Sacre du Printemps

Matisse, La Danse

 

Aujourd’hui, centenaire du Sacre du Printemps de Stravinsky. Extraordinaire œuvre, bondissement, plus actuel que jamais. Le paganisme absolu couché comme un fauve transpercé de flèches et vivant au pied de la Porte du ciel, entrouverte et qui attend que les peuples, auxquels le fauve fait somptueux tapis, entrent et passent de l’autre côté, dans la lumière pure.

L’Église a un beau-papa. Bien sympa et tout, mais c’est pas ça. Dévoué, faisant tout pour se faire accepter, y parvenant très bien, et d’autant mieux qu’il vient combler la peur du vide. N’empêche, on n’avait jamais entendu dire qu’après la disparition de Joseph, Marie avait pris un autre époux. Malachie n’était pas sans prophétie. Allez, tout cela sera transformé pour le mieux.

Les personnes qui n’aiment pas « les curés », ce ne sont pas les curés qu’elles n’aiment pas, mais les faux-culs, ceux qui disent et ne font pas, ceux qui pensent par derrière comme disait Nijinsky. Loin de moi la pensée que tous les prêtres le sont, mais une grande lessive de printemps ferait le plus grand bien à leur linge et leurs habits.

Craignons le Seigneur et n’ayons pas peur, le Jour avance.

 

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L’Ange et le zèbre

Jardiniers au travail sous la pluie, tout à l'heure, photo Alina Reyes

 

Quand je présente Voyage dans une librairie (pour proposer de le déposer) ou dans une bibliothèque (pour proposer de le donner), l’Ange est avec moi, c’est lui qui est reçu. Jusque là gentiment, plus souvent encore très gentiment (sauf une fois – j’aurais voulu dire à la revêche : souriez, l’Ange est là ! mais elle n’y aurait pas cru).  Les jeunes sont particulièrement gentils, ils aiment le livre tel qu’il se présente, un jeune homme m’a dit que la peinture lui rappelait un artiste dont il m’a donné le nom – mais je l’ai oublié -, une jeune femme a dit qu’il était très beau. Je marche sous la pluie, bienheureuse sous ma capuche multicolore trempée, en tirant le caddy que j’ai acheté exprès pour transporter les exemplaires du livre à présenter ou à poster, un caddy comme en ont les sans-abri ou les distributeurs de prospectus, mais joyeux, en toile cirée vert vif avec des zèbres et l’inscription « course de zèbre ». Âne ou zèbre de somme, je rentre à la maison, j’entends les chants masaï enregistrés par O, à mon cou les colliers masaï ont les couleurs du livre.

Sa robe zappe. Irons-nous au zoo,
caresser sur les zébrures du zèbre,
de zéro en un, l’algèbre ?
Drôle de zèle, j’en zézaie raies.

 

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L’Esprit a des ailes et il est sans limite

photo prise à Istanbul

 

« Les martyrs font l’expérience de la limite entre la vie et la mort », dit François. Il y a un problème dans ses notes, peut-être. Il faut faire attention quand on prononce ce genre d’expression fatale. L’expérience des limites, c’est un titre d’un homme de lettres, mais certainement pas une parole de Jésus ni des apôtres ni des prophètes ni d’aucun vrai croyant d’aucune religion. Comme si la mer Rouge avait été pour Moïse l’occasion de faire l’expérience de la limite. Mais non, en Dieu, la mer Rouge s’ouvre, et le peuple passe. L’expérience de la limite, c’est la négation du kérygme. Il était mort, il est ressuscité. Écoute ce que te disait ta grand-mère. Il a franchi la limite. Et franchir signifie non seulement dépasser, mais aussi libérer. Franchir est un passage et une libération : voilà Pâques, voilà ce qu’en est l’Esprit.

Le martyr fait l’expérience de la non-limite. Il est martyr parce qu’il vit l’illimité de l’amour. Voilà ce qu’est un vrai « martyr », c’est-à-dire un vrai témoin de la Vérité.

 

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Street art

photo Alina Reyes

 

(Cahuzac&Co)

Tous ces gens qui s’obstinent à vouloir garder leur place en traînant d’énormes casseroles rendent le monde horriblement cacophonique.

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(Houellebecq&Co)

Quelque chose en lui de Boston,
comme dit presque la chanson

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(Pascal&Co)

« Nous souhaitons la vérité, et ne trouvons en nous qu’incertitude »

Sans savoir se prenant pour le roi, disant nous à la place de je, suite à quoi la vérité le fuit, le silence des espaces infinis l’effraie, au pari il se trouve réduit. Un peu d’islam lui eût évité les jeux de hasard et apporté ce qu’il souhaitait.

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(Big Co)

Armée de petits soldats, l’arme à la main mais restant sèche, pétrifiés dans le plomb face à l’origine du monde.

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La Voie, la Vérité et la Vie

Jardin des Plantes, en ce moment. Photos Alina Reyes
Paris et Jardin des Plantes, en ce moment. Photos Alina Reyes

 

Ouvrons nos oreilles, c’est le printemps, les oiseaux prient à gorge déployée aux aubes du jour et de la nuit !

Certains, à la « manif pour tous », tout en essayant de forcer les barrages de police, donc inévitablement de créer un contexte de violence, ont été tentés de « mettre les enfants devant ». Et ils prétendaient manifester pour les droits des enfants ! Au-delà de cet abus manifeste, il faut noter ceci : autant il existe des justifications théologiques au refus du mariage homosexuel, autant il n’est aucune justification chrétienne à un mode d’action tel que celui de la « manif pour tous ». Pourquoi avoir empêché les dérives possibles de la théologie de la libération, si c’est pour politiser de nouveau la foi par des voies, en l’occurrence des rues, qui sont du ressort de César ? Le Christ serait-il dans la manif ? De toute évidence, non. Son mode d’action est différent. Son mode d’action, c’est l’évangélisation. C’est œuvrer à purifier les cœurs et éclairer les esprits afin que les hommes apprennent à ne pas tomber dans les pièges du mal. C’est bien plus difficile, mais c’est la voie qu’il nous a laissée.

Petit problème : il y a des années que j’écris en faveur de la liberté de porter le voile, mais je n’ai encore rencontré aucune femme voilée prête à écrire pour la liberté de ne pas porter le voile. Les musulmans et musulmanes d’Occident se raccrochent au voile par réflexe identitaire, mais j’ai confiance, la libération de cette espèce de fétichisme viendra par les musulmanes et les musulmans des pays arabes en train de revenir au monde.

Éditeur de Marcela Iacub, ami et défenseur de l’escroc François-Marie Banier… Que la presse rende hommage aux disparus qu’elle a côtoyés, dans ce petit milieu où l’on aime les côtoiements, c’est humain ; mais qu’elle en déforme la vérité, ce n’est pas bien, surtout de la part de gens censés avoir une éthique de la vérité. Jean-Marc Roberts a malheureusement mis beaucoup de son talent à participer à l’industrialisation de Saint-Germain des Prés, à la fabrication de livres-produits, vendus par des coups montés moins dignes que la dernière « blague » de Carambar pour faire parler de la marque. Et certes il n’est pas le seul à avoir assassiné ainsi la littérature, dans ce « milieu ».

« Les Français favorables à un renforcement de la loi sur les signes religieux ostensibles. » Quels signes « ostensibles » ? « Tout signe d’appartenance religieuse ». Les Français sont coincés. Qu’est-ce que ça peut leur faire ? Le refus de la liberté d’autrui, c’est le refus de sa propre liberté. Les Français sont embrigadés par leur ego de coq sur son fumier. Que ne sont-ils favorables à la disparition de leur morgue ! Je me rappelle ce pèlerin russe rencontré un jour à Saint-Sulpice, avec son long vieux manteau, son sac usé, sa barbe, sa grande croix sur sa poitrine, ses yeux délavés par la route sous le ciel. Mes Pèlerins iront prier en tout lieu de prière où il leur sera donné permission de prier, mes Pèlerins prieront avec tout priant de toute tradition, mes Pèlerins seront en toute terre un signe vivant d’appartenance de l’homme à Dieu.

Je suis plus patiente qu’ils ne sont calculateurs.

Le jeûne allonge le temps.

La vie moderne dévore le temps.

Le jeûne de nourritures, comme le jeûne d’activités, rend le temps à l’éternité.

Nos très lointains ancêtres, qui vivaient trente ans, vivaient bien plus longtemps que nous qui vivons quatre-vingt-dix ans. De l’aube au soir, chaque journée leur était lente avancée dans la contemplation.

Lumière sur lumière, la gloire de Dieu c’est l’homme vivant dans la paix du temps.

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Idolâtrie des femelles

photo Alina Reyes

 

Les systèmes patriarcaux, le machisme, la misogynie, la gynophobie, sont fondés sur une vénération secrète de la mère, de la femme femellisée comme organe sexuel et reproducteur. Sacralisée, rendue taboue, haram, nécessitant une mise à part. Les femmes elles-mêmes œuvrent souvent à la perpétuation de ces systèmes qui leur confèrent une puissance occulte, un statut d’idoles de la famille et de la société, même si elles doivent payer ce statut par des ségrégations, des vexations, voire des violences de la part de ceux qui ne peuvent s’empêcher d’être à la fois épouvantés et révoltés contre ce qu’ils ont mis en place, et ceci d’abord dans leur cœur malade.

Le caractère malsain, secrètement incestueux, engendré par le refus de la mixité dans les structures traditionnelles des trois monothéismes, développe au cours du temps une morbidité qui s’étend à toute la société, y compris laïque et athée. Pourtant cet état de fait n’est pas à imputer aux monothéismes, mais au contraire à la peur des hommes de faire face à Dieu. De la Torah au Coran en passant par l’Évangile, la parole de Dieu ne cesse de mettre en garde les hommes contre l’idolâtrie, l’association.

Cet avertissement, nous le retrouvons dans la sourate 4, An-Nisaa, Les femmes. Le début expose des questions de droits de la femme, concernant l’héritage et le mariage. Le texte s’adresse aux hommes, il est clair qu’il est écrit dans un contexte où les femmes constituent une sorte de bétail humain dont les hommes ont la jouissance et la charge. Et que dans un tel contexte il s’efforce de rappeler justement le caractère humain des femmes, et la nécessité précisément de ne pas les traiter comme du bétail. Mais que cela signifie-t-il, au fond ? Il faut continuer à lire la sourate jusqu’au bout pour le comprendre. Notamment jusqu’aux versets 116 et 117, qui sont le résumé fulgurant de l’ensemble :

Certes, Dieu ne pardonne pas qu´on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Dieu s´égare, très loin dans l´égarement.

Ce ne sont que des femelles qu´ils invoquent, en dehors de Lui. Et ce n´est qu´un diable rebelle qu´ils invoquent.

Les questions de droit traitées au début de la sourate sont là pour éviter une sacralisation de la femme, si rassurante soit-elle pour l’esprit si peureux des hommes. Les femmes ne sont pas des bêtes sacrées, qu’il faut marquer à part. Ceux qui sont ainsi structurés dans leur tête, en vérité « ce ne sont que des femelles qu’ils invoquent » – leur rapport à la femme régissant en fait leur « foi » –  « et ce n’est qu’un diable rebelle qu’ils invoquent » – leur malaise sexuel. Des versets qu’auraient profit à méditer les idolâtres du voile, mais aussi les gens d’Église, et encore bien des prétendus libres penseurs, en fait adorateurs du monde et de son hystérie trash. Idolâtrer les femelles, c’est se faire soi-même femelle idolâtre.

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Quelques nouvelles du monde


image facebook.com/jeune afrique

 

« Comment ne pas gagner une guerre ? Douze ans après le 11-septembre, le magazine Foreign Policy dresse un bilan sombre de la décennie d’enlisement américain en Afghanistan et en Irak » (courrierinternational.com)

« La Syrie pourrait devenir l’Afghanistan du Moyen-Orient » (lemonde.fr)

« Les chrétiens à Jérusalem veulent que les juifs cessent de leur cracher dessus ». (haaretz.com)

Avalanches, série noire. (partout)

« Le Liban aborde probablement la phase la plus critique de son histoire contemporaine » « À aucun moment, même aux pires instants de la guerre, la panique n’a été aussi générale » (lorientlejour.com)

« Plus de 900 cochons morts ont été repêchés dans la rivière de Huangpu qui alimente en eau potable Shanghai, la ville la plus peuplée de la Chine » (fr.ria.ru)

« L’émir du Qatar achète six îles grecques » (lemonde.fr). « Le Qatar veut faire échouer les révolutions arabes» (mosaiquefm.net). « Le fils de l’émir du Qatar s’offre la voiture la plus chère du monde » (oumma.com) « Qatar Airways, 170 millions pour le Barça » (europe1.fr).  « Le Qatar offre 500 millions d’euros à Sarkozy pour créer un fonds d’investissement » (economiematin.fr). « Proposition d’un pays arabe cherchant à louer des monuments historiques égyptiens… Pour l’écrivain Mohamad Al-Amin, cette affaire est tout simplement un crime mettant le pays en hypothèque… le seul pays qui pourrait suggérer une pareille offre est le Qatar » (hebdo.ahram.org.eg)

« Venez découvrir les bons produits du Sud-Ouest ». Illustré par deux adolescentes de treize ou quatorze ans à moitié nues. (affichette publicitaire pour le Salon de l’agriculture, dans les voitures du métro parisien)

« Les filles doivent prendre conscience de leur valeur » (orientation.blog.lemonde.fr)

« Une grand-mère de 70 ans monte sur une grue pour voir sa petite-fille ». (bfmtv.com) Ils auraient pu lui donner rendez-vous ailleurs, tout de même. (En fait,  elle est montée pour rien, la justice protégeant l’enfant de son père violeur, fils de la grand-mère).

« Grand coup d’envoi » du Printemps des poètes avec « un apéro-poésie au château de la Marquise ». (ladepeche.fr) « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». (Alfred de Musset)

Ce matin dans les Pyrénées quelqu’un a vu ses premières jonquilles de l’année. (plein-de-vie.com)

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« Les Romains ont été vaincus ». Sourate « Les Romains », 2.

Olivier enneigé à la Grande mosquée de Paris, photo Alina Reyes

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Selon la prophétie de Malachie, le dernier pape s’appelle Pierre le Romain. Quel que soit le nom qu’il ait endossé, tout pape, évêque de Rome, est « Pierre », successeur de Pierre, et le Romain.

Selon une lecture historique, « Les Romains » du Coran seraient en fait des Byzantins, battus par les Perses en Palestine vers 613-614. Ils sont nommés Romains parce que chrétiens, rattachés à Rome – de même que tout pape est Pierre parce que rattaché à Pierre. Une partie des Arabes se réjouissait de cette défaite des Romains, mais les Croyants parmi eux se réjouirent de leur victoire finale, car ils représentaient les croyants alors que les Perses représentaient les mécréants.

« Les Romains ont été vaincus,

dans le pays voisin, et après leur défaite ils seront les vainqueurs,

dans quelques années. À Dieu appartient le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les Croyants se réjouiront

du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut et Il est le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux.

C´est [là] la promesse de Dieu. Dieu ne manque jamais à Sa promesse mais la plupart des gens ne savent pas. » (v. 2-6)

 

Pourquoi, pour qui, cette défaite et cette victoire ? La suite de la sourate l’indique, en voici trois versets dans la traduction d’André Chouraqui :

 

14.     Le jour où l’Heure surgira,

ce jour-là ils se diviseront.

 

15.     Ceux qui adhèrent et sont intègres

s’extasieront dans les pâturages.

 

16.     Ceux qui effaçaient,

niaient nos Signes et la Rencontre, l’Autre :

les voilà présents au supplice !

 

Au final, la division s’opère non entre les Romains et les Perses, mais parmi eux entre les croyants et les mécréants. Les « mauvais romains » et les « mauvais perses » seront au supplice, les « bons romains » et les « bons perses » pâtureront. Le destin des Croyants, des gens issus de la Parole de Dieu venue à travers Ses Livres saints, et qui lui sont fidèles, comme des gens qui sont fidèles à ce qui est juste… le destin des Justes, est un et unique.

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