Saison des impôts
Je regarde le facteur
mi-figue mi-poire
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Les gens promènent
les restes de leur bronzage
au moindre soleil
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Rentrée des classes
Des étudiants sur des marches
mangent leur sandwich
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Saison des impôts
Je regarde le facteur
mi-figue mi-poire
*
Les gens promènent
les restes de leur bronzage
au moindre soleil
*
Rentrée des classes
Des étudiants sur des marches
mangent leur sandwich
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L’abeille butine
près de la ruche bien pleine
les dernières fleurs
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Un têtard tardif
métamorphose en la mare
l’automne en printemps
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Revenue du nord
la grive danse dans l’air
Les figues l’attendent
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Testant avec mon nom divers moteurs de recherche, parmi les choses amusantes je trouve :
une photo de moi que je n’avais jamais vue ;
un site encyclopédique russe où Le Boucher est cité parmi les 40 romans de l’année 1988, avec par exemple Les Versets sataniques (un livre que je n’ai jamais aimé) ;
une encyclopédie américaine de littérature féministe où est mentionné mon roman Lilith ;
une critique en anglais où Behind closed doors (Derrière la porte) est comparé aux Mille et une nuits ;
une présentation en anglais du (mauvais) film italien tiré du Boucher, livre « reconnu comme la bible de la littérature érotique féminine » ;
une page littéraire où il est dit, à la fin, que je suis en fait un homme, un male writer qui parce qu’il n’avait jamais vendu ses livres, a inventé cette female writer, la famous novelist qui tient le blog discret que vous lisez ici.
Quant à moi, je vous recommande Francis K.
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La saison change
Sur le lac un cygne noir
miroir du soleil
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Oiseaux migrateurs,
ils transportent la lumière
d’une terre à l’autre
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Nuit tombée plus tôt
Ses oiseaux invisibles
autant que le jour
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tout à l’heure à Saint-Louis de la Salpêtrière, photos Alina Reyes
(j’ignore le nom de l’artiste, dont l’oeuvre semble en cours)
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Dans le pré l’âne
Dans mon sac les châtaignes
glanées sous l’arbre
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Au-dessus des prés
les bruyères flamboyantes
puis la roche nue
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Troupeaux des nuées
plus rapides sur les cimes
qu’en bas les brebis
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Fruits parmi ses fruits,
dans les branches du pommier
oiseaux et enfants.
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Poissons rouges, eau verte
L’arbre aux feuilles roussissantes
Son reflet y bouge
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Le jus des mûres
sur les mains du jardinier
mouille la terre
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Mosquée de Paris et Jardin des Plantes, tout à l’heure, photos Alina Reyes
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cet après-midi au jardin des soeurs de l’Adoration, Paris, photo Alina Reyes
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Dans l’histoire comme dans la nature, certaines choses qui paraissaient devoir durer toujours parfois s’effondrent ou se transforment d’un coup. La vie de l’être est bondissante. Ce qui nous semble présent est déjà passé. Ce qui nous semble futur incertain est déjà né. La vie est violemment adorable.
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Paris, place d’Italie, tout à l’heure, photos Alina Reyes
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Ce n’est pas le nombre de pages qui compte, c’est leur densité. Ce qui est indense ne se tient ni ne danse.
Ce n’est pas le sens de surface du texte qui compte, c’est le sens de ses profondeurs. Dans les grandes surfaces du livre que sont devenues même les petites librairies, il ne se trouve presque plus que des textes de surface, formant des lecteurs de surface.
Ce n’est pas en voulant évoquer son temps qu’un texte évoque quoi que ce soit. Vouloir évoquer son temps, ou quelque temps que ce soit, c’est nourrir le néant – ne pas faire le « bond hors du rang des meurtriers », comme le dit Franz Kafka qui, lui, le fait. Seule l’éternité peut évoquer le temps, tous les temps, et elle-même en même temps.
Le 14 septembre dernier, il a trouvé un sac contenant quarante mille dollars. « Je suis extrêmement religieux, Dieu a toujours très bien pris soin de moi », a déclaré Glen James, le sans-abri de Boston dont l’extrême honnêteté a ému le monde. C’est un pauvre Noir doux et long, comme Francis K, qui donne à qui la veut la clé de l’éternité.