Frontal

Image trouvée dans un article de La République des Pyrénées

 

En voyant Patrick, le marchand de journaux de Barèges, répondre à un journaliste de la télé qui lui demande en substance à quoi il s’attend, cette phrase merveilleuse :

« C’est ce qui est là-haut, tu sais, celle qui vient du Bon Dieu, celle dont nous avons tous besoin, la neige ! »,

je me rappelle un jour où mes fils encore petits m’ayant réclamé chez lui un magazine qu’il vendait mais qu’il jugeait scandaleusement cher, il nous en avait sorti un de derrière ses fagots, un magazine pour enfants aussi, mais tout à fait bon marché. Malheureusement il n’intéressait pas les gars, et je leur avais pris celui qu’ils voulaient. En encaissant il avait continué à critiquer son prix abusif et avait ajouté pour conclure, tout à fait sérieux : « Remarque, s’il y a des parents assez cons pour l’acheter… »

Je m’étais retenue de rire. J’adore le caractère frontal de ces gens de la montagne, j’avais adoré le retrouver, aussi, quand j’ai écrit un livre sur elle, dans la petite Bernadette Soubirous. Son nom signifie Souverains, ce n’est pas pour rien. (Et si le mien signifie Rois c’est que je les aime bien). Une souveraineté immensément humble, qui n’a rien à voir avec une quelconque velléité de domination. Bien au contraire. Ils savent que de même que ce que tu possèdes te possède, ce que tu domines ou veux dominer, te domine. Je le répète, ce sont des gens de la montagne.

Je les aime profondément, et je suis avec eux de tout cœur en ces jours où la neige les ensevelit. Qu’ils sachent que c’est à la fois une robe blanche et une lampe frontale inextinguible qui leur vient, pour leur résurrection dans la vie éternelle.

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Madonna, la Kabbale, l’Opus Dei, les fantômes du Vatican, et moi.

 

Avant-hier, mercredi, quand la trahison est devenue claire, j’ai pensé que la façon dont ils s’étaient comportés avec moi, me coupant insidieusement de tout le monde et de toute possibilité de gagner ma vie sinon en me soumettant à leur volonté sur mon livre Voyage et la fondation de mon Ordre, les Pèlerins d’Amour, cette façon d’isoler l’individu pour mieux le tenir, ce savoir-faire implacable et professionnel, rappelait les méthodes de l’Opus Dei, espèce de secte très proche du Vatican, sur laquelle j’ai lu un livre de journaliste assez accablant il y a quelques années, et qu’on appelle souvent « la sainte mafia » ou « la franc-maçonnerie blanche ».

Puis, comme il m’a été fait savoir souterrainement (l’Internet, quelle aubaine pour les opérations « discrètes ») que je me mêlais trop de politique, je me suis rappelé qu’il avait été prévu d’associer mon Ordre à venir avec Madonna, connue pour son appartenance à la Kabbale, et certainement pas pour son soutien à la Palestine. Dès que j’avais eu connaissance de ce projet, en 2012, je l’avais vivement rejeté. Tout de même, je viens d’avoir l’idée de demander à Google ce qu’il en était de ses liens avec la Kabbale, et c’est alors que j’ai appris qu’en 2011, elle s’en était éloignée pour se rapprocher de… l’Opus Dei. Tiens donc. Un peu avant, donc, de préparer ses concerts en Israël, où elle allait chanter avec des croix et des danseurs… vêtus en moines, de rouge avec une grande capuche, comme les membres de mon Ordre à venir. Voilà ce qu’on était en train de trafiquer avec mon projet, sans m’avoir demandé mon avis ni m’en avoir prévenue.

J’aurais bien voulu éclaircir tout cela avec Benoît XVI, entre quatre-z-yeux, mais cet « amoureux de la vérité », depuis plus de deux ans que je le lui demande, n’a pas voulu me recevoir, tout en faisant miroiter, par une intense autant que souterraine communication, tout au long de tout ce temps, la possibilité d’un prochain règlement de la question. Depuis trois ans je me bats avec et contre les fantômes du Vatican. Avec, parce que j’ai toujours gardé espoir que nous arriverions à nous entendre sur la mise en œuvre de ce projet, par moi inventé et envoyé au pape, qui consistait à fonder une œuvre de paix entre les trois religions monothéistes, en Terre Sainte pour commencer. J’ai écrit un livre de plus de mille pages pour le précéder et l’accompagner, c’est un travail sérieux. Mais plus encore qu’avec, j’ai dû me battre contre ces fantômes du Vatican, qui ne voulaient décidément pas s’incarner et semblaient bien décidés, tout en me flattant abondamment, à s’emparer de la chose et à la mener à leur façon. Il ne me restait plus qu’à jouer le rôle d’une Mère Teresa ou d’un saint François d’aujourd’hui, avec toute la fraîcheur énorme que j’apportais. Il ne leur venait pas à l’idée que si j’avais été capable d’écrire un tel livre et de fonder un tel projet, j’étais tout autant capable de refuser la tutelle qu’ils prétendaient m’imposer.

Refuser, c’est bien ce que j’ai fait, constamment. S’ils avaient été honnêtes, ils m’auraient dit ce qu’il en était, quelles conditions je devais accepter si je voulais travailler avec eux. Les choses auraient été claires, j’aurais refusé bien sûr, et j’aurais ainsi pu avancer autrement, sans eux. Mais non, après avoir été dans un premier temps très stupéfaits de voir que je refusais la « gloire » qu’ils me préparaient pour ce monde (starisation) et pour l’autre monde (ne me fit-on pas savoir qu’avoir été « ami » avec le pape aidait beaucoup pour les dossiers de sanctification – ce qui déclencha ma colère et ma consternation), une fois leur première stupéfaction passée donc, ils continuèrent en semblant comprendre ma réaction et se diriger vers une possibilité d’entente plus simple et plus honnête. Ce n’était qu’un leurre, je le voyais tout en continuant à me battre pour que cela change, puisque après tout ils n’abandonnaient pas la partie.

Plusieurs fois cependant j’ai essayé de faire autrement. J’ai proposé mon livre à d’autres éditeurs. Depuis bientôt trente ans j’ai publié plus de trente livres chez beaucoup d’éditeurs, des plus petits aux plus grands, j’ai vécu exclusivement de cela, je sais comment cela marche. Mais là, tout était bloqué. Si j’avais une réponse positive, quelques jours après c’en était fini, tout contact était coupé, toute explication m’était refusée. Comme j’étais ruinée, j’ai mis en vente mon seul bien, ma petite grange à la montagne – j’aurai bientôt l’argent de la vente, dont il ne me restera presque rien après avoir remboursé les dettes accumulées pendant tout ce temps pour payer mon loyer et le reste. J’ai cherché du travail. Je ne sais si j’aurais eu normalement des chances d’avoir des réponses positives à mes démarches, mais je sais que mes communications étaient surveillées, le sont probablement toujours, et que si donc quelqu’un avait pu accepter de m’embaucher il en aurait été de toute façon dissuadé.

Cependant j’ai continué à me battre, à refuser l’inacceptable. Il y a quelques semaines, j’ai écrit à Benoît XVI pour lui dire que je ne céderais pas dans ces conditions iniques, lui demander une rencontre afin de parler franchement, et lui dire que j’espérais encore que nous pourrions sauver la situation. Pas de réponse, sinon des réponses comme toujours souterraines (beaucoup de gens parlent sur Internet, des gens d’Église, le pape lui-même, des journalistes, bien d’autres encore, c’est ainsi que la communication s’est organisée ces dernières années avec moi – et la répression par la même occasion). Finalement la vérité a fini par sortir, à savoir qu’il était hors de question que je puisse travailler avec l’Église autrement que dans la soumission à l’Église.

Pourquoi pas, mais alors il fallait le dire tout de suite, au lieu de me conduire à la ruine afin que je finisse par accepter. Ils n’ont pas imaginé que même conduite au bout du rouleau, j’aurais préféré mourir plutôt que d’accepter cela. Je suis un être libre et debout, ils n’ont pas l’air de savoir ce que c’est.

Et maintenant je pose la question : est-ce l’Opus Dei qui s’est occupé de cela ? Comment a-t-on pu se permettre de faire circuler ce projet, que j’ai envoyé en toute confiance au pape, chez des gens dont je n’aurais absolument pas voulu m’approcher ? Le Père Escriva, fondateur de l’Opus, béatifié expéditivement après sa mort, avait écrit un jour à propos de l’Église : « Le mal vient du dedans et d’en haut. Il y a une réelle pourriture, et actuellement il semble que le Corps mystique du Christ soit un cadavre en décomposition, qui pue. » Il avait sans doute raison. Mais que penser, entre autres tribulations douteuses, de son propre soutien à Franco, selon lui sauveur du christianisme avec l’aide d’Hitler ? Car, dit-il, « Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme. » Aujourd’hui j’ai la fort désagréable impression que la politique de ses successeurs, dans mon affaire avec Madonna, fut : le sionisme contre les chrétiens de Terre Sainte, le sionisme contre les Palestiniens, peu importe puisque c’est le sionisme contre l’islam. C’est-à-dire, exactement l’inverse de l’esprit de mon projet. L’inversion et l’occultation sont œuvres du diable, et je comprends que s’il était question de me tromper aussi gravement, ni le pape ni personne d’autre n’ait voulu se risquer à un entretien avec moi.

Il y a quelques jours, on a vu Madonna retourner chez ses kabbalistes. A-t-elle laissé tomber l’Opus ? Qu’elle erre dans les tunnels du monde autant qu’elle veut, elle n’ira pas bien loin. De mon côté l’histoire avec les fantômes et les stars c’est fini, mais après la fin ce n’est jamais la fin pour la Parole. Elle est vivante !

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Un article du Monde diplomatique sur l’Opus Dei

ajout du 3 février 2013 : quand j’ai mis en lien cet article très instructif du Monde diplomatique sur l’Opus Dei, avant-hier, la page existait bel et bien. Aujourd’hui elle n’existe plus… Le cache google est encore disponible ici.

On peut trouver bien d’autres documentations sur l’Opus Dei sur Internet, en dehors de leur notice wikipedia qui semble très « sous contrôle ». Par exemple cette brève page.

 

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Tout à l’heure dans ma rue, la manifestation pour le « mariage pour tous »

aujourd'hui à Paris, photos Alina Reyes

 

Je suis sortie pour prendre l’air, et je suis tombée sur la manifestation pour « le mariage pour tous ». Des bobos sympas, mais on se demande si le fond de leur âme est si clair qu’ils veulent le croire, à les entendre et les voir scander et afficher des slogans orduriers dirigés contre des personnes de façon nominative, en particulier Benoît XVI ou Hollande. Imaginons la réaction si ces derniers les insultaient de la même façon. Plus drôle, leur « Barjot t’es foutue les pédés sont dans la rue », repris à chœur joie – normal, Barjot et le lobby gay sont du même monde. Au milieu de la manif une Rom essayait de caser son journal de sans-abri, certes on ne pouvait pas la prendre pour une des manifestants. Je le lui aurais bien acheté mais je n’avais plus une pièce, et quand je suis passée au distributeur il a rejeté ma demande, plus rien sur le compte. Bon, j’ai continué à marcher. Boulevard de l’Hôpital, chaque fois que passait un métro aérien, il klaxonnait les manifestants, qui poussaient des cris de joie.

Je suis entrée dans le jardin, je l’ai traversé. Les laissant continuer à manifester pour quelque chose qui n’a pas de sens : le mariage civil, qu’il soit hétéro ou homo. Et pour un droit, le droit à l’enfant, qui n’existe absolument pas.

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Que fleurissent cent Bab al-Shams, par Bradley Burston

le camp de Bab al-Shams vendredi dernier, photo Olivier Fitoussi

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Un acte de non-violence est un fusible qui joue le rôle d’une bombe. Si l’acte de non-violence est assez créatif, approprié, résonnant et choquant, et par conséquent assez dangereux, il fera ce que nulle bombe ne peut faire : changer les choses en mieux. Persuader. Exposer le mensonge au menteur. Et conduire un homme comme Benjamin Netanyahou à la panique.

Vendredi, près d’une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants, ont dressé des tentes sur un terrain appartenant à des Palestiniens, dans le morceau de Cisjordanie appelé E1, un champ de mines politique et diplomatique où Netanyahou a promis de construire, alors que Washington l’a averti de n’en rien faire. Un nouveau nom a été donné à l’endroit : Bab al-Shams, la Porte du Soleil.

Les Palestiniens qui ont planté les tentes ont été explicites en nommant village leur campement sur un promontoire rocheux. Mais la façon dont ils l’ont fondé n’a fait que rendre trop clair aux Israéliens ce qu’il était aussi : un ma’ahaz, un avant-poste colonial, ni plus ni moins illégal que les dizaines et les dizaines de fermes voyous, de campements, de cabanes grossières et de proto-banlieues dont les colons israéliens ont jalonné la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Nous le savons dans nos os, Israéliens et Palestiniens sont un. C’est ainsi que le mouvement de colonisation a commencé. C’est ainsi qu’il se développe. C’est le moteur même de l’occupation. C’est le cœur et la main de la bête.

La fondation de Bab al-Shams fut géniale. Et personne ne le comprit mieux que Netanyahou. Le campement a envoyé un message qui était clair, perçant, et entièrement non-violent. La preuve : Netanyahou dit qu’il fallait le détruire immédiatement.

Il fallait le détruire, en dépit d’un ordre de la Haute Cour qui parut donner aux nouveaux villageois six jours pour rester sur le site. Mais dans une réinterprétation singulièrement contemporaine de la Naqba, la police annonça que l’ordre s’appliquait seulement aux tentes. Quant aux gens, on pouvait les retirer.  Au milieu de la nuit.

Si désespéré était le besoin de détruire ça rapidement, que le chef de la division de la Haute Cour du ministère de la Justice a dû reprendre du service samedi à minuit, pour signer une déclaration à la cour, disant: « il y a une nécessité de sécurité urgente d’évacuer la zone des personnes et des tentes ».

Le gouvernement a aussi encoyé une note cachetée à la cour, contenant davantage d’ « information de sécurité » – classée Secret, et pour cette raison gardée cachée au public – justifiant la nécessité de donner l’ordre de détacher immédiatement cinq cents policiers.

Mais tout le monde ici connaissait déjà le secret.

Bab al-Shams devait être détruite parce qu’elle combattait des faits sur le terrain avec des faits sur le terrain. Elle devait être détruite pour la même raison que cent similaires, manifestement illégaux avant-postes israéliens en Cisjordanie sont choyés, honorés par les visites de ministres, et rendus permanents avec l’apport de l’État en électricité, eau, routes d’accès, protection de la sécurité et permis de rénovation.

Bab al-Shams n’a pas seulement touché un nerf. Bab al-Shams a dû être détruite parce que là où l’occupation est en jeu, c’est le système nerveux central qui est touché.

En entrant dans le bureau de vote la semaine prochaine, je prendrai un petit morceau de Bab al-Shams avec moi ; mon respect et mon admiration pour les gens qui ne peuvent pas voter à cette élection, mais dont chacun a lancé un extraordinairement puissant bulletin de propriétaire absent dans les tentes où ils se sont déposés eux-mêmes, à E1.

Ils se battent contre le gouvernement de Netanyahou avec la seule arme contre laquelle le gouvernement est sans défense : l’espoir. L’espoir est le pire ennemi de ce gouvernement, de loin plus menaçant que l’Iran.

Pendant des années et des années on nous a appris à croire que l’occupation était irréversible, inattaquable, si permanente qu’il n’y avait pas d’occupation, seulement cet Israël qui est aussi nôtre – comme son premier ministre, aigre, anxieux, enflé, contradictoire… mais Nôtre. On nous a dit que croire à travers les colons et leurs champions dans des endroits comme Ra’anana. Qu’il ne pouvait y avoir deux États, un pour les Israéliens et un pour les Palestiniens. Que nous, les Juifs, avions toujours été et resterions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, toujours et à jamais.

Il s’avère, cependant, que d’autres gens, aux sommets d’autres collines, des Palestiniens, ont autre chose à nous apprendre. Puissent-ils réussir.

Le jour des élections la semaine prochaine, et quelque soit l’avenir dans lequel ce jour nous propulsera, je prendrai un petit morceau de leur espoir avec moi. Je prendrai de la force dans leurs mots à la fondation du village qui – comme son homonyme, le roman épique de l’histoire palestinienne d’Élias Khoury – existe à la fois seulement dans l’imagination et dans une profonde, inattaquable réalité :

« Nous le peuple, sans autorisation de l’occupation, sans autorisation de personne, sommes assis ici aujourd’hui parce que ce pays est notre pays, et c’est notre droit d’y habiter. »

Que fleurissent cent Bab al-Shams. Un avant-poste pour un avant-poste. Un œil aveugle pour un œil aveugle. Une moquerie pour une moquerie. C’est ce que notre peuple au sommet des collines appelle une réponse appropriée au sionisme.

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traduction d’un texte paru dans Haaretz le 15 janvier 2013

Et du même auteur, sur ce site, ma traduction de sa prière pour les enfants de Gaza.

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Oui à l’harmonie interconfessionnelle, par le Grand mufti d’Égypte Ali Gomaa

 

Le début d’une nouvelle année nous donne l’occasion d’engager une sérieuse introspection, pour tenir compte de nous-mêmes et des communautés dans lesquelles nous vivons. C’est un besoin particulièrement pressant dans le contexte de l’Égypte contemporaine, qui continue de traverser une période sensible de transition. Les événements de l’année passée, et même des deux dernières années, soulignent l’absolue nécessité de maintenir l’unité nationale dans notre pays bien-aimé. D’âpres débats politiques ne doivent pas nous détourner de cet impératif primordial.

Peut-être la question la plus importante qui doit être abordée en Égypte aujourd’hui est-elle la promotion de l’harmonie interreligieuse. Ce n’est pas un secret que nos frères et sœurs chrétiens ont eu parfois à se sentir mal à l’aise, dans une période instable. C’est pourquoi j’ai fait un effort particulier, durant cette période de Noël, pour féliciter publiquement toutes les églises chrétiennes d’Égypte pendant leurs jours de fête. Dans un communiqué, j’ai prié pour que l’esprit des fêtes religieuses prévale, et que tous les citoyens du pays – de fait, tous les citoyens du monde – renforcent leur détermination à œuvrer pour la propagation de l’amour, de la paix sur Terre, de la bonne volonté et de la fraternité de tous.

J’ai aussi profité de l’occasion pour préciser que le fait de présenter des vœux aux chrétiens pour la naissance du Prophète Jésus (la paix soit sur lui) est en vérité une action louable et encouragée dans l’Islam, car c’est l’expression verbale d’un désir de promouvoir des relations pacifiques et harmonieuses entre voisins, concitoyens et frères et sœurs en humanité. En effet, les naissances des prophètes sont des événements historiques marquants. Elles représentent une soudaine floraison d’hommes divinement inspirés, qui viennent sur Terre précher la paix et la sécurité, et répandre un message de bonheur et de guidance à l’humanité dans son ensemble. Ainsi que je l’ai prié à l’occasion de Noël, « j’implore Dieu d’augmenter notre précieuse Égypte en sentiment fraternel, amour, relations solides et bonté, et de garder notre terre bénie comme un symbole de paix et de sécurité à jamais. »

Puis j’ai souligné l’importance pour tous les citoyens de prendre part aux occasions de fête les uns des autres en leur présentant leurs vœux et en les félicitant, car nous sommes aujourd’hui dans un besoin urgent de répandre des sentiments de fraternité et d’unité nationale, et de lutte contre les divisions. Musulmans et chrétiens sont pareillement encouragés à transformer des sentiments de solidarité en une vraie unité dans la recherche du bien-être pour l’Égypte, et non dans des buts d’avancement individuel ou d’intérêt sectaire. Il est crucial que nous puissions laisser aux futures générations une culture pluraliste et humaine, fondée sur la vraie foi, un engagement pour la justice et l’amour entre les peuples de ce grand pays.

 

 

La crainte de la division est aussi ce qui doit nous inciter à rejeter les appels à imiter d’autres sociétés et cultures. Récemment, il y a eu des appels à instituer un comité pour la « promotion de la vertu et la prévention du vice ». Certains craignent que cela ne revienne à un peu plus qu’une police morale, qui exerce une autorité illégitime pour forcer les gens à adopter les comportements qu’ils ont estimé les plus appropriés. Mais l’Égypte est une société complexe. Ici rivalisent différentes visions de la religion et de la vie bonne. Alors que bien sûr nous respectons les limites de notre culture et de notre héritage, c’est précisément notre héritage qui reconnaît cela [le comité de promotion de la vertu…] comme une imposition étrangère sur notre culture et notre mode de vie. Cette sorte d’idée idiote est de celles qui cherchent à déstabiliser plus encore ce qui est déjà une situation tendue. Les savants religieux d’Égypte ont longtemps guidé les gens dans les voies conformes à leurs engagements religieux, mais n’ont jamais estimé que cela nécessitait quelque type que ce soit de police invasive.

En outre, ces savants auto-proclamés et amateurs non formés qui prétendent émettre des fatwas, ne doivent pas être considérés comme des savants authentiques. Leurs fatwas sont plutôt des déclarations non fondées sur la science, mais sur leurs caprices et désirs ; et elles n’ont aucun poids dans la science juridique de la fatwa. C’est un abus de langage d’employer le terme fatwa pour ces opinions non savantes, qui vont à l’encontre à la fois des principes de la Sharia et de la science établie de fatwas, qui toutes deux insistent sur les qualifications académiques des mufti impliqués.

La tradition religieuse de l’Égypte est ancrée dans une vision modérée et tolérante de l’Islam. Nous croyons que la loi islamique garantit la liberté de conscience et d’expression, dans les limites de la décence ordinaire et de l’égalité des droits pour les femmes. Et en tant que représentant pour l’Égypte de la jurisprudence islamique, je maintiens que l’établissement religieux est attaché à ces valeurs.

Le paradigme de ces sages érudits est au mieux représenté par l’Université Al-Azhar, dont la tradition humaine d’apprentissage et de service demeure la seule sauvegarde pour une Égypte tolérante et modérée.

La promotion de l’harmonie fut la première leçon des grands prophètes qui nous ont laissé de nobles valeurs et des principes pérennes pour vivre ensemble dans la coopération, en tant qu’êtres humains. C’est maintenant à nous de prendre cet exemple au sérieux et de nous abstenir de l’inutile division, pour le bien de notre pays. Toute tentative de semer la discorde entre les gens de ce pays doit être combattue dans les termes les plus fermes possible. Je n’ai aucun doute que les forces qui  cherchent à diviser les Musulmans égyptiens et les Chrétiens égyptiens – et les Musulmans et Chrétiens égyptiens entre eux – finiront par échouer. L’Égypte a été un symbole de coexistence pendant des siècles, et continuera à l’être, par la grâce de Dieu. L’Islam aura une place dans la démocratie égyptienne. Mais ce sera comme pilier de tolérance et d’harmonie, jamais comme moyen d’oppression.

traduit d’un article paru sur Reuters le 8 janvier 2013

également sur le site de l’auteur

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Bonne année !

cette nuit à la maison, photographiée par Stéphanie

 

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Des martinets voltigent. C’est étonnant. Je quitte le mur vitré, je traverse mon bureau, je marche dans le couloir, j’entre dans la pièce des hommes. Comme d’habitude l’expédition les a crevés, ils dorment, la tête sur les tables. Je veux savoir ce qu’ils ont fait du corps. Je pose ma main sur une épaule. Je voudrais l’appeler par son nom, mais ce doit être un nouveau, car je ne le reconnais pas. Il se réveille, je lui pose la question. Il me dit qu’ils l’ont laissé sur place. Où exactement ? je lui demande.

Je retourne dans mon bureau. Le ciel contre la muraille de vitre est devenu gris comme une pelisse. La pièce est plongée dans la pénombre. L’ordinateur est ouvert sur la table, son écran fait une tache claire, pendant mon absence il ne s’est pas mis en veille. Oui, je sais que tu m’appelles.

(extrait d’une écriture en cours)

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Allons dans le chemin blanc.

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Extension des colonies en Cisjordanie, un nouveau pas vers la fin

photo Ahmad Gharabli/AFP

 

Ce que fait Netanyahu en jetant comme un crachat à la face du monde sa volonté de construire trois mille logements de plus en territoire occupé, c’est comme le geste de l’assassin qui ne peut s’empêcher de revenir sur les lieux de son crime, parce que ce qu’il a fait est insupportable et qu’il espère sans le savoir être arrêté.

Israël se tire une balle dans le pied, il n’ira pas loin maintenant. J’ai foi dans le fait que chacun continue le combat selon la façon qui lui a été donnée, en cherchant à être toujours plus juste, calme, réfléchi, déterminé, et dans la coopération des uns avec les autres. Il faudra le temps qu’il faudra, peut-être très long mais peut-être pas forcément aussi long qu’il semble. Quand on arrive à l’acmé d’une situation, il est courant qu’elle se dénoue très vite. Ensuite reste tout le nouveau travail à faire, pour construire la nouvelle donne. Et c’est très beau. Ayons la foi, Dieu fera justice, il ne peut en être autrement.

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Brève revue de presse

Les Femen engazant un bébé

 

Le baiser Obama/Aung-etc. Une du Washington Post : « Un message d’espoir longtemps attendu » :

Un message d’espoir pour les États-Unis bien sûr… qui ont tout intérêt à bien se placer en Asie, leur plus dangereux concurrent dans les années à venir. Opération séduction, certainement pas pour les beaux yeux de la Dame.

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Embrouille juridique entre les Pussy Riot, leur souteneur milliardaire londonien et leur avocat à propos d’un projet de lancement de produits dérivés à leur nom, gadgets en tous genres (dont peut-être poulets à s’enfiler dans le vagin au rayon frais des supermarchés, comme elles l’ont fait ?) :

Les sans-culottes ne sont plus ce qu’ils furent.

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« Mariage pour tous » :

pantoufles pour tous.

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Femen à extincteurs :

féministes sm. « En tant que féministes, nous considérons que nous devons avoir un avis sur tout ». Ah oui, et ce qu’elles pensent s’exprime si bien. Pipi-caca-popo. Si après ça on ne croit pas au génie féminin et à l’égalité des sexes !

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Guerre :

Au lieu de faire parler les armes, s’ils se parlaient, ils finiraient par s’entendre.

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Mauvais écrivain mais bon islamophobe, reçu en roi par une rédaction lèche-cul :

à si mal écrire il doit être sourd, et ses lecteurs aussi – effet de la masturbation intellectuelle.

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La COCOE déclare vainqueur Jean-François Copé :

C’est quoi la COCOE ? Une poule ? Une cocotte ? Pour un coq gaulois sur son tas de fumier ?

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Aux U(r)nes citoyens !

 

Quelques Unes de ces toutes dernières semaines (sauf celle du Fig Mag, qui est du 21 septembre 91, reprise sur plusieurs sites internet pour illustrer leur dernier sondage très défavorable à l’islam). Sur celle d’aujourd’hui, avec femme à grand voile poussant la porte de la CAF, ils tirent dans le dos. Titrent sur le coût, en pensant à ce que ça va leur rapporter. C’est la saison de la chasse. La plus sale qui soit.

Tandis que la République s’apprête à célébrer des mariages homosexuels, l’hystérie continue. On se croirait à la Salpêtrière à la fin du XIXème siècle, avec dans le rôle des folles les prétendus médecins, pur produits de l’Occident, des savants « éclairés », se repaissant de l’ « étrangeté », inquiétante bien sûr, des femmes… Après ça la suite logique c’est le délire de mort, qui se propage des élites aux peuples. Démocratiquement, s’il vous plait : après les Unes, aux urnes, citoyens !

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L’instrumentalisation d’Israël et de la Palestine dans la politique mondiale

Halloween à Paris, photo Alina Reyes

 

Pendant trois ans Benyamin Netanyahou a soutenu Mitt Romney, espérant se débarrasser de Barack Obama, dit-on en Israël. Au cours des dernières heures M. Netanyahou a continué à faire des annonces morbides : relance de la colonisation, menace d’attaque contre l’Iran.

Barack Obama a été réélu. M. Netanyahou a peut-être développé un sentiment de surpuissance et d’impunité, du fait du soutien des Etats-Unis et de l’Europe à Israël. Mais Israël en lui-même ne peut rien, rien de plus que ce que peut n’importe quel petit peuple. C’est-à-dire beaucoup, à condition d’être dans son droit. Ce qui se dit aussi, en langage théologique, d’avoir Dieu avec soi. Ceci est d’ailleurs inscrit à même le nom d’Israël, nom donné au patriarche Jacob au terme de son combat nocturne avec l’ange. Le nom Israël dit la force de Dieu, et la force de celui qui combat en cherchant Son visage, en cherchant la justice et la vérité. Sans cela, Israël, comme tout peuple, comme tout homme, finit vaincu par son propre égarement.

Dans certains milieux on s’en prend violemment au lobby juif, qui par sa puissance sociale et financière influe sur les gouvernements américains et européens en faveur d’Israël et au détriment des droits des Palestiniens. Ce lobby existe et agit, c’est certain. Mais pourquoi l’Amérique et l’Europe lui obéiraient-elles ? Sans doute il dispose d’une puissance certaine. Mais au point de faire plier des superpuissances ? C’est l’idée que ressassent inlassablement ses adversaires, et que ses alliés, avec beaucoup de duplicité, laissent s’exaspérer parmi les peuples.

En vérité les États-Unis et l’Europe collaborent avec les lobbys juifs non parce qu’ils sont à leur botte ou sous leur influence, mais parce que cela les arrange. Les grandes puissances coloniales et, ou, impérialistes, de ces derniers siècles, sont en train de perdre énormément de terrain dans le monde. L’Amérique latine, l’Afrique, le Moyen-Orient progressent dans l’émancipation. La Russie, la Chine, regagnent en vigueur dans leurs positionnements géostratégiques. Le monde est en train de se recomposer, et ceux qui ont le plus à y perdre sont ceux qui trouvaient le plus à gagner dans l’ordre ancien. Israël se retrouve en position de pion capital pour les superpuissances en grave perte de puissance. Dernier comptoir colonial, plus sûr que tout autre parce que plus menacé d’écroulement sans ses puissants appuis, dûment muni de l’arme nucléaire,  Israël est le pied que l’Occident garde sur un monde qui lui échappe chaque jour un peu plus. Tandis que la Palestine crucifiée peut servir de justification aux aspirations totalitaires ou belliqueuses d’autres puissances montantes.

C’est l’intérêt de ceux qui manœuvrent ainsi d’essayer de dissimuler ou de faire oublier leurs manœuvres. C’est pourquoi ils se livrent à une propagande sournoise et continue afin que les esprits et les peuples se radicalisent soit contre les juifs, soit contre l’islam. Il faut enraciner l’impression que la responsabilité de tous les troubles revient soit aux juifs, soit aux musulmans, selon l’idéologie dans laquelle on se place. Lorsque des hommes au pouvoir, comme chez nous, redoublent ostensiblement de complicité avec les juifs et de défiance envers les musulmans, ce sont en fait à la fois les juifs et les musulmans qu’ils prennent en otage de leur volonté de puissance. Une telle politique ne peut que dresser les uns contre les autres, et continuer à égarer le peuple. La démocratie se délite, n’est plus en mesure de contrôler le désir des hommes au pouvoir d’avoir toujours plus de pouvoir. Tel est leur moteur, de même que celui de l’artiste est d’avoir toujours plus d’art. Chaque fois qu’une société devient incapable de maîtriser ce moteur, qui s’emballe d’autant plus en temps de transformation et de panique, le pire est à craindre, le pire peut arriver.

À son insu peut-être, Israël est poussé à bout et instrumentalisé comme d’autres peuples, comme chacun de nous l’est ou est en danger de l’être par le climat de mensonge général, qui brouille la vérité et éloigne toujours plus la possibilité de poser un juste regard sur ce qui se passe réellement. Or l’intérêt de chaque homme et de chaque peuple sur cette terre, du plus petit au plus grand, est au contraire de débrouiller la vérité, de négocier et de s’entendre en son nom, elle sans qui ne peuvent advenir ni justice ni paix ni prospérité. Pauvres ou riches, nous ne voulons pas aller à la mort. Et si certains le veulent, nous voulons les empêcher de nous imposer leur volonté morbide. Espérons en un sursaut de lucidité et d’honnêteté des gouvernants, et surtout commençons par renoncer nous-mêmes à ce qui dans nos combats n’est pas orienté dans le vrai juste sens, renonçons à suivre les mots d’ordre dévoyés, d’où qu’ils viennent, et travaillons à augmenter en nous et en autrui, de proche en proche, le courage de vivre et d’aimer la vie, de la défendre pour soi et pour les autres, pour la communauté humaine.

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À Paris ces derniers jours


photos Alina Reyes

 

Je reviens bientôt avec la sourate Ta-Ha. J’ai trouvé un très beau sens à son titre énigmatique, entre autres… En attendant, douce nuit, douce journée ! que la lumière tendre de ces jours vous porte.

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Des partouzes, du voile, du mot antisémitisme et des boiteux


photo Ricardo Moraes/Reuters

 

L’Islam sans gêne, titre en une Le Point de cette semaine. S’ils nous trouvent sans gêne, c’est peut-être parce qu’eux sont tout empêtrés dans leur gêne face à l’islam. Sur leur site, le jour de la sortie de ce numéro, à la rubrique anniversaire, ils évoquaient une partouze organisée au Vatican par le pape et le clan des Borgia. Façon de dire : voilà qui nous sommes, nous. Le lendemain, jour anniversaire de la guerre d’indépendance algérienne, ils ont mis : « 1er novembre 1925. Plutôt mort que cocu. Max Linder entraîne sa jeune épouse dans le suicide. » C’est ça, ils se sentent cocus. Comme Longuet avec l’Algérie. Et comme dans les pièces de théâtre, les cocus deviennent vite ridicules, avec leur suspicion, leur égarement, leur rancoeur.

Ils ont dû laisser leurs colonies, alors ensuite c’est le peuple de métropole qu’ils se sont mis à coloniser. Ce peuple formé de beaucoup d’immigrés et enfants d’immigrés, mais aussi du peuple de toujours et de sa jeunesse, de tous ceux qui n’ont pas pour but dans la vie de dominer et exploiter autrui. Mais au fond les colonisés sont déjà plus libres que les colons, prisonniers de ce besoin de coloniser sans lequel ils ont peur de ne pouvoir survivre.

« L’islam sans gêne ». Cette couverture d’une jeune femme voilée avec de bien beaux yeux. Il y a quand même quelque chose de louche, si je puis dire, dans l’obsession de ces gens contre l’islam. Comme un désir refoulé. Le désir de Dieu. Ils essaient de se rattraper en brandissant leur sexe apeuré, mais cela ne suffira jamais. Car c’est pire qu’un désir sexuel refoulé pour ceux qui voient des gens aimer Dieu alors qu’eux ne le peuvent pas, à cause de leur culture. « Venez à la félicité ! », appelle le muezzin. Se tenir debout, s’incliner, se prosterner devant Dieu, rien n’est meilleur à vivre et ils se sont condamnés à ne jamais le connaître.

 

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« Nulle contrainte en religion » dit le Coran (II, 256). Dieu libère. Une religion qui se mettrait à dire le contraire irait vers sa mort. Mais parmi mes frères en islam, ils sont nombreux aussi à avoir quelque problème avec la femme. Le premier des cinq piliers de l’islam est l’attestation de foi selon laquelle « il n’est de dieu que Dieu, et Mohammed est son messager ». Ceci, nous le répétons plusieurs fois par jour, afin de nous prémunir contre l’idolâtrie, et de nous rappeler que la parole que nous devons suivre, c’est celle qu’a transmise Mohammed, lui-même recommandant aussi celle des autres prophètes. Dans le Coran il demande aux femmes la pudeur, de rabattre leur habit sur leur poitrine. Rien de plus. Il n’est jamais question de cheveux ni de hidjab, sauf pour tout autre chose que la tête de la femme (nous en avons parlé à propos des sourates Al-Khaf et Marie). Les historiens relatent que Mohammed a fait cette recommandation de pudeur aux femmes parce que les messieurs de Médine visiblement ne savaient pas se tenir, et voulaient se les échanger comme des chameaux. Ils rappellent aussi que le voile n’a jamais été imposé aux femmes en islam, qu’il n’a pas été porté pendant les siècles de splendeur de son règne et n’est devenu à la mode qu’à partir de sa décadence. À méditer.

Pour les prescriptions, plusieurs hadiths montrent que le Prophète était en fait un homme très souple et très compréhensif des différentes situations des êtres humains. Autant que je sache, il n’a jamais dit qu’une femme non voilée irait en enfer, alors qu’il l’a beaucoup dit pour les hypocrites.

Mais parmi nos frères (surtout) et nos sœurs, beaucoup semblent vouer une idolâtrie à cette question tout à fait secondaire, qui n’est en rien l’un des piliers de l’islam, et qu’ils sacralisent pourtant. Se retrouvant ainsi à faire le même jeu que ceux qui ont peur d’eux. Car c’est la peur aussi qui les fait se raccrocher au voile comme à la jupe de leur maman. Non mes frères vous ne perdrez pas votre virilité si vos femmes vont tête nue. Non mes sœurs vous ne serez pas assurées d’être plus saintes si vous êtes voilées. Je comprends le choix du voile d’autant mieux que depuis longtemps je suis moine dans l’âme et pratique beaucoup la contemplation et la méditation avec une capuche sur la tête. Je prie voilée, et je prie selon les temps et la règle de l’islam. Mais pour le reste du temps il faut que cela demeure un choix, un choix ni contraint ni forcément définitif. Et j’aime aussi sortir cheveux au vent, qu’il me parle librement aux oreilles. Dieu y souffle, et il est d’accord pour que je l’écoute.

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Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est traitée par le Crif de « démon antisémite » pour avoir rappelé dans une émission télévisée que le problème de l’antisémitisme était lié à l’antisionisme, lui-même généré par les crimes commis par l’État d’Israël. Ah ! antisémitisme ! Le mot sert aux sionistes, juifs ou autres, de Vade retro Veritas ! Il est parfaitement vrai que le problème israëlien est crucial pour la paix sociale hors d’Israël et pour la paix dans le monde, mais comme ils ne veulent pas l’admettre ils sont prêts à toutes les dénégations. Ils ne sont évidemment pas les seuls à fonctionner ainsi, mais ils se trouvent malheureusement au coeur d’une question particulièrement aiguë, qui rend le déni de plus en plus invivable pour tout le monde.

Il ne s’agit pas de faire de l’État juif le bouc émissaire de tous les maux, mais de reconnaître ce qui est. À savoir que cet État viole chaque jour un peu plus le droit international, et ceci avec la complicité de pays occidentaux impérialistes qui perpétuent ainsi sous une autre forme le colonialisme des Blancs au détriment d’Arabes. L’antisémitisme est évidemment injustifiable, mais on ne peut le combattre sans agir aussi contre l’injustice énorme perpétrée par l’État juif, sans s’en désolidariser. Ces gars se contredisent allègrement, étant mystiques quand ça les arrange (le droit à leur terre sacrée) et ne l’étant plus quand il s’agit de voir comment le mal, à partir d’un point crucial, peut empoisonner le reste du monde.

Pour autant ils ne sont pas les seuls, loin de là, à boiter gravement. Citons aussi les anti-colonialistes collabos. Les féministes sans pensée. Les religieux sans Dieu. Les élites porcines. Les auteurs tortureurs de verbe… La fosse éternelle, les boiteux sont toujours tout près d’y tomber. Ils ont beau fermer les yeux, un jour ou l’autre ça finit par arriver. Allez hop, sortez de là !

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