












tout à l’heure à Paris 5e, photos Alina Reyes
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tout à l’heure à Paris 5e, photos Alina Reyes
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Poires, noix, raisins,
Surabondantes corbeilles,
piques des châtaignes
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Lever du soleil
debout dans les champignons
cueillis pour la ville
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Étals, fruits des vignes,
fruits des bois, fruits des vergers,
le sang monte aux joues
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L’équipe du site alinareyes.net (le webmaster, les premiers lecteurs et l’auteur) a la joie d’annoncer la parution de sept nouveaux livres numériques.
Francis K, un nouveau roman, inédit
Voyage, en édition électronique
Le titre Charité de la chair est téléchargeable gratuitement, en e-pub, mobi ou pdf. Le titre Voyage est également disponible en format papier, vendu par correspondance à prix promotionnel.
Bonne découverte, bonne lecture !
En bas dans la cour
La très vieille dame monte
Six marches de pierre
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Ciel gris sur les toits
Debout à la fenêtre
Un être aux yeux d’or
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Ailleurs vignes vierges
rougissent le long des murs
dans des cours secrètes
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Plus longues les nuits
Minuscules les étoiles
Toujours dans le ciel
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Plus fraîches les nuits
Si ardentes les étoiles
Pourtant dans le ciel
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Si douces les nuits
Marchant sur la Voie Lactée
Vers le nouvel an
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En vérité, mon livre est terminé.
À lire très bientôt en e-book ici.
En ce 18 septembre de grâce.
12 jours, 64 pages. Le livre avance, semblable à nul autre. Comme, dès le départ, mon premier livre, et les suivants. J’ai écrit des romans de plus en plus gros et improbables, comme Derrière la porte, Lilith, Forêt profonde, Voyage. J’ai écrit des romans de plus en plus minuscules et improbables, comme Le Boucher, L’Exclue, La Dameuse, Notre femme. J’ai écrit des romans de plus en plus choquants, comme Poupée, anale nationale, Le carnet de Rrose, Forêt profonde. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour réveiller les êtres humains, j’ai fait mon travail d’écrivain. Je continue.
Que le grand cric ne vous croque pas ! Soyez vivants, jour après jour, nuit après nuit, instant après instant. Franchissant les frontières du temps.
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D’ici la fin de la semaine, incha’Allah, plusieurs nouveaux titres numériques sur ce site, et Voyage à petit prix, en papier et en ebook.
Grands arbres debout
Tronçonneuses dans les bois
Grands arbres couchés
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Pluie contre la vitre
bruit du réveil qui efface
l’été goutte à goutte
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Paraît l’arc-en-ciel
Les tronçonneuses se taisent
un instant au bois
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Chutent les feuilles
le vent tourbillonnant vient
Montent les feuilles
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Fanent les roses
Le soleil jute et se sucre
au cœur des raisins
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Flaque dans l’allée
Lumière et nuées d’automne
jouent les pieds dans l’eau
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tout à l’heure au Jardin des Plantes, dans le bon vent, photos Alina Reyes
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Temps des cerfs
ma page blanche
vendange.
Cette contradiction fondamentale atteint son plus haut point, parmi les Églises, dans l’Église catholique, avec son père tout-puissant, le Pape. En vérité le pape est spirituellement impossible, faux. C’est pourquoi Benoît XVI s’est retiré : sa situation était intenable. Le pape suivant, qui est aussi le pape simultané – preuve supplémentaire de la fausseté de cette figure censée représenter l’Unique sur terre – a pris un nom de frère, François. Mais comme il n’a pas de numéro à y accoler, qui l’inscrirait dans la suite des papes et relativiserait donc sa figure, le monde avide de père spirituel l’appelle pape François, le renvoyant ainsi sans cesse à cette fonction paternelle dont le Christ a dit qu’elle ne pouvait pas être celle des hommes, d’un homme. Lui-même, le Christ, ne s’est jamais fait appeler père ni pape, et Pierre ne l’a sûrement pas fait non plus, ayant entendu de la bouche du Messie que seul Dieu pouvait être appelé père. Il est d’ailleurs à remarquer que si le Christ appelle Dieu Abba, ce n’est pas seulement pour souligner le fait qu’il est son père spirituel, c’est aussi pour empêcher les hommes de chercher des pères spirituels parmi les hommes. À celui qui s’agenouille devant lui et lui demande : « Bon maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ? », il répond : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon sinon Dieu seul ». (Marc 10, 17-18)
L’un des vices de cette focalisation sur le pape est d’entraîner l’Église à sa suite dans le cœur des fidèles. Si le pape ne nous plaît pas, ou pas trop, nous ne pouvons plus aimer l’Église non plus. Si, au contraire, nous pouvons nous raccrocher à la figure du pape comme il ne faudrait pas s’y raccrocher, alors l’Église, quoique devenue au cours des siècles bien moins récupérable que la femme d’Osée, prend soudain l’allure d’une jeune mariée, ou presque, si l’on ferme assez les yeux sur les artifices qui lui rafraîchissent le teint, « l’attrape-couillons », comme ma grand-mère appelait son poudrier, qui n’empêche pas de vieillir et d’aller vers sa mort.
C’est pourquoi, après Benoît XVI, l’on n’a pas laissé le Saint Esprit élire le pape, on l’a calculé en fonction des besoins estimés, le premier étant le besoin de popularité, incluant la possibilité de jouer un rôle, de se présenter non comme ce qu’il est, mais comme ce qu’on attend qu’il soit. Rappelons-nous Bergoglio apparaissant au balcon pour la première fois avec une mine et des gestes de benêt, afin de ressembler à certaines images du Poverello d’Assise, bras levés, air candide – la candeur est-elle vraiment le fond de l’être du vieux cardinal jésuite ? Tout ceci ne peut être qu’éphémère, superficiel, soumis aux humeurs du temps et finalement destructeur dans la durée.
Comment sauver le bon côté de la papauté, son caractère unifiant ? En ne prenant pas le pape pour un pape. Ne pas se prendre lui-même pour un pape, c’est ce qu’a tenté Bergoglio, mais pas en profondeur. Dès que la vérité se rapproche, la vérité d’en face paraît : contrairement au pape qui en son temps accueillit François, le pape François n’accueille personne qui soit comme le vrai François, à la fois nouveau et touchant le ciel. Les risques sont trop grands, ce sont ceux que le Messie exige de l’homme, ceux qui pourtant sauvent.
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