Madonna, la Kabbale, l’Opus Dei, les fantômes du Vatican, et moi.

 

Avant-hier, mercredi, quand la trahison est devenue claire, j’ai pensé que la façon dont ils s’étaient comportés avec moi, me coupant insidieusement de tout le monde et de toute possibilité de gagner ma vie sinon en me soumettant à leur volonté sur mon livre Voyage et la fondation de mon Ordre, les Pèlerins d’Amour, cette façon d’isoler l’individu pour mieux le tenir, ce savoir-faire implacable et professionnel, rappelait les méthodes de l’Opus Dei, espèce de secte très proche du Vatican, sur laquelle j’ai lu un livre de journaliste assez accablant il y a quelques années, et qu’on appelle souvent « la sainte mafia » ou « la franc-maçonnerie blanche ».

Puis, comme il m’a été fait savoir souterrainement (l’Internet, quelle aubaine pour les opérations « discrètes ») que je me mêlais trop de politique, je me suis rappelé qu’il avait été prévu d’associer mon Ordre à venir avec Madonna, connue pour son appartenance à la Kabbale, et certainement pas pour son soutien à la Palestine. Dès que j’avais eu connaissance de ce projet, en 2012, je l’avais vivement rejeté. Tout de même, je viens d’avoir l’idée de demander à Google ce qu’il en était de ses liens avec la Kabbale, et c’est alors que j’ai appris qu’en 2011, elle s’en était éloignée pour se rapprocher de… l’Opus Dei. Tiens donc. Un peu avant, donc, de préparer ses concerts en Israël, où elle allait chanter avec des croix et des danseurs… vêtus en moines, de rouge avec une grande capuche, comme les membres de mon Ordre à venir. Voilà ce qu’on était en train de trafiquer avec mon projet, sans m’avoir demandé mon avis ni m’en avoir prévenue.

J’aurais bien voulu éclaircir tout cela avec Benoît XVI, entre quatre-z-yeux, mais cet « amoureux de la vérité », depuis plus de deux ans que je le lui demande, n’a pas voulu me recevoir, tout en faisant miroiter, par une intense autant que souterraine communication, tout au long de tout ce temps, la possibilité d’un prochain règlement de la question. Depuis trois ans je me bats avec et contre les fantômes du Vatican. Avec, parce que j’ai toujours gardé espoir que nous arriverions à nous entendre sur la mise en œuvre de ce projet, par moi inventé et envoyé au pape, qui consistait à fonder une œuvre de paix entre les trois religions monothéistes, en Terre Sainte pour commencer. J’ai écrit un livre de plus de mille pages pour le précéder et l’accompagner, c’est un travail sérieux. Mais plus encore qu’avec, j’ai dû me battre contre ces fantômes du Vatican, qui ne voulaient décidément pas s’incarner et semblaient bien décidés, tout en me flattant abondamment, à s’emparer de la chose et à la mener à leur façon. Il ne me restait plus qu’à jouer le rôle d’une Mère Teresa ou d’un saint François d’aujourd’hui, avec toute la fraîcheur énorme que j’apportais. Il ne leur venait pas à l’idée que si j’avais été capable d’écrire un tel livre et de fonder un tel projet, j’étais tout autant capable de refuser la tutelle qu’ils prétendaient m’imposer.

Refuser, c’est bien ce que j’ai fait, constamment. S’ils avaient été honnêtes, ils m’auraient dit ce qu’il en était, quelles conditions je devais accepter si je voulais travailler avec eux. Les choses auraient été claires, j’aurais refusé bien sûr, et j’aurais ainsi pu avancer autrement, sans eux. Mais non, après avoir été dans un premier temps très stupéfaits de voir que je refusais la « gloire » qu’ils me préparaient pour ce monde (starisation) et pour l’autre monde (ne me fit-on pas savoir qu’avoir été « ami » avec le pape aidait beaucoup pour les dossiers de sanctification – ce qui déclencha ma colère et ma consternation), une fois leur première stupéfaction passée donc, ils continuèrent en semblant comprendre ma réaction et se diriger vers une possibilité d’entente plus simple et plus honnête. Ce n’était qu’un leurre, je le voyais tout en continuant à me battre pour que cela change, puisque après tout ils n’abandonnaient pas la partie.

Plusieurs fois cependant j’ai essayé de faire autrement. J’ai proposé mon livre à d’autres éditeurs. Depuis bientôt trente ans j’ai publié plus de trente livres chez beaucoup d’éditeurs, des plus petits aux plus grands, j’ai vécu exclusivement de cela, je sais comment cela marche. Mais là, tout était bloqué. Si j’avais une réponse positive, quelques jours après c’en était fini, tout contact était coupé, toute explication m’était refusée. Comme j’étais ruinée, j’ai mis en vente mon seul bien, ma petite grange à la montagne – j’aurai bientôt l’argent de la vente, dont il ne me restera presque rien après avoir remboursé les dettes accumulées pendant tout ce temps pour payer mon loyer et le reste. J’ai cherché du travail. Je ne sais si j’aurais eu normalement des chances d’avoir des réponses positives à mes démarches, mais je sais que mes communications étaient surveillées, le sont probablement toujours, et que si donc quelqu’un avait pu accepter de m’embaucher il en aurait été de toute façon dissuadé.

Cependant j’ai continué à me battre, à refuser l’inacceptable. Il y a quelques semaines, j’ai écrit à Benoît XVI pour lui dire que je ne céderais pas dans ces conditions iniques, lui demander une rencontre afin de parler franchement, et lui dire que j’espérais encore que nous pourrions sauver la situation. Pas de réponse, sinon des réponses comme toujours souterraines (beaucoup de gens parlent sur Internet, des gens d’Église, le pape lui-même, des journalistes, bien d’autres encore, c’est ainsi que la communication s’est organisée ces dernières années avec moi – et la répression par la même occasion). Finalement la vérité a fini par sortir, à savoir qu’il était hors de question que je puisse travailler avec l’Église autrement que dans la soumission à l’Église.

Pourquoi pas, mais alors il fallait le dire tout de suite, au lieu de me conduire à la ruine afin que je finisse par accepter. Ils n’ont pas imaginé que même conduite au bout du rouleau, j’aurais préféré mourir plutôt que d’accepter cela. Je suis un être libre et debout, ils n’ont pas l’air de savoir ce que c’est.

Et maintenant je pose la question : est-ce l’Opus Dei qui s’est occupé de cela ? Comment a-t-on pu se permettre de faire circuler ce projet, que j’ai envoyé en toute confiance au pape, chez des gens dont je n’aurais absolument pas voulu m’approcher ? Le Père Escriva, fondateur de l’Opus, béatifié expéditivement après sa mort, avait écrit un jour à propos de l’Église : « Le mal vient du dedans et d’en haut. Il y a une réelle pourriture, et actuellement il semble que le Corps mystique du Christ soit un cadavre en décomposition, qui pue. » Il avait sans doute raison. Mais que penser, entre autres tribulations douteuses, de son propre soutien à Franco, selon lui sauveur du christianisme avec l’aide d’Hitler ? Car, dit-il, « Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme. » Aujourd’hui j’ai la fort désagréable impression que la politique de ses successeurs, dans mon affaire avec Madonna, fut : le sionisme contre les chrétiens de Terre Sainte, le sionisme contre les Palestiniens, peu importe puisque c’est le sionisme contre l’islam. C’est-à-dire, exactement l’inverse de l’esprit de mon projet. L’inversion et l’occultation sont œuvres du diable, et je comprends que s’il était question de me tromper aussi gravement, ni le pape ni personne d’autre n’ait voulu se risquer à un entretien avec moi.

Il y a quelques jours, on a vu Madonna retourner chez ses kabbalistes. A-t-elle laissé tomber l’Opus ? Qu’elle erre dans les tunnels du monde autant qu’elle veut, elle n’ira pas bien loin. De mon côté l’histoire avec les fantômes et les stars c’est fini, mais après la fin ce n’est jamais la fin pour la Parole. Elle est vivante !

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Un article du Monde diplomatique sur l’Opus Dei

ajout du 3 février 2013 : quand j’ai mis en lien cet article très instructif du Monde diplomatique sur l’Opus Dei, avant-hier, la page existait bel et bien. Aujourd’hui elle n’existe plus… Le cache google est encore disponible ici.

On peut trouver bien d’autres documentations sur l’Opus Dei sur Internet, en dehors de leur notice wikipedia qui semble très « sous contrôle ». Par exemple cette brève page.

 

Le ministre caché

Je suis allée vers l’église aussi pour trouver refuge contre le satan qui me poursuivait. C’est l’une des premières choses dont j’ai parlé au premier prêtre que j’ai rencontré. Mais j’ai compris que le satan était en fait le ministre caché de leur maison. Je les ai avertis maintes et maintes fois, en vain. Ils ont essayé de me convaincre que le satan n’existait pas en dehors de ma tête, et c’était comme essayer de convaincre un homme que des bourreaux torturent dans un sale sous-sol qu’il ne s’agit que de son combat spirituel, qu’il est en train de se faire mal lui-même. Et les bourreaux se relayaient. Comment croire que l’homme est capable d’une si grande abjection ? Si je dis vrai, parlant de Dieu, comment dirais-je faux, parlant du diable ?

Mais rien n’arrive que Dieu ne le regarde, et ils ne savent pas ce qu’est Dieu. Dieu m’a tenue en vie afin que je puisse témoigner de la contamination de l’homme, vider les poubelles des âmes. Jamais ils n’ont voulu entendre l’horreur concrète qui m’était faite et que je voulais de vive voix leur dire. Et Dieu m’a dit, me les montrant : voilà le non-homme. Mais ils ne le savent pas. Ils se croient dans leur droit, le droit du singe qui se bouche les yeux, les oreilles, et qui émet avec sa bouche des leçons.

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« Propriété des absents ». Sur le vol de milliers de livres par Israël lors de la Nakba


image trouvée ici

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À l’occasion de la sortie d’un film sur cette affaire, un article d’Ofer Aderet, initialement paru dans Haaretz, ici partiellement traduit :

 

La Bibliothèque Nationale de Jérusalem abrite plus de huit mille volumes qui appartenaient aux Palestiniens qui ont fui le pays ou en ont été chassés en 1948.

(…)

Mais les livres ont-ils été recueillis, ou pillés ? Leur collecte entrait-elle dans le cadre d’une opération de sauvetage israélienne, ou fit-elle partie d’une destruction systématique de la culture palestinienne ?

(…)

De mai 1948 jusqu’à la fin février 1949, des employés de la bibliothèque, pour l’occasion accompagnés de soldats, ont récolté quelque trente mille livres, journaux et manuscrits laissés derrière eux par les habitants arabes de Jérusalem. Outre cela, des milliers d’autres livres ont été recueillis, qui avaient appartenu à des écoles et à des églises, sur des sujets variés : droit, droit religieux, interprétations du Coran, œuvres littéraires, traductions, littérature scientifique, histoire et philosophie.

(…)

Selon la loi, les livres constituent la « propriété des absents » (…) Lorsqu’il fut demandé s’il était envisagé de retourner les livres à leurs propriétaires légitimes, en les transférant à l’Autorité palestinienne ou à l’une des universités des territoires, les fonctionnaires du bureau de la propriété des absents et le Ministère des Finances n’ont donné aucune réponse.

Une autre question reste sans réponse : qu’est-il arrivé aux milliers de livres supplémentaires qui furent pris par l’armée et n’apparaissent pas sur les listes de la bibliothèque ? Quelques documents montrent que plusieurs de ces livres ont été vendus aux enchères publiques. Il se peut que certains aient été enterrés dans les collections de la bibliothèque, voire même déchiquetés. À la bibliothèque, on n’est pas désireux de parler de toute cette affaire, et on prétend qu’il n’est pas de la responsabilité de la bibliothèque de prendre des mesures particulières maintenant en ce qui concerne les livres.

(…)

 

Qui baise qui ? Nouvelles du monde mondain

 

Le CFCM a retiré sa plainte contre Jean-François Copé, après qu’il a pourtant déclaré sur RTL qu’il ne s’excusait nullement de sa misérable saillie sur le pain au chocolat, jetant l’anathème sur le Ramadan.

Le célèbre présentateur télé anglais Jimmy Savile, en 54 ans d’exercice, et la dernière fois à l’âge de 82 ans, a abusé en toute impunité de près de six cents adolescentes ou même enfants de moins de dix ans.

La porte-parole de la manifestation contre le mariage pour tous, qui s’est auto-proclamée « attachée de presse de Jésus », grâce à quoi elle est partout présente dans les médias, tient son nom d’elle-même : Frigide Barjot.

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Petit récapitulatif de fin d’année

photo Alina Reyes

 

Un hadith qui faisait le tour d’internet s’est avéré venir, non pas de la bouche de Mohammed, mais de celle de Bob Marley. Après tout je l’ai constaté, il arrive même que certains professeurs inventent de faux hadiths. Pauvre Prophète, tout entier dédié à la vérité, et que l’on fait mentir (tandis qu’un hebdomadaire satirique puant, en besoin d’argent et obsédé par la figure de cet homme de Dieu qu’ils n’arrivent pas à se figurer, s’apprête à publier une bande dessinée sur sa vie).

Kalachnikov est sorti de l’hôpital de la république d’Oudmourtie, où il suivait un traitement prophylactique. Pas de prophylaxie dans le monde, cependant, contre ses armes à feu.

Les adeptes du marché noir de la parole sont horrifiés d’apprendre qu’en Chine il faudra donner son vrai nom pour se connecter à internet, quitte à utiliser un pseudo ensuite. Pendant ce temps, ici et là, des poètes qui parlent ouvertement pour la liberté se font emprisonner. Bientôt on se moquera de leur courage.

La plupart des hommes ne savent pas ce que signifie être des dieux. Ils s’idolâtrent eux-mêmes, font d’eux-mêmes leurs propres idoles, et les appellent dieux, ou bien athées, sans dieu. Par exemple en voulant se donner eux-mêmes la vie et la mort. Ce faisant ils démolissent l’homme, comme depuis toujours les hommes se divertissent de leur condition en fabriquant puis détruisant leurs idoles, qu’ils remplacent constamment, obsessionnellement, addictivement, par d’autres. L’accomplissement de ce processus est dans la disparition de la capacité à distinguer entre l’idole et le divin, qui accompagne l’idolâtrisation totale de l’homme. Ce vers quoi l’homme est en chemin en ces temps de procréation en éprouvette, de négation des sexes, de toute-puissance de la médecine sur les corps et les âmes, de la conception à la mort. Cette objectisation de l’homme, l’homme l’appelle devenir des dieux, ou bien devenir sans dieu, ce qui revient au même : exister sans autre instance supérieure que soi-même, sans autre maître que la tyrannie et la bêtise humaines d’autres hommes et de soi-même. À l’homme qui a réelle connaissance de Dieu, Dieu confie comme à l’Ange qui arrêta le bras d’Abraham sur le point de sacrifier son enfant, d’arrêter le bras de ceux qui en sont, en cette époque, en train de jeter des pelletées de terre sur eux-mêmes et leurs enfants, qu’ils ont mis encore vivants dans la fosse.

Vous êtes des dieux, ne le savez-vous pas ? Si vous êtes en Dieu. Réellement.

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Brève chronique du nihilisme ordinaire

corbeaux et emballage à sandwich, photo Alina Reyes

 

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Goncourt de la poésie, je ne savais pas que ça existait.  L’un et l’autre mot s’annulent réciproquement. Reste : rien.

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Suicide probable de l’infirmière anglaise piégée par une radio. Cette mode des canulars. Jouer avec les autres comme s’ils n’étaient pas des humains mais des espèces de machines. La preuve que non.

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Hommages de partout à un architecte qui a construit une ville conçue pour ne pas pouvoir y marcher. Une ville pour la négation de l’homme. Une ville pour fantômes.

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Au Japon, une société vend des poupées sexuelles d’enfants pour les pédophiles. Une autre offre aux femmes des hommes à la location, pour toute sorte d’accompagnements, y compris dormir, sauf sexuels. Cela dans une société vieillissante, où les ventes de couches pour le troisième âge dépassent celles des couches pour bébés.

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En Égypte, des hommes sont payés pour aller agresser sexuellement des manifestantes, afin de les obliger à quitter la manifestation.

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En France, un intellectuel athée estime la validité d’un imam en fonction du nombre de ses followers sur Twitter. Un intellectuel musulman vante et relaie son article sur Facebook. Le tout dans un but qui n’est pas sans lien avec ce qui a été dit précédemment dans cette brève chronique. Le nihilisme ordinaire, c’est aussi la fausseté et la bêtise ordinaires.

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De quelques imams, de beaucoup d’Israéliens, d’une messe noire, etc

photo Alina Reyes

 

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J’en vois, des qui demandent au moins dix-sept fois par jour à Dieu de les guider dans le chemin droit, et qui entre deux prières empruntent chemin tortueux sur chemin tortueux. Et ça s’imagine servir l’islam.

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Ici et là des sites, associations, communautés, qui se veulent combattants et qui ne forment que des lecteurs de plus en plus défaitistes. Des athées, des chrétiens, des musulmans et d’autres qui ne croient plus à rien, rien de bon. L’effet fin du monde annoncée ? Alors soyons heureux parce qu’à la même date les jours vont commencer à rallonger, et si un certain monde plein d’ombres prend fin, ce sera pour laisser arriver un autre avec de plus en plus de lumière. Souriez, le ciel vous regarde !

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Si Dieu nous a fait deux oreilles plutôt qu’une, ce n’est pas pour rien. C’est pour que nous puissions entendre ce qui se donne à entendre de tous côtés. Si le verbe entendre veut dire aussi comprendre, ce n’est pas pour rien non plus.
Si Dieu nous a fait deux oreilles, c’est parce qu’il parle au minimum en stéréo. Si les mots ont plus d’un sens, c’est pour que nous apprenions à nous servir de nos deux oreilles. Si nous pouvons apprendre, c’est pour pouvoir passer dans une dimension au moins stéréophonique de la réalité.

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À Tournai en Belgique, le premier fidèle arrivé à la mosquée pour prier, vers six heures du matin, y a trouvé un Coran brûlé pendu à la porte. On touche là le fond de la violence nihiliste. C’est très grave, surtout pour ceux qui ont réalisé une telle messe noire.

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Obama : le crime contre la Palestine est une épine énorme dans sa chair, et il n’a pas le courage de la retirer. Le trouvera-t-il ? Sinon la question se règlera sans lui, et il emportera son épine dans sa tombe.

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Les quelques imams français en Israël. Qu’est-ce qui les aveugle ? Les poignées de mains avec les dominants, le voyage offert, le prestige, la figuration dans les médias ? Tout cela qui aveugle tant d’autres qu’eux, tant d’autres « braves gens » et même tant d’ « élites ». Ils font pitié, et ceux qui les utilisent, y compris en fin de course les médias, dégoûtent.

Le mieux quand même fut la roquette qui leur tomba sous le nez alors qu’ils en étaient à l’échange de courbettes chez l’ambassadeur, l’opportunément nommé Christophe Bigot. Comme quoi le ciel sait aussi nous faire rire. Je ne sais s’il leur servit des ferrero, mais le Seigneur est mon Rocher.

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« L ’Autorité palestinienne pourrait poursuivre Israël pour crimes de guerre si l’Etat hébreu ne cesse pas ses constructions dans ses colonies. »
C’est bien cela : par ses provocations, ce que cherche inconsciemment Netanyahu, c’est à être jugé. Même s’il est en plein déni de sa faute, Israël sait ce qu’est le jugement de Dieu. Israël sait que ce jugement l’attend (comme il attend chacun). Et le jugement de Dieu est toujours une miséricorde, même quand il condamne. Voyez un petit enfant qui agit mal : si vous le laissez faire, il devient agité, obstiné, malheureux, il s’entête jusqu’à obtenir la remontrance qui lui rendra la paix. L’homme est un petit enfant face à Dieu. Le pire pour l’homme qui fait le mal est de ne pas rencontrer la sanction qui lui est due, le châtiment qu’il mérite, et ce qui rétablit la justice.

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Pèlerins et nomades, trois pierres restent du feu autour duquel nous avons passé cette nuit. La fraîcheur vive de l’aube nous réveille, nous la voyons arriver dans le ciel, toucher terre. Sa couleur déchire l’heure comme une soie. Debout, en marche !

Bon vendredi, bonne journée à tous à travers les rideaux du monde !

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Extension des colonies en Cisjordanie, un nouveau pas vers la fin

photo Ahmad Gharabli/AFP

 

Ce que fait Netanyahu en jetant comme un crachat à la face du monde sa volonté de construire trois mille logements de plus en territoire occupé, c’est comme le geste de l’assassin qui ne peut s’empêcher de revenir sur les lieux de son crime, parce que ce qu’il a fait est insupportable et qu’il espère sans le savoir être arrêté.

Israël se tire une balle dans le pied, il n’ira pas loin maintenant. J’ai foi dans le fait que chacun continue le combat selon la façon qui lui a été donnée, en cherchant à être toujours plus juste, calme, réfléchi, déterminé, et dans la coopération des uns avec les autres. Il faudra le temps qu’il faudra, peut-être très long mais peut-être pas forcément aussi long qu’il semble. Quand on arrive à l’acmé d’une situation, il est courant qu’elle se dénoue très vite. Ensuite reste tout le nouveau travail à faire, pour construire la nouvelle donne. Et c’est très beau. Ayons la foi, Dieu fera justice, il ne peut en être autrement.

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« Dans le plus précieux Dieu fit naître les eaux-de-feu célestes et le pays » Genèse 1,1, ma traduction dans « Voyage »

photo Marko Djurica/Reuters

 

Les « eaux-de-feu célestes » sont les paroles de Dieu à travers le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Je crois en ces paroles, cette unique Parole en toutes ses formes, je crois qu’elle est vivante et avançante, je crois à ce qui avance. Nous allons aller doucement vers un seul État pour tous.

Je crois que la Palestine, et sa capitale Jérusalem, sont l’avant-poste de  la paix pour tous les hommes de la terre, du « pays » qu’est l’humanité.

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Tombent les masques

à Paris, photo Alina Reyes

 

« Quelle prière peule fit Nafissatou Diallo au moment où elle avait le pénis de Dominique Strauss-Kahn entre les lèvres ? » J’ai rarement lu une phrase aussi dégueulasse, aussi misogyne, dominatrice, nihiliste. Pour ne pas dire raciste. Quelque part sur internet, Stéphane Zagdanski se vante de l’avoir écrite. Stéphane, quelle débandade de la pensée, quel mauvais tournant dans ton existence. Comme si on pouvait prier pendant un viol. Esthétique nihiliste rejoignant le dolorisme de ce mauvais catholique entendu hier soir déclarer qu’on n’est jamais aussi près de Dieu que dans la souffrance. Voilà ce qu’adorent les imposteurs, souffrir et faire souffrir.

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Une représentante française des Femen, activistes « féministes », est aussi call-girl, révèle un autre site souvent trouble. Imposture pitoyable, mais pas davantage que celle de ces intellectuels prétendument contestataires du « système », qui bouffent à tous ses râteliers, télé, réseaux, entrepolissages d’égos boursouflés et creux, au service d’eux-mêmes et de ce monde qui leur permet de se donner l’air d’être ce qu’ils ne sont pas.

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Les Indigènes de la République déclarent qu’ils ne veulent pas être des indigènes de la République. Lors de la création des Ni Putes ni Soumises, je fis remarquer le nihilisme d’une telle appellation, qui ne pouvait présager rien de bon. Pourquoi s’appeler par ce qu’on ne veut pas être ? Il y a encore là une façon cachée de s’enfoncer dans l’état que l’on dénonce.

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Voyez Israël, avec son Pilier de Défense destiné à enfumer Gaza et bien au-delà, le monde. Le vrai nom de leur opération est Colonne de nuée, en référence à l’épisode biblique (dont je parlais hier) de la sortie d’Égypte, où Dieu protège son peuple en se tenant dans une colonne de nuée qui sépare le mouvement de libération des forces d’aliénation. Inversion monstrueuse, obscène, blasphématoire. Tsahal ou Hamas ou Washington ou quiconque, n’essayez pas de récupérer Dieu.

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Tous ces glorieux combattants ont pourtant un même ancêtre, Abraham, à qui Dieu a enseigné qu’il ne fallait plus sacrifier les enfants. Tous ces glorieux combattants qui par orgueil désobéissent à Dieu qu’ils prétendent servir, qui par paresse choisissent le combat par les armes plutôt que par l’intelligence, qui les yeux pleins de sang ne voient pas que Dieu leur a dit de sacrifier la bête en eux plutôt que l’enfant, tous ces glorieux combattants, et ceux qui les soutiennent, et ceux qui négligent de retenir leur bras et de les guider dans une autre voie, je les appelle des assassins.

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Le sionisme doit-il être remplacé par un autre nationalisme, islamiste ? À peine déclaré le cessez-le-feu, des va-t-en-guerre bien à l’abri en France ont paru s’ennuyer déjà du spectacle de la mort. Et si on commençait plutôt à rêver de la paix, et à réfléchir à comment la construire ? Un jour ils seront frères et réunis, tous les enfants d’Abraham qui habitent toute la Palestine.

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Un père américain a transformé pour sa petite fille de cinq ans le héros de Zelda en jeune fille, et le but de son aventure en désir de secourir son petit frère. Les esprits conservateurs se moquent, mais une héroïne qui se bat pour sauver son petit frère c’est beaucoup plus courant et vraisemblable qu’un héros qui se bat pour sauver une princesse.

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Michel Onfray, omnimédiatique, déclare qu’il est « un ogre ». Grosse crise d’hystérie ? La crise du milieu de la vie ? La peur de manquer d’être face au trou noir qui vient ? Un peu d’ascèse, ça ira mieux. Contre les tentations style «Grande bouffe », « Je suis partout », ou « Règle du jeu », écoutons donc la leçon des grandes religions, et notamment de l’islam : la règle du jeûne. Profond apaisement garanti.

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Les musulmans les plus influents du monde sont paraît-il le roi d’Arabie, le premier ministre turc et le roi du Maroc, suivis de beaucoup d’autres personnalités diverses. Des musulmans influents, mais sur quoi ? J’aurais plutôt dit : le Prophète, et puis aussi Jésus, Moïse, et tous les autres prophètes dont la parole n’a cessé de combattre pour la vérité. Ils sont si vivants, et leur parole est si vivante, elle seule traverse les siècles et continue à faire vivre le monde. À lui donner espérance en se renouvelant aussi, comme elle le fit par la voix d’un Gandhi et continue à le faire par chacune de nos petites voix, si discrètes soient-elles, quand elles parlent clair, en accord avec ce que nous sommes, vivons et disons. Ce monde depuis si longtemps travaillé par tant de nihilisme serait écroulé, ce monde en pleine grande inversion serait déjà anéanti, sans cette vivante parole de vérité, par laquelle nous devons continuer à le soutenir, piliers humains.

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Qu’est-ce que la Palestine ?

Pêcheurs gazaouis en train de démêler leurs filets, photo Erica Silverman/IRIN

 

Qui noie le poisson ne le mangera pas.

Qu’est-ce que « le peuple palestinien » ? C’est une question sérieuse. Il faudrait commencer par là, si l’on veut donner la Palestine au « peuple palestinien ».

Voici quels sont les peuples palestiniens, dans l’ordre de leur apparition dans l’histoire : Cananéens, Israélites, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Chrétiens, Byzantins, Arabes, Britanniques… Et maintenant y vivent des Juifs (il y en a depuis plus de 3000 ans), des Chrétiens (il y en a depuis 2000 ans), des Musulmans (il y en a depuis plus de 1300 ans). Jamais ces terres n’ont été la propriété exclusive de l’un ou l’autre peuple. Voilà ce que sont les Palestiniens, voilà ce qu’est le peuple palestinien, même s’il est aujourd’hui divisé. Un mélange de peuples. Ceux qui veulent la terre pour eux seuls, qu’ils soient Juifs ou Musulmans, sont dans leur tort. Nul n’a à y dominer. Il faut parvenir à une cohabitation, parce que c’est la seule solution juste. La Palestine, c’est dans le combat spirituel que nous pouvons la trouver, et l’accomplir.

Je suis la musulmane immodérée
Je me lève à la source du jour
bondissant à l’appel abouchée
au point d’eau je bois plus qu’à mon tour
la joie qui doucement descend, lumière
pure au cœur des assoiffés de Dieu
Je sens dans l’univers éclore l’ère
où le peuple des astres aura les yeux
retournés vers notre unique lieu.

Aucune religion, du moins tant qu’elle n’est pas récupérée ni défigurée, ne peut être la religion des riches et des puissants. Dieu aime les pauvres, les humbles, ceux qui sont en mesure de Le chercher, Lui le bonheur, la justice et la paix qui s’obtiennent autrement que par la guerre, l’argent ou le pouvoir, lesquels ne donnent rien de vrai, ceux qui sont en mesure de Le trouver, de trouver tout cela que d’autres ne peuvent même pas voir. Dans l’islam c’est si direct, la mosquée est le paradis, et la mosquée est partout, visible ou invisible.

À la mosquée je suis à la maison. Dans l’univers entier, et en tout point de l’univers, je suis à la mosquée.

L’amour est bon comme une petite maison
dans le corps.

Si on veut te rendre présentable, rends-toi impossible.

Un arbre (ou un penseur) tordu ne deviendra pas un arbre (ou un penseur) droit. Le travail du jardinier est de donner aux jeunes pousses les meilleures chances pour se développer harmonieusement, chacune selon son espèce.

Et un jardinier tordu ne peut tordre un arbre droit.

Armée des ombres, armées de l’ombre, leur guerre contre la vérité.

Ceux qui prennent dans l’idée de la guerre leur pied, qu’ils voient :

La mort est une barrière. Vivre derrière une barrière ce n’est pas être libre. Partez à la quête de l’ange !

La quête est le combat qui donne des ailes pour franchir les barrières.

Le contraire de la guerre qui tue est le combat de l’ange.

Le remède à la guerre n’est pas la paix, mais la grâce.

Au petit jour de la résurrection, vous mangerez le poisson de vos eaux,
ô mon petit peuple

ô gens des Livres que Dieu attend pour vous le partager.

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