Plus longues les nuits
Minuscules les étoiles
Toujours dans le ciel
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Plus fraîches les nuits
Si ardentes les étoiles
Pourtant dans le ciel
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Si douces les nuits
Marchant sur la Voie Lactée
Vers le nouvel an
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Plus longues les nuits
Minuscules les étoiles
Toujours dans le ciel
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Plus fraîches les nuits
Si ardentes les étoiles
Pourtant dans le ciel
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Si douces les nuits
Marchant sur la Voie Lactée
Vers le nouvel an
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En vérité, mon livre est terminé.
À lire très bientôt en e-book ici.
En ce 18 septembre de grâce.
Temps des cerfs
ma page blanche
vendange.
Voie Lactée. Ex arena rediviva surgit, c’est la devise de ma ville, Soulac, dont le nom selon certains désigne, solum lac, le lait de la Vierge rapporté là par Véronique, et dont la basilique Notre-Dame de la Fin des terres réapparut d’entre les sables à partir de 1858, année où apparut à Lourdes l’Immaculée Conception, Soulac où une petite réplique de la Statue de la Liberté fait face, par-delà l’horizon, à l’autre rive, invisible aux yeux humains, mais qui est.
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– Ô bras neigeux de Dieu, j’ai vu Ses bras, là, sur les côtés de l’Échelle de Jacob, là par où il nous aurait fallu évacuer (comme si des canots de sauvetage avaient pu rien faire d’autre que de s’écraser comme des fétus contre les flancs du navire, dans cette furie) la face blanche et personnelle de Dieu m’a dit : « Ti-Jean, ne te tourmente pas, si je vous prends aujourd’hui, toi et tous ces pauvres diables qui sont sur ce rafiot, c’est parce que rien n’est jamais arrivé sauf Moi, tout est Moi – » ou comme le disent les textes sacrés Lankavatara : « Il n’y a rien d’autre au monde que l’Éternité dorée de l’Esprit divin » – Je voyais les mots « TOUT EST DIEU, RIEN N’EST JAMAIS ARRIVÉ SAUF DIEU », écrits en lettres de lait sur cette étendue marine. – Mon Dieu, un train infini dans un cimetière sans limites, voilà ce qu’est cette vie, mais elle n’a jamais été rien d’autre que Dieu, rien d’autre que cela – c’est pourquoi plus la plus haute vague monstrueuse se dresse pour se moquer de moi et pour m’insulter, plus je prendrai plaisir à la contemplation du vieux Rembrandt avec mon pichet de bière, et plus je malmènerai tous ceux qui se gaussent de Tolstoï, quelle que soit votre résistance ; et nous atteindrons l’Afrique, nous l’avons atteinte d’ailleurs, et si j’ai appris une leçon, ce fut une leçon en BLANC.
Jack Kerouac, Le vagabond solitaire
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Le Verbe est un chemin vivant, enroulé comme un ruban d’ADN, qu’il faut dérouler en le suivant. Le dérouler signifie y marcher. Et pour l’écrire, en y marchant, pas à pas en relever l’empreinte. L’Écrit (le vrai, pas le produit des hommes, produit pour la communication, pour le marché, pour la gloire etc) n’est pas le Verbe lui-même, mais son empreinte. Son sceau, ses pas dans lesquels nous pouvons nous mettre.
Mon livre avance, avec la présence constante de l’Ange. C’est lui qui m’aide à franchir les myriades de portes qu’il faut franchir sur le chemin, des plus ordinaires aux plus exceptionnelles. L’Écrit est une remémoration de ce qui a été et de ce qui n’a pas encore été, parce qu’il est l’empreinte du Verbe qui est, sans distinction de temps. L’Écrit est la transposition de l’éternité dans le temps. Une éternité en marche, qui met les hommes et l’univers en marche en se fixant, en descendant dans un lieu et un temps afin qu’ils puissent entrer en elle.
L’Ange me conduit aux portes dans la veille et dans le sommeil. Il faut seulement être très attentif. Soyez attentif à l’Ange, aux anges. Ici est un lieu d’où vous pouvez aller aussi, en le suivant avec une attention spéciale. Ne restez pas derrière vos portes, les franchir est le salut. Allez bien, vous n’êtes pas seuls.
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Bel ensemble d’articles sur les gâteaux de lune, pour la fête de la lune, dans Chine Informations – même si le Quotidien du Peuple rappelle que le luxe devient moins vendeur. Et voici un beau calendrier lunaire.
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Quand la lune passe à l’ouest
L’ombre des fleurs
S’avance à l’est
Fleurs dispersées
Le radeau lui aussi
Est une branche de cerisier
Allumant une bougie
À la flamme d’une autre
Soir de printemps
Laissant mon ombre
Derrière moi
Je vais au printemps
Yosa Buson, Printemps (traduit du japonais par Koumiko Muraoka et Fouad El-Etr)
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Parfois, au milieu du néant de « l’information », un éclair de vie.
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Que la poésie soit liée d’intime aux forêts, que la forêt primaire soit le lieu dévolu à l’excroissance du verbe humain.
Que le verbe naisse du buisson et renaisse du bois.
Que du murmure des arbres procède le cœur des livres
Philippe Bordas, L’invention de l’écriture
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