Au tribunal de la conscience. « Je suis debout », par Chérif Delay

chérif delay

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En ces jours où se déroule un troisième procès d’Outreau, au cours duquel la parole des victimes semble tout aussi méprisée que lors des précédents (rappelons que la première fois ce sont les enfants qui étaient placés dans le box des accusés, au tribunal, tandis que leurs bourreaux étaient dans la salle avec les journalistes, auxquels ils avaient tout loisir de raconter leur déni des faits – et que la presse s’est en effet empressée de les transformer en victimes des prétendus mensonges des enfants – douze d’entre eux ont pourtant été reconnus victimes de viols, alors qui les a violés?), j’ai lu le témoignage de l’aîné des frères Delay, aujourd’hui adulte en grande souffrance. Serge Garde, auteur d’un documentaire, à voir sur Youtube, intitulé Outreau, l’autre vérité, lui a servi de plume. Le livre est paru en 2011. Il est évident que Chérif Delay n’a pas pu tout dire, tout raconter, le traumatisme est trop grand et certains faits sans doute trop terribles – rappelons qu’il a été frappé jusqu’à tomber dans un coma de plusieurs jours à l’âge de cinq ans, puis violé à partir de l’âge de six ans par son beau-père puis d’autres, dont sa mère. Certainement il ne peut dire tout ce qui s’est passé, et qui a impliqué beaucoup de personnes et beaucoup d’enfants – il a même été question de mort d’enfant – mais son livre est un témoignage vivant et très intéressant. J’en donne ici quelques passages.

Ma mère, je dois la tuer. Dans ma tête. (…) Ma mère m’a violé comme elle a violé mes petits frères et d’autres enfants (…) Et voilà qu’elle m’écrit qu’elle veut me « serrer » contre elle et « m’embrasser » ! Comment ose-t-elle ? C’est la dernière femme au monde qui a le droit de me toucher.

(…)

Je viens d’un monde où les gens ne comptent pas, sauf dans les statistiques du chômage. RMI ou RSA ? RAS. Je viens d’un monde où les gens passent sans histoire, sans laisser de trace. Je viens du silence.

Écrire un livre, c’est comme niquer le destin. C’est être dans la lumière. D’un certain côté, j’aime. Mais, franchement, j’aurais préféré rester un enfant, puis un jeune homme anonyme.

(…)

Au plus fort de cette tempête qui, dix ans après, continue de souffler par rafales, je n’ai jamais baissé les yeux. J’ai souvent trébuché mais, aujourd’hui, je suis debout et, quoi que vous ayez pu penser de l’affaire, je vous invite au tribunal de la conscience.

(…)

La présidente me demande de reconnaître les personnes par numéro. Elle m’interroge sur une accusée. Je n’ai pas le temps de répondre. C’est parti ! Les avocats de la défense, derrière, dans mon dos, me coupent la parole, me traitent de menteur, de mythomane, d’affabulateur… Et personne n’intervient pour que je puisse témoigner normalement. Même mon avocat laisse faire. Je ressens l’hostilité de la salle archicomble derrière moi. Je reste figé, sidéré. Personne ne réagit pour dire qu’on devrait me laisser parler. Bouche bée. Le ciel m’est tombé sur la tête. Pourquoi un tel déluge d’agressivité ? Mais qu’est-ce que j’avais bien pu faire ?

Les avocats de la défense se relaient. L’un d’eux m’accuse d’être le fils de ma mère, le fils d’un monstre. (…) Je n’étais plus une victime, pas même un témoin. J’étais l’accusé. (…) La suite, je l’ai vécue comme pendant les viols. Dissocié. J’étais à la barre, mais totalement absent.

(…)

Sans doute persuadé d’appartenir à une espèce supérieure, Delay pataugeait dans un racisme particulièrement sordide. Il me rappelait que je n’étais pas de son « sang ». M’appeler par mon vrai prénom, c’était au-dessus de ses forces. Chérif faisait trop musulman à son goût. Il fallait gommer mes origines. Si quelqu’un dans le voisinage m’appelait Chérif Delay, il décrétait que son nom était sali. D’autorité, il m’a rebaptisé à la mode aryenne. Sans trop d’imagination. C’était la mode des Kévin… Alors tout le monde a dû m’appeler Kévin, et j’ai fini par m’y habituer. À l’époque, j’étais trop petit pour comprendre qu’il me volait mon identité. Il faisait de moi un fantôme.

(…)

J’ai appris « sadisme » dans ma chair avant de connaître le mot. (…) Il ne voulait pas m’entendre gémir ou pleurer, pour, disait-il, que je devienne un dur. Une façon de marquer dans ma chair : « Tu portes mon nom. Si tu veux que je t’accepte, il faut que tu acceptes ce que je te fais. » Mais cela n’avait rien d’un rite d’initiation. C’était un calvaire permanent.

(…)

Dès que je pouvais, de façon indirecte et souvent très maladroite, j’envoyais des appels au secours. (…) J’étais muré dans le silence. Je ne disais rien sur moi, mais combien de fois j’ai dit à une enseignante : Aidez mes frères !

(…)

La période des viols a commencé. Au départ, je ne subissais que Delay. Mais il avait des amis. Il recevait beaucoup.(…) Ils ont élargi le cercle. Le voisin avait un ami qui avait un ami… (…) Je ne peux pas être plus précis sur la constitution du réseau. La plupart des discussions ne se passaient pas devant moi.

(…)

Il y avait régulièrement les menaces de mort : Si tu mouftes, j’te tue !

(…)

Tous ces tarés ont même cherché, à un moment donné, à me transformer en violeur. Ils voulaient que je devienne comme eux, sans doute pour me neutraliser.

(…)

Delay m’a fait creuser une tombe jusqu’au cercueil. Le bois était complètement pourri. Delay est descendu dans le trou, il a ouvert le cercueil et il a saisi la tête du mort et il me l’a tendue pour que je la mette dans un sac-poubelle. (…) Je n’ai pas pu. J’ai dégueulé trois fois.

(…)

Parler de choses difficiles à dire, cela fait mal. Ne pas parler détruit.

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Je ne te pardonnerai jamais. De toute ma vie. Jamais.

(…)

Un père incestueux, c’est d’abord quelqu’un qui a le pouvoir absolu et qui en abuse comme il veut.

(…)

C’était un traquenard et je suis tombé dedans. En quittant la barre, je répétais intérieurement « je sais pas, je sais plus ». J’étais choqué. Pour sortir, je me suis retrouvé face aux accusés. Ils jubilaient. Je voulais m’évanouir, crier, m’éclater la tête contre un mur, sauter par la fenêtre.

(…)

Les journalistes, à mes yeux, portent une responsabilité particulière dans cette affaire.

(…)

« Tu dois le savoir : ils ont tous été acquittés ! » Je suis resté sans voix. J’ai fumé une dizaine de clopes d’affilée. Puis ma tête est devenue un cocktail Molotov. L’explosion a été violente. J’ai tout cassé dans la turne. Mais ça ne m’a pas calmé.

(…)

Je suis allé dans un quartier « chaud » pour acheter un flingue. Pas trop difficile. (…) Fort heureusement, je n’avais pas encore la somme nécessaire. Je me suis promis de réunir vite l’argent pour acheter l’outil de ma vengeance. Rien en moi ne m’incitait à dissuader ce Kévin qui voulait plomber tout le monde. Quand je dis tout le monde, c’est une façon de parler. Kévin ne ciblait que les quelques personnes qui lui avaient volé son enfance. Bien sûr que je savais où elles habitaient.

(…)

Et si vous réussissez à dire ces choses indicibles, personne n’imprime, parce que vous conservez l’apparence d’un enfant comme les autres, en plus chiant. Qui peut deviner qu’une partie de vous est morte ? Pas morte. Plongée dans le coma. (…) Je me suis battu, je me bats tous les jours.

(…)

Milena Jesenska et Franz Kafka, Nus devant les fantômes (9)

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L’horloge astronomique de Prague

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Comment l’amour charnel, Franz, peut-il s’exercer sans chair ? Mourante et décharnée, je t’aime pourtant, mort, comme si nous étions éclatants de vie – deux fauves en rut, naseaux dilatés, se dirigeant l’un vers l’autre dans les ténèbres.

Maintenant je le comprends, c’est bien ainsi que, de notre vivant, nous sommes allés l’un vers l’autre : mus par l’instinct des félins qui rugissaient dans nos esprits affamés.

La mort chaque jour un peu plus s’étend sur moi et ne nous réunira pas, Franz. Ni ne nous désunira. J’ai tant joué avec la mort, adolescente ! Je devrais apprécier qu’aujourd’hui de tout son poids, elle se couche sur mon corps et s’enfonce à l’intérieur, avec son silence obscène.

Voilà plus d’un mois que j’ai été opérée. Par mon bout de ciel je vois que les jours rallongent, que le printemps s’annonce. Parfois j’arrive à ressentir l’exaltation qui s’empare habituellement des êtres, en cette période-là. Mais la plupart du temps je ne sens que ma douleur, et il me faut lutter contre le désespoir. Au bout d’un mois et demi, je devrais aller mieux. Or j’ai l’impression de souffrir chaque jour un peu plus. Tour à tour, je crois que je vais guérir, ou mourir.

Je voulais vivre ma mort, l’accueillir comme partie intégrante et respectable de ma vie. Je rêvais d’une fin en forme d’enlèvement romanesque, or la mort n’en finit pas de me torturer et de me violer. Et je n’ai, pour me sauver de son emprise, que ces cordes de mots que je lance vers toi, par-delà son œuvre.

Dans quel temps sommes-nous nés, qui nous a permis et empêchés de nous aimer ? Je sais que tu te dresses et continueras de te dresser au-dessus de ce siècle comme une figure de ce cinéma que tu aimais tant, une ombre gigantesque, dérisoire et poignante, privée de parole (le tchèque n’était pas ta langue, l’allemand non plus, mais tu n’en avais pas d’autre), mais inventant une écriture en noir et blanc, parsemée d’images concrètes, toujours justes – jusque dans l’incongruité.

Nous savons ce qui arrive aux hommes qui vendent ou égarent leur ombre. Tant que tes livres existeront, Franz Kafka, ton ombre d’arpenteur s’accrochera aux pas de la distraite humanité.

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Tu sais, Franz, pendant que le Dr Treite m’opérait, je me suis réveillée, et je lui ai demandé de me montrer mon rein. Quand j’étais petite, mon père m’obligeait parfois à l’accompagner à la faculté de médecine, et même à assister à des opérations. Je croyais, à ce moment-là, avoir horreur de ça. Mais c’est de sa tyrannie que j’avais horreur. Tout ce qu’il voulait que je fasse ne pouvait qu’être méprisable et détestable. Pourtant il avait raison sur ce point, j’aurais pu être un bon médecin.

Je pense à ma petite Honza. Il faut absolument que je m’en tire et que je sorte d’ici, pour la revoir. Je n’ai pas été une très bonne mère, ma vie était tellement tiraillée de tous côtés… Du côté de l’amour (si difficile, toujours), de la drogue, de l’action militante, de la nécessité de gagner notre vie… Et au milieu de tout ça, il y avait ma petite fille, comme une lampe allumée dans l’obscurité, qui m’aidait à ne pas avoir peur…

Elle n’est pas restée longtemps chez mon père, elle s’est enfuie. Sans doute était-il moins dur avec elle qu’il ne le fut avec moi. Avec l’âge, les cœurs s’amollissent… Et il se pourrait bien, même, qu’elle le tourmente plus que lui ne la gouverne. Maintenant qu’elle est adolescente, j’imagine qu’elle doit avoir quelque chose de la flamme et de l’intrépidité que j’avais à son âge… Décuplées par une force morale que je n’atteignais pas, car elle a dû, dès sa plus tendre enfance, traverser bien des épreuves que m’a épargnées le confort bourgeois de ma jeunesse.

Je l’ai écrit dans un journal : Souvenez-vous, souvenez-vous seulement de l’indicible, incompréhensible et panique souffrance de vos seize ans, de la douloureuse recherche d’une issue, d’une terre ferme sous vos pieds, de la tête qui se cogne contre les murs, contre les conflits intérieurs (…) Tout est affaire de la sincérité et de la profondeur avec lesquelles un être travaille la douleur de sa jeunesse. Elle constituera sa richesse pour la vie, il mesurera tout à cette aune.

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Si je t’avais connu, Franz, dix ans plus tôt ! Prague n’était pas si grande, nous aurions pu nous rencontrer… Et il ne nous aurait pas été davantage possible de nous aimer que ce ne le fut plus tard. Non pas seulement à cause de notre différence d’âge – j’avais bien dix ans de moins qu’Ernst quand, encore lycéenne, je le rencontrai – mais à cause de notre différence tout court, de tout ce qui nous séparait, et qui nous sépara. Pourtant jusqu’à la fin, et même après la fin, nous continuons à être ensemble, de la seule façon qu’il nous fut possible de l’être : séparés.

Te souviens-tu de notre petite mère Prague ? Comme elle était belle et sombre et irréelle ! Comme elle avait l’air d’un rêve avec ses vieilles ruelles et ses lumières filtrées, et son fleuve, la Moldau, comme une veine argentée, irradiante ! Comme elle ressemblait à nos cerveaux d’adolescents ! Moi je ne restai pas longtemps adolescente, je mûris très vite, comme on l’exige trop souvent des filles, alors que toi, tu conservas toute ta vie la fraîcheur et l’exigence absolues de tes quinze ans.

Étendue sur ma couche, je regarde le minuscule rectangle de ciel au-dessus de Ravensbrück, et je demande : te souviens-tu de Prague, de cette vieille ville tellement civilisée où nous étions avides de prendre notre envol vers la vie et, déjà, prisonniers ? La petite mère a des griffes, disais-tu…

Cette vitre étroite au travers de laquelle je vois tout ce qui me reste de liberté… Depuis toujours j’aime m’échapper par les fenêtres. Il y a plus de vingt ans, jeune journaliste, j’évoquais déjà leur magie dans Narodni Listy, en revoyant le visage d’un prisonnier derrière les barreaux. Ce sont les fenêtres et non point les portes qui s’ouvrent sur la liberté. Le monde s’étend devant la fenêtre (…) C’est dans la fenêtre que réside toute espérance de lumière, de lever du soleil, d’horizon ; c’est dans la fenêtre que se logent les désirs et les aspirations. Derrière la porte, il n’y a que la réalité (…)

À Oskar Pollack, ton premier grand ami de lycée et d’université, tu écrivais : Tu étais aussi pour moi une fenêtre à travers laquelle je pouvais regarder les rues. Tout seul, je ne le pouvais pas.

Et plus tard, dans l’un de tes premiers fragments littéraires, Qui vit abandonné (…), celui-là ne pourra se passer indéfiniment d’une fenêtre sur la rue…

Tu es aussi ma fenêtre, Kafka, et j’ai peur qu’elle ne donne que sur l’oubli.

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à suivre (principe donné en première note de cette catégorie)

Walt Whitman, « Chant de la grand route » 8 in « Feuilles d’herbe » (ma traduction)

WaltWhitman-Camden1891

Walt Whitman à Camden en 1891

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L’efflux de l’âme est bonheur, ici est le bonheur,

Je crois qu’il imprègne l’air, en attente toujours,

Maintenant il coule en nous, bien chargés.

 

Ici s’élève le fluide et attachant caractère,

Le fluide et attachant caractère, fraîcheur et douceur de l’homme et de la femme,

(Les herbes du matin ne poussent pas plus fraîches ni plus douces chaque jour de leurs racines qu’il ne pousse continuellement, frais et doux, de lui-même.)

Vers le fluide et attachant caractère exsude la sueur de l’amour des jeunes et des vieux,

De lui tombe, distillé, le charme qui se moque de la beauté et de la réussite,

Vers lui se soulève le frémissant, languissant désir de contact.

 

Le corps vivant est une pensée, et il pense

Dans le Coran, Ève ne sort pas de la côte d’Adam. Dans l’islam, l’enfant ne naît pas marqué par le péché. Le constat s’impose par rapport à la Bible, en négation de cette philosophie portée par la Bible. En vérité le Coran rejoint la première affirmation de la Genèse, le premier livre de la Bible. L’homme et la femme y sont d’abord présentés comme une seule création : « Mâle et femelle il les créa ». « Adam », « l’être de terre », étant aussi bien le nom de la femme que celui de l’homme. Ce n’est que dans la seconde version de l’histoire, un peu après, qu’Adam demande à Dieu une compagne, et qu’Ève est tirée de son côté pour lui servir d’aide. Quel est le sens de cette double histoire ? Clairement, que selon « Dieu », c’est-à-dire selon la vérité ontologique de l’être, l’homme et la femme sont parfaitement égaux. Mais selon le deuxième Adam, c’est-à-dire de l’homme devenant social, certains êtres, notamment les femmes, doivent être subordonnés à d’autres. Et cette subordination doit se justifier par un récit instaurant la différence de nature ontologique entre les uns et les autres.

Le dire sous la forme d’une affirmation est encore plus fort : dans l’islam comme dans la parole biblique originelle, l’homme et la femme sont créés ontologiquement égaux, et l’homme n’est pas marqué par le mal à sa naissance. La Bible et les religions qui en découlent se sont construites en négation de cette parole originelle, négation inscrite à même le texte dès les premières pages du Livre. En ce sens, il est notable que l’islam tel qu’il est vécu trahit lui aussi sa propre parole, en subordonnant la femme à l’homme, et certains hommes à d’autres hommes. De là le mal. S’il y a faute originelle, elle est dans cette perversion du récit originel, dans cette perversion de la vérité. Laquelle engendre à son tour toutes sortes de maux, condamne l’humain à toutes sortes de maux, lui donnant la vision de l’homme marqué par le mal dès sa naissance.

Que l’homme, qu’il soit masculin ou féminin, soit un et entier, appartient au monde ontologique sans faute et l’instaure ou le restaure. Que l’un(e) ne soit pas défini(e) par sa relation à l’autre instaure ou restaure la plénitude de la vie en relation, et en relation libre. La relation pure et libre est réflexion. Ni réflexion du même ni réflexion de l’autre, mais pure réflexion de la pure relation qui est amour. L’amour, pure relation, mêlant réfléchi et réfléchissant, engendre cette réflexion d’où surgit la vie. La réflexion est un corps.

Il n’est d’autre corps ni d’autre puissance que ceux de la pensée. Le reste n’est qu’illusion.

BHL la misère (3). Inverseur de sens, néant de l’être et de la pensée

51qZlRbn7-L._SY344_BO1,204,203,200_« Un spectre hante l’Europe, et même son excroissance américaine : le spectre de la BHLophobie», écrit sérieusement Laurent Dispot dans La Règle du Jeu, revue de BHL, en 2010. Lors du vingtième anniversaire de la revue, le Café de Flore où se fête la chose est plein à craquer de vieux de la vieille médiatiques, de riches, de célèbres, d’influents et de clinquants, de ministres rassis, surtout socialistes, de présidents d’associations vendues (Ni putes ni soumises, SOS racisme) et d’associations juives, de communicants, de banquiers, d’héritiers, de directeurs de journaux, de radios nationales, de télévision, de rédactions de toute la presse, de Elle à Médiapart en passant par Ring. « Mais de jeunes auteurs et penseurs découverts par La Règle du jeu, nulle trace. Et pour cause : il n’y en a pas.

Après avoir évoqué cette fête où tous les pouvoirs sont présents, manifestant l’étendue du réseau BHL (faisant dire aux auteurs que ce dernier « règne sur un territoire beaucoup plus vaste que le Vatican), les auteurs rappellent la construction médiatique du couple Lévy-Dombasle, et comment lui « agit, se démenant sans compter pour favoriser la carrière de sa femme », louant des salles pour qu’elle y donne des concerts et rameutant ses amis et amis d’amis pour son public. Quant à sa fille Justine, à deux ans et demi, en 1977, elle « sautait déjà sur ses genoux dans Paris Match ». Côté édition, son poste chez Grasset lui permet de s’assurer la fidélité d’  « auteurs » qu’il publie, tels Nicolas Sarkozy ou Xavier Couture, directeur d’antenne de TF1 puis président du directoire de Canal Plus, etc, qui ne font certes pas avancer la littérature ni la pensée mais font partie du puissant gotha à avoir dans sa poche. Côté presse, son bloc-notes au Point (dont le patron, Pinault, est cet industriel peu encombré de scrupules à qui il a vendu son entreprise de bois, voir notes précédentes), lui permet de flagorner chaque semaine en vantant les journalistes et autres personnages influents, dont des hommes et femmes politiques de droite comme de gauche, dont il lui faut entretenir « l’amitié ». Il y aura notamment l’épisode Ségolène Royal dont il sera très proche pendant toute sa campagne présidentielle, et qui selon le témoignage écrit de BHL, l’  « écoute avec un air d’humilité ». Quand, trois ans plus tard, le conseiller de la princesse qui l’écoute humblement se ridiculisera grave en citant le « philosophe » Botul, elle viendra à son secours.

BHL défend les puissants dont il est l’ami, comme Alain Carignon, lorsqu’ils ont affaire à la justice, « toujours plus prompt à prendre la défense des responsables politiques, droite et gauche confondues, qu’à se demander pourquoi ils sont attaqués ». C’est sans doute ce qu’on appelle le sens de la démocratie. Selon BHL, lors de sa première rencontre avec Sarkozy, ce dernier passe son temps « à essayer -déjà !- de comprendre comment un homme comme moi peut n’être pas d’accord avec lui ». Selon BHL, Sarkozy en fêtant sa victoire sur son yacht a probablement eu la noble ambition « de nous déculpabiliser du luxe, du succès, de l’argent ». Qui ça, « nous » ? « Et si, poursuit-il, notre jeune président voulait réconcilier la France, sinon avec le vrai bonheur, du moins avec les signes du bonheur que notre puritanisme, notre dépression et notre crainte des paillettes et du succès ont longtemps discrédités et réprimés ? »

En 1993, avec le soutien personnel de François Mitterrand, BHL est élu président du conseil de surveillance d’Arte. En 2009, il est réélu pour un cinquième mandat consécutif, avec une lettre de soutien de Nicolas Sarkozy. « Bernard-Henri Lévy, c’est l’intellectuel rêvé du politique. Bien sûr, il ne prendra pas sa carte dans un parti, bien sûr il pourra ruer dans les brancards. Mais que se présente une petite mission, un petit poste, et il poste et il se taira un moment. Un déjeuner et il s’assouplira. Car, au fond, Bernard-Henri Lévy veut être reconnu par ceux dont il admire la puissance. »

Nous ne reviendrons pas sur la Becob, l’entreprise qui a initialement fait la fortune de BHL, nous en avons parlé dans la note précédente de cette série. Mais aujourd’hui, BHL dirige quatre sociétés financières. Alors « il y a surtout ce qui ressemble à un réflexe de classe. Comme si le respect de la puissance financière et l’admiration pour les grands capitalistes – qui marquent, semaine après semaine, « Le Bloc-notes de Bernard-Henri Lévy » – étaient déterminés par des conditions de vie et des fréquentations évidemment peu favorables à la prise en compte des questions sociales et de la « misère du monde », à nos portes. Plus grave, ces postures déterminent à leur tour des prises de position qui semblent assez difficilement compatibles avec l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs. Bernard-Henri Lévy accompagne le mouvement et, quand cela lui est utile, lui prête sa voix. »

« Bernard-Henri Lévy jouit de connexions entretenues dans des milieux très divers et d’une grande puissance. À cela, il faut encore ajouter des types de sociabilités qui s’ancrent dans une réalité très française. À titre d’exemple, les classes préparatoires aux « grandes écoles » (…) où les élites françaises se rencontrent et se lient dès leur jeunesse. (…) Ensuite la question géographique. La France est un petit pays, qui fonctionne autour de Paris. Et dans Paris, certains quartiers comptent plus que d’autres. « Je vis dans un espace extrêmement clos, extrêmement limité, un minuscule village à l’intérieur du village de Saint-Germain-des-Prés », expliquait Bernard-Henri Lévy en 1977. De fait, c’est bien d’un petit monde qu’il s’agit. On s’y croise entre éditeurs, auteurs, journalistes, politiques, acteurs, réalisateurs. (…) Cela fait plus de quarante ans que Bernard-Henri Lévy hante les lieux. »

En 2004, les auteurs du livre sont allés voir Jacques Derrida, peu avant sa mort. Ils rapportent les propos du philosophe sur celui qui fut son élève, et qu’il vit évoluer dans « la représentation de soi, narcissique et promotionnelle, qui se sert d’une cause plutôt qu’elle ne sert une cause ». Ces intellectuels médiatiques, leur dit-il, « ne veulent pas être considérés comme des gens du spectacle médiatique. Mais ils savent qu’ils le sont, qu’ils font tout pour l’être en le déniant. C’est là qu’il y a punition, je pense, qu’il y a châtiment. En tout cas un prix à payer. » – « Qui est aussi le prix de la postérité, répliquent les auteurs. Parce que leur postérité intellectuelle et politique fait question. Elle n’est pas assurée… » – « Vous avez raison, répond Derrida. Il n’y a pas de disciples de Bernard-Henri Lévy, de Sollers ou de Glucksmann. En même temps, parce qu’ils sentent – et ils sont assez intelligents pour cela – le jugement critique et sévère dans leur propre milieu de gens comme moi et d’autres, ils les haïssent. (…) Tout à coup, on s’aperçoit que Sollers défend Lévy, pourquoi ? Que Lévy défend Sollers, pourquoi ? Que tout à coup Finkielkraut, qui a toutes les raisons de ne pas être d’accord avec Bernard-Henri Lévy, fait alliance avec Lévy. […] Il y a là une configuration de tous ces intellectuels-là, ensemble, mécanique. Et je crois qu’ils se serrent les coudes, parce qu’ils sont à la fois combatifs et acculés. »

Le livre reprend ou complète des éléments de la première édition sur les errements politiques de Bernard-Henri Lévy, les nombreux arrangements volontaires ou involontaires avec la vérité dans ses actes et dans ses livres. Depuis, il y a eu le Darfour, dont les auteurs montrent que BHL a fait l’emblème d’un combat entre l’islam modéré et l’islamisme, alors que bien d’autres facteurs étaient en jeu dans cette guerre. Que par idéologie il a protégé Abdelwahid, un chef de guerre qui s’est avéré être un obstacle à la paix. Ainsi, « par sa binarité, le discours autour du conflit au Darfour prolonge celui de la guerre contre le terrorisme initié par George W. Bush et les néo-conservateurs. La mobilisation autour du Darfour est ainsi un jalon essentiel entre deux événements historiques : la guerre en Irak et l’intervention occidentale en Libye en mars 2011. »

L’agitation de BHL est désolante, même à lire, résumée. Maladive. L’Iran, où il veut faire la révolution, mobilisant le gotha pour une condamnée à mort sans se soucier du sort des autres prisonniers, exécutés pendant que le régime profite comme d’un écran géant du bruit fait autour d’une seule pour accélérer la fréquence des mises à mort pendant cette période, et hospitaliser de force les prisonniers politiques qui espéraient attirer l’attention du monde par leur grève de la faim.

En Libye au moment de l’insurrection contre Kadhafi les journalistes peuvent observer le manège de BHL, logé au même hôtel qu’eux, passant ses journées à la cafétéria à attendre d’être interviewé et à organiser sa publicité pour Paris. Finalement racontera BHL, « Impuissant devant tant de détresse, j’appelle, à tout hasard le président de la République de mon pays ». Ce serait comique si ce n’était pas terrible. Surtout quand, avec le recul, nous connaissons la suite. Ne rions pas, le héros est à l’œuvre. « C’est sur le site de sa propre revue, La Règle du jeu, qu’on a pu lire les éloges les plus transis : « Il est inscrit une fois pour toutes, quoi que l’on dise et fasse, que, de tout l’engagement mondial pour la Libye, BHL a été et restera le ‘premier moteur’ au sens de la physique d’Aristote. » En fait les choses ne sont ni aussi simples ni aussi grandioses, mais Sarkozy trouve son intérêt à faire croire qu’il en va selon la légende colportée par celui qui devient « le premier de ses porte-parole », BHL. L’instrumentalisation est réciproque. Lévy, qui a « complètement raté le coche des révolutions arabes » organise le cinéma en Libye, avec simulacre de sommet, séance photo etc, et « le storytelling fonctionne à merveille. À gauche comme à droite, presque personne ne critique l’entrée en guerre de la France contre la Libye, à l’exception des députés communistes. Quelques rares personnalités mettent en cause ses motivations et ses méthodes, mais leur isolement les rend quasiment inaudibles. Il faut dire que Bernard-Henri Lévy et ses proches mettent en œuvre de véritables méthodes d’intimidation symbolique pour faire taire leurs adversaires.»

« Il est saisissant de voir à quel point, une fois parti en guerre, il choisit d’abaisser sa vigilance sur le pedigree démocratique de ses nouveaux amis » écrivent les auteurs en 2011. Quatre ans plus tard, nous connaissons le résultat de cet aveuglement. « Prendre la défense de certains opprimés là-bas (…) pour ne pas s’attaquer à l’ordre établi ici… On pourrait appeler cela le « caporalisme humanitaire » (…) Contrairement aux apparences, le caporalisme humanitaire prospère sur l’étiolement de l’autorité politique. Contrairement à ce qu’il voudrait faire croire, il est un aveu de faiblesse.»

« Il a toujours fait l’impasse sur le « social » : l’économie, le chômage, l’école, la pauvreté, le travail, les revenus, la famille, ça ne l’intéresse pas. (…) Il n’en parle ni dans ses livres, ni dans ses interviews, ni dans ses « bloc-notes » du Point, pourtant consacrés à ses commentaires de l’actualité. Il fait preuve d’une ignorance tout aussi magistrale des questions requérant un minimum de connaissances techniques : les nouvelles technologies, l’écologie, le droit d’auteur, le commerce international… »

BHL au secours de DSK ose écrire : « J’en veux, ce matin, au juge américain qui […] a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre ». Qui, selon lui, est victime dans cette affaire de viol ? « Strauss-Kahn, d’ores et déjà. Il est d’ores et déjà victime de cette espèce de cirque infernal. » Et cela à cause du « préjugé révoltant » des pauvres contre les riches, qui porte à croire la parole de Nafissatou Diallo. Cela dit, si DSK a les mêmes goûts que BHL, on comprend qu’il se soit jeté sur la femme de chambre : selon le « philosophe », « l’argent va mal aux femmes » – tandis que d’après son épouse, Arielle Dombasle, « il est un fauve, c’est un grand prédateur ». Après avoir étayé leur observation de plusieurs autres déclarations tout aussi misérablement sexistes, les auteurs résument : « Bref, objets sexuels dépourvus de sens de l’abstraction, qui ne doivent surtout pas avoir trop d’argent ni trop de pouvoir, les femelles sont aussi de grosses jalouses », à en croire BHL. Lequel raconta dans une interview de GQ en 2009 : « Autrefois, d’ailleurs, j’avais un test que j’appelais le « test de la pouffiasse » : si je dînais avec une fille qui hésitait pendant des plombes avant de décider ce qu’elle allait prendre, c’était assez mal barré. Et si je lui disais : « Prenez donc de la morue aux épinards » et qu’elle s’abîmait dans une contemplation encore plus sidérée de la carte en me demandant d’une voix éteinte « Ouchais, j’voispas », ça devenait carrément rédhibitoire. » BHL ne songe au respect des femmes que lorsque cela lui permet de s’attaquer à l’islam. Selon lui c’est Polanski, lui aussi, qui est victime d’une « infamie » -non l’enfant de treize ans qu’il drogua et viola. Et il lance une pétition, et il organise la propagande internationale pour défendre, comme toujours, le vieux mâle blanc et célèbre.

Les auteurs démontrent comment, par ses actes et ses paroles, BHL est « un zélé porte-parole de la hiérarchie militaire israélienne », « au point que l’on peut parler d’une véritable collaboration établie au fil des ans entre l’écrivain et l’état-major. » « Il y a un grand absent des discours de BHL sur Israël, c’est le peuple palestinien. (…) comme si les Territoires occupés n’existaient pas. » « C’est au nom des droits de l’homme qu’il défend des positions au fond militaristes et coloniales. Au prix d’un incroyable retournement de sens qui paralyse la critique. »

L’affaire Botul achèvera de ridiculiser Bernard-Henri Lévy. Je me souviens avoir lu, quand il est sorti, le petit livre signé Botul, et avoir tout de suite compris, sans rien en savoir, qu’il s’agissait d’une grosse blague, au demeurant très amusante. Et lui, BHL, qui a fait des études de philo, ne s’est rendu compte de rien ! Le plus sérieusement du monde, il a cité dans l’un de ses livres ce philosophe imaginaire ! Qu’en conclure, sinon qu’il révélait ainsi, comme par lapsus, le propre néant de son être et de sa pensée – être et penser étant mêmes, d’après le premier philosophe de l’histoire.

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Ecce Homo

nu-elle

magazine ELLE, 3 août 1998, photo Jean-Marie Périer

matussier,

photo Bernard Matussière, en ouverture de notre livre NUE, éd Fitway 2005

playboy

magazine Playboy, novembre 2005, photo Christophe Mourthé

C’est chaque fois moi qui ai demandé à poser nue – comme aussi pour la couverture d’un autre livre, La Vérité nue – et j’ai dû vaincre quelques réticences (sauf à Playboy) pour cela.

Nue, telle que je suis venue au monde, telle que nous venons au monde.

Le corps vivant est une pensée, et il pense

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Let’s tweet again

00a-kuzma-petrov-vodkin-fantasia-1925

Kuzma Petrov-Vodkin, Fantasia, 1925

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Que dire de ceux qui poussent les autres à commettre l’ignoble, tout en restant, eux, à l’abri des conséquences ? Tout en n’assumant rien ?

La fin ne justifie jamais les moyens. Des moyens faux sont la preuve que la fin annoncée n’est pas la vraie.Malheur aux semeurs de division.

Lisant « Le fromage et les vers » de Carlo Ginzburg : la secte catholique éternelle, avec sa capacité à détruire des vies et des familles.

Loin de la France, de plus en plus d’écrivains, 145, protestent contre le prix accordé par le PEN à Charlie Hebdo. Je me sens moins seule.

J’ai publié + de 30 livres, mais la pensée unique sévit, impossible de publier mon livre sur la fascisation, Charlie.

Ni terrorisme ni racisme ne sont civilisations. Il n’y a pas de guerre de civilisations,la guerre arrive quand on abandonne la civilisation.

Révolution permanente : révélation continue.

« Surveiller et punir », « Histoire de la folie »… Si actuel Michel Foucault.

Valls, qui désire voir plus de « Blancos » dans sa ville, rejette les Roms, fit chasser les sdf de sa rue etc – veut nous surveiller. Ça pue.

Ce n’est pas l’État qui doit surveiller le peuple, c’est le peuple qui doit surveiller l’État, comme nous veillons à notre santé,notre état.

« Paternalisme lubrique » dénoncé par des journalistes politiques femmes et loi Renseignement votée aujourd’hui :voyeurisme et abus de pouvoir.

Ménard risque 5 ans de prison pr avoir fiché des enfants musulmans.Combien d’années pour Valls&les députés qui ont voté de quoi nous ficher?

Eh oui, le 11 janvier, convoqué par l’État, préparait le coup d’État du 5 mai.

#PJLRenseignement Les terroristes ont gagné,disent certains.Ou bien c’est que le terrorisme le + dangereux ne vient pas de ceux qu’on croit.

J’ai publié plus de 30 livres,mais aucun éditeur ne veut prendre le risque de publier mon livre sur la fascisation en cours:j’ai donc raison.

Avec #PJLRenseignement l’homme comme la baleine aura ses parasites,mais ils ne lui serviront à rien, n’étant rien que de vils veules voyeurs.

Thousands tweets in France against new liberticidal law #PJLRenseignement, or « Je suis Charlie »,similar to NSA.Where are our democracies ?

Le 11 janvier, organisé par l’État, accouche du 5 mai #PJLRenseignement« Je-suis-Charlie-et-je-vous-ent…be ».Hollande, Valls et 438 députés.

Se savoir surveillé provoque une haine inextinguible envers les représentants de la surveillance.Elle montera en ts les citoyens conscients.

According to Patrick Pelloux,columnist at #Charlie Hebdo, Big Brother #PJLRenseignement is « not a liberticidal law ». Who thinks CH is left ?

« En faisant la chasse aux fantômes, j’avais conscience d’aider un peu,moralement,les meilleures d’entre nous. »Germaine Tillion, »Ravensbrück »

Écrire c’est passer à l’acte, et laisser une trace concrète de cet acte.

Par la parole et toutes actions possibles, nous avons à saboter les systèmes de domination et d’intimidation comme le #PJLRenseignement.

Privez les hommes de parole, ils reviendront avec des fusils.

Remise du prix PEN : Khadija Ismayilova, journaliste d’investigation d’un grand courage, méprisée par l’assemblée.

Censure du journaliste qui racontait comment les gens avaient méprisé le 2e lauréat du PEN lors du prix.

Le prix du PEN, si politique et si conformiste.Against Russia, against islam… Wonderful United States of Occident.

Quand le PEN récompensera-t-il Edward Snowden ou Julien Assange ? Ne sont-ils pas utiles à toute l’humanité, et réellement très courageux ?

Autrefois les médecins de campagne soignaient gratuitement les pauvres. Ainsi font beaucoup de militants, artistes, auteurs etc sur internet.

Pendant ce temps le monde continue de s’empiffrer de cochonneries qui le rendent malade, et ne confie sa santé qu’aux charlatans.

Valls critique Todd, Valls critiqua Houellebecq, Valls critiqua Dieudonné…Un premier ministre, c’est pas représentant de tous, impartial ?

Valls se prend pour un critique littéraire. Vu sa tendance à l’autoritarisme, il a plus qu’à se faire voter une loi l’autorisant à censurer.

« Il faut leur apprendre à être humble, simple et avoir un cœur d’enfant ». Le djembé, en vrai (raconté par mon frère).

Cet après-midi, passant devant une librairie africaine, j’ai éprouvé un vif désir d’être un auteur africain, moi aussi. D’être africaine.

Le parlementaire Ph.Baumel,sur les viols commis par des soldats français en Centrafrique : » si ces faits ont été connus…euh, commis » (1/3)

…En fait les viols d’enfants étaient sus depuis août 2014 mais c’est seulement une fois rendus publics qu’on fait mine de s’indigner (2/3)

« …Si ces faits se sont produits,il faudra que les soldats coupables soient renvoyés de l’armée ».C’est tout?Pour des viols d’enfants ?(3/3)

France : on vote la loi Renseignement. EU : on déclare les écoutes illégales.Snowden a raison,la vérité a tjs raison.

Patriotisme et patriarcat, deux mots proches qui peuvent engendrer des maux proches : xénophobie donc racisme, machisme donc sexisme.

Valls montre les dents contre Dieudonné, Houellebecq,Onfray, Todd…Hého reste à ta place, ton job c’est pas chien policier de la pensée !

Encore un peu et Valls ouvre des goulags pour y mettre tous ces artistes et auteurs qui ne pensent pas droit (moi j’suis déjà au placard).

Histoire de deux libertaires, Font et Val. Le 1er tomba pour viols d’enfants, le 2d comme bien d’autres monta comme… néofacho ? Vieux con.

Viens de revoir « Les tricheurs » de Carné (1958).La fille très « libre » à St Germain des Prés avec un foulard sur la tête.Que fait la censure?

Le Cran demnde réparation à A-E Seillière pr la traite négrière par lq ses ancêtres ont fait la fortune dt il a hérité.Bravo.Qu’il rembourse.

Armes et trafic de drogue à St-Ouen.On envoie la police agresser des zadistes,des manifestants pacifiques,mais on laisse le crime prospérer.

Deneuve déplore qu’il n’y ait plus de stars, la faute à internet. Avait refusé de saluer une « star » de téléréalité. Se prend pr une déesse ?

« L’Église envisage un pardon exceptionnel pour les croyantes ayant avorté ». De quel droit ils leur en veulent ? D’aucun.

« La Cour suprême de Suède rejette l’appel de Julien Assange ». De quel droit les hommes punissent-ils ceux qui disent la vérité ? D’aucun.

« Esclavage: pour Hollande, la seule dette à régler est de faire avancer l’humanité ».Bande de voleurs.L’humanité n’avance que par la justice.

C’est ça que Hollande appelle « faire avancer l’humanité »? De + en + de gens à la rue et des riches de + en + riches ?

Shame on French newspapers denouncing French muslim girls because of their skirts !

La première liberté est d’avoir le temps. Si nous ne l’avons, prenons-le.

Réveillée à l’aube par le chant du merle et le désir d’écrire, les phrases se déroulant dans la tête comme de jeunes fougères. Salut à tous!

Les martinets de retour à Paris, leurs cris dans l’espace où ils virevoltent.Un jour je fis l’amour sur les toits,ils écrivaient ds le ciel.

Les hommes qui se ressemblent s’assemblent. Et ceux qui ne ressemblent à personne ? Par leur seul être, lanceurs d’alerte.

Ceux qui s’assemblent pour lutter contre un autre groupe dépendent de ceux avec lesquels et de ceux contre lesquels ils sont assemblés.

Pour ne pas dépendre il faut transcender.Passer les frontières,horizontales et verticales.La liberté est solitude et non-séparation,totalité.

Qui sème l’intimidation récolte le terrorisme.

« Femmes d’Alger »,le tableau le +cher au monde,sent pas un peu son colon exploiteur de femmes?Picasso + fric que cœur.

Muslim women unveiled.Isn’t it significant this painting is,since today,the most expensive of the world?colonialism?

Qd vous êtes capable d’écrire dans la journée plusieurs pages d’érotisme puissant, vous savez que vous êtes pleinement vivant,et donnez vie.

D’après BHL, « les morts » « fuient la misère africaine ».Sa fortune repose sur le pillage de l’Afrique. »D’où viennent les morts ? »De sa bouche.

Avant de semer le chaos en Libye et dans toute la région, BHL fut esclavagiste en Afrique.

Si un intellectuel,par exemple, est menacé,il est protégé.Les femmes violées et menacées,elles,peuvent aller mourir.

Qd il n’y aura plus d’abeilles, l’homme n’en aura plus pour longtemps.

Infâme discours à Cannes sur « la femme » .

Ce BHL,le voir gesticuler de la jambe et de la parole, gexticuler pour le paraphraser,pdt des années, fait songer aux ravages de la drogue.

Toujours lisant des livres sur BHL.Ses pressions, ses menaces envers ceux qui enquêtent sur lui.Visage si vil des hommes de quelque pouvoir.

Le style de BHL,une sorte de momie du romantisme,suranné comme le charme de son épouse,un truc né vieilli et qui s’écoute et s’aime lui-même.

Nakba, rançon de la nuit européenne imposée à l’innocente Palestine.

CharlieHebdo commence à virer ses journalistes qui veulent partager les 30 millions d’euros »Je suis Charlie » échu à 3 d’entre eux #ElRhazoui

La misère des élites ou autres qui ne connaissent que la vie empoisonnée empoisonne aussi le monde et y étend la misère.Ils sont coupables.

La facture de tél de BHL se monte à plsrs milliers d’euros/mois. La mienne à 2 euros. Mes livres n’en sont pas moins beaux ni moins utiles.

L’actualité est trop triste. Tout le temps, mais par moments encore plus.

Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, DSK, Valls, Clearstream, Marek Halter, Baby Loup, Caroline Fourest, Carla Bruni-Sarkozy.

« DSK accro au sexe?Et qd bien même? Lrsq V.Hugo est mort,les putes ont dit: Ct nuit,c’est gratis » R.Malka, avocat de C.Fourest, féministe(?)

« vivre maintenant comme devraient vivre les êtres humains,au mépris de ce qu’il ya d’hostile(…)est en soi une victoire merveilleuse »H.Zinn

Je cherche en vain une condamnation, au moins une réaction française, suite à la condamnation à mort de l’ancien président élu M. Morsi.

« Afoot and light-hearted I take to the open road, Healthy, free, the world before me… » Walt Whitman

M. Morsi et une 100aine d’autres condamnés à mort par l’armée qui l’a destitué. La France se tait. Vend des Rafale à l’Égypte et au Qatar.

Silence honteux de la France vendeuse de Rafale à l’Égypte sur la condamnation à mort du président élu Morsi destitué par l’armée.

Silence honteux des éditeurs « progressistes » qui refusent de considérer mon livre sur la montée du fascisme en France.

Silence honteux de tous ceux qui dénoncent des faits seulement quand cela les arrange et se font donc les complices de ceux qu’ils dénoncent.

« Interdit d’écrire »,Denis Robert pourchassé par Malka l’avocat de Clearstream(et de Charlie Hebdo)s’est mis à peindre.

Départ de Val avec le magot, main basse de 3 d’entre eux sur le fric fait avec caricatures racoleuses,et ça continue.

Let’s keep child spirit. Sans attendre Godot,Totoro.Garder tjrs l’esprit d’enfance,de poésie : la vraie intelligence.

Le terrorisme masculin contre les femmes, c’est tout le temps, et plus meurtrier que le terrorisme et les guerres.

Les dominants sont violents parce qu’ils vivent dans la peur de perdre leur domination. Les dominants sont dominés par leur peur.

Les dominants vivent dans la peur de la vérité : la vérité est que leur domination est illégitime, qu’ils n’ont pas de légitimité.

Ceux dt la position est illégitime,acquise par spoliation de biens matériels ou culturels,sont assis sur le néant qu’est leur tas mal acquis.

Ceux qui règnent assis sur le néant, sans réelle légitimité,craignent ceux qui marchent dans la vie et craignent sans cesse d’être renversés.

Ministres ou critiques de livres (Todd etc) et de films?Quand on a le pouvoir,de critique à censeur,le pas est aisé.

Distribuant bons et mauvais points aux artistes et écrivains,nos socialistes combinent les méfaits du libéralisme et du stalinisme culturels.

Jeunesse sacrifiée. #ziedEtBouna, policiers relaxés. Pas de justice, pas de paix.

Les donneurs de leçons,politiques ou religieux qui ne font pas ce qu’ils disent,perpétuent l’injustice dans le monde.

Toujours et toujours plus d’actualité malheureusement, »La grande illusion, Figures de la fascisation en cours »,en pdf.

Can Inquisition defend free speech ?

Femen,seins à l’air,sexe enfermé:esthétique de la sirène,femme-mère interdite,dangereuse.De+ stigmatisée signes morbides.Anti-femme épanouie.

La préférence nationale expliquée par JM Le Pen : « je préfère ma fille à mes amis » (dit-il en 2006). On voit où ça l’a mené, l’endogamie.

« Enfermons-les dans des asiles confortables et distrayants(…)tous ceux qui prétendent(…) à quelque pouvoir(…) castrons-les. » A.Thirion

@aAlinaReyes