Being 777, un air plane, d’apocalypse, et Vincent vit

Le prochain érotique avance, il sera terminé dans quelques jours, je pourrai me remettre à la peinture et à d’autres écritures, notamment ici. Car c’est par elles que je peux parler, dire.

Dans une vieille vidéo de l’INA, on entend une journaliste dire à Vincent van Gogh, neveu du peintre : « Votre père, Théo, a reçu une énorme correspondance de son frère. Il écrivait souvent ? »

La subtilisation, la captation, la réduction, faites ou en projet, des tapisseries à la licorne et de la grotte de Lourdes, sont des actions gnostiques au mauvais sens du terme, occultes, tendant à détourner les hommes de la lumière en incitant à un esprit sectaire. Pour ma part, n’ayant peur ni de la corne ni de la grotte, je continue à ouvrir des portes.

Il se pourrait fort bien que ce soit Gauguin qui ait coupé l’oreille de Vincent van Gogh lors de leur dispute, et que plus tard ce soit deux chenapans qui lui aient tiré dessus, accidentellement ou non. Van Gogh ne s’est pas suicidé. La société l’a fait, comme dit Artaud, et les dernières études biographiques suggèrent que ce pourrait être par le bras de ces jeunes hommes de la bonne bourgeoisie qui s’amusaient à le harceler. Vincent s’est tu, mais il a dit que sa peinture parlerait pour lui. Elle parle, ses champs de blé survolés de corbeaux parlent. Et il vit, il fait rayonner la vie dans le monde.

Je suis, donc je me donne

Je suis un être humain complet. Je ne suis pas amputée, ni déformée ni castrée. Corps et esprit, chair et âme, tout y est, et plus encore.

Tant d’hommes sont si vaniteux et avides, ils croient que les honneurs et les moyens peuvent tout avoir. Mais l’être humain complet n’a pas besoin de béquilles à son être, puisqu’il est tout. Tant d’hommes s’obstinent à ne pas admettre que la fin ne justifie pas les moyens. Je suis la fin, je ne les justifie pas.

Il n’y a qu’une façon de se donner : tout entier, corps et âme, chair et esprit, dans la pleine vérité. Tout autre don n’est que la négation du don. L’être humain complet se donne et reçoit, c’est tout. En tout. Entièrement. Tous, à tous, à l’univers et à ce qui le dépasse. Quoiqu’il fasse il continue, il se donne, puisqu’il est.

Alina Reyes, le retour

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Une abeille se débattait dans l’eau, j’ai pris un roseau et je l’ai sortie de là.

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cet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

Je me suis assise au soleil et j’ai commencé à écrire un nouveau petit roman érotique. Quand cela a commencé à devenir brûlant, je me suis levée, je suis rentrée à la maison, où j’ai continué. La vie nous veut vivants.

Le grand dragon



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Je suis allée voir El Gran Dragon, documentaire sur les hommes de la forêt d’Amazonie et leur connexion avec les plantes qui guérissent. Hommes, forêt et connaissance menacés par l’exploitation industrielle, comme les indigènes péruviens, dont le nombre passa de douze millions à un million, le furent par les colons et les évangélisateurs qui condamnèrent leur savoir.

Connexion est un mot qui revient fréquemment au cours du film. Ces hommes sont connectés avec leur environnement naturel, ils en font partie. Des ethnologues comme Jeremy Narby aussi bien que le poète penseur Antonin Artaud se sont intéressés à leur mode d’entrée dans une autre dimension par la « mère des plantes », leur enseignante. Quand la science occidentale comprendra que la clé qui lui manque est là, l’humanité fera un grand pas.

Il est inutile de demander à un voyageur

Des conseils pour construire une maison.

Le travail ne sera jamais achevé.

Citation du Livre des Odes, un ouvrage chinois, par Bruce Chatwin, dans son livre capital sur les aborigènes australiens, Le Chant des pistes.

« Les psychiatres, les politiciens, écrit ensuite Chatwin, les tyrans nous assurent depuis toujours que la vie vagabonde est un comportement aberrant, une névrose, une forme d’expression des frustrations sexuelles, une maladie qui, dans l’intérêt de la civilisation, doit être combattue. Les propagandistes nazis affirmaient que les Tziganes et les Juifs – peuples possédant le voyage dans leurs gènes – n’avaient pas leur place dans un Reich stable. Cependant, à l’Est, on possède toujours ce concept, jadis universel, selon lequel le voyage rétablit l’harmonie originelle qui existait entre l’homme et l’univers. »

Aujourd’hui on confond souvent voyage et tourisme. Le voyage est spirituel, ou il n’est pas. Ceux qui ont réellement voyagé savent que le voyage commence vraiment quand ils deviennent eux-mêmes le voyage. Les habitants de la forêt, les habitants de leur espace, même s’ils ne font que se déplacer dans leur environnement immédiat, y voyagent réellement, en communion spirituelle avec le cosmos. Avec le chemin qu’ils deviennent eux-mêmes (et qui désoriente tant les sédentaires).

Les péniches Louise-Catherine, « concrete », Adamant, la tour 13…

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Nous aussi nous avons déjeuné sur l’herbe, échafaudant d’humbles et splendides projets…

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Sur la Seine, d’autres déjeunaient aussi au soleil à bord de leur péniche

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Nous avons avancé vers l’est

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et sommes montés à bord de la Louise-Catherine, ou péniche Le Corbusier, anciennement péniche de l’Armée du Salut

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Toute en béton, mais de beaux espaces

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Et une belle exposition de photos de femmes. Celle-ci par exemple, une inconnue, pose devant de nombreux livres, dont au premier plan un livre de Maître Eckhart

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toujours à l’intérieur de la péniche

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et la voici vue du pont

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rive droite, une péniche « concrete » pour les fêtards insatiables

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et de l’autre côté du pont et de l’horloge de la gare de l’Est…

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la péniche hôpital psychiatrique de jour Adamant

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vers la source…

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repassons rive gauche, avec son vert musée de la mode…

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à l’arrière de la gare d’Austerlitz

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et voici la fameuse tour 13

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revenons aux immeubles habités

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rue Bellièvre, c’est une petite Afrique

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continuons dans le Paris tout neuf de ce quartier du 13e

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bientôt ces chemins de fer seront couverts

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cet après-midi à Paris, photos Alina Reyes

Bouillante comme la neige

Très heureuse d’être entrée en Carême, comme je le fus d’entrer en Ramadan, l’été dernier – c’est ce temps qui m’a ouvert la voie de la peinture, quelques mois plus tard, car le blanc contient toutes les couleurs, il les mûrit en son sein puis les libère. Et aujourd’hui mes idées fusent en abondance. Ah décidément, par la grâce de Dieu, nous transformerons la mort en vie, oui je ferai toute chose nouvelle, je le fais à chaque instant !

Toute chose nouvelle

En train de faire mon premier essai de peinture sur un objet en trois dimensions, que j’ai enduit de gesso cette nuit : Madame Terre.

Aujourd’hui est mercredi des Cendres, j’ai perdu clairement le goût d’aller à l’église chercher une croix de cendres sur le front pour le salut du monde, disons plutôt que j’ai dépassé de loin cette station, je ne vais pas retourner en arrière, je marche. Je vais suivre le jeûne de Carême, ce que presque plus personne ne fait, raison pour laquelle la religion n’est presque plus rien, comme j’ai suivi le jeûne de Ramadan l’été dernier, selon la règle de mes Pèlerins. Nous faisons, nous ferons toute chose nouvelle.

La lumière est si printanière.

Grâces

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tout à l’heure à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Je me suis promenée dans le quartier du 13e dont les rues ont des noms de peintres. Rue Edouard Manet, j’ai trouvé une petite planche de bois contreplaqué, que je peindrai. J’aime peindre sur des morceaux de bois trouvés dans la rue. Cela me rappelle un peu mes cueillettes en forêt. Cela me rappelle aussi l’écrivain George Minot, à New York, qui récupérait des choses dans la rue, cartons, papiers d’emballage…, pour en faire des petits objets d’art, il en avait glissé un dans ma valise avant mon départ. Finalement je me demande si je ne vais pas proposer les photos coloriées au pastel ou à l’acrylique une par une. Elles se suffisent comme tableau. Des petits tableaux que je pourrais mettre sous verre et proposer à petits prix, avec les marque-pages et d’autres petites choses. J’aime l’idée qu’il y en ait pour tout le monde. Le premier peintre qui a laissé un message dans le livre d’or de ma galerie est marocain, cela me rend bien heureuse aussi.

En marche

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Par une belle matinée, une belle lumière de fin d’hiver…

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nous avons marché jusqu’au Panthéon enveloppé de son linceul

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et nous sommes allés au musée du Moyen Âge

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dont j’ai photographié cette verrière, avant de partir

(Rien ne peut racheter Judas, quoiqu’en disent les prêtres qui sont les mêmes que ceux qui ont martyrisé le Christ)

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Au square, à côté de la statue de la louve romaine, une jeune chienne de berger au pelage exceptionnel ne cessait de bondir joyeusement après la balle. Nous avons parlé avec son maître, tout était plein de grâce.

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J’ai photographié les toits du musée que nous venions de quitter, et aussi un arbre en fleurs.

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Rue Saint-Jacques, le restaurant indien où nous allions quand nous y habitions est fermé.

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D’un café de la rue Soufflot, nous avons vu passer des manifestants ukrainiens.

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Je suis sortie pour faire le reportage, on peut le voir en photo et en vidéo dans Citizenside.

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Nous sommes passés par le jardin du Luxembourg.

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J’ai encore photographié quelques toits.

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Des sacs poubelles avec des choses dedans étaient accrochés dans toute une série d’arbres.

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La chapelle du Val de Grâce, d’ici, est si belle. Dombasle l’a souillée, car j’en parle beaucoup dans le livre où je parle aussi beaucoup de la Dame à la licorne, pour laquelle c’est H qui a fait le sale boulot.

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Et là, Paris a un petit air de sud.

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photos Alina Reyes