycéens en grève, de les gazer, de les menacer au flashball, de les molester, un peu partout en France ? Est-il normal, par exemple, que des enfants soient gazés à bout portant à Taverny, alors qu’ils sont nassés, immobilisés – et que trois d’entre eux, ne pouvant plus respirer du fait du gazage, aient dû être pris en charge par les pompiers ?

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4 décembre, 16h
Dany le Bourge le dit, il a peur face au mouvement des Gilets Jaunes. Bien sûr il a peur, comme tous ceux de sa caste, tous ceux qui ont confisqué le capital symbolique, le capital financier, le capital culturel, le capital médiatique. Alors ils choisissent, comme lui, de ne voir dans ce mouvement que le spectre de l’extrême-droite. Ils essaient de faire partager leur peur à ceux qui n’ont pas de raison d’avoir peur parce que, contrairement à eux, ils n’ont pas à perdre un tas de biens, symboliques ou matériels, qu’ils auraient acquis au détriment d’autrui et par complicité de caste.
J’ai parlé ce matin de ce mouvement avec ma prof de danse, à l’hôpital. Bien sûr qu’elle le soutient, qu’elle est heureuse comme beaucoup de ce qui est en train de se passer. Que ferions-nous sans des gens comme elle, qui dans des associations ou ailleurs, consacrent leur vie à sauver chaque jour la société du désastre ? Que serait la société s’il n’en restait plus qu’une start-up nation, sans humanité ? Une organisation froide et inhumaine, qui ne pourrait que déboucher sur un génocide réel, après le génocide symbolique. Voilà ce que les Gilets Jaunes, dans leur grande intelligence, ont compris, et voilà pourquoi ils ont agi. D’où leur vient-elle, cette intelligence ? De la vérité. Du fait qu’ils vivent dans la vérité, contrairement à la caste des privilégiés. La vérité donne la compréhension, la tactique, sans qu’il soit besoin de les calculer, et donne aussi la force qu’il faut.

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4 décembre, 13h

Pour mémoire, cette parole. Une parole vraie, contre la parole constamment fausse de ceux qui se prennent pour des rois alors qu’ils ne sont que des serviteurs de la com’ :

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4 décembre, 0H40
Il n’y a pas que Macron, la classe politique et la classe médiatique qui soient dans l’embarras (litote) face aux Gilets Jaunes. Certains intellectuels de gauche, surtout très à gauche, certain·e·s militant·e·s et pour ainsi dire pros de la révolution, semblent l’avoir un peu amère de voir ces hors-jeu faire le job plus efficacement qu’ils n’ont su le faire depuis très longtemps. Moi aussi, c’est vrai, je trouve qu’il y en a un peu trop parmi eux qui ont le gilet puant, politiquement parlant. Mais eux aussi, ils le savent. Ils savent qu’ils sont loin de partager tous les mêmes idées, sans parler d’idéaux. Et ce serait tomber dans le travers de Macron que de les prendre pour des cons. Ils sont dans l’action immédiate, pour ça ils assurent, et pour le projet politique, ils y pensent. Ce n’est pas tout pensé, tant mieux. La création vient en créant.

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3 décembre, 23h20
Les ambulanciers sont toujours à la Concorde, les camionneurs bloquent Rungis, la contestation a commencé à s’étendre aux lycées… la tache d’huile s’agrandit très vite. Le président de la République, enfant élevé dans la soie puis lancé comme un produit par des industriels, commence peut-être à comprendre ce qu’est le peuple français. Quelque chose qui le dépasse. De beaucoup.

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3 décembre, 21h40

(lendemain : la vidéo du Monde a été retirée de Youtube, un doute étant apparu sur le fait que la vidéo incluse montrant un manifestant passé à tabac par huit policiers soit ce jeune homme, Mehdi, également tabassé par plusieurs policiers )

Benoît, un autre jeune homme, visé à la tête par un CRS armé d’un flashball alors qu’il était inoffensif, est dans le coma à Toulouse. Les images des immondes et lâches violences policières qui n’arrêtent pas de se commettre contre les manifestants, y compris très jeunes et lycéens, révulsent plus que tout. Macron a promis une prime exceptionnelle aux forces de l’ordre mobilisées pour faire le sale boulot. Violence policière et mutisme : défaite de la politique et de la raison. Chaque jour un pas de plus dans la débâcle et l’ignominie du pouvoir, voilà son en marche.

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3 décembre, 14h50
« Les jours heureux ». L’histoire du Conseil National de la Résistance et de l’élaboration de son programme pour une société meilleure reste à méditer, en ces temps d’éloge présidentiel à Pétain, d’achèvement de la destruction de la République – la chose publique – et de mouvements de résistance et de révoltes qui se succèdent depuis le début du XXIe siècle sous des formes diverses, dans un long et souvent douloureux accouchement, qui finira logiquement par une nouvelle mise au monde.

Dès l’élection de Macron, alors que ce blog était en panne pendant quelques jours, j’avais ouvert un autre blog, intitulé Magazine des jours heureux, par référence au CNR. Alors que la plupart vantaient l’avènement du nouveau président et, dans les milieux littéraires, de sa ministre de la Culture, j’alertais déjà sur les dérives prévisibles de cette escroquerie politique.

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2 décembre, 21h30
Gilets jaunes. Ils me rappellent les images des gilets de sauvetage des migrants. Bien sûr la situation de ces derniers est pire, dramatiquement plus tragique. Mais au fond, tous les peuples sont victimes du même système mondial, et des mêmes personnes, qui protègent et font régner ce système qui les enrichit. Réagir contre ce système, c’est aussi se battre pour les autres peuples, et se battre pour que nos enfants ne subissent pas un sort aussi terrible.

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2 décembre, 18h30
Quoi qu’il advienne par la suite, c’est déjà une belle satisfaction de savoir dans quelle merde se trouvent Macron, son gouvernement et ses soutiens. La merde dont il est sorti (Freud l’a bien dit, le fric c’est la merde) et dont il a voulu imposer la loi au pays, il y retourne, par la voie des chiottes de l’histoire.
Vive le peuple français qui ne se laisse pas marcher sur les pieds !

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2 décembre, 10h45
Castaner et Griveaux parlent d’instaurer l’état d’urgence, les flics d’Alliance veulent que soit fait appel à l’armée contre le peuple. Voilà où on en est, après dix-huit mois d’un président marionnette.
En même temps, dans les supermarchés où on fait ses courses en veillant à tous les prix, en évitant les produits frais trop chers même quand on gagne correctement sa vie, on est sollicité pour les banques alimentaires, toujours plus dans le besoin d’année en année.

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2 décembre, 10h
Je parle plus de Paris parce que c’est là où je vis, là où je suis les manifs ces dernières années et y fais des reportages photo (cet automne, ma santé ne me permet pas de le faire, d’autant que les manifs sont de plus en plus éprouvantes). Mais je suis aussi, bien sûr, ce qui se passe ailleurs en France. Il y a eu des actions pacifiques et il y a eu des actions violentes un peu partout. Je viens de lire que des émeutes très violentes se sont déroulées cette nuit à Pouzins, village de 3000 habitants dans l’Ardèche, avec incendies et affrontements violents entre les émeutiers et la police. Certes il y a aussi du pire parmi les Gilets jaunes (je pense surtout à l’extrême-droite) et c’est dangereux, mais on ne peut réduire ce mouvement et ses violences à ses extrêmes. La vérité est que la « France profonde » va mal. Et qu’elle a des raisons d’aller mal. La France profonde, ça signifie les Français, pas les syndicats ou autres organisations. Les Français eux-mêmes dans leur vie. Cela va mal, cela va de plus en plus mal comme un peu partout à cause de la dérive capitaliste qui réduit les non-riches à rien, qui les considère comme une sous-humanité juste bonne à enrichir davantage les riches. Et à cause d’un président, Macron, président des riches, qui jamais n’a un mot contre l’évasion fiscale et autres multiples abus de cette classe, mais en dix-huit mois a accumulé les insultes faites aux autres, aux classes pauvres et aux classes moyennes, sacrifiées, dépossédées de la République en tant que telle : chose publique, bien public.

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2 décembre, 0h10
« Ce discrédit de la politique et de ceux que l’on appelle les élites est une tragédie », dit BHL, qui twitte en rafale contre « l’infamie de ce qui se commet » (l’expression de la colère du peuple) et fustige « ceux qui ont joué avec le feu ».
BHLHOOQ.
Les privilégiés, les riches ont chaud au cul, le feu de la demande de justice commence à leur brûler le derrière.

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1er décembre, 23 h
La plus belle vidéo du jour : Nadia Vadori danse dans la brume de lacrymo et fait danser les Gilets jaunes :

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1er décembre, 16 h
Mai 68 était à la base fondé sur des revendications sociétales (les étudiants voulaient pouvoir entrer dans les dortoirs des étudiantes – aujourd’hui on en est à rappeler à certains de ces ex-jeunes devenus vieux abuseurs que l’accord des femmes est nécessaire). Cinquante ans plus tard, le mouvement des Gilets jaunes, rassemblant toutes sortes de gens avec le soutien d’une très large majorité de Français, s’est fondé contre le mépris du peuple incarné par la finance, l’écart monstrueusement grandissant entre riches et pauvres, et la politique de Macron qui incarne la soumission à ce système. En 68 à Paris le Quartier latin portait le cœur de la révolte, en 2018 la contestation se porte logiquement dans le quartier des Champs Élysées, quartier de détrousseurs de peuples.

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1er décembre, 14h30
Tandis que Brigitte et Emmanuel Macron s’occupent à refaire, aux frais des contribuables, la déco des 365 pièces du palais de l’Élysée, les contribuables, encouragés par l’agressivité et la violence de la police, s’occupent à redécorer les avenues chics de Paris.

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La suite : ici

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La vie bonne

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J’ai grandi au bord de l’océan, j’aime me promener sous la pluie. Je mets ma capuche comme Forest Whitaker dans Ghost Dog : la Voie du samouraï, de Jim Jarmusch, et j’y vais. Toute sourire à l’intérieur, en ce moment songeant à l’action excellente du kundalini yoga en moi, à mon travail en cours, et contemplant, photographiant, rendant grâce pour la vie douce qui nous est chaque jour gracieusement offerte.

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vigne vierge-minCet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Reportage photo du jour dans le 13e

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paris 13 1C’est parti pour deux heures de balade dans le sud du 13e, côté asiatique. Comme j’ai maintes fois photographié les très nombreuses œuvres de Street Art qu’on peut y admirer, je ne les ai pas rephotographiées, sauf quelques petites œuvres nouvelles ou changées avec le temps, comme celle-ci. Pour les grandes fresques et autres, suivre le mot-clé street art.

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paris 13 4Il y avait là une fête nord-africaine avec de la bonne musique, tambour et une espèce de cornemuse.

paris 13 5En approchant de la fac de Tolbiac, la rue Nationale a été renommée rue Clément Méric.

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Père et fils cassent la croûte sur des marches, rue de Tolbiac

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C’est trop beau, un camion de pompier, non ? J’adore les voitures et les camions, en vrai comme en jouets

paris 13 9Où les restos asiatiques peuvent se fournir en chats porte-bonheur

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paris 13 12Un oiseau peint sur une feuille de journal chinois

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paris 13 15À l’entrée du parc de Choisy

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paris 13 29Place de la mairie, un jour de mariages

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Des enfants jouent aux cartes en attendant la fin de la cérémonie.

Cet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

Ensuite je suis allée marcher dans le 5e.

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