Là-haut nous pouvons

Dans la montagne, à Troumouse. Photo Alina Reyes

 

Là-haut dans notre montagne nous pouvons

mettre la main dans son côté, et croire en sentant que nous sommes.

Mais aussi nous pouvons,

après avoir marché depuis le tout début du jour,

faire halte, contempler, et croire ce qui est.

Le coeur transporté, le coeur travaillé par le ciel.

Nous pouvons nous asseoir au bord du lac,

partager l’eau et le pain de nos sacs à dos,

lourds mais rendus par notre joie légers.

Nous pouvons écouter la transparence nous transpercer de pur amour.

Nous pouvons sans rien dire connaître notre union.

Là-haut nous pouvons connaître ce que veut dire croire,

et nous y répondons, et nous nous relevons,

nous repartons.

Là-haut nos pieds sont plus au ciel que notre tête en plaine,

et le ciel est plus solide, plus touchable encore que la roche.

Montons là-haut où nous pouvons,

dépouillés dans le dépouillement, l’âme à nu, le sang vivant,

tout ce que nous ne savions pas que nous pouvons.

 

Plénitude

Photo Alina Reyes

 

Le temps est d’or dans la clairière. Milliers de feuilles phrases très doucement ondulent autour de mon corps sans frontières. Le travail se fait, l’oeuvre se complète, le passé enfourché, sec déjà, tombe au chariot des âges dans une grande paix. Je sens dans ma poitrine la vie qui se repose au feu comme un couple d’amoureux.  Leurs enfants jouent en courant dans mes membres. Leurs courses agrandissent le pays que je suis, oui, je sens danser les arbres dans ma joie, et les rivières, les océans, les continents aux multiples reliefs où se nichent et circulent mes peuples bien-aimés ! Dans mes paumes la petite planète ouvre ses yeux mobiles, profonds, et les fixant dedans les miens, esquisse l’un de ses tout-premiers sourires.

 

La postérité spirituelle de Joachim de Flore, par Henri de Lubac. 11) Singeries

L’entrée de la Demeure. Photo Microtokyo. Une utopie réalisée, voir ici.

 

Cela devient amusant. Lubac, appelant Fourier « notre auteur », ajoute drôlement : « (faudrait-il dire notre farceur ?) ». « Anticipant, dit-il, l’ère de l’harmonie, il a « trouvé le code » et il est devenu l’organe du Saint-Esprit. C’est-à-dire, pour les simples chrétiens que nous sommes, qu’il lit l’Évangile à l’envers. » Et Lubac d’ajouter en note : « Nous hésitons cependant à croire que, de la « sincérité », de la « conviction entière » et de la « parfaite cohérence » des exégèses proposées par cet homme qui fut « tout d’une pièce », toute ironie soit exclue. »… « Il est clair que son Dieu « mécanicien et équilibriste », lui-même tout figuratif, ne rappelle en rien celui du Pater et que sa morale du bonheur fondée sur le « calcul analytique et synthétique de l’attraction passionnée » est loin du « code divin » de l’Évangile. – Mais notre objet n’est pas d’exposer le système du monde « harmonien » en décrivant les quatre roues du char dont Fourier emprunte le symbole à Ézéchiel. »  (t.2, p.13)
Pour Fourier, dit aussi Lubac, « la providence divine, en réalité, n’était autre que « l’homme sociétaire » ; quant au Christ, il fut celui qui annonça « paraboliquement la destinée sociétaire sous le nom de royaume de Dieu ». » (t.2, p.11).
Ah le beau charabia, si voisin de celui des sciences-humanistes d’aujourd’hui, si insignifiant, si jetable ! Du moins peut-on en effet trouver une certaine drôlerie aux élucubrations de Fourier, et à quelques-unes de ses formules.

Quant à Saint-Simon (parent de la commère de la Cour), ne l’ayant lu je ne sais s’il peut être amusant aussi, cet autre utopiste « singeant le catholicisme ». « En fait, nous dit Lubac, dans un projet (manuscrit) d’Encyclopédie, notre révélateur a clairement indiqué que l’idée de Dieu n’était d’aucun emploi dans une religion fondée sur la science, même si elle devait servir longtemps encore « dans les combinaisons politiques » ; ce qu’il a voulu promouvoir, il le dit sans fard dans un article de l’Industrie littéraire et scientifique (1817), c’est le « passage de la morale théologique à la morale industrielle » [Voilà, c’est fait]. Il n’a pas changé quant au fond, depuis qu’il écrivait dans le meilleur style du dix-huitième siècle : « Je vois que la force des choses veut qu’il y ait deux doctrines distinctes: le physicisme pour les gens instruits, et le déisme pour la classe ignorante », aussi « les opinions scientifiques arrêtées par l’École devront être revêtues des formes qui les rendent sacrées, pour être enseignées aux enfants de toutes les classes et aux ignorants de tous les âges ». Son vocabulaire déiste n’est donc qu’un artifice littéraire, qui varie d’ailleurs selon les circonstances. S’il est devenu prophète, c’est pour prophétiser un « positivisme scientifique », une religion « radicalement sécularisée » [ce que certains aujourd’hui veulent faire par la culture]. Les savants y feront la relève des prêtres ; ils aideront le christianisme « à reconnaître son essence : la glorification de la nature cachée depuis dix-huit siècles sous les allégories évangéliques » et susciteront l’activité des industriels [même chose aujourd’hui avec les industriels de la culture]. C’est là ce qu’il appelle « rétablir le christianisme en le rajeunissant ». » (t.2, pp 20-21)

« Si, poursuit Lubac, la prétention d’achever l’Évangile en en dévoilant l’essence éternelle n’allait pas chez Fourier sans un grain de folie malicieuse, elle n’allait donc pas chez Saint-Simon sans une dose assez forte d’astuce. Aucun des familiers de ce grand seigneur inventif, aimable, libertin, fantasque et opportuniste, devenu bourgeois spéculateur, ne semble avoir jamais perçu en lui… la moindre disposition mystique… Cependant, il aimait se donner des titres tels que « fondateur de religion », « pape de la nouvelle théorie scientifique », ou « destiné par le grand Ordre des choses à faire ce travail », et dans ses derniers mois, auprès de nouveaux disciples, il en vint à faire « figure de Messie ». C’est précisément ce que devait lui reprocher Auguste Comte, brouillé avec lui, en évoquant plus tard « ce célèbre jongleur », dont les prétentions messianiques étaient le « signe d’une incurable faiblesse intellectuelle ».  » (t.2, p.22)

Bref, ce « fondateur » d’une « religion de la Banque », comme l’appela Michelet, fut l’un des nombreux très faux disciples de Joachim. En plus de six cents ans, la vision de l’abbé de Flore avait eu le temps de subir de graves distorsions et contre-sens, et ce n’était pas fini. Mais il est vrai aussi que les contre-sens arrivent à peine un texte est-il écrit ou publié, ne serait-ce qu’en discrète édition numérique. Courage, il faut pourtant bien avancer. À suivre.

 

Notre arbre

Photo Alina Reyes

 

Le temps était venu où son visage
subissait dans des salles obscures
les dernières injures. Des hommes
applaudissaient. D’autres jetaient
sa dépouille ligotée à l’étal des vitrines.
Il faisait rutiler ses saletés, le monde.
Le monde mourait de grande bouffe
acquise à même ses égouts. Et la parole
était jour après jour défigurée
par des faussaires aux yeux en manque.

 

Pur désir du pur amour, ne hurlais-tu
en moi de douleur pour notre arbre,
l’enfance de notre âme insultée,
la vérité laissée à ses froids tortionnaires ?
Elles chuintaient, les fourches des serpents,
et la mort essayait d’attraper les petits.

 
Pur désir, pur amour, notre arbre relevé,

du ciel tu penches doucement ton visage,

que sa bonté, que sa beauté paraissent

à qui daigne lever la tête et l’incliner très bas

en te voyant si bas descendre, ô notre grâce,

afin que nous puissions monter, fleuris de blanc,

nouveau-nés par le sang et par l’eau

versés de ton coeur dans le nôtre,

au trône de tes bras ouverts.

 

Que disent les roseaux ?

Photo Alina Reyes

 

Le ciel est descendu au milieu des roseaux

où depuis la genèse la brise murmure sa parole

le ciel a songé entre les eaux et sa pensée

creusait doucement la berceuse

et le berceau de ce qui lui venait

dans la musique de la langue

en train de créer sur son ordre la lumière et la vie,

ses ailes,

à bord desquelles nous montons.

 

La postérité spirituelle de Joachim de Flore, par Henri de Lubac. 10) Donner lieu au fruit

Miniature du XVe siècle : BNF

 

« Il n’est pas question ici, bien entendu, de tenter une incursion dans les profondeurs de la philosophie hégélienne. » (p.361)
« La longue introduction aux Leçons sur la philosophie de l’histoire est une sorte d’hymne au soleil de l’esprit : contrairement à celui du soleil cosmique, son mouvement « n’est pas une répétition de soi-même… ; l’aspect changeant que l’esprit se donne dans des figures toujours nouvelles est essentiellement progrès ». » (p.362)
Et Lubac cite encore Hegel :
« … C’est l’esprit qui conduit à la vérité, il connaît toute chose et pénètre même les profondeurs de la Divinité… L’évolution de l’esprit qui pense, dont le point de départ a été cette révélation de l’Être divin (dans l’Écriture sainte), doit s’élever enfin jusqu’à saisir par la pensée aussi, ce qui fut proposé d’abord à l’esprit qui sent et représente. Il doit être temps enfin de comprendre aussi cette riche production de la raison créatrice : l’histoire universelle. » (pp367-368)

« Après deux siècles bientôt écoulés, la philosophie de Hegel n’a pas cessé d’exercer sa fascination, ni d’inspirer une pluralité foisonnante d’interprétations, de déductions, de transformations et de critiques. « Certes, Hegel a cherché à ne dire qu’une seule chose, à être cohérent, univoque, mais ce qu’il dit est en fait fort complexe… Sans doute tient-il beaucoup au fait historique ; avouons cependant que l’accent est tellement mis sur le savoir de Dieu que la Trinité immanente semble parfois s’estomper derrière le savoir vécu, la théorie de la Trinité et le Christ lui-même derrière la christologie » [M. Régnier]  » (p.375)

« La relation de Schelling à Joachim de Flore est plus explicite et plus proche de celle de Hegel (…). En 1800, dans le Système de l’Idéalisme transcendental, il donne une première ébauche de ce qu’est pour lui « la loi de l’histoire » qui doit aboutir au « règne de la liberté » : c’est celle d’une révélation de la divinité qui se fait en trois temps, aux limites indécises : le temps de la force aveugle où domine le hasard, le temps de la nature qui découvre et impose sa loi, le temps de la Providence qui est aussi pour l’homme celui de la liberté ; quand commencera ce troisième temps, « on ne saurait le dire ; mais on peut affirmer que, le jour où il aura commencé, aura aussi commencé le règne de Dieu ». (p.378)

Selon Schelling, montre Lubac, « l’Église de Jean [sera] « la seconde, la nouvelle Jérusalem », que le Voyant de l’Apocalypse a contemplée descendant du ciel. Elle rassemblera tous les chrétiens aujourd’hui séparés, elle accueillera dans son sein les Juifs et les païens ; elle subsistera en elle-même, sans contrainte et sans limite, sans autorité extérieure de quelque sorte que ce soit ; chacun s’y adjoindra librement ; ce sera la seule religion vraiment publique, la religion de la race humaine, possédant en elle le plus éminent savoir. » (p.390)

« Interprété dans tous les sens, livré aux passions de l’époque, le mythe schellingien n’en a pas moins exercé, plus en profondeur, une action stimulante. La seule chose que nous ayons à retenir, et que les prochains chapitres confirmeront, c’est que, dans les milieux les plus hautement intellectuels comme dans d’autres plus modestes de fait sinon d’intention, au cours du dix-neuvième et du vingtième siècles, le joachimisme, en se transformant, poursuit sa carrière et continue de fructifier. » (p.393)

*

Ainsi arrivons-nous à la fin du premier tome de cet ouvrage d’Henri de Lubac. Acheminons-nous maintenant vers la Pentecôte avec le deuxième tome, de Saint-Simon à nos jours, qui nous fera voyager par bien des personnalités… pour n’en citer que quelques-unes, Fourier, Michelet, Marx, Hitler, Dostoïevski…

Et surtout avec la pensée que la vision première de Joachim, qui continue à vivre, errer et fructifier depuis plus de huit siècles, ne peut que contenir une vérité, une prescience et un pressentiment d’une vérité à venir, encore à dégager de sa gangue mais appelée par l’histoire à voir le jour, comme l’est la figure de l’ange cherchée par le sculpteur dans le bloc de marbre.

Si l’utopie doit avoir lieu, ce lieu ne peut qu’être « céleste ». Or le travail du christianisme, son travail invisible à travers l’histoire, qui est aussi plus ou moins confusément celui de toutes les religions, est de rendre toujours plus proche de l’homme le royaume des Cieux. À la différence près qu’ils n’aboliront pas les religions mais les réconcilieront et participeront à exhausser leur essence, les Pèlerins d’Amour seront en quelque sorte l’Église de Jean entr’aperçue par Schelling. Non pas une église de pierre ni de territoire ni d’institution, mais une église qui, tout en oeuvrant en bonne intelligence ou communion avec les peuples et les institutions, aura pour lieu la vie même qui s’y vivra, unissant tous les hommes par des liens souples et libres, maintenus dans un Ordre lumineux parce qu’il ne sera qu’obéissance à Dieu. (voir Voyage). À suivre ! Avec mon coeur donné.

 

Où vont les fleurs ?

Photo Alina Reyes

 

Elles furent promesses de la sève qui montait de la terre dans les tiges virides

Elles furent royaumes de bourdons vibrionnants d’amour,

reposoirs et nectars de papillons portant de place en place

l’heureuse nouvelle de leur métamorphose

Elles furent parure, parfum et soleil des jardins et des tables

Elles jouèrent avec les nuages du ciel, s’ouvrirent à chaque aurore,

soupirantes, exposées au toucher du rayon de lumière.

Elles furent respirées, humées, contemplées,

cueillies parfois, offertes seules ou par bouquets,

messagères d’amour ou de reconnaissance.

Elles sentirent des paumes et des doigts contre leur corps si délicat

Elles rendirent sans compter leur parfum, leur âme.

Et puis, toujours buvant les eaux qui montent et les eaux qui descendent,

s’étant tout entières données, elles ont encore abandonné

à la splendeur leur ultime beauté, les murailles plus douces

que la peau de leurs fragiles citadelles, pétales

qui les vêtaient mieux que le roi Salomon et peut-être,

en tombant, allaient apporter au monde

un fruit encore jamais vu ni goûté, délicieux, nourrissant

et permis.

 

Déploiement. Et le Verbe se fait chair

 

L’Incarnation commence avec la pénétration de l’être par l’Esprit. Dans un corps humain est engendré le Verbe, un nouvel être humain en lequel l’Esprit et la chair sont parfaitement unis : l’éternité entre dans le temps.

La Résurrection est la suite du chemin de l’Esprit dans le corps pur, relevé par gratitude, amour, fidélité, de sa mortalité dans l’immortalité de Dieu.

En vérité, pour nous, la Résurrection précède l’Incarnation. C’est seulement parce que le Christ est ressuscité que nous pouvons, en l’accueillant, engendrer de lui les nouveaux hommes, les saints, qui à leur tour seront aptes à accueillir en eux l’oeuvre de la Résurrection, afin de l’étendre de plus en plus parmi les hommes, et de la déployer ainsi dans le monde en le fécondant aussi de sainteté.

 

Noces

En allant chez nous. Photo O

 

La Résurrection, ce sont les noces. L’Amour pénètre le mystère comme l’homme la chair de la femme. Des braises, la flamme prend, la ténèbre se transforme en lumière.

La Résurrection est virile. Ni femme ni homme en Christ, ni en la Résurrection, seulement la virilité de l’être dans la matrice du monde. Les prêtres doivent être des hommes, pour que l’eucharistie puisse être une pénétration du corps humain par le corps de Dieu.

La Résurrection prend en elle tout l’être, déploie l’être en l’Être.

La Résurrection est l’accomplissement d’un chemin de relation. Vivre dans la lumière la relation aux hommes et aux enfants est le chemin de la Résurrection.

La Résurrection n’est pas une renaissance ici-bas, comme on le croit trop, mais le travail opéré par qui accueille Dieu en son corps ici-bas, la transformation et l’élévation de ce corps dans la lumière, son passage invisible (comme nocturne) à un autre être en lequel ont lieu les noces de Dieu, par où il crée le monde et engendre la vie.

Pas de Chemin sans Vie dans la Vérité. Tant que l’être se tient dans le chemin de la vérité, il arrive à la maison de Dieu, dans la vie éternelle.

 

« Voilà ce que vous raconterez : ‘Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions. ‘»

Photo Ulf Andersen

 

Les soldats ont menti. Le corps n’a pas été volé.

Les formes sont le voile du chemin de la nuit.

Il passe à travers corps, s’insère dans la chair. Dieu y envoie son Esprit travailler dans l’ombre. La nuit d’amour monte jusqu’aux pupilles où elle se devine : elles seules saisissent la lumière.

Qui écoute la voix de l’ange lui demander son corps pour y faire son oeuvre, se donne sans compter.

L’homme aussi creuse en la femme une voie pour l’Esprit. L’homme qui écoute en la femme l’ange, lui aussi s’abandonne à l’ordre de s’aventurer sans peur dans le chemin ombré.

Pourquoi ? Qui ne voit que les surfaces et les formes l’ignore, prend peur et agit mal.

Dieu oeuvre dans l’intérieur du monde comme les hommes préhistoriques au fond des grottes. Jaillis de leurs visions, de leurs mains, les animaux dansent ensuite à la flamme des torches : ce ne sont pas des animaux.

À peine retrouve-t-on les os des hommes et des animaux. Mais ce qui a été peint dans les grottes nous habite toujours.

Combien plus et plus longtemps est vie et lumière, de notre vivant même et bien après que nous sommes redevenus poussière, ce qui a été peint par Dieu dans l’ombre de notre corps, si nous l’y avons laissé entrer et faire. Quoi ? Toute la Genèse, toute la lumière, tout le Livre, tout l’univers, toute l’histoire du salut, qui consiste justement à opérer en nous cette discrète et grandiose Résurrection dans l’éternité.

 

Paix

Photo Alina Reyes

 

Par les chemins du temps nous irons

doucement

Les feuilles mortes, laissons-les à la saison passée

Quand notre arbre bourgeonne

en nous frémissent les fleurs appelées à sortir

Au milieu de nos coeurs les voies ombreuses accueillent la brise qui murmure : debout !

la brise qui promet : lumière !

la brise tendre, sourire sur nos joues, la brise parfumée du lilas qui s’annonce, la brise délicate qui passe ses doigts sur les fronts soucieux et transforme le sel des larmes en rire !

Dites-moi un peu : que reste-t-il des bêtises ? L’hiver ne les a-t-il pas avalées ? Rendons grâce au printemps qui s’en vient et nous guide au royaume.

Là-haut, tout près, nous sommes attendus au mariage.