Petit roi

rosemarie trockel

Rosemarie Trockel, Sans titre (Le petit roi)

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Homme sans autre titre ou petit roi lunaire
sur fond d’orage très outremer

portant le poids des âges et de travers
une couronne avec un air de déterré

ou bien d’ange vieilli, tombé d’un ciel trop blet
sans illusion de retrouver la vue superbe

deux yeux pourtant de loup avide, d’enfant
qui n’oublie rien de la gravité des comptines

frère de ceux qui ont mangé du rat, du hérisson
à l’hôpital ou en prison vu défaillir la raison

notre double et poète, vigie cherchant des mots
pour habiter une contrée davantage dansante

Jean-Claude Pinson, en Coda de son essai Habiter en poète (éd Champ Vallon), dont le Sans titre (Le petit roi) de Rosemarie Trockel est en couverture

Fresques et rues

16Pantonio, à l’angle de la rue Jenner et du boulevard Vincent Auriol (avant-hier)

1et aujourd’hui entre deux pluies…

2BTOY, 3 rue Esquirol

3Pinel par Jorge Rodriguez-Gerada, place Pinel

4C215, ci-dessus et ci-dessous boulevard Vincent Auriol

5 6Fabio Rieti, 73 rue Clisson7 8Alapinta Crew (Maher et Aner), 50 rue Jeanne d’Arc

9 10au coin de la place Nationale, sur ce plan de quartier en mosaïque, Etienne de la Hire, Robert de Baudricourt, Olivier de Clisson, Jeanne d’Arc, Jean Poton de Xaintrailles, Jean de Dunois

11INTI, rue Lahire12 13 14 15 16Jacques Villeglé, 53 rue Baudricourt

… et quelques peintures en face, au coin de la rue Tolbiac

17 18J’ai déjà photographié certaines de ces fresques, mais c’est dehors, donc cela change, la lumière change, le temps change, les rues changent, la peinture change… c’est vivant

aujourd’hui par beau temps entre deux averses (et deux bibliothèques où j’allais chercher des livres), à Paris 13e, photos Alina Reyes

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La joie vibre

1Deux de mes anciennes photos colorées hier soir à la main en écoutant les conférences de Georges Steiner à l’ENS (trois vidéos à la suite)

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Travaillée la nuit et réveillée le matin par la pensée de mon roman en train de s’achever, un livre potentiellement en or si j’en cisèle avec justesse les dernières touches, avant de me consacrer à ma thèse. Trouvé avant-hier dans la rue un fauteuil de bureau, envoyé du ciel ?, grâce auquel je travaille bien mieux qu’assise sur mon tabouret, comme jusqu’alors.

Je songe à ce rêve fait dans mes vingt ans, et raconté dans Ma vie douce, rêve où il m’était donné à choisir entre défricher l’Amazonie, décharger un train de matières précieuses, traduire L’Enfer de Dante. Le rêve revenait parfois avec des variantes comme celle-ci : écrire un mémoire sur l’alliance entre le café et le chocolat dans la duchesse au café (ce gâteau existe-t-il ? oui). J’ai accompli, j’accomplis le rêve, en choisissant tout.

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